Mis à jour : samedi 13 mars 2021

Mon voisin Totoro : Résumé détaillé

Plan de Matsugô, Shôwa année 30 (1955), par Hayao Miyazaki.

Le film s'ouvre sur un générique, accompagné par la chanson Sampo (Promenade).

Partie 1 : mai

C'est par une belle journée ensoleillée, à travers la campagne, que la camionnette de déménagement des Kusakabe chemine sur les derniers kilomètres qui les séparent de leur nouvelle résidence à Matsugô. Le conducteur et Monsieur Kusakabe sont installés à l'avant, tandis que les filles, Satsuki et Mei, mangent des caramels à l'arrière dans l'amoncellement de meubles et de paquets. En chemin, Monsieur Kusakabe s'arrête pour saluer ses nouveaux voisins tandis que les fillettes font la connaissance de leur fils, le timide mais fier Kanta.

La camionnette s'arrête prêt de deux colonnes de béton qui marquent l'entrée de leur nouveau foyer. C'est une vieille maison japonaise traditionnelle, dotée d'une pièce séparée « à l'occidentale », restée longtemps inhabitée avec un immense jardin. Un peu en hauteur, bâtie sur une petite colline, elle avoisine à l'Est un petit temple shintô dédié à la végétation de la forêt Tsukamori. En face, coule une petite rivière derrière laquelle les rizières s'étendent jusqu'aux monts Hake. Sans même attendre leur père, Satsuki et Mei s'élancent avec excitation à la découverte de leur nouvelle demeure. Les deux fillettes n'ont jusque là connu que la grande ville et elles sont très heureuses d'arriver dans une région où la nature est si belle. D'ailleurs, derrière la maison, elles ne manquent pas de remarquer l'immense et majestueux camphrier qui s'élève en lisière de forêt.

L'état de délabrement avancé de la maison, par certains endroits, laisse imaginer à Satsuki que le lieu est hanté. Cette première impression est renforcée lorsqu'à l'intérieur de la maison, brillant au milieu de la pièce principale, elle découvre des glands qui semblent apparus de nulle part. Quelques instants plus tard, c'est en ouvrant la porte arrière de la demeure, qu'elle assiste avec sa sœur à un nouveau phénomène étrange : elles font fuir de mystérieuses petites boules noires dans les fissures des murs ! Craintives, les deux fillettes exorcisent leur peur en poussant un grand cri, espérant bien faire peur à tout ce qui pourrait encore se trouver dans la pièce. Alerté par le cri, Monsieur Kusakabe apparaît par une autre porte. Les fillettes lui font part de leur crainte d'avoir emménagé dans une maison hantée. Leur père pense qu'il y a peu de chance qu'elles aient vu des fantômes mais plutôt des « noiraudes » comme dans les livres d'images. Les fillettes sont enchantées par son explication rassurante.

Monsieur Kusakabe leur donne une nouvelle mission : ouvrir les fenêtres du premier étage. De retour à l'intérieur, Satsuki et Mei sont à la recherche de l'escalier qui même vers l'étage supérieur de la maison. Elles le découvrent caché derrière une porte. L'escalier est sombre et, de plus, un nouveau gland tombe du haut des marches. Les filles attribuent à nouveau ce phénomène aux noiraudes. Elles lancent un cri pour annoncer leur arrivée et grimpent l'escalier avec prudence. Au sommet, elles aperçoivent aussitôt des formes bouger dans la pénombre. Satsuki se précipite pour ouvrir les fenêtres en grand. Mei, à la suite de sa sœur, a juste le temps d'assister à une nouvelle migration de noiraudes qui se glissent dans une fissure du mur. Satsuki n'a rien vu et quand elle se retourne, la pièce est vide. Par la fenêtre, elle explique à son père ce nouveau phénomène. Dans le jardin, celui-ci, aidé par le conducteur, a bien du mal à porter un meuble encombrant. Satsuki descend les rejoindre pour leur prêter main forte. À l'étage, Mei reste seule dans la pièce, immobile. Elle s'approche doucement de la fissure et glisse un doigt à l'intérieur. Aussitôt, une nuée de petites boules noires en jaillit et disparaît presque instantanément sous le toit, laissant Mei médusée.

Mais une retardataire flotte encore dans les airs. Les mains de Mei se referment dessus en claquant. Aussitôt, elle se précipite dans les escaliers pour montrer sa prise à Satsuki. En bas, elle se cogne sur la voisine, une dame âgée se faisant appeler « Grand-mère ». C'est elle qui a gardé la maison alors inoccupée. Mei est tellement surprise lorsque qu'elle se tourne vers elle, qu'elle s'enfuit et vient se cacher derrière sa grande sœur. Satsuki se présente à sa nouvelle voisine et présente sa petite sœur. Mei veut lui montrer la noiraude mais tout ce qu'il en reste est une marque de suie dans les paumes de ses mains. Elles se rendent soudain compte que leurs mains et leurs pieds sont tout noirs. Grand-mère leur explique alors qu'elles ont vu des noiraudes. Celles-ci se plaisent dans les maisons inhabitées et humides mais s'en vont dès que la vie et la bonne humeur reviennent. Elle en voyait elle aussi beaucoup quand elle était enfant.

Cette histoire réglée, l'emménagement et le grand nettoyage se poursuivent avec l'aide de Grand-mère jusqu'en fin d'après midi. C'est à ce moment de la journée que Kanta apparaît. Il est venu apporter à manger de la part de sa mère. Tandis qu'il pénètre dans la maison des Kusakabe, Satsuki surgit. Il refuse de parler à une « fille ». Avec défi, il lui tend le panier avant de déguerpir en quatrième vitesse. Au loin, il lance à la jeune fille que elle et sa famille viennent d'emménager dans une maison hantée, avant de s'éloigner en courant, content de sa farce. Satsuki le regarde s'enfuir les yeux écarquillés et, reprenant des esprits, lui tire la langue.

La nuit tombe doucement. Le déménagement est enfin terminé. Grand-mère et le déménageur sont repartis. La famille Kusakabe se retrouve enfin seule dans sa nouvelle maison. Dehors, la tempête s'est levée. Satsuki sort dans le jardin pour aller chercher du bois et faire chauffer l'eau du bain. Elle est quelque peu effrayée par les rafales de vent qui s'engouffrent avec force et fracas dans les frondaisons des arbres. À l'intérieur, l'atmosphère de la maison n'est pas plus rassurante : Les parois tremblent tellement que la maison toute entière semble sur le point de s'envoler. Satsuki se dépêche de rejoindre sa sœur et son père dans le bain commun. Le bruit du vent qui redouble de violence inquiète Satsuki et Mei. Cette dernière a peur que la maison s'écroule. Mais Monsieur Kusakabe ne s'inquiète pas. Pour chasser les mauvaises pensées de leurs esprits, il leur conseille de rire aux éclats. Et il commence à rire à gorge déployée, bientôt suivit par ses deux filles. Les rires résonnent dans toute la maison. Dérangées dans leur tranquillité par ces nouveaux occupants, les dernières noiraudes s'élèvent dans la nuit, vers la cime du camphrier géant.

Partie 2 : juin

Aujourd'hui, c'est jour de congé pour tout le monde. Après la lessive, Monsieur Kusakabe emmène ses filles voir leur mère à l'hôpital de Shichikokuyama. Le trajet à vélo est une nouvelle occasion de découvrir et d’apprécier la beauté de la nature qui les entoure. Sitôt arrivée à l'hôpital, Mei se jette dans les bras de sa mère. Satsuki, plus grande, est moins démonstrative. Madame Kusakabe les questionne sur la nouvelle maison. Elle est heureuse d'apprendre que ses filles s'y plaisent même si celle-ci est hantée ! En lui brossant les cheveux, elle félicite ensuite Satsuki de faire preuve d'autant de maturité en s'occupant si bien de sa petite sœur en son absence. Après avoir parlé au docteur, Monsieur Kusakabe arrive à son tour dans la chambre. Toute la famille est réunie. Sur le chemin du retour, ils sont tous ravis d'avoir pu voir maman en pleine forme. Monsieur Kusakabe apprend à ses filles que leur mère devrait bientôt sortir de l'hôpital. Cette nouvelle est source de réjouissance pour toute la famille.

Le jour suivant est jour d'école pour Satsuki. Elle s'est levée tôt avec Mei, avant son père, pour préparer les repas de la journée. Satsuki partie, Monsieur Kusakabe s'installe à son bureau pour travailler à ses recherches. Pendant ce temps, Mei joue seule dans le jardin. Ses activités l'entraînent vers une petite mare dans laquelle s'agitent des têtards. Elle utilise un vieux seau troué pour les observer de plus près. Mais son attention est rapidement absorbée par un gros gland marron. Près de celui-ci, elle en découvre un autre, puis un autre. Son nouveau jeu de piste l'entraîne toujours plus loin dans les hautes herbes. C'est de là qu'émergent deux longues oreilles blanches et pointues. Bientôt, une étrange petite créature à moitié transparente passe devant Mei sans se soucier de sa présence ! Amusée, Mei décide de la prendre en chasse. Rapidement, la créature découvre qu'elle est suivie et rend son corps totalement transparent. Un instant déconcertée, Mei refuse d'abandonner si facilement. Bien vite, la créature réapparaît un peu plus loin, ne semblant pas parvenir à maintenir son invisibilité.

Mei se lance alors de plus belle à sa poursuite sous les fondations de la maison. Alors qu'elle guette patiemment son retour, la créature ressort discrètement par un autre endroit, accompagnée par un compagnon de plus grande taille qui porte un sac sur le dos. Mais le sac s'éventre, plusieurs glands s'en échappent et tombent par terre. Alertée par le bruit, Mei reprend la poursuite. Bien décidée à ne pas les laisser partir, elle les suit à travers un enchevêtrement de buissons et d'arbustes qui forment un long tunnel. Distancée par les deux créatures, Mei se retrouve finalement au pied du camphrier géant. Mais un gland, à l'entrée d'un passage entre deux grosses racines, trahit leur venue. Mei tend la main pour le ramasser et tombe dans le trou.

Elle glisse jusque dans une immense grotte à l'intérieur même de l'arbre. Reprenant ses esprits, elle découvre l'étrange univers dans lequel elle vient d'arriver. Les parois de l'immense salle sont tapissées de nombreuses espèces de mousse, de fleurs et de plantes aujourd'hui disparues. Tout un tas d'insectes la peuple. Mei n'est pas au bout de ses surprises : alors qu'elle a perdu la trace des deux petites créatures, voilà qu'elle se retrouve face à une troisième encore plus grosse ! Blottie dans une cavité, l'imposante créature grise se repose, tournant le dos à la fillette. La discrétion n'est décidément pas la principale qualité de Mei. Un sourire espiègle sur le visage, elle commence à chatouiller la queue de l'hôte des lieux. Tiré de son sommeil, il réagit avec douceur en se retournant sur le dos. De plus en plus effrontée, Mei escalade son ventre poilu et se dresse dessus. Il fini par ouvrir les yeux. Il ne semble pas dérangé par la présence de la fillette sur son ventre ni par sa hardiesse lorsqu'elle commence ensuite à lui chatouiller le nez ! Brusquement, il se met à éternuer. Mei est toute contente ! Elle tient ensuite absolument à attirer son attention pour lui soutirer son nom. Pour toute réponse, elle récolte les bayements de la créature dans lesquels elle semble reconnaître le nom « Totoro ». Mei conclut qu'il s'agit là de son nom ! Mais les bâillements incessants de Totoro finissent par avoir raison de l'énergie débordante de l'espiègle fillette qui finit par s'endormir sur son ventre douillet. La journée s'écoule lentement, jusqu'au retour de Satsuki de l'école.

Elle découvre son père encore plongé et absorbé par son travail. Il n'a pas vu le temps passé et ne s'est pas soucié de Mei de toute la journée. Inquiets, ils se mettent à sa recherche. Bien vite, Satsuki la découvre endormie dans le tunnel sous les arbres. Mei ne comprend pas bien ce qui lui arrive et cherche Totoro. Elle commence à raconter ses aventures et sa rencontre à sa grande sœur puis tente de gagner sa crédibilité auprès de son père qui les a rejoint. Mais personne ne la prend au sérieux. Déçue, elle les entraîne vers le passage entre les racines mais, à sa grande déception, elle n'en retrouve plus le chemin. Voyant la tête déconfite de Mei, Satsuki et son père éclatent de rire. Mei se met alors en colère car elle pense qu'on ne la croie pas. Pour la rassurer, son père lui répond qu'ils sont persuadés de sa bonne foi quand elle affirme qu'elle a vu Totoro. Toute la famille s'enfonce alors au milieu des arbres pour se rendre au pied du camphrier géant. Mei reconnaît le grand arbre mais il n'y a plus de passage entre les racines ni de trace de Totoro. Monsieur Kusakabe affirme que Mei a certainement eu le rare honneur de rencontrer le gardien de la forêt. Avant de rentrer, il propose à ses filles de remercier l'arbre d'avoir veillé sur Mei. Le soir venu, Satsuki écrit à sa mère à propos des événements de la journée et ne cache pas son envie à elle aussi de rencontrer le gardien de la forêt, Totoro. Ce dernier, au sommet du camphrier, veille sur la forêt et joue de l'ocarina au clair de lune.

Aujourd'hui, alors que Monsieur Kusakabe est en déplacement à son université, Mei est confiée à Grand-mère pendant que Satsuki est à l'école. Mais en plein milieu des cours de Satsuki, Mei arrive à l'école, accompagnée par Grand-mère. Elle ne veut pas rester avec la voisine, et têtue, elle a contraint la vieille dame à l'emmener voir sa sœur. Mei finira le reste de la journée en classe, assise entre sa sœur et sa voisine Michiko. Elle est encore trop petite pour suivre le cours. Elle s'applique donc à faire un dessin de Totoro peu flatteur pour la créature !

À la sortie des cours, sur le chemin du retour, les deux sœurs sont surprises par une averse. Elles s'abritent sous l'auvent d'un petit temple bouddhiste. Quelques minutes plus tard, elles sont rattrapées par Kanta, qui arrive à son tour sur le chemin, protégé par un parapluie. Le jeune garnement s'arrête dans son élan en apercevant les deux sœurs. Il hésite, puis reprend sa marche en cachant son visage derrière son parapluie. Satsuki s'est elle aussi aperçue de la présence de Kanta et ne dit rien. Le garçon les dépasse sans rien dire, et brusquement, se retourne et leur laisse son parapluie avant de s'enfuir en courant sous le déluge, un sourire satisfait dessiné sur le visage. Satsuki et Mei reprennent leur chemin sous le parapluie de Kanta. C'est un vieux parapluie plein de trous mais Satsuki a tout de même le cœur réchauffé par l'attention de Kanta. De retour à la maison, Satsuki s'aperçoit que son père a lui-même oublié son parapluie et décide de venir l'attendre avec à l'arrêt de bus. Satsuki et Mei passent d'abord chez les voisins pour rendre celui de Kanta, à la grande surprise de la mère. Persuadée que son fils l'avait perdu, elle l'avait déjà disputé !

L'attente est longue à l'arrêt de bus. Un premier bus arrive mais Monsieur Kusakabe n'est pas dedans. Le suivant se fait encore plus attendre. Les réverbères s'allument et un dernier cycliste se dépêche se rentrer chez lui pour échapper à la pluie qui ne semble pas vouloir s'arrêter. Son passage laisse ensuite la route et les alentours désespérément déserts. Mei commence à être fatiguée de patienter et de jouer dans les flaques d'eau mais elle refuse d'aller attendre chez les voisins. Satsuki la prend sur son dos pour lui permettre de dormir. La pluie continue de tomber, Mei s'est endormie tandis que sa sœur continue de patienter. Dans le froid et le noir, alors que tout est calme, des bruits de pas lourds se rapprochent des fillettes. La vue à moitié masquée par son parapluie, Satsuki aperçoit alors une grosse patte pourvue de longues griffes qui grattent un imposant corps poilu. Elle tend le cou pour voir ce qui vient de se poster à côté d'elle. Satsuki n'en croit pas ses yeux : c'est le gros Totoro dont parlait sa sœur qui vient lui aussi attendre le bus !

La tête seulement protégée par une feuille, la pluie tombe sur le gros animal. Figé, il regarde les gouttes d'eau lui tomber sur le bout du nez. Satsuki lui prête poliment le parapluie réservé pour son père. Un peu surpris par l'objet que lui tend Satsuki, Totoro ne tarde pas à en saisir l'utilité et le place au-dessus de sa tête. Il n'est pas au bout de ses découvertes. Le bruit créé par les gouttes qui tombent sur le parapluie le met en joie. Il prend son élan et bondir en l'air. Le choc de son atterrissage fait tomber les gouttes de pluie attachées sur les feuilles des arbres. Une véritable averse tombe sur les fillette et Totoro. Son grondement de joie réveille Mei.

C'est à ce moment que des lumières de phares se rapprochent au loin. Ce doit être le bus qui ramène leur père pensent Mei et Satsuki. Mais ce qui arrive à toute allure et stationne devant eux est un énorme chat à douze pattes en forme de bus ! Stupéfaites, elles observent sa tête se tourner vers elles et leur lancer un large sourire, tandis qu'une porte se dessine pour laisser entrer les voyageurs. Totoro tend un petit sac en feuilles en cadeau aux fillettes et monte dans le Chat-bus. Ce dernier démarre aussitôt et reprend sa course folle avant de disparaître derrière une colline, laissant les fillettes sans voix. L'esprit sans doute trop confus par cette incroyable rencontre, Satsuki ne parvient qu'à marmonner que Totoro a gardé le parapluie de son père…

Le vrai bus finit par arriver. Monsieur Kusakabe est surpris de trouver ses deux filles à l'arrêt et se confond en excuse pour son retard. Toutes excitées, les fillettes ne l'écoutent pas et commencent à lui raconter leur extraordinaire aventure de façon désordonnée. Monsieur Kusakabe n'y comprend rien. La nuit est tombée depuis longtemps quand la famille repart vers la maison. Satsuki écrit une nouvelle lettre à sa mère et lui fait part de ses aventures. Elle lui explique que le cadeau de Totoro est un paquet de graines qu'elles se sont empressées de planter dans le jardin. Mei les arrosent et les surveillent tous les jours. Mais pour l'instant, rien ne pousse.

Partie 3 : juillet

Les graines n'ont toujours pas poussé. Mei confit ses inquiétudes à son père qui termine d'installer la moustiquaire pour ces premières soirées d'été. Dans la nuit, Satsuki est réveillée par un bruit étrange. La nuit est éclairée par la pleine lune et au dehors, elle aperçoit Totoro et ses compagnons de taille plus modeste en train de danser dans le jardin tout autour des graines. Les fillettes se joignent à leur danse rituelle. Totoro se concentre et rassemble toutes ses forces pour tirer les pousses hors du sol. Soudain, le charme opère : une graine se met à germer, puis une autre, puis encore une autre... Les fillettes se joignent à son effort et les jeunes pousses se mettent alors à grandir. Des tiges de plus en plus grosses sortent du sol à une vitesse phénoménale. Elles se rassemblent pour bientôt former un arbrisseau, qui à son tour continue de croître, pour finir par former un arbre gigantesque qui dépasse le toit de la maison !

À son pied, Satsuki et Mei ne peuvent contenir leur enthousiasme et hurlent de joie. La magie de cette nuit continue, Totoro sort une toupie qui entre en lévitation. Il monte dessus et le moyen et le petit Totoro sautent sur sa poitrine. Sans hésiter, Mei en fait de même. À son invitation, Satsuki rejoint Totoro. La toupie s'élève alors dans le ciel, portée par le vent. Totoro offre aux deux fillettes un vol nocturne à travers la campagne, frôlant la cime des arbres et traversant les champs pour finir par repartir vers le ciel, vers la plus haute branche de l'arbre sorti de terre. À l'intérieur de la maison, Monsieur Kusakabe, en plein travail, croit entendre la mélodie du vent. Comment pourrait il se douter que se sont ses deux filles qui jouent de l'ocarina en compagnie de leurs nouveaux amis ? Au matin, Mei et Satsuki sautent de joie. Dans le jardin, l'arbre géant a disparu, mais ô surprise, les graines ont germé. Les pousses ne font que quelques centimètres mais les filles sautent de joie sous le regard attendri de leur père.

Partie 4 : août

Quelques temps plus tard, on retrouve Mei et Satsuki qui aident Grand-mère à cueillir les légumes dans le champ de la famille de Kanta. Les fillettes sont heureuses car il est prévu que leur mère revienne à la maison samedi. Mei prévoit déjà de lui offrir l'épi de maïs qu'elle vient de cueillir dans le champ. C'est alors que Kanta surgit avec un télégramme de l'hôpital demandant de rappeler rapidement. Paniquée, Satsuki demande conseil à Grand-mère : son père est à l'université et ne rentrera pas avant le soir ! En voyant sa grande sœur si perturbée, Mei ne se sent pas tranquille. Satsuki et Kanta s'élancent vers la maison de celui-ci pour téléphoner. Son épi fermement serré dans ses bras, Mei essaye de les suivre malgré la demande de sa sœur de rester avec Grand-mère. Arrivée chez Kanta, Satsuki téléphone à l'université et fait part de la nouvelle à son père. Celui-ci la rassure et lui promet de la rappeler dès qu'il aura contacté l'hôpital. Satsuki s'agenouille et attend sans rien dire. Pendant ce temps, Mei, qui a perdu la trace de sa grande sœur, erre sur le chemin. Une chèvre veut lui dérober son épi qu'elle protège avec véhémence.

Quand Mei retrouve finalement Satsuki et Kanta qui sortent de la maison, elle apprend que sa mère doit encore rester à l'hôpital et ne pourra pas rentrer en fin de semaine, comme prévu. Mei refuse de comprendre que sa mère ne puisse pas encore rentrer. Satsuki tente de lui faire entendre raison, en vain. Mei s'obstine à ne rien entendre. Le cœur lourd également, Satsuki se fâche finalement avec sa sœur. Elle laisse Mei et s’éloigne. Mei explose en sanglot et part à la suite de sa sœur, laissant Kanta qui ne sait plus quoi faire. En froid, les deux sœurs s'assoupissent dans deux pièces différentes de la maison. Grand-mère cherche à les réconcilier et à les rassurer. Satsuki lui fait part de ses craintes sur la maladie de sa mère et imagine le pire. Elle éclate en sanglots. Mais Mei surprend la discussion et, choquée par l'attitude de sa sœur, elle décide de prendre les choses en mains. Son épi fermement serré contre sa poitrine, elle se met à courir en fixant l'horizon. Elle fait route vers l'hôpital apporter à sa mère l'épi de maïs qui la guérira.

Lorsque Grand-mère et Satsuki réalisent que Mei n'est plus là, elles commencent d'abord à la chercher dans le jardin avant que Satsuki ne soupçonne qu'elle soit partie voir sa mère suite à leur dispute. Comme l'hôpital est à trois heures de marche, Satsuki part en courant, espérant rattraper Mei en chemin. Pendant ce temps, Grand-mère envoie Kanta prévenir son père et organise les recherches. Satsuki court à toutes jambes à travers la campagne mais ne trouve aucune trace de sa petite sœur. La nuit commence à tomber et Satuki a le cœur serré. Sa sœur a-t-elle pris le même chemin qu'elle ? Sans savoir si elle a tort ou raison, elle continue sa course vers l'hôpital. À bout de souffle, elle parvient à un embranchement et arrête un véhicule qui approche. Sans reprendre sa respiration, Satsuki explique la situation au conducteur. Il lui affirme n'avoir croisé aucune petite fille en chemin. Personne ne peut l'aider.

C'est alors que Kanta arrive sur une bicyclette bien trop grande pour lui. Il lui apprend qu'une sandale d'enfant a été retrouvée flottant sur l'étang. Kanta se propose de suivre le chemin de l'hôpital à sa place tandis que Satsuki, bouleversée, s'élance pour savoir si la chaussure est celle de sa petite sœur. Satsuki court à en perdre haleine. Elle s'arrête un instant pour reprendre son souffle et contemple ses pieds et ses sandales abîmés. Elle prend ses chaussures à la main et décide de poursuivre à pieds nus. Pendant ce temps, la petite sandale orpheline dans la main, Grand-mère supplie les dieux que ce ne soit pas celle de Mei. Tout autour d'elle, les villageois fouillent l'eau de l'étang. Satsuki arrive à bout de forces. Grand-mère lui montre la sandale. À leur grand soulagement, ce n'est pas celle de Mei. Alors que les adultes se pressent d'organiser la suite des recherches, Satsuki a une idée. Elle se précipite vers chez elle sans rien dire à personne.

Satsuki court vers le tunnel qu'avait suivi Mei quand elle a rencontré Totoro pour la première fois. Elle veut demander de l'aide à la créature. Par chance, elle découvre l'entrée de sa tanière entre les racines de l'arbre et tombe sur le ventre de la créature endormie. En larmes, Satsuki implore Totoro de l'aider à retrouver sa petite sœur. Pour la rassurer, Totoro lui fait son plus grand sourire et l'entraîne vers la sortie de la grotte puis s'élance vers la cime du grand camphrier. Arrivé au sommet, Totoro pousse un grand cri. Quelques instants plus tard, Satsuki voit arriver au loin quelque chose qui galope au-dessus des champs. C'est le Chat-bus qui a répondu à l'appel de Totoro ! Il arrive bien vite au sommet de l'arbre et regarde Satsuki en souriant. Toujours avec un grand sourire en demi-lune, Totoro l'invite à monter dans l'étrange moyen de transport. Satsuki hésite un instant puis se décide. Le plancher moelleux s'enfonce un peu sous les pas de la jeune fille. Elle prend place sur la banquette arrière qui s'adapte à sa hauteur. À la grande joie de Satsuki, le Chat-bus change sa pancarte de destination et indique maintenant « Mei ». Le Chat-bus lâche un miaulement et saute prestement de l'arbre, accompagné d'un signe d'au revoir de Totoro. Le Chat-bus traverse les champs en effleurant à peine le sol. Satsuki est époustouflée par sa vitesse. Il dépasse rapidement Grand-mère et les villageois qui continuent à chercher Mei puis s'enfonce dans la forêt. Emerveillée, Satsuki regarde les arbres s'écarter sur leur passage ! Il traverse ensuite le village et pour gagner du temps, grimpe sur les fils électriques. Tel un funambule, il s'élance dessus, se jouant du haut voltage.

Pendant ce temps, Mei est toute seule. Fatiguée d'avoir tant marché, elle s'est assise sur le bord de la route et sanglote. Soudain, elle entend la voix de Satsuki mais ne la voit pas et elle pleure plus belle. Elle finit par lever la tête et bouche bée, elle contemple le spectacle de sa sœur arrivant dans le Chat-bus. Ce dernier saute des fils électriques et atterrit doucement devant Mei. Réunies, les deux sœurs tombent dans les bras l'une de l'autre devant le Chat-bus satisfait. Leur querelle oubliée, Satsuki devine que la fugue de Mei partait d'une bonne intention en voulant apporter son épi à leur maman. Un miaulement, et une fois encore, la destination de la pancarte change ! Le Chat-bus leur propose maintenant de les conduire à l'hôpital ! Comblée, Satsuki embrasse le museau du drôle de félin qui, un instant après, reprend sa route en emmenant les deux sœurs, radieuses.

À l'hôpital, monsieur Kusakabe est auprès de sa femme. Madame Kusakabe est désolée d'avoir causé du souci à sa famille pour un simple rhume. Monsieur Kusakabe lui assure que leurs deux filles seront rassurées d'entendre que sa sortie n'est retardée que d'une petite semaine. À l'extérieur, perchées sur la branche d'un des arbres du jardin, Satsuki et Mei observent leurs parents. Elles sont rassurées de les voir souriants et de bonne humeur. Subitement, Madame Kusakabe porte son regard vers la fenêtre. Elle est persuadée d'avoir vu ses filles rire dans l'arbre d'en face. Mais maintenant il n'y a plus rien ! Sur le rebord de la fenêtre, Monsieur Kusakabe remarque alors un épi de maïs. Avec un grand sourire, il le tend à sa femme en lui affirmant que c'est pour elle. Un petit message est gravé dessus : « pour maman » !

Rassurées sur la santé de leur mère, Mei et Satsuki sont assises à l'arrière du Chat-bus qui les ramène chez elle. Parvenue au village, elles saluent le félin qui leur sourit une dernière fois avant de s'évanouir dans la nuit. Bientôt, Kanta et Grand-mère, toujours à leur recherche, arrivent à l'horizon. La vieille dame ne peut contenir ses larmes en embrassant Mei. De son côté, Satsuki remercie Kanta de s'être donné tant de mal. C'est sous un beau ciel étoilé que tout le monde rentre enfin à la maison, tandis que tutoyant la voûte céleste, perchés sur la plus haute branche du camphrier géant, les trois Totoros jouent paisiblement de l'ocarina.

C'est sur la chanson Tonari no Totoro et sur une série d'images fixes que se déroule le générique de fin. Les vignettes suggèrent les événements qui vont naturellement suivre ce dénouement heureux : le retour de Madame Kusakabe au foyer, la vie scolaire de Satsuki, les amis et les jeux dans la campagne. Les esprits de la forêt sont toujours là, et même si Satsuki et Mei ne les ont pas oublié, les images laissent à penser que les fillettes et les créatures ne se recroiseront plus. La crise familiale résolue, la douce protection de Totoro n'est plus nécessaire.