Souvenirs de Marnie


« Pour toutes les Anna et toutes les Marnie qui iront voir ce film, j’espère avoir créé une histoire qui leur parle, leur procure le sentiment d’avoir une âme sœur, une compagne qui viendra s’asseoir auprès d’elles et, tout simplement, restera à leurs côtés. »
(Hiromasa Yonebayashi)
Anna, une jeune fille solitaire et renfermée ayant perdu ses parents très jeune, vit en ville avec ses parents adoptifs. Mais lorsque son asthme s'aggrave, sa mère l'envoie chez des parents, les Ôiwa, qui vivent près de la mer dans un petit village au nord de Hokkaidô. Pour Anna, c'est le début d'un été d'aventures qui commence par sa découverte d'une grande demeure construite au cœur des marais, non loin du village. Même si elle semble avoir quelque chose de familier pour elle, « la maison des marais », comme l'appellent les villageois, est inhabitée depuis bien longtemps. Et c'est là-bas qu'elle va faire la rencontre d'une étrange et mystérieuse fille : Marnie...
Omoide no Mânî (Souvenirs de Marnie) est l'adaptation du roman pour la jeunesse When Marnie was there de Joan G. Robinson, une des 50 œuvres littéraires recommandées par Hayao Miyazaki. Pour sa seconde réalisation, Hiromasa Yonebayashi a souhaité faire taire les critiques affirmant que le studio Ghibli n'est plus rien sans Isao Takahata ou Hayao Miyazaki. Mais les résultats décevants de ce film pourtant original et émouvant ont décidé la direction du studio Ghibli à arrêter la production de longs métrages.
Film conseillé à partir de 12 ans (voir guide des parents)
Sources : dossier de presse français - conférence de presse japonaise du 12 décembre 2013 - Souvenirs de Marnie : le nouveau départ (Yomiuri Shimbun, 13 et 27 juin 2014) - Souvenirs de Marnie : un film aux deux visages (Mantan-web.jp, 13 août 2014) - documentaire Un studio Ghibli inconnu — Jusqu’à la fin de la création de Souvenirs de Marnie..., diffusé le 27 juillet 2014 sur la chaîne NTV dans le cadre de l'émission NEWS ZERO
Remerciements : merci à Yasuka Takeda pour les traductions
Souvenirs de Marnie : Résumé détaillé

Anna est une jeune fille solitaire et renfermée, ayant l'impression de vivre constamment en dehors de la société. Alors qu'elle était en train de dessiner avec sa classe lors d'une sortie dans un parc, Anna se rend compte de cette terrible réalité et, prise d'une violente crise d'asthme, elle est ramenée d'urgence à la maison.


Affaiblie et alitée, elle semble ailleurs et ne réagit pas lorsque le médecin suggère qu'Anna passe les deux prochains mois à la campagne au bord de la mer. Yoriko, la mère d'Anna, que cette dernière se borne à appeler « Tata », accepte à contre-cœur, se sentant seule et désemparée pour gérer les malaises mais aussi le mal-être et la solitude de la jeune fille, avec un mari en déplacement.


Elle accepte donc que sa fille quitte Sapporo pour rejoindre des proches vivant à la campagne, dans le nord de Hokkaidô. Sur le quai de la gare, Yoriko écrase des larmes de tristesse et d'angoisse, alors qu'Anna s'éloigne pleine de rancœur inexpliquée.


À l'arrivée, elle découvre son oncle Kiyomasa et sa tante Setsu, deux personnes simples et pleines d'entrain. Sur le chemin chaotique qui les mène à leur domicile, Anna aperçoit au loin un silo à grain abandonné.


Anna arrive dans cette maison étrangère et découvre depuis la chambre où elle doit loger un magnifique paysage côtier, et notamment une crique. Dans ses bagages, elle découvre que Yokiro lui a laissé des cartes et des enveloppes pré-timbrées afin que la jeune fille lui écrive. Anna s'attelle, non sans pester, à cette tâche et part ensuite poster son courrier. Sur le chemin, elle essaie d'éviter une habitante du village et sa fille, une rondelette adolescente prénommée Nobuko. Anna s'enfuit vers la crique.


De là, elle aperçoit au loin un manoir, de l'autre côté de la plage. Elle se rend sur place, elle s'en approche et s'aperçoit que la demeure est déserte et abandonnée. Alors qu'elle s'apprête à retourner sur ses pas, Anna s'aperçoit que la mer est montée et qu'elle ne peut plus traverser. Heureusement, un pêcheur à l'air bourru arrive sur une barque et ramène la jeune fille à bon port. Lors de la traversée, Anna se retourne et aperçoit au loin une lumière dans le manoir, image qui s'évanouit immédiatement.


Pendant la nuit, elle rêve du manoir. Derrière la fenêtre illuminée se trouve une jeune fille à la longue chevelure blonde et bouclée. Une femme est en train de lui brosser avec application ses cheveux et... Anna se réveille en sursaut.


Le jour suivant, Anna retourne sur la plage et se met à dessiner le manoir. Elle aperçoit un groupe d'enfants dirigées avec autoritarisme par Nobuko qu'elle a tentée d'éviter la veille. Elle découvre également une femme peintre qui, comme elle, semble reproduire le manoir isolé.


Le lendemain, Setsu lui demande de l'accompagner chez l'une de ses clientes afin de lui remettre des lampions, confectionnés pour une fête qui se déroulera le soir même. Anna accepte, non sans réticence, et s'aperçoit avec effroi qu'il s'agit de la mère de la jeune fille croisée la veille. Cette dernière lui propose de se joindre à Nobuko et ses amies pour la fête. Setsu, enthousiaste, propose à Anna de lui prêter le kimono d'été de sa fille aînée. La jeune fille est contrainte d'accepter...


Le soir, Anna accompagne donc Nobuko et ses amies afin d'assister à la fête locale. Elle n'arrive pas réellement à intégrer le groupe et s'isole pour écrire un vœu qu'elle doit accrocher à l'un des arbres du temple pour qu'il se réalise. Mais son papier est interceptée par Nobuko qui découvre le vœu d'Anna : elle souhaite simplement une journée normale. La jeune fille remarque alors les yeux d'Anna, d'un bleu profond inhabituel pour une japonaise.


Anna, piquée au vif, traite Nobuko de vache et cette dernière lui répond vivement qu'Anna ne pourra jamais vivre une journée normale vu son étrangeté et son comportement. Anna s'enfuit alors en courant du temple et part vers la crique.


Là, une barque l'attend, avec une bougie en train de s'éteindre. Anna monte à bord et rame énergiquement vers le manoir. Mais prise dans son élan et maladroite, Anna perd le contrôle de l'embarcation. Alors qu'elle est sur le point de heurter le quai du manoir, une jeune fille sort de la demeure et lui prête main-forte. Il s'agit de la jeune fille du rêve d'Anna...


Celle-ci aide le bateau à accoster et demande à Anna de la suivre dans le jardin du manoir. Mais à peine sont-elles arrivées que la jeune fille blonde panique : elle ne doit pas se trouver dehors et elle entend sa mère arriver. Elle entraîne alors Anna dans un buisson et cette dernière voit effectivement la mère de la jeune fille, accompagnée par une gouvernante.


Après le départ de ces dernières, la jeune fille fait jurer à Anna de garder leur secret et de ne le révéler à personne. Anna promet et la jeune fille la ramène ensuite de l'autre côté de la plage.


Lorsqu'elle arrive chez Setsu et Kiyosama, Anna aperçoit la mère de l'adolescente dodue. Celle-ci se plaint du comportement adopté envers sa fille et réclame des excuses. Anna se cache et attend le départ de la furie avant de regagner la maison. Setsu et Kiyosama l'accueillent avec bienveillance et lui pardonnent de rentrer toute couverte de boue.


Le soir même, vers 17 h, Anna retourne à la plage. La jeune fille l'attend à nouveau sur sa barque. Elle décide cette fois de l'emmener pique-niquer près d'une petite bicoque abandonnée le long de la plage. La jeune fille s'appelle en réalité Marnie et les deux jeunes filles sont filles uniques. Anna explique à Marnie qu'elle est orpheline et a perdu ses parents et sa grand-mère. Depuis, elle est élevée par Yoriko. Quant à Marnie, ses parents sont souvent absents et la jeune fille est coincée dans le manoir, surveillée constamment par une gouvernante acariâtre.


Marnie demande alors à Anna de lui décrire Setsu et Kiyosama. Anna est alors plongée dans un état second, cherchant désespérément à se rappeler la maison où elle passe ses vacances. Elle émerge soudain de ses pensées et découvre la plage vide. Au loin arrive finalement Marnie, persuadée qu'Anna avait disparu. Mais très vite, la jeune fille blonde oublie ce moment étrange et explique à Anna qu'elle a un plan pour la faire entrer dans la maison.


En effet, ses parents donnent une grande soirée, comme souvent lorsqu'ils rentrent au manoir. Anna est donc déguisée à l'aide d'un châle en petite fleuriste venue vendre aux invités des fleurs coupées.


Dès son arrivée, la gouvernante découvre la supercherie. Mais Marnie réussit à enfermer la mégère à double tour dans sa chambre et fait entrer Anna dans la pièce de réception.


Elle est accueillie avec enthousiasme par les parents de Marnie qui l'invitent avec plaisir à leur soirée. La jeune fille est éblouie par le luxe de la réception et se retrouve vite isolée dans la foule joyeuse. Anna aperçoit au loin Marnie danser avec un jeune homme. Déçue et triste, la jeune fille part dans le jardin.


Marnie la rejoint peu après, fredonne une ritournelle et se met à danser avec Anna. Quelques temps après, Anna est retrouvée endormie sur un chemin du village. Elle est récupérée par une femme, qui ramène l'adolescente chez elle, avec toutefois une chaussure en moins à son pied.


Le lendemain, Anna récupère sa chaussure posée sur un poteau, le long de la place. Lors de la confection du repas, Setsu confie à Anna que Yoriko s'est toujours beaucoup inquiétée pour elle, qu'elle avait toujours eu à cœur de rattraper les 5 premières années qu'elle n'avait pas passé auprès d'Anna. Elle lui parle aussi de toutes les photos que Yoriko a envoyées à Setsu pour lui montrer l'évolution de la jeune fille, de sa petite enfance à son adolescence...


Plus tard, Anna se réveille d'une sieste, les photos d'elle petite jonchant son lit. Elle s'aperçoit avec effroi qu'il est plus de 17 h et que la marée est montée depuis longtemps. Lorsqu'elle arrive à la plage, aucune barque ne l'attend, Marnie semble avoir disparu.


Pendant plusieurs jours, Anna revient et ne peut que constater que Marnie n'est plus là. Elle se met alors à peindre le manoir laconiquement, regrettant d'avoir oublié de se rendre au rendez-vous convenue avec la jeune fille blonde aux grands yeux bleus. Un jour, elle entame la conversation avec la peintre. Cette dernière lui confie aimer beaucoup cette bâtisse où a vécu une de ses amies. Elle apprend à Anna que le manoir est en cours de restauration et qu'une nouvelle famille va bientôt y vivre.


Anna décide d'aller voir par elle-même en barque. Alors qu'elle s'approche de la demeure, elle ne peut que constater que ce dernier subit de nombreux travaux. Une petite fille, prénommée Sayaka, ouvre grand la fenêtre de de la chambre et interpelle l'adolescente, l'appelant Marnie. Anna est sous le choc. Sayaka l'invite à la rejoindre dans sa chambre. La petite fille est convaincue qu'Anna est Marnie et lui dit avoir retrouvé son journal intime dans la chambre. Elle lui confie et Anna découvre qu'il manque des pages au carnet, qui s'arrête à la danse dans le jardin.


Les jours passent et un jour, alors qu'Anna était en train de dessiner le manoir, elle est surprise par une voix derrière elle : il s'agit de Marnie ! La jeune fille est revenue mais ne peut pas suivre Anna chez elle. Elle l'invite alors à cueillir avec elle des champignons dans la forêt qui jouxte le manoir.


Sur le chemin, Anna confie à Marnie son plus lourd secret : elle a découvert un jour que sa mère adoptive recevait en réalité une pension pour s'occuper d'elle. Elle n'arrive donc plus à lui faire confiance, à croire en l'amour que celle-ci prétend avoir pour elle.


Touchée par la détresse de la jeune fille, Marnie raconte alors à son tour son quotidien : ses parents ne sont jamais là et la laissent la plupart du temps à sa gouvernante et à deux sœurs jumelles, faisant office de servantes. Ces femmes cruelles passent leur temps à brimer la jeune fille, à lui interdire toute sortie, à l'humilier constamment. Un jour, les jumelles ont même forcé Marnie à se rendre avec elle dans un silo à grain abandonné et réputé pour être hanté. La jeune fille, terrifiée, a pourtant été contrainte de suivre les deux femmes et c'est un orage qui les a contraints à abandonner leur funeste projet.


Anna est extrêmement choquée lorsqu'elle apprend le sort subi par son amie. Elle décide alors de l'emmener au silo pour arriver à lui faire surmonter sa peur. Sur le chemin, Anna est interpelée par une voix derrière elle. Il s'agit de Sayaka, qui a découvert les dernières pages du journal de Marnie. Anna lui dit qu'elle n'a pas de temps pour le moment à lui consacrer et qu'elle se rend au silo. Elle se retourne alors et ne voit plus Marnie.


Des nuages orageux s'amoncellent alors dans les cieux et Anna se précipite dans le silo alors que les premières gouttes déferlent. Anna appelle Marnie et entend des pleurs en haut du silo. L'orage éclate et se déchaine, tandis qu'Anna gravit les escaliers et rejoint Marnie, recroquevillée et grelottante. Anna tente de convaincre Marnie de descendre, mais celle-ci refuse, effrayée, appelant Anna « Kazuhiko ». Les deux jeunes filles se couvrent alors d'un manteau et se recroquevillent dans un coin.


Lorsqu’Anna se réveille, Marnie a disparu à nouveau. Elle descend du silo à la recherche de la jeune fille. Pendant ce temps, Sayaka a convaincu son frère de partir à la recherche d'Anna. Sur le chemin, ils découvrent la jeune fille, évanouie sur le bas-côté de la route. Ils la ramènent chez Setsu, où la jeune fille est contrainte de rester alitée, terrassée par la fièvre.


Dans un rêve, Anna retourne au manoir. Alors que la marée monte, elle aperçoit Marnie par la fenêtre et lui crie : « pourquoi m'as-tu abandonnée ? ». Marnie lui explique alors qu'elle n'avait pas le choix, qu'Anna n'était pas réellement là au moment où tout cela s'était passé. Elle demande à Anna de lui pardonner et cette dernière, dans un dernier élan, lui promet que tout est pardonné. Des larmes coulent sur les joues de Marnie et la tempête s'apaise...


Le lendemain, alors qu'elle lui rend visite, Sayaka tend à Anna les derniers feuillets du carnet où l'incident du silo est raconté. Mais à la place d'Anna, c'est Kazuhiko qui apparaît comme le sauveur de Marnie. Sayaka lui amène également une peinture signée « pour Marnie, de la part d'Hisako ». Marnie comprend immédiatement qu'il s'agit de la peintre rencontrée plusieurs jours avant. Elle et Sayaka la rejoignent sur le bord de mer.


Hisako confirme que lorsqu'elle était jeune, elle était l'amie de Marnie. La jeune fille était effectivement très seule, constamment brimée par sa gouvernante. Mais un jour, grâce à son mariage avec son ami d'enfance Kazuhiko, elle a pu construire sa propre famille à Sapporo et avoir une petite fille, Emily. Malheureusement, peu de temps après sa naissance, Kazuhiko est mort et Marnie est tombée gravement malade au point de devoir aller vivre dans un sanatorium.


Incapable de s'occuper d'Emily, elle l'a envoyé en pensionnat. Celle-ci n'a jamais pardonné cet abandon à sa mère, malgré tous les efforts de Marnie pour se racheter ensuite. Emily s'est ensuite mariée à son tour et a eu une enfant. Mais là encore le sort s'est acharné sur Marnie, puisqu'Emily et son mari meurent dans un accident de voiture. Marnie récupère alors la garde de sa petite-fille et s'en occupe avec beaucoup d'amour. Malheureusement, elle meurt à peine une année plus tard et sa petite-fille est alors placée dans un orphelinat. En apprenant le destin tragique de Marnie, Anna et Sayaka sont bouleversées.


Des jours plus tard, Yoriko vient chercher Anna pour la ramener à Sapporo. Avant même que celle-ci évoque le sujet, elle explique à Anna qu'elle touche une pension pour s'occuper d'elle, mais que ce n'est pas l'argent, mais bien l'amour qui l'a toujours guidé dans sa démarche. Touchée par cet aveu spontané, la jeune fille explique à sa mère adoptive qu'elle l'avait compris en voyant les photos envoyées à Setsu. Yoriko lui tend alors une vieille photo, expliquant à Anna que lorsqu'elle avait eu la garde de la petite fille, celle-ci tenait fermement dans sa main ce cliché en noir et blanc.


Anna découvre avec stupeur qu'il s'agit du manoir, avec une inscription au dos « Mon endroit préféré. Marnie ». Anna comprend alors que Marnie était en réalité sa grand-mère, que la chanson chantée lors de leur danse était la même ritournelle que lui chantait sa grand-mère petite, que toutes les aventures vécues avec elle dans ses rêves n'étaient que des réminiscences des anecdotes que lui racontaient sa grand-mère.


Au moment de partir, Anna promet à Sayaka de revenir l'année suivante. Elle passe dire au revoir à Hisako. Elle présente Yoriko comme étant sa mère et annonce à la peintre qu'elle lui écrira pour lui annoncer une bonne nouvelle. Elle repart avec sa mère en voiture et se retourne une dernière fois vers le manoir, où elle entraperçoit la silhouette de Marnie, disparaissant une ultime fois...

Souvenirs de Marnie : Personnages
Anna

Adolescente à fleur de peau, Anna semble n’aimer personne, à commencer par elle-même. Du fait de son asthme mais aussi de son adoption ou encore de sa couleur d’yeux inhabituelle, elle se sent à part et a bien du mal à s’apprécier. Elle est aussi extrêmement critique avec ses proches, qu’il s’agisse de sa mère adoptive, de sa tante ou encore des autres enfants qu’elle croise. La seule personne qui trouve finalement grâce à ses yeux est Marnie, jeune fille mystérieuse habitant un manoir. Anna a conscience qu’il s’agit d’une apparition fantomatique, et pourtant, c’est bien elle qui réussira à réconcilier Anna avec les gens qui l’entourent, à lui permettre de trouver sa place dans la société et à s’accepter. Grâce à Marnie, Anna trouvera enfin quelles sont ses racines et qui elle est vraiment.
Marnie

La jeune fille aux longues boucles blondes et aux grands yeux bleus est un personnage énigmatique. Elle n’est visible que d’Anna, disparaît plusieurs fois et ne semble être au mieux qu’un lointain souvenir pour les autres habitants du village. Au début Marnie apparaît comme la parfaite jeune fille de bonne famille, entourée par des parents bienveillants, elle semble gâtée et heureuse. Mais en réalité la jeune fille est seule et abandonnée régulièrement par son père et sa mère, laissée auprès de gens maltraitants. Le passé de Marnie est donc une longue souffrance solitaire, sans aucune réelle amie, si ce n’est Anna, qui semble lui apporter joie et paix. Il faudra attendre la fin de leur aventure pour découvrir la nature du lien qui les unit, transcendant le temps et l’espace.
Sayaka

Espiègle et pleine d’entrain, cette petite fille habite dans le manoir après la première disparition de Marnie. C’est elle qui découvre le journal de la mystérieuse jeune fille et le confie à Anna. Sa spontanéité et son enthousiasme réussissent à percer la carapace de l’adolescente taciturne et lui permettent de se lier d’amitié avec elle. Elle est également très prévenante et attentive, ce qui lui permet d’aider plusieurs fois Anna alors que cette dernière se trouve dans des situations difficiles.
Yoriko

Mère adoptive d’Anna, Yoriko est constamment inquiète pour sa fille, qu’il s’agisse de son asthme, de son intégration scolaire ou de leurs rapports familiaux en constante dégradation. Elle semble impuissante devant la haine que lui voue Anna et n’arrive pas à renouer le dialogue avec sa fille, qui refuse de l’appeler « Mère » (mais « Tante ») et se moque volontiers d’elle.
Setsu et Kiyomasa

Ce sont la tante et l’oncle adoptifs d’Anna. Tous les deux sont des gens simples et bon vivants, habitant dans un petit village côtier. Ils acceptent d’héberger durant toutes les vacances leur nièce afin qu’elle puisse soigner son asthme. Bienveillants, ils ne réprimanderont jamais Anna pour ses sautes d’humeur, ses gaffes et ses disparitions soudaines et parfois tardives. C’est Setsu qui permettra à Anna de mieux comprendre la relation que sa mère adoptive entretient avec elle.
Autres personnages
Les parents de Marnie

Le père de Marnie est un bel européen blond aux yeux bleus et sa mère est une élégante japonaise. Couple aux apparences parfaites, tous deux semblent aimables et souriants. Ils aiment beaucoup faire la fête entourés par leurs amis. En revanche, ils sont souvent absents et n’élèvent pas leur fille, qu’ils confient au personnel de leur manoir.
Hisako

Comme Anna, ce personnage adore peindre le manoir et semble liée à Marnie. C'est elle qui révèlera la nature du lien qui unit les deux adolescentes.
Nobuko

Adolescente replète et autoritaire, Nobuko a l’habitude de se faire obéir par tous, qu’il s’agisse de ses camarades ou de sa mère. Issue d’une famille aisée, elle aime poser des questions indiscrètes quitte à provoquer le malaise chez son interlocuteur. Avec leurs caractères opposés, Anna et elle n’arrivent pas à s’entendre.
La gouvernante et les servantes jumelles

Si au début de l’histoire ces trois personnages semblent être de simples domestiques au service de Marnie et de ses parents, ils sont en réalité des personnages malveillants, s’amusant constamment à brimer et maltraiter la pauvre jeune fille en l’absence de ses parents. Autoritaires, moqueuses et aimant faire régner la terreur dans le manoir, elles créent un réel traumatisme chez Marnie sans aucune vergogne.
Souvenirs de Marnie : Analyse
Souvenirs de Marnie est un film lourd à porter pour Hiromasa Yonebayashi : premier film d'animation du studio sans Hayao Miyazaki et Isao Takahata, et finalement dernier long métrage alors de Ghibli. Avec ce pedigree, on pourrait classer Souvenirs de Marnie dans la filmographie mineure du studio. Et pourtant, cette œuvre mérite bien plus qu'un simple visionnage pour être apprécié à sa juste valeur.
Un monde hostile ?
L'un des grands intérêts de ce film est sa manière d'aborder la psychologie de l'adolescence. Hiromasa Yonebayashi propose un personnage complexe, qui évolue au fur et à mesure du film et qui change notre perception de l'histoire.
En effet au tout début du film, nous sommes aux côtés d'Anna, nous sommes exclus avec elle, loin des activités humaines. Nous observons à ses côtés les agissements des uns et des autres et l'on ne peut que constater son sens de l'observation à travers les croquis qu'elle couche sur le papier. On est donc immédiatement dans l'empathie, sentiment exacerbé par la voix off d'Anna et la crise d'asthme qui la terrasse. Le spectateur comprend dès lors qu'Anna se sent seule et est en colère, et il accepte sa perception du monde. Celle-ci est sans concession : les adultes sont décevants, dans un monde terne où on ne peut faire confiance à personne.


Mais peu à peu, on comprend que c'est Anna qui rejette ce monde d'adultes qui la révulse à cause de son histoire personnelle, sans véritables racines et donc sans enfance. Ainsi, lorsque sa mère adoptive s'inquiète pour son trajet en train, elle se moque avec mépris de cette attitude. À Hokkaidô, hormis Nobuko et sa mère, tous accueillent Anna avec simplicité et plaisir, son oncle et sa tante sont des gens accueillants, ouverts et tolérants, acceptant Anna avec ses failles et ses secrets. Pourtant, lorsque Marnie lui demande de décrire son entourage, Anna n'arrive qu'à percevoir les côtés négatifs de sa tante et de son oncle, irrémédiablement coincés dans leur rôle de benêts provinciaux dans lequel elle les a enfermés.



De même, quand Anna manque son rendez-vous avec Marnie, elle ne s'aperçoit pas que la maison est à nouveau habitée et en rénovation alors qu'elle l'observe et la dessine tous les jours. On a donc au départ l'impression qu'Anna a un sens aigu de l'observation qui la pousse à détester ce monde. En réalité, elle est tellement dans la colère, elle a tellement perdu ses repères qu'elle se focalise uniquement sur les points négatifs qui la confortent dans sa vision du monde et l'enferment toujours un peu plus.


En revanche, tout ce qui appartient au rêve est paré du mystérieux, comme la crique à la cabane abandonnée et le manoir perdu dans la brume…


Alors qu'en plein jour, un pêcheur bourru y officie, la plage est jonchée d'ordures que les enfants doivent nettoyer et l'inaccessible manoir a en réalité un chemin goudronné à l'arrière permettant à des véhicules de s'y rendre sans difficulté.

Mais le monde onirique de Marnie est en fait sublimé par l'histoire d'amitié, presque amoureuse, qui lie les deux jeunes filles, à travers les scènes presque romantiques de la danse sous le clair de lune ou lors du pique-nique dans la barque.



La scène du silo montre bien que c'est Anna qui perçoit de manière déformée le monde. En effet, Anna est à ce moment précis convaincue que Marnie est en grand danger et se porte à son secours, tout en étant paradoxalement paniquée à l'idée d'être seule. Lors de cette scène, Anna assimile le silo à ce qu'il y a de plus noir en l'homme, puisque ce lieu symbolise à ce moment précis à la fois les terreurs de Marnie et les craintes d'Anna. Il faudra attendre la révélation sur l'identité d'Anna pour découvrir qu'en réalité, c'est cette scène qui libèrera Marnie de son calvaire quotidien et qui lui permettra de trouver l'amour.



Le monde au final, n'est pas aussi terne, morne, cruel que le pense Anna, sa vision devient plus juste au fur et à mesure du film, de son évolution et son passage vers l'âge adulte. Jusqu'à cette scène bouleversante où les deux parcours se rejoignent, permettant enfin à Anna de découvrir son passé et donc son présent. Anna peut dès lors porter un regard plus juste sur ceux qui l'entourent, au point d'appeler sa mère adoptive « maman » ou de vouloir revenir passer l'été suivant dans le village.



Un récit maîtrisé
Évidemment, on pourrait pointer les quelques défauts de Souvenirs de Marnie, en remarquant une animation des visages parfois un peu simples (hormis celle d'Anna, tout en subtilité), en trouvant qu'il manque de rythme ou que la toute fin du film est peut-être un peu trop explicative pour un Ghibli. Et c'est bien là le drame de ce film : d'être le dernier film issu du studio Ghibli et de subir indirectement le poids de ses aînés et de la comparaison.
En réalité, Hiromasa Yonebayashi réussit ici à trouver un rythme très particulier dans sa construction narrative et réussit à proposer de vrais moments forts tout au long du film, probablement aidé en cela par Masashi Andô, qui marquait son retour au studio. La première moitié du film, lent, est essentiellement centré sur la vie quotidienne d'Anna, sur des petits détails qui permettent de comprendre qui elle est. Car si de prime abord, elle semble une victime, on comprend peu à peu qu'elle s'est elle-même enfermée dans la solitude, dans le rejet de sa famille adoptive et dans sa maladie.
Ce choix d'un personnage central finalement peu charismatique et assez passif est assez osé, parce qu'il aboutit donc à une certaine lenteur dans le traitement de l'intrigue, qui n'avance finalement que lors des apparitions ponctuelles de Marnie. Celle-ci semble hanter Anna, non pas à la manière d'un fantôme, mais plutôt comme dans un rêve, où le temps et l'espace se dilatent, comme lorsqu'Anna défaille et se réveille quelques mètres plus loin sans Marnie, où l'on peut parfois se sentir oppressé, un peu extérieur aux scènes qui se déroulent, comme lorsqu'Anna assiste à la réception au manoir.





Comme son illustre prédécesseur Le vent se lève, Souvenirs de Marnie évolue donc dans une chronologie assez floue, rythmée par ces scènes qui distillent peu à peu le malaise dans la féérie de cette rencontre. À aucun moment le doute n'est d'ailleurs permis, Anna elle-même le constate : il s'agit d'un rêve dont elle ne comprend finalement pas la symbolique, elle ne le perçoit jusqu'à la presque fin du film que comme une simple échappatoire à ce monde sinistre qui l'entoure.
Au final, ce duo fonctionne plutôt bien. Marnie y apparaît à la fois douce et joyeuse tandis qu'Anna est taciturne et souvent maussade. Sa transformation au contact de Marnie n'en est donc plus que remarquée. C'est bien là d'ailleurs une des différences marquantes avec le livre originel anglais, où Marnie y est bien plus caractérielle. Mais finalement, ce ne sont pas ces deux personnages qui feront avancer significativement le récit mais bien les personnages secondaires du film. Cela peut paraître par ailleurs logique, puisque les deux héroïnes sont comme enfermées dans un univers parallèle qui convient bien à Anna qui cherche à fuir le monde. Il y a bien ça et là quelques détails qui prendront leur sens plus tard, comme la teinte bleue dans les yeux bleus d'Anna ou le fait que Marnie semble reconnaître la jeune adolescente en lui parlant de ses aptitudes à la rame. Mais dans l'ensemble, on reste dans un univers plutôt calme où l'on sent seulement une forme de tension et de malaise en filigrane.
C'est tout d'abord la tante de la jeune fille qui va fournir l'une des premières clés du récit en dévoilant à Anna le profond et sincère attachement, teinté de pudeur, de sa mère adoptive.


Mais c'est surtout l'arrivée de Sayaka qui fait basculer totalement le récit et l'ancre dans notre réalité. Le personnage de la petite fille est à la fois celui qui va permettre à Anna et à Marnie de découvrir le secret qui les lie, et celui qui va s'immiscer dans cette relation pour ramener finalement Anna à notre monde. En lui rendant involontairement ses racines et son histoire, Sayaka permet à Anna de savoir enfin quelle est sa place dans cette société dont elle s'est sentie si longtemps exclue, mais c'est aussi son caractère enjoué et dynamique, sa réelle empathie pour Anna qui aideront l'adolescente à accepter le monde qui l'entoure.



La deuxième partie du film est donc plus rythmée et casse l'aspect elliptique du début de l'histoire, avec une montée en puissance autour du secret qui semble peser sur le manoir. La scène du silo apparaît donc comme le véritable point d'acmé du film, tant sur le plan dramatique que sur le plan filmique. La scène précédant le silo est à l'image des rencontres entre Anna et Marnie : le paysage est bucolique, elles cueillent des champignons dans la forêt. Tout semble donc calme et apaisé pour ces retrouvailles entre les deux jeunes filles. Mais le lieu est inédit et rompt avec l'habituel décor du manoir des scènes analogues précédentes, annonçant finalement un changement dans le récit. Ce bouleversement est aussi perceptible dans les dialogues entre les deux jeunes filles. Alors qu'auparavant les jeunes filles échangeaient des propos souvent légers, parfois mystérieux, elles parlent ici enfin de leurs secrets respectifs. Si pour Anna le spectateur n'éprouve pas de surprise, le monde de Marnie semble ici s'écrouler. La parfaite jeune fille, évoluant dans un univers idyllique, est en réalité une enfant maltraitée et mal-aimée, plus seule encore qu'Anna.


Dès lors l'ambiance se métamorphose, et la nature accueillante devient sombre, l'orage gronde et éclate, comme le secret de Marnie, avec la présence presque maléfique de ce silo abandonné qui est à la foi lieu de terreur et lieu de refuge. Alors que le film évoluait jusqu'ici dans un univers apaisé, calme, brumeux, le trait est ici mis en valeur par les éclairs, illuminant les visages et la scène qui se joue. Le spectateur est à ce moment précis happé par la terreur d'Anne et de Marnie, sans comprendre réellement pourquoi, puisqu'en réalité, il ne s'agit que d'un orage et d'un rêve dont la symbolique semble nous échapper.


La clé nous sera livrée par Sayaka au réveil d'Anna, puis par la peintre qui livre enfin le bouleversant secret qui unit Anna et Marnie. On peut seulement regretter que Yonebayashi ait eu besoin d'ajouter une fin démonstrative avec la découverte de la carte postale, là où le spectateur avait déjà compris les tenants et les aboutissants de l'histoire. Cette maladresse s'explique peut-être par la volonté de Yonebayashi de bien faire comprendre l'intrigue à un public plus jeune auquel il destinait son œuvre.


Si le ton et le style peuvent peut-être dérouter un fan du studio Ghibli ou même d'Arrietty, le petit monde des chapardeurs, Souvenirs de Marnie mérite réellement qu'on le visionne avec bienveillance et sans idée reçue. Malgré quelques petits défauts, Hiromasa Yonebayashi nous livre un film émouvant où il esquisse avec subtilité une vision très juste de l'adolescence et de la quête de soi, tout en proposant quelques scènes fortes auquel le spectateur ne peut qu'adhérer. Nous espérons de tout cœur que ce jeune réalisateur pourra poursuivre désormais ailleurs son œuvre, non sans un pincement au cœur...
Souvenirs de Marnie : Production
Le premier long métrage sans Isao Takahata et Hayao Miyazaki
L’année 2013 a été importante pour le studio Ghibli, puisqu’il a proposé au public, coup sur coup, Le vent se lève et Le conte de la princesse Kaguya, deux films réalisés par les co-fondateurs et piliers du studio, Hayao Miyazaki et Isao Takahata. Septembre a aussi été le mois qu'a choisi Miyazaki pour annoncer qu’il prenait sa retraite, tout au moins de la réalisation de longs métrages.
Tout le monde s’est alors interrogé sur l’avenir du studio. Souvenirs de Marnie marque donc un nouveau départ, doublé d’un défi, car c’est le premier long métrage auquel n’auront pas participé Isao Takahata ou Hayao Miyazaki. La réalisation a été confiée à Hiromasa « Maro » Yonebayashi, l'un des jeunes talents du studio, qui s'était illustré avec Arrietty, le petit monde des chapardeurs en 2010. Souvenirs de Marnie est son deuxième film au poste de réalisateur.

Même si Arrietty a été le plus gros succès du cinéma japonais en 2010, il a laissé à Yonebayashi le sentiment qu’il n’avait pas tout dit. Un sentiment d’inachevé qu’il souhaitait réparer. Le projet s’est mis en place durant la production du Vent se lève. À ce moment-là, tout le monde sentait que le crayon de Miyazaki n’était plus aussi alerte qu’auparavant. Yonebayashi l’a lui-même ressenti car il était animateur sur le film. C’est ce qui l’a décidé à aller voir le producteur Toshio Suzuki pour lui demander la permission de prendre la direction d’un nouveau projet.
Yonebayashi reçoit alors en retour le roman When Marnie was there des mains du producteur. Tout comme Arrietty, Souvenirs de Marnie est adapté d'un livre étranger de la littérature pour la jeunesse, écrit en 1967 par l’écrivaine britannique Joan G. Robinson, et que Miyazaki a apprécié tout particulièrement (il figure sur sa fameuse liste de ses 50 livres jeunesse recommandés). Mais celui-ci a avoué qu’il n’arriverait maintenant plus jamais à en tirer quelque chose.
Le roman When Marnie was there au Japon


Le roman a été publié au Japon en 1980 chez l’éditeur Iwanami Shoten, dans la collection Iwanami Shônen Bunko, en deux volumes.

En 2011, dans son livre Hon he no Tobira – Iwanami Shônen Bunko wo Kataru (La porte d'entrée vers les livres - Présenter la collection Iwanami Shônen Bunko), qui traite des livres de la collection, Hayao Miyazaki parle en ces termes du roman When Marnie was there :
« En lisant ce livre, il y aura un paysage qui va s’installer dans votre cœur. Une demeure dans le recoin d’un marais, aux fenêtres en façade. Et plusieurs années après, une fois adulte, même si vous avez complètement oublié ce livre, cette maison existera toujours au fond de votre cœur. Et un jour, vous recroiserez ces fenêtres. Sur le chemin de votre voyage, vous trouverez une nouvelle maison, et vous aurez comme une impression de déjà vu qui vous fera vous sentir nostalgique et mélancolique. Et tout à coup, vous vous souviendrez de Marnie. C’est ça l’essence de ce livre. »

Comme à l’accoutumée, c'est environ 6 mois avant la sortie du film en salles au Japon, le 12 décembre 2013, qu'a été officialisé Souvenirs de Marnie, le nouveau projet de long métrage du studio Ghibli, au cours d’une conférence de presse. En acceptant le poste de réalisateur, Yonebayashi a déclaré qu’avec ce film, il n’avait pas l’intention de changer le monde comme pouvait le faire Miyazaki. Mais après des films plus adultes, comme Le vent se lève et Le conte de la princesse Kaguya, il souhaitait revenir à un film Ghibli destiné à un public plus jeune.
Le producteur Yoshiaki Nishimura, quant a lui, se souvient très clairement d’une déclaration de Yonebayashi : il ne laisserait personne dire que le studio Ghibli était incapable de faire un bon film sans Takahata et Miyazaki au générique.
Production
Pour Souvenirs de Marnie, Hiromasa Yonebayashi a bénéficié d’une durée de production plus confortable que sur Arrietty, le petit monde des chapardeurs ou que pour les deux films de Gorô Miyazaki. Il a pu travailler durant un an et demi sur le scénario et les storyboard de son film avant de débuter sa production. Il propose au final un résultat si sensible que, selon Toshio Suzuki, Hayao Miyazaki lui-même n'aurait pas été capable d’atteindre.

E-konte (storyboard) du film, partie A.
Cependant, à la lecture du roman, Yonebayashi trouve le texte certes intéressant et bouleversant, mais se dit qu'il sera compliqué d'en faire un film d'animation. Tout au long du roman, c'est Anna qui parle de ses sentiments de manière sensible et fragile. Aussi, son premier première réflexe est de tout d’abord refuser le projet. Mais il tente quand même de dessiner quelques illustrations.
« Je me suis dit que ça pourrait être une bonne idée d’apporter quelque chose de plus. Anna dessine elle-même. À travers ses dessins ou sa façon d'écrire, je pourrais peut-être aussi décrire les sentiments du personnage. »
Il a également l'idée d'ajouter des scènes non présentes dans le texte original, comme Anna et Marnie qui dansent sous la lune ou la scène de pique-nique en pleine nuit.
« J'ai dessiné ces scènes, et en passant par ces étapes, je me suis finalement dit : je veux continuer, et peut-être que je peux finalement réaliser ce film. »
Pour ce nouveau départ, Suzuki lui adjoint Yoshiaki Nishimura à la production, et une toute jeune équipe de collaborateurs et de nouveaux arrivants.
« Quand Yonebayashi travaillait sur Arrietty, toute l’équipe s’est réunie autour de lui pour le soutenir, car il était débutant et personne ne savait s’il était capable de mener le projet à son terme », explique Nishimura. « Mais cette fois-ci, il prend ses décisions rapidement et son travail est très convainquant. »

Nishimura, quant à lui, reçoit la proposition de Suzuki à l’automne 2012, lui demandant s’il veut faire un film avec Maro. À cette époque, le jeune producteur est encore très occupé sur la production du Conte de la princesse Kaguya. Mais bien qu'il soit réputé pour réfléchir beaucoup avant de donner une réponse, il accepte immédiatement, et pour deux raisons. La première, c’est qu’à l’époque de la projection interne d’Arrietty, il se souvient avoir entendu Isao Takahata déclarer que si un jeune producteur y avait mis toute son âme, peut-être que le film aurait été meilleur. La seconde fait suite à une discussion avec Yonebayashi, qui lui avait avoué que lorsqu’il travaillait sur ses storyboard, il ne parvenait pas à juger s’ils étaient satisfaisants ou non. Il était désireux d'être secondé par une personne pour lui donner son avis, comme Isao Takahata sur ceux de Princesse Kaguya. Après avoir donné son accord, et tout en continuant à travailler sur le film de Takahata, il commence immédiatement à travailler sur les storyboard de Marnie. Pour cela, il rejoint Maro tard le soir à l’appartement où s'est isolé le réalisateur pour travailler.
Sur Souvenirs de Marine, Toshio Suzuki se réserve un poste de « supervision générale ». Il choisit de rester en retrait par rapport au poste de producteur qu’il a occupé jusqu’à présent sur les films de Miyazaki ou Takahata.
« C’est moi qui ai lancé ce projet », explique-t-il. « J’ai choisi les collaborateurs principaux et organisé le planning et je participerai à la promotion du film. Mais je ne serai plus présent aux réunions de production avec l’équipe du film. C’est moi qui ai mis en place les principaux acteurs de ce projet, mais maintenant, c’est à eux de gérer sa production. Je vais certainement avoir envie de donner mon avis, mais je m’abstiendrai. »
La production de Souvenirs de Marnie en manga vue par le réalisateur Hiromasa Yonebayashi.
Planche extraite d’Omoide no Marnie Visual Guide chez Kadokawa Shoten.
(Cliquez pour agrandir l'image.)
Sortie et réception du film
Au Japon, Souvenirs de Marnie est sorti dans les salles Tôhô, partenaire du studio Ghibli depuis 1988, le 19 juillet 2014. Malgré de bonnes critiques, cette sortie n'est pas un franc succès pour un film estival et pour le studio Ghibli. Le film de Hiromasa Yonebayashi a peiné à attirer les spectateurs : après 10 jours d'exploitation, le long métrage n'a totalisé que 10 millions de $ de recettes, soit trois fois moins qu’Arrietty, le petit monde des chapardeurs à la même période, du même réalisateur. Selon Toshio Suzuki, cette contre-performance serait en partie liée à une stratégie marketing orchestrée par le producteur Yoshiaki Nishimura ciblant trop le seul public adolescent féminin.
Illustration et message du réalisateur Hiromasa Yonebayashi extraits du pamphlet du film.
(Cliquez pour agrandir l'image.)
Et comme Suzuki l’avait laissé entendre en cas de non-succès au box-office, le studio Ghibli a annoncé tout début août 2014 que Souvenirs de Marnie serait son dernière long métrage. Le studio se consacrera désormais essentiellement à la gestion des droits et au musée Ghibli.
En France, début septembre 2014, la sortie du film est annoncée en salles pour le 14 janvier 2015, soit six mois après le Japon. Il est d'abord diffusé en avant-première le 7 décembre 2014 au Forum des images à Paris, puis le 13 décembre dans le cadre du Festival du cinéma japonais contemporain, Kinotayo. Sans surprise, il est distribué au cinéma par Walt Disney Studios Motion Pictures France, qui avait annoncé antérieurement avoir signé un accord pour le film en même temps que l'acquisition du Le vent se lève et Le conte de la princesse Kaguya.
Souvenirs de Marnie : Art et technique
Adaptation, animation et décors
Pour Hiromasa Yonebayashi, dont le talent s’est développé au sein du studio Ghibli, il était impératif non seulement de s’appuyer sur ce qu’il a appris auprès de Hayao Miyazaki, mais aussi de relever des défis inédits sur la production de Souvenirs de Marnie. Sa démarche a été particulièrement sensible dans le choix de ses collaborateurs sur ce film. Pour apporter sa différence et sa touche personnelle avec ce nouveau film, Yonebayashi a donc choisi comme directeur de l’animation Masashi Andô, et Yôhei Taneda aux décors. En outre, les trois hommes ont été rejoints par un grand nombre des meilleurs animateurs et dessinateurs de décors du Japon, qui venaient de travailler sur Le vent se lève et Le conte de la princesse Kaguya.
Le directeur de l’animation main dans la main avec le réalisateur
Masashi Andô est entré au studio Ghibli en 1990 et a notamment travaillé comme directeur de l’animation sur Princesse Mononoke et Le voyage de Chihiro. Cependant, il a quitté le studio après la production du Voyage de Chihiro, en raison de divergences artistiques avec le réalisateur. Il est devenu animateur freelance et a notamment travaillé pour Satoshi Kon. En le choisissant, Hiromasa Yonebayashi a tenu à faire appel à une personnalité qui a su dire non aux méthodes de Miyazaki.

C’est en mai 2013 qu’Andô a quitté son poste d’animateur clé sur le film Le conte de la princesse Kaguya pour rejoindre Yonebayashi et commencer à travailler sur le film avec lui. Cela faisait 13 ans qu’il n’avait plus travaillé au poste de directeur de l’animation pour un film du studio Ghibli.
Sur Souvenirs de Marnie, Andô s’est occupé de l’animation, mais il a également participé au scénario avec Keiko Niwa (Arrietty, le petit monde des chapardeurs, La colline aux coquelicots et Les contes de Terremer) et Yonebayashi. Il a fréquemment donné son avis sur le script, afin de partager les responsabilités sur ce nouveau film.
Différentes questions se sont en effet posées à lui lorsqu’il a appréhendé le texte original. À la lecture du roman, Andô ne saisissait pas vraiment le charme de l’histoire. Tous les personnages autour de l’héroïne, Anna, étaient tous trop gentils et les événements ne lui semblaient pas logiquement structurés. Andô a alors fait part de ces questionnements au réalisateur Hiromasa Yonebayashi qui lui a alors proposé de réviser le scénario ensemble. Lorsqu’Andô proposait une idée à Yonebayashi, celui-ci écoutait et réfléchissait, puis lui faisait ensuite une nouvelle proposition. Ils ont ainsi fait avancer le scénario à force d’échanges constructifs.
Le producteur Yoshiaki Nishimura considère Andô comme un animateur de premier ordre. Et à une période, il était considéré comme un rouage essentiel sur les films de Miyazaki au studio Ghibli.
Pour Souvenirs de Marnie, Andô a beaucoup travaillé conjointement avec Yonebayashi, dès le scénario et sur les sakuga (animation particulièrement travaillée). Ils ont beaucoup échangé et donné leur avis, comme s’ils étaient au même niveau hiérarchique. Yonebayashi est entré au studio Ghibli en 1996, Andô est normalement le sempai (l'« ainé », professionnellement parlant) du jeune réalisateur. Nishimura s’est inutilement inquiété de cet état de fait au début de leur collaboration, car les 2 artistes se sont très bien complétés.
Même si cela faisait longtemps qu’il n’avait pas travaillé au studio Ghibli, Andô a expliqué : « Ce qui était intéressant dans cette production, c’est qu’au lieu de me demander si ça va plaire à Miyazaki, cette fois-ci, j’ai donné mon avis et exprimé mes idées. Je pense qu’il existe des avantages et des inconvénients à pouvoir donner son avis. La façon dont les collaborateurs les plus jeunes du studio vont réagir face à cette nouvelle liberté sera importante pour l’avenir du studio. »
Transposer l’histoire de l’Angleterre au Japon et l'influence du directeur artistique sur les décors du film
Lorsqu’il a transposé l’histoire à l’écran, Hiromasa Yonebayashi a longtemps réfléchi où situer le marais où se rencontrent Anna et Marnie. Pour déplacer l’histoire de l’Angleterre au Japon sur l’île de Hokkaidô, il a effectué des repérages à Kushiro, Nemuro et Akkeshi : il cherchait le lieu le plus à même d’accueillir les personnages, par son aspect et son ambiance.
À partir de ces recherches, le réalisateur et son équipe ont créé un village fictif situé au bord de la mer, en mélangeant réalité et imagination. Les eaux claires du marais et la façon dont le paysage se transforme entre marée haute et marée basse reflètent les changements subtils qui se produisent dans le cœur des deux jeunes filles. Les marais de Hokkaidô baignent dans une atmosphère fantastique, onirique, caractéristique des films du studio Ghibli.
Mais c’est la participation de Yôhei Taneda à la production du film qui a modifié la manière d’envisager la création d’un film au studio Ghibli. Taneda est un chef décorateur plébiscité pour son travail sur des films en prises de vues réelles. Sur Souvenirs de Marnie, c’est la première fois que Taneda a créé les décors pour un film d’animation. Sa précision, le soin du détail apporté aux fonds, et à tous les décors, donnent au film une qualité différente des précédentes productions du studio Ghibli.

D’ordinaire, pour un film de Hayao Miyazaki, les idées naissent d’abord dans la tête du réalisateur, puis vient le storyboard. La mise en place des décors s’effectue donc en même temps, ou en fonction de l’avancée du storyboard. C’est sur la base de ces idées et image-board que les décorateurs du studio se mettent ensuite au travail.
Sur Souvenirs de Marnie, c’est la première fois pour un film du studio Ghibli que les décors sont pensés en amont du storyboard. Yôhei Taneda a envisagé son travail comme s’il avançait sur un projet de film en prises de vue réelles, en produisant schémas détaillés et maquettes.



Grâce à son travail, Yonebayashi a ainsi été en mesure de visualiser les placements de personnages dans les décors, tout comme de prévoir ses cadres de camera lors de son travail sur le storyboard, directement après le scénario. Cette méthode de travail a fortement influencé le film.

Le doublage
C’est une première dans l’histoire du studio Ghibli : l’histoire ne compte pas une, mais deux héroïnes. Pour trouver leurs voix, Hiromasa Yonebayashi a demandé à ce que 300 jeunes filles soient auditionnées fin 2013. Sara Takatsuki a été choisie pour la voix d’Anna, la solitaire, et Kasumi Arimura est la voix de la mystérieuse Marnie. Les adultes qui entourent les deux jeunes filles doivent leur voix à certains des acteurs et actrices les plus connus du Japon, dont Nanako Matsushima, Susumu Terajima, Toshie Negishi, Ryôko Moriyama, Kazuko Yoshiyuki et Hitomi Kuroki.

Sara Takatsuki et Kasumi Arimura.
Parce que le film se déroule à Hokkaidô, TEAM NACS, une troupe d’artistes de l’île, tient un petit rôle dans le film. Hiroyuki Morisaki, Ken Yasuda, Shigeyuki Totsugi, Yô Ôizumi et Takuma Otoo avaient prêté leur voix au film de Hayao Miyazaki, Le château ambulant, en 2004. Dix ans plus tard, ils reviennent participer au nouveau film du studio Ghibli.
La musique du film
La bande originale
La musique du film a été composée par Takatsugu Muramatsu, un jeune et brillant compositeur à qui l’on doit déjà la musique de nombreux films et séries. Pianiste virtuose, il n'a travaillé que sur une seule production animée, la série Hime-Chen ! Otogi Chikku Idol Lilpri, en 2010, mais il a signé la B.O. de nombreux drama, notamment celui de Princesse Sarah, en 2009, et une douzaine de longs métrages live, dont l'adaptation du manga Le pavillon des hommes, en 2010. Admirateur de Joe Hisaishi, Muramatsu rêvait d’écrire la musique d’un film du studio Ghibli.

Hiromasa Yonebayashi et Takatsugu Muramatsu.
Pour Souvenirs de Marnie, il a transcrit musicalement les fluctuations du cœur d’Anna, en écrivant une musique porteuse d’émotions intenses.
Fine on the Outside, le générique de fin
La chanson du film, Fine on the Outside, a été écrite par Priscilla Ahn, une auteure-compositrice de Los Angeles et grande amatrice des films du studio Ghibli. Elle a écrit cette chanson il y a neuf ans, en repensant à ses années de collège.

Lorsque Hiromasa Yonebayashi l’a entendue, il a déclaré : « Quelque part en Priscilla, Anna existe. J’étais destiné à rencontrer cette chanson. » Il a donc décidé d’utiliser la chanson pour le film, telle qu’elle a été écrite à l’origine, avec ses paroles en anglais. C’est une autre première pour le studio Ghibli.
Pour plus d'informations et d'images sur le projet et la production du film, lire notre retranscription du documentaire de NTV : Un studio Ghibli inconnu — Jusqu’à la fin de la création de Souvenirs de Marnie... à la page suivante.
Un studio Ghibli inconnu
Jusqu’à la fin de la création de Souvenirs de Marnie...

L'équipe de l’émission NEWS ZERO a suivi le réalisateur Hiromasa Yonebayashi et le studio Ghibli pendant tout le processus de création du film Souvenirs de Marnie. Le 27 juillet 2014, la chaîne NTV a proposé un documentaire de 42 minutes accompagnant la sortie du film en salles japonaises.
Voici une adaptation française de son contenu. Le texte qui suit ne dévoile pas d’informations importantes de l’intrigue du film, le documentaire s’attachant plutôt à livrer les orientations artistiques du réalisateur et de ses principaux collaborateurs.
Mai 2014


Nous sommes tout juste à 2 mois de la sortie du film Souvenirs de Marnie en salles. Le doublage est une étape importante de fin de production. De leur côté, les animateurs sont aussi dans la dernière ligne droite et travaillent d’arrache-pied. Pour le nouveau film du célèbre studio Ghibli, le projet a été confié à Hiromasa Yonebayashi dont le talent a été découvert par Hayao Miyazaki.
Introduction


Souvenirs de Marnie est actuellement en salles. L’histoire parle d’une jeune fille introvertie de 12 ans, Anna, venue soigner son asthme dans un village en bord de mer et de sa rencontre avec une jeune fille blonde, Marnie. Les sentiments des 2 adolescentes sont au cœur même du film.


Le studio Ghibli va fêter ses 30 ans l’année prochaine, et jusqu’à présent, les deux piliers du studio étaient Isao Takahata et Hayao Miyazaki. Mais en septembre 2013, ce dernier a annoncé sa retraite.
« Cette fois-ci, j’en suis sûr », a affirmé le réalisateur lors d’une conférence de presse.
Quant à Takahata, il vient de terminer son dernier film, Le conte de la princesse Kaguya, sur lequel il a travaillé pendant 8 ans.
Souvenirs de Marnie a cette fois-ci été réalisé sans le concours des deux hommes. C’est pour cette raison que notre émission s’est intéressée à Hiromasa Yonebayashi, le talent découvert par Miyazaki, pour savoir quel film il va pouvoir créer.


« Cette fois-ci, le nom de Miyazaki n’est pas au générique du film », explique Yonebayashi. « Ce qui signifie que je dois travailler sans « monstre sacré » auprès de moi. »
Yonebayashi a mis 18 mois pour écrire le scénario et dessiner l’e-konte (le storyboard) du film. Son ambition est de proposer un film qui ne ressemble à aucun autre film du studio Ghibli.
La principale difficulté vient du personnage principal, Anna, qui est quelqu’un qui ne montre pas ses sentiments. Pour lui faire prendre vie, les animateurs ont essayé de créer une multitude de visages dénués d’émotion. Les décorateurs ont abandonné les ciels bleus et des nuages blancs, caractéristiques des films de Miyazaki, au profit d’un ciel couleur perle. Et pour la première fois dans l’histoire du studio, c’est Hokkaidô qui a été choisi comme décor, pour la beauté de sa nature.
La caméra de l’émission a également suivi les réunions visant à mettre en place la campagne de communication du film.
« Les adultes ne vont pas s’intéresser au film », déclare l’ancien producteur Toshio Suzuki. « Quelle accroche va attirer les spectateurs ? »
Cette émission va vous dévoiler l’exaltation qui anime la jeune relève amenée à prendre la suite d’un studio créé par des monstres sacrés. [Générique]
À propos de Hiromasa Yonebayashi


Il y a maintenant 4 ans, en juillet 2010, le studio Ghibli a sorti un film, Arrietty, le petit monde des chapardeurs, avec un jeune réalisateur à sa tête, Hiromasa Yonebayashi. Dans ce film, Yonebayashi parlait de l’amitié entre un être humain et des chapardeurs, des petits êtres pas plus hauts de quelques centimètres. Cette année-là, son film s’est hissé à la première place du box-office dans la catégorie films japonais. C’était pour lui un début de carrière fracassant.
À cette époque, l’émission NEWS ZERO avait déjà suivi son travail. Il était alors encore ni inexpérimenté ni aguerri.
« Mesdames et Messieurs, commence Yonebayashi, nous allons débuter la production de ce nouveau film qui parle de petits êtres qui vivent sous le plancher...
- On entend rien ! lui lance alors Hayao Miyazaki. Parle plus fort ! »


Yonebayashi a débuté sa carrière dans la plus parfaite insouciance. Il est entré au studio Ghibli en 1996. Son surnom : « Maro ». Il a commencé à collaborer sur les films de Miyazaki à partir de Princesse Mononoke en tant qu'intervalliste. Dès qu’il prend son crayon, il est talentueux et on le remarque. Il a explosé sur Ponyo sur la falaise, notamment sur la scène importante, et très convaincante selon Miyazaki, où Ponyo s’évade pour rejoindre Sôsuke. Cependant, Arrietty était sa première expérience au poste de réalisateur qu’il a embrassé sans en connaître réellement le travail. Aussi, a-t-il eu besoin de l’aide de Miyazaki pour progresser.
Juin 2010 : Projection interne d’Arrietty, le petit monde des chapardeurs


« Il a bien travaillé, vraiment », déclare Hayao Miyazaki à la fin de la projection. « On a enfin trouvé un réalisateur ! Et j’en ai pleuré ! », ajoute-t-il avant d’éclater de rire.
Cette scène date de maintenant 4 ans, et aujourd’hui, le second défi de Hiromasa Yonebayashi a commencé.
« Cette fois-ci, il n’y aura pas le nom de Miyazaki au générique et je dois créer l’univers du film par moi-même, à partir de zéro », explique t-il. « J’ai une pression en tant qu’auteur. J’ai tellement peur de faire quelque chose qui ne va pas. J’ai travaillé longtemps avec Miyazaki et sa « touche » ressort inconsciemment de moi. Mais je dois me forcer à m’en défaire. Je dois créer sans l’aide de ce « monstre sacré ». »
C’est le deuxième défi de sa carrière. Et cette fois-ci, un défi sur lui-même, tout simplement.
Juillet 2014 : Avant-première à Sapporo


Sapporo est la ville principale de l’île d’Hokkaidô où se déroule Souvenirs de Marnie. C’est la première étape de la tournée promotionnelle du film pour laquelle il est prévu de visiter 15 villes à travers tout le Japon. C’est aussi la première fois que le film est projeté devant un public.
Dôtô, marais de Kushiro


L’histoire originale est un roman pour les enfants d’origine anglaise. Tout au début du projet, Hayao Miyazaki voulait transposer le film à Setouchi. Mais Hiromasa Yonebayashi a insisté pour que cette adaptation prenne place à Hokkaidô. C’est la première fois que l’île située dans le nord du Japon est choisie comme cadre pour un film du studio Ghibli.
L’équipe a sélectionné plusieurs endroits d’Hokkaidô comme décors, et notamment Dôtô, à l’est de l’île. C’est un endroit marécageux, proposant des paysages uniques et naturels.


« Incroyable ! C’est immense ! », s’extasie la doubleuse Sara Takatsuki (Anna, dans le film). « C’est incroyable qu’il existe de tels paysages à Hokkaidô mais que Ghibli n’ai jamais pensé à les utiliser comme décors pour ses films. Pourquoi ?
- Je pense que si on prend ces paysages en référence, c’est tellement beau qu’on risque d’amoindrir l’impact des dessins de l’animation », lui répond Yonebayashi. « C’est peut-être la raison pour laquelle Hayao Miyazaki ne les a jamais utilisés. Ici, à l’est, c’est un endroit sauvage, et la couleur verte est plus vive qu’à Sapporo, par exemple. L’île de Hokkaidô est tellement vaste, qu’entre l’est et l’ouest, on ne trouve pas les mêmes paysages. »


« Ici, c’est un endroit qu’on a vraiment visité en repérage pour le film », ajoute le réalisateur. « C’est un marais, mais il y a un endroit qui communique avec la mer. En fonction du temps, l’eau monte ou descend. Lorsqu’elle monte, l’herbe forme de petits îlots qui semblent flotter et donnent ainsi un panorama vraiment particulier. C’est ce qui donne le côté un peu mystérieux aux paysages qui entourent la maison de Marnie. »


« Pour donner un coté mystérieux, les paysages ont beaucoup joué », explique Yonebayashi. « En règle générale, dans les films de Ghibli, on retrouve un ciel très clair, bleu avec des nuages blancs. C’est ce que je voyais jusqu’à maintenant. Mais cette fois-ci, c’est un peu différent. Dans Souvenirs de Marnie, le ciel est nuageux et peu lumineux. Je voulais retranscrire les sentiments d’Anna à travers le ciel. Anna a un problème de communication. Au début, le ciel est très obscur. Mais avec sa rencontre avec Marnie, elle s'ouvre aux autres et le ciel s’éclaircit. »
Un ciel couleur perle


C’est Yôhei Taneda qui a contribué à ces variations dans le ciel. Celui-ci a notamment travaillé sur les décors du film Swallowtail Butterly (1996), pour lequel il a gagné le Japan Academy Prize (Ndt : l’équivalent des Oscars américains ou des César français) de la meilleure direction artistique. Il a également travaillé sur Kill Bill Vol.1 (2003). Cela fait maintenant 30 ans que Taneda travaille dans le milieu du cinéma mais c’est la première fois qu’il travaillait pour un long métrage d’animation.


« En règle générale, en tant que directeur artistique sur un film, une fois un décor terminé, je laisse la place au réalisateur et mon travail s’arrête là », explique-t-il. « En animation, le réalisateur imagine personnages et décors, séquence par séquence. Je dois le suivre en fonction de l’avancement du film. Quand je dessine un décor pour de l’animation, je ne dois pas simplement dessiner un lieu, je dois aussi veiller à dessiner l’environnement qui va l’entourer. »


Alors, pourquoi un ciel couleur perle ?
« C’est une description que l’on retrouve dans le roman original », explique Hiromasa Yonebayashi. « Et Je voulais absolument commencer le film avec un ciel de cette couleur. »
Un ciel couleur perle, qu’est ce que c’est ? Ce n’est ni un ciel bleu, ni un ciel nuageux. C’était un défi artistique à relever, même pour Taneda.
« C’est peut-être un mélange de différentes couleurs chaudes et froides », explique le décorateur. « En fonction de la position du décor, on découvre des changements de couleurs (il oriente le décor qu’il tient à la main dans différents sens devant la caméra). C’est un ciel assez lourd, qui décrit les sentiments intérieurs, assez sombres, d’Anna. »
« C’était très certainement difficile à dessiner pour les décorateurs », avoue Yonebayashi. « Mais au final, c’est très bien fait. C’est exactement ce que je voulais. »
L’utilité des maquettes


Yôhei Taneda est un décorateur issu du cinéma en prise de vue réelle. Il en a ainsi profité pour proposer à Hiromasa Yonebayashi d’autres approches qui viennent de ce milieu. Par exemple, l’utilisation de maquettes, notamment pour la maison de Marnie.
« Sur un film, on utilise des maquettes », explique Taneda. « Je peux ainsi pré-visualiser le rendu du soleil du matin ou du soir, et ainsi voir la lumière et les ombres qu’il produit dessus. »


Une multitude de schémas, des détails, comme les motifs du papier peint, ont été créés. Ce genre d’éléments qu’il n’est pas habituel de produire pour un film d’animation. Mais l’idée qui a vraiment convaincu Yonebayashi, c’est la double fenêtre. Comme Hokkaidô est au nord du Japon et qu’il y fait froid, beaucoup de demeure on un système de vitrage double.
« C’est quand même le genre de détail pénible en animation, car il faut faire ouvrir par deux fois la fenêtre au personnage... », relativise Yonebayashi. « Mais Yôhei Taneda n’a pas abandonné cette idée. »
Le décorateur a insisté, car lorsqu’il y a 2 fenêtres, il y aussi plus de croisillons, ce qui accentue l’impression d’être face à une grille et donc d’enfermement du personnage.
« C’est très efficace pour souligner le côté mystérieux de Marnie », justifie-t-il.
« C’est le genre de détail qu’on n’utilise pas en animation. Mais là, c’était l’occasion. Et au final, ça s’est révélé intéressant », conclut Yonebayashi.
Dôtô, marais Mochirippu


« J’ai remarqué que pour les scènes du film se déroulant dans ce paysage, les gestes des personnages sont très détaillés » questionne Sara Takatsuki. « Comme quand Anna met ses pieds dans l’eau. »
- Je voulais faire ressentir le froid de l’eau et du vent, certaines odeurs. », explique Hiromasa Yonebayashi. « Je voulais aussi que la nourriture soit appétissante. Tout cela était important pour qu’Anna puisse retrouver sa joie de vivre. Par exemple, lorsqu’elle met les pieds dans l’eau, des cercles concentriques se dessinent autour de ses pieds. On a essayé de représenter ce genre de détail minutieusement. Lorsqu'Anna prend le bateau, elle n’est pas familière avec ce genre d’embarcation. Elle met de la force à ramer, mais de manière maladroite. Tous les mouvements de l’eau ont été travaillés. Pour dessiner tout cela, le réalisateur fait appel à son expérience. J’ai essayé de communiquer mes ressentis. »


Pour Souvenirs de Marnie, Yonebayashi a essayé de soigner les décors, mais aussi les visage des personnage et les émotions qui les traversent.
« Je me rappelle avoir été impressionnée par le visage d’Anna lors de la scène où elle découvre la maison dans le marais », commente Takatsuki.
- Pour cette scène, j’ai décidé de respecter la description que l’on trouve dans le livre », explique Yonebayashi. « Il était écrit : « un visage neutre ». »
À propos de Masashi Andô, directeur de l’animation


C’est Masashi Andô qui a eu la lourde tache de dessiner ce « visage neutre », mais néanmoins marqué par l’émotion. En tant que directeur de l’animation, une partie de son travail était d’harmoniser les dessins des personnages et notamment leurs visages. Pour ce film, il a ainsi contrôlé 80 000 dessins.


Il a commencé sa carrière chez Ghibli en tant que stagiaire en 1990. Il a été nommé directeur de l’animation pour la première fois sur Princesse Mononoke puis Le voyage de Chihiro. À une période, Andô était considéré comme le bras droit de Hayao Miyazaki. En 2001, il a cependant décidé de quitter le studio Ghibli pour devenir indépendant. Il a récemment travaillé au poste de character designer et de directeur de l’animation sur le film Lettre à Momo (2011), réalisé par Hiroyuki Okiura. Andô a acquis de l’expérience auprès de la plupart des réalisateurs les plus connus du Japon.


Son point fort est d’arriver à exprimer des émotions réalistes sur les visages de ses personnages.
« Je savais qu’Andô était doué pour dessiner des visages réalistes », explique Hiromasa Yonebayashi. « J’ai pensé que ce serait bien de l’avoir pour ce film. »


Pour parvenir à dessiner le visage neutre d’Anna mentionné dans le livre, Andô s’est concentré sur la zone autour des yeux.
« Un visage « neutre », c’est tellement vague », explique le directeur artistique. « Je vais donc dessiner un visage aux émotions cachées, qui ne semble pas livrer ses sentiments à quelqu’un. Pour cela, je me concentre sur la zone autour des yeux. »
Sur Arrietty, les yeux étaient constitués d’une paupière et d’un reflet de lumière. En comparaison, les yeux sur Marnie sont plus détaillés : iris, pupille, reflet de la lumière et ombre.
« Ça ne se passe pas seulement à l’intérieur des yeux », ajoute Andô. « La ligne sous les yeux ne doit pas être homogène et continue. Elle est coupée, il y a un point, puis continue. Le secret est de ne pas la faire continuer trop loin. Ça n’a rien d’évident. C’est simplement une petite coupure mais il ne faut pas la rater. Et c’est ce qui nous permet de faire passer une émotion compliquée sur le visage d’Anna. »
Mai 2014 : enregistrement de la musique, Tôkyô


Hiromasa Yonebayashi est ému lors de la session d’enregistrement.
C’est Takatsugu Muramatsu qui est chargé de la musique. Il a seulement 36 ans et sa carrière a débuté très tôt. Il a sorti son premier album alors qu’il était encore au lycée et a déjà travaillé pour un bon nombre de films et de drama. Mais Souvenirs de Marnie est son premier film d’animation.
Et pourquoi lui ?
« Ce qui était important, c’était de choisir quelqu’un capable de décrire les émotions d’Anna en semblant être à ses côtés », explique Yonebayashi. « Et j’avais l’impression que la musique de Muramatsu était à côté d’Anna et la poussait par les épaules pour qu’elle puisse avancer. »


Pour décrire les sentiments d’Anna, Muramatsu a utilisé une approche un peu spéciale. Ordinairement pour la musique de film, si on utilise un piano, on en utilise qu’un seul pour unifier la composition. Mais pour la musique de Marnie, il a utilisé 2 pianos de tons différents pour décrire l’évolution des sentiments d’Anna.
« Actuellement, j’utilise un piano Bösendorfer qui produit un son assez rond et une chaleur douce », explique le compositeur. « Demain, nous allons enregistrer le son pour les scènes du marais. Je vais utiliser un autre piano, de marque Steinway, qui produit un son plutôt pétillant. Pour les scènes ou les sentiments d’Anna changent, j’ai utilisé les 2 pianos. »


Pour la musique, Yonebayashi n’a pas donné d’instructions précises à Muramatsu mais il lui a fourni des mémos qui résument les personnalités d’Anna et de Marnie. Quand le compositeur a commencé à créer la musique, le film n’était pas achevé. Il a donc composé sur la base des mémos du réalisateur.
Par exemple, sur ces fiches manuscrites, on peut voir écrit : « Thème d’Anna », « Thème de Marnie » ou « Thème du marais ». Mais aussi des lignes de texte comme : « Quelque chose est coincé dans mon cœur. Comment l’ôter ? Est-ce que c’est à quelqu’un de l’enlever ou bien à moi ? »
« C’est de l’ordre du poème, mais pour moi, c’était assez clair » explique Muramatsu. « Ici, c’est noté « Thème d’Anna ». À la fin, « visage neutre », suivit de 3 points. Ce sont ces 3 points qui sont importants pour moi. »
Réunion marketing, 1 h du matin, quelque part à Tôkyô


Le studio Ghibli a pour habitude de mettre toutes ses forces dans la création du film mais aussi de son affiche. Il y a notamment et systématiquement une accroche sur chacune de celles des films du studio. Certaines ont marquée le public, comme celle de Kiki, la petite sorcière : « Il m’arrive parfois d’être négative, mais en général, je me sens bien. »
En matière de campagne publicitaire, le style du studio est avant tout de définir cette accroche. Jusqu’à maintenant, c’était Toshio Suzuki qui était chargé de définir le plan marketing des films du studio. C’est dorénavant Yoshiaki Nishimura qui endosse ce rôle pour la seconde fois.


C’est l’accroche « Je t'aime beaucoup » qui a été choisie. Ils pensent que, de nos jours, les gens sont dans l'attente de quelqu'un pour entendre ou dire « Je t'aime ». Ils réfléchissent ensuite au visuel qui peut l’accompagner.


Nishimura a amené différentes images extraites du film et Suzuki lui demande de les montrer à tout le monde. Ils doivent sélectionner l'image la plus représentative du film. Nishimura est très attaché au visuel d’Anna et Marnie dos à dos se tenant la main. Mais l’ancien producteur doute.
« Qu'est-ce qu'elles font ? demande Suzuki.
- Elles se tiennent par la main, lui répond Nishimura.
- Mais pourquoi sont-elles dos à dos ?
- Elles forment une personne et non deux.
- On ne comprend rien. »
Ils n'arrivent pas à se mettre d'accord.


Pour Nishimura, il y a une autre raison qui plaide pour l'utilisation de ce visuel : les 2 filles portent des manches courtes. Traditionnellement, les films du studio Ghibli sortent toujours en été. Les affiches de Ponyo sur la falaise et Le vent se lève sont vraiment représentatives du style Ghibli, avec un ciel bleu et des nuages. Elles donnent toutes deux l'impression que l'été de Ghibli est arrivé. Dans l'esprit des gens, c'est l'été, donc « On va aller voir le film de Ghibli en salles. » Il veut donc retrouver cet effet avec l'affiche de Marnie, film qui pourtant ne propose pas de beaux ciels bleus.


« Ca n'a rien à voir », lui rétorque Suzuki. « Tu vois l'affiche de Chihiro ? C'est tout noir et en plus, il y a un gros cochon dessus. Il n'y a aucun lien avec ce que tu nous racontes. Pour Le Royaume des chats, la fille dort dans l'herbe. J'ai beaucoup cherché cette image dans le film avant de la trouver. L'équipe n'était pas d'accord parce que son visage était de profil. Mais si Haru était de face, ça n'aurait pas fonctionné et les gens ne seraient pas venus voir le film. Mais au final, c'était ce qu’il fallait et ç'a eu du succès. Tu vas continuer à chercher. »
2 h 30 du matin...
Toshio Suzuki est toujours l'homme à convaincre.
« Il faut montrer la relation entre les deux filles », explique-t-il. « C'est ça qu'il faut montrer à mon avis. »
Un autre jour


Ils ont finalement décidé de garder le choix de Yoshiaki Nishimura. Toshio Suzuki donne son opinion à l’assemblée.
« Il y a longtemps que je travaille pour le studio Ghibli et j'ai mon propre avis quand je m'occupe de la publicité », explique t-il. « Je ne prends jamais de risque, je ne pars jamais à l'aventure et je choisis toujours une valeur sûre. Je prends un risque quand je n’ai pas d’autre choix. Pour Marnie, c’était un peu le cas, car les bases de ce film étaient un peu particulières, dans le bon et le mauvais sens. En tout cas, différentes des films de Miyazaki et Takahata. C'est un film « jeune », toujours dans le bon et le mauvais sens. Il fallait mettre en valeur le côté « frais » de la jeune relève du studio après l’annonce de la retraite de Miyazaki. On a perdu ce coté rassurant du studio Ghibli mais on a gagné en fraicheur. Et c'est ça le point important de ce film. »
« Ce dessin d’Anna et Marnie ensemble décrit tout à fait ce film », conclu Nishimura. « J'en ai parlé avec Suzuki. Ce film montre l’évolution des sentiments d'Anna. Elle est assez renfermée psychologiquement mais Marnie la soutient. Ce dessin symbolise bien le film. »
Juin 2014 - Projection interne


Deux ans et demi ont passé depuis le début du projet et c’est aujourd’hui le point final de celui-ci pour Hiromasa Yonebayashi.
« Il y a 4 ans, pour mon premier film, Hayao Miyazaki surveillait de près la production », déclare Yonebayashi à la fin de la projection. « Mais cette fois-ci, j'ai tout fait seul. Pour faire avancer ce projet, il y avait un chemin facile et un chemin difficile. J'ai choisi le difficile. Pour cela, je vous ai demandé beaucoup d'efforts et je vous en remercie profondément. Merci à tous pour votre travail ! »
Pour son nouveau film, Hiromasa Yonebayashi a su s’entourer des bons collaborateurs. C'est un homme de talent découvert par Hayao Miyazaki qui a su ajouter une nouvelle page à l'histoire du studio Ghibli.


En guise de conclusion, une ultime question est posée : « Qu'est-ce que représente le studio Ghibli pour vous ? »
« L'ambition », répond Nishimura.
« Une équipe constituée de gens ambitieux », confirme Yonebayashi.
Souvenirs de Marnie : Fiche technique



Crédits
| Titre | 思い出のマーニー (Omoide no Mânî) When Marnie was there / Souvenirs de Marnie |
|---|---|
| Œuvre originale | When Marnie was there de Joan G. Robinson |
| Storyboard, réalisation | Hiromasa Yonebayashi |
| Scénario | Keiko Niwa, Masashi Andô et Hiromasa Yonebayashi |
| Directeur artistique | Yôhei Taneda |
| Character design | Masashi Andô |
| Directeur de l'animation | Masashi Andô |
| Assistants directeur de l'animation | Akihiko Yamashita, Takeshi Inamura |
| Contrôle de l’animation | Minoru Ôhashi |
| Couleurs | Yuki Kashima |
| Atsushi Okui | Atsushi Okui |
| Son | Koji Kasamatsu |
| Musique | Takatsugu Muramatsu |
| Chanson du générique | Fine on the Outside, écrite, composée et interprétée par Priscilla Ahn |
| Producteur exécutif | Toshio Suzuki |
| Producteurs | Yoshiaki Nishimura, Kôji Hoshino |
| Production | Studio Ghibli, Nippon Television Network Corporation, Dentsu Inc., Hakuhodo Inc., Mitsubishi Corporation, KDDI, Tôhô |
Doublage japonais
| Anna Sasaki | Sara Takatsuki |
| Marnie | Kasumi Arimura |
| Sayaka | Hana Sugisaki |
| Hisako | Hitomi Kuroki |
| Yoriko Sasaki | Nanako Matsushima |
| Kiyomasa Ôiwa | Susumu Terajima |
| Setsu Ôiwa | Toshie Negishi |
| La vieille dame | Ryôko Moriyama |
| Baaya | Kazuko Yoshiyuki |
| Toichi | Ken Yasuda |
Doublage français
| Anna Sasaki | Adeline Chetail |
| Marnie | Emmylou Homs |
| Sayaka | Pauline Brunner |
| Hisako | Anne Deleuze |
| Yoriko Sasaki | Alix Schmidt |
| Kiyomasa Ôiwa | Pierre Dourlens |
| Setsu Ôiwa | Josiane Pinson |
Quelques chiffres
| Durée | 1 heure 43 minutes |
| Date de sortie du film au Japon | 19 juillet 2014 |
| Date de sortie du film en France | le 7 décembre 2014 (en avant-première au Forum des images) et le 13 décembre 2014 (dans le cadre du Festival du cinéma japonais contemporain, Kinotayo) puis le 14 janvier 2015. |
| Box-office Japon | 33 millions de $ au 21 septembre 2014 |
Récompenses
- 2016 - Academy Awards, USA : nommé pour l'Oscar du Meilleur film d'animation
- 2016 - 43rd Annie Awards, USA : nommé pour le Meilleur réalisateur dans une production de long métrage d'animation





