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Heidi

Heidi est une petite orpheline qui part vivre chez son grand-père à la montagne, dans les Alpes Suisses. D'abord effrayée par le vieil homme bourru et solitaire, elle apprend vite à aimer son grand-père et découvre la beauté des alpages aux cotés de Pierre, son nouvel ami gardien de chèvres. Mais la tante de Heidi, Dete, décide que cette éducation ne convient pas à une jeune fille. Elle place Heidi chez les Gérard, une riche famille de la ville de Francfort où elle se lie d'amitié avec Claire, une jeune handicapée. Sa vie joyeuse dans les pâturages est vite remplacée par la dure réalité d'une ville inhospitalière et la sévérité de la gouvernante de la maison : Mlle Rougemont. Heidi va-t-elle supporter cette nouvelle vie, loin de la montagne et de son grand père ?

Série entièrement dirigée par Isao Takahata, Arupusu no Shôjo Haiji (Heidi) est imprégnée du style réaliste qu'il mettra en œuvre plus tard dans ses films au sein du studio Ghibli. Heidi inspira pendant des années encore les futures productions de la Nippon Animation, qui formèrent le cycle annuel des Sekai Meisaku Gekijô, ou World Masterpiece Theater (« Les œuvres classiques du monde entier »). Cette série, comme le roman en deux volumes dont elle est adaptée, a connu un succès international, et a été diffusée et rediffusée dans de nombreux pays.

En complément : Heidi : Le travail des créateurs, l'exposition temporaire 2005 / 2006 du musée Ghibli.

Série conseillée à partir de 6 ans (voir guide des parents)


Sources : Roman Album n° 19, Arupusu no Shôjo Haiji (Tokuma Shoten) - fascicule de l'exposition temporaire du musée Ghibli Heidi : le travail des créateurs - Arupusu no Shôjo Haiji, Kotabe Yôichi Irasuto Gashû (Kôseidô Shuppan) - Planete-jeunesse.com
Remerciements : merci à Yasuka Takeda pour les traductions


Heidi : Résumé détaillé

Plan dessiné par Hayao Miyazaki, à l'époque de la production de Heidi, afin que les principaux intervenants sur la série aient une idée précise de la géographie des lieux.
Ce dessin a été mis en couleurs récemment pour l'exposition Heidi : Le travail des créateurs, proposée par le musée Ghibli en 2005 / 2006.

Heidi et l'oncle de l'Alpe

Heidi est une petite orpheline qui vit à la ville avec sa tante Dete. Cette dernière vient de trouver un travail à Francfort et décide de confier Heidi à son grand-père paternel qu'elle n'a jamais connu et qui vit reclus dans un chalet en montagne. Malgré sa très mauvaise réputation et les mises en garde des villageois de la vallée, tante Dete ne démord pas de l'idée de confier la fillette à celui que l'on surnomme « l'oncle de l'Alpe ». Après tout, estime-t-elle, Heidi est la fille de son propre fils et c'est maintenant à son tour de l'élever.

L'oncle de l'Alpe leur réserve cependant un accueil sévère. Il n'apprécie guère le fait qu'il va devoir s'occuper de cette fillette. Mais tante Dete fait face et lui laisse sa petite-fille sans lui laisser d'autre choix. Heidi se retrouve seule, face à son grand-père peu loquace.

Une nouvelle vie

Contre toute attente, la vivacité et la gaieté communicative de Heidi séduisent rapidement le rude montagnard. La fillette réussit rapidement à faire sa place dans la maison et dans le cœur de son grand-père. Heidi découvre et aime aussi très vite la beauté des alpages, entourée par son grand-père, Pierre le gardien de chèvres, mais aussi Hercule le saint-bernard, Blanchette et toutes les autres chèvres, Pilou l'oisillon qu'elle recueille et bien d'autres animaux... Une nouvelle vie commence pour elle.

Pendant plus de deux ans, Heidi vit ainsi parmi les chèvres en parcourant les pâturages. Cette période est sûrement la plus heureuse de la fillette. Quelques mois encore auparavant, Heidi n'était qu'une enfant de la ville qui n'avait pour seul horizon qu'une toute petite chambre. Mais ce passé récent lui semble bien lointain maintenant qu'elle respire le bon air des merveilleux paysages des Alpes. Elle sait néanmoins partager ce bonheur en apportant sa joie de vivre à tous ceux qui l'entourent.

Le quotidien de Heidi à la montagne

Tous les jours, Heidi accompagne Pierre et les chèvres dans les pâturages. Ils sont devenus inséparables. N’ayant jamais quitté ces montagnes, le jeune berger en connaît chaque détail et recoin. Il sait tenir en haleine la curiosité de Heidi en lui montrant les animaux sauvages qui peuplent la montagne. Heidi se met en tête de devenir une aussi bonne bergère que Pierre. Après maints essais, elle réussit à siffler pour rappeler les bêtes et parvient à traire les chèvres. Mais Heidi découvre également à quel point la nature peut se révéler hostile lorsque le vent se lève et risque de l'emporter, ou que l'orage gronde, ou que le brouillard et les nuages s'installent et cachent toute visibilité dans les montagnes. Mais fort heureusement, grand-père, Pierre et même Hercule, veillent.

Chaque saison apporte son lot de joies et de découvertes. L'automne fait place à l'hiver et il devient dangereux de partir dans les hauts pâturages. Heidi doit rester au chalet. Elle est triste de ne plus pouvoir aller dans la montagne. Pour lui remonter le moral, grand-père propose de lui apprendre à faire du fromage et l'emmène dans un endroit secret au cœur de la foret, à la cueillette de fraises sauvages et de châtaignes à profusion. Maintenant qu'elle est devenue une bergère accomplie, Heidi trouve encore plus d'attrait à la vie de montagne. Quant à grand-père, ce vieil homme solitaire, il ne peut désormais plus envisager de vivre sans Heidi, son petit rayon de soleil.

Le premier hiver

L'hiver dépose son manteau blanc sur la vallée et Heidi doit apprendre à vivre sans Pierre et les chèvres pendant tout l'hiver, jusqu'au retour des beaux jours. Elle se console en nourrissant les animaux qui s'approchent de plus en plus des abords du chalet car ils ne peuvent trouver d’herbages sous la neige. Mais Pierre n'oublie pas Heidi. Il vient la voir tous les dimanches et lui raconte ses journées à l'école. C'est en effet durant l'hiver que Pierre est scolarisé. Étudier n'est pas le point fort du jeune gardien de chèvres. C'est ce que découvre Heidi en rencontrant la grand-mère de Pierre.

Malgré la réserve de grand-père qui ne tient pas du tout à ce qu'Heidi soit mêlée à la vie du village, la fillette fait la connaissance de grand-mère. Cette dernière est une vieille femme aveugle qui passe ses journées à filer la laine. Résignée à son propre sort, elle espère encore seulement pouvoir entendre les poèmes de son livre de prières préféré, oubliés avec le temps. C'est pour cette raison qu'elle pousse Pierre à être sérieux à l'école et à bien apprendre à lire. Grand-mère vit avec sa fille, Brigitte, la mère de Pierre. Cette dernière interroge Heidi sur sa vie auprès de l'oncle de l'Alpe. Elle est très étonnée quand Heidi lui affirme à quel point son grand-père est bon avec elle. Il lui apprend la vie à la montagne et tous les secrets de la nature. Cette description ne colle pas du tout à l'image de sauvage qu'a son grand-père au village. Brigitte sera bientôt témoin du dévouement que porte l'oncle de l'Alpe à sa petite fille.

La maison de Pierre est terriblement délabrée. Elle tremble du sol aux charpentes dès qu'un coup de vent se fait violent au dehors et effraie grand-mère. Grand-père accepte de réparer la maison à la demande de Heidi. La vieille femme est émue aux larmes. Quand Brigitte invite l'oncle de l'Alpe à entrer pour le remercier, il refuse en prétextant savoir ce que les gens du village pensent de lui et en expliquant qu'il n'attend rien d'eux. S'il a réparé la maison, c'est uniquement parce que la demande venait de Heidi.

Une nouvelle année

La neige a cessé de tomber et le printemps est là, métamorphosant la vallée. Partout, une multitude de couleurs apparaissent et le vert triomphant des pâturages annonce le retour des chèvres qui ont tant manqué à Heidi durant l'hiver.

Mais une terrible épreuve attend la fillette. En effet, le propriétaire de Blanchette, M. Braü, a décidé de se séparer de sa chèvre à la fin de l'automne car elle ne donne pas assez de lait. Heidi et Pierre vont donc tout faire pour l’aider à améliorer son lait en lui donnant de l'herbe grasse qui pousse à flanc de montagne. Il faut à nouveau l'intervention de grand-père pour que M. Braü admette que les efforts des deux enfants ont finalement porté ses fruits et que Blanchette donne maintenant du bon lait. Un peu confus et étonné, M. Braü accepte de garder sa chèvre.

Le retour de tante Dete

Mais la civilisation rattrape l'oncle de l'Alpe et s'attaque à l'utopique barricade qu'il a dressé entre le village et lui-même et Heidi. La fillette est maintenant en âge d'étudier. Dans une lettre, l'instituteur s'inquiète de ne pas encore voir Heidi à l'école et demande à grand-père de l'y envoyer au plus tôt. Mais l'oncle de l'Alpe s'obstine dans son refus. Il ne veut pas mêler Heidi à la vie du village et cette lettre, comme toutes les autres, finit au feu. L'hiver s'achève sans que grand-père, sourd aux demandes répétées de l'instituteur, n'a permis à Heidi de fréquenter l'école du village.

Au printemps, c'est au tour du pasteur de se rendre au chalet pour le convaincre de laisser Heidi fréquenter l'école. À nouveau, l'oncle de l'Alpe rejette tous les arguments du visiteur. Le bonheur de Heidi et de son grand père vacille complètement avec le retour au village de tante Dete, totalement métamorphosée par la ville. Elle annonce à son oncle qu'elle emmène Heidi à Francfort où elle recevra une éducation digne d'une princesse dans une riche famille. Grand-père gronde mais ne peut empêcher le départ de Heidi : Dete invoque la justice pour lui faire entendre raison, à lui dont le comportement est déjà trouble dans la vallée. Heidi est emmenée de force par sa tante et se rend bientôt compte qu'elle ne reverra plus ses montagnes...

Francfort

Notre jeune héroïne se retrouve soudainement et bien malgré elle à Francfort, dans cette grande ville où tout est nouveau. Heidi est déboussolée : terminé les paysages sans fin. Ici le regard est stoppé par des dizaines de bâtiments qui s'alignent les uns derrière les autres. Heidi est accueillie dans la maison de la famille Gérard.

Dès son arrivée, elle est reçue par Mlle Rougemont, la gouvernante acariâtre de la maison. Elle s'offusque des manières de la fillette, qui n'a guère l'habitude d'évoluer dans le grand monde et qui se comporte, de son point de vue, comme une petite sauvage. À ceci, s'ajoute le fait que Heidi ne sait ni lire ni écrire. Heidi n'est pas du tout digne de devenir la dame de compagnie de Mlle Claire, la fille de Monsieur Gérard. Cette dernière, au fond du salon, assise dans son fauteuil roulant, scrute timidement les moindres gestes de cette petite campagnarde. Ses drôles de manières et sa façon de parler très directe l’amuse. Les deux jeunes filles sympathisent très vite. Claire est tout autant prisonnière de cette grande demeure que de son fauteuil et elle est heureuse d'avoir comme compagnie cette jeune fille aux manières et au comportement si originaux.

Le quotidien de Heidi dans la maison Gérard

Heidi a beaucoup de mal à s'habituer aux bonnes manières qu'essaye de lui enseigner Mlle Rougemont. Elle accepte néanmoins sa nouvelle condition, ne vivant que dans l'espoir de bientôt ramener du pain blanc à grand-mère et du tabac à grand-père, sans compter que tante Dete lui a promis que son séjour à Francfort ne durerait que peu de temps.

Heureusement, Claire et Sébastien le majordome sont là pour la soutenir et s'interposent souvent entre Heidi et la gouvernante tyrannique qui s'en prend à elle systématiquement, sans jamais tenter de comprendre les motivations et la façon de penser de la petite suissesse. Même si Heidi reste très attachée à Claire, le manque de compréhension et l'acharnement de la gouvernante à son égard la bouleverse souvent et font resurgir en elle son envie de retrouver ses montagnes.

Le retour de Monsieur Gérard

C'est alors qu'est annoncée la venue imminente de Monsieur Gérard, le père de Claire, toujours absent à cause de ses affaires. À son arrivée, il est aussitôt interpellé par Mlle Rougemont sur « le problème Heidi ». Mais le maître de maison n'est pas homme à qui ont impose une opinion. Il décide de rencontrer Heidi et se rend bien vite compte du grand cœur de la fillette et du bienfait de sa présence sur le moral de sa fille.

Malheureusement, une fois encore, ses affaires le pressent et il doit repartir. Cependant, avant son départ, il demander à sa mère de venir passer quelques jours à la maison pour égayer le quotidien des deux filles.

Grand-maman Gérard

Claire et Heidi accueillent grand-maman Gérard qui vient passer un peu de temps à la maison. La personnalité originale de la vieille dame est une respiration dans la routine de la maison. Bien que Mlle Rougemont soit toujours là pour faire travailler les filles, Madame Gérard réussit à chaque fois à se débrouiller pour qu'elles passent du bon temps à s'amuser. Après avoir fait son entrée déguisée en ours, grand-maman apprend aux fillettes des tours de magie et à jouer de la musique avec des verres. Elle organise des spectacles de marionnettes, des fêtes et des sorties en forêt, bénéfiques sur Heidi et la santé de Claire.

Bien consciente que les méthodes d'éducation de Mlle Rougemont sont trop strictes, Madame Gérard va constamment s’opposer à la gouvernante et prendre la défense de la petite montagnarde, s'employant même à traiter Heidi à égalité avec sa propre petite-fille. Sous sa bienveillance, en choisissant un livre capable d'éveiller sa curiosité, Heidi, pourtant réfractaire à l'apprentissage de la lecture, va faire des progrès rapides. Mais les meilleures choses ont une fin. Grand-maman va devoir partir et laisser à nouveau Heidi et Claire entre les mains de la sévère Mlle Rougemont.

Le retour à la montagne

Grand-maman aussitôt repartie, la poigne de fer de Mlle Rougemont s'abat à nouveau sur la maison. Mais Heidi tombe gravement malade, elle n'a plus le goût de manger ou de s'amuser. Le docteur diagnostique très vite qu'elle a le mal du pays et recommande à Monsieur Gérard de laisser repartir la fillette chez son grand-père, dans ses Alpes. À contrecœur, Claire laisse partir Heidi, non sans avoir obtenu la promesse de son père qu'il l’autorisera à lui rendre visite dans les Alpes le printemps prochain.

Sébastien raccompagne donc Heidi dans ses montagnes. Une fois atrrivée, Heidi retrouve tous ses amis et surtout son grand-père. Les chèvres sont toujours là, mais elles ont grandi et Heidi a du mal à reconnaître sa petite Blanchette qui est maintenant maman. La vie insouciante de Heidi reprend son cours et la fillette oublie bien vite ses malheurs à Francfort, partageant son temps entre les pâturages, faire la lecture à grand-mère et écrire à Claire.

L'hiver à Dörfli

Les événements qui ont précipité sa séparation avec Heidi ont fait réfléchir grand-père. C'est ainsi qu'il décide de retourner habiter au village, pendant l'hiver, pour que sa petite-fille puisse aller à l'école. Malgré quelques difficultés, il va réussir à trouver une maison inhabitée qu'il aménage pour le plus grand bonheur de Heidi. Notre petite montagnarde est très heureuse de rejoindre Pierre sur les bancs de l'école et de ne pas être isolée durant tout l'hiver.

C'est à l'occasion d'une course de luge organisée par les élèves de l'école, que Pierre s'éveille au travail de menuisier en construisant une luge. Grand-père lui prête ses outils et lui prodigue conseils et expérience. Soutenu par Heidi, il travaille sans relâche après l'école pour être prêt pour la course, qu'il gagne.

La visite du docteur

Une fois l'hiver disparu, Claire doit venir passer quelques temps en sa compagnie. Il faut que son docteur vienne voir si l'environnement peut convenir à la petite handicapée. C'est au printemps que le docteur est envoyé par Monsieur Gérard, en éclaireur, pour lui donner son avis sur l'intérêt d'un tel voyage.

Sur place, les bienfaits de la nature et des produits frais forcent le médecin à reconnaître le bien-fondé d'un tel voyage pour la santé de Claire. Mais il s'inquiète du terrain inhospitalier des montagnes pour le fauteuil roulant de Claire. Il faut toute la force de persuasion et les mots justes de Heidi pour que le docteur accepte finalement d'autoriser Claire à venir lui rendre visite au chalet.

Heidi et Claire à nouveau réunies

C'est ainsi que Claire, accompagnée de Mlle Rougemont, arrive à Dörfli. Mais cette fois, c'est dans l'environnement de Heidi que se retrouvent les deux amies... au grand malheur de Mlle Rougemont qui n'apprécie ni la campagne, ni les bêtes.

Les citadines habitent dans la maison d'hiver de Heidi et grand-père. Claire va découvrir tous les amis et l'univers dont Heidi parlait sans arrêt. Rapidement, elle émet le souhait de voir le chalet où habite son amie. Lentement, elle gagne sa liberté, malgré Mlle Rougemont qui fait tout pour lui faciliter ses déplacements en s'octroyant les services des gens du village. Grâce à Pierre, qui la porte, elle peut bientôt découvrir les champs de fleurs des pâturages en haute montagne. Mais l'envie, mêlée de jalousie, de rejoindre Heidi et Pierre courant dans les alpages commence à envahir la jeune fille. C'est enfin au tour de grand-maman Gérard de venir rendre visite à ses jeunes petites. Bref, voici Heidi au paradis, entourée de toutes les personnes qu'elle apprécie le plus.

Vers la guérison

Grand-père est perspicace, il pressent et explique à Madame Gérard que seule Claire peut décider de remarcher si elle en a la volonté. Depuis son enfance, des adultes veillent tout autour d'elle à tous ses besoins dans la maison des Gérard. Sous son toit, grand-père décide que ce ne sera pas pareil. Il veut l'obliger à faire des efforts pour qu'elle retrouve la volonté de guérir.

Le déclic se produit un beau jour, alors que Claire et sa grand-mère, qui s'est assoupie, sont paisiblement installées sur l'herbe où la jeune fille lui fait la lecture. Tout à coup, arrive sur la jeune paralysée une vache qui lui fait une horrible peur. Sans le remarquer, la jeune fille se redresse sur ses deux jambes, sous le regard médusé de grand-maman Gérard qui est éveillée par ses cris. La vieille femme n'en croit pas ses yeux et s'empresse de le dire à tout le monde. Grand-père propose à Madame Gérard de garder Claire sous son toit et de s'occuper de sa rééducation. Mlle Rougemont est renvoyée à Francfort et le champ est laissé libre à une longue série d'exercices pour Claire.

Jour après jour, Claire s'applique à fortifier ses jambes pour remarcher dans un futur proche. Elle l'a promis à sa grand-mère qui a dû repartir. Pierre, Heidi et grand-père sont là pour lui remonter le moral à chaque petit échec. Les semaines passent sans résultats probants. Mais alors que la désillusion la gagne, Claire laisse échapper son fauteuil roulant qui se brise sur des rochers. Ce dernier blocage psychologique disparu, Claire n'a maintenant plus d'autre choix que de marcher.

Épilogue

C'est la fin de l'été, grand-maman Gérard et Monsieur Gérard sont de retour pour venir chercher Claire et retourner à Francfort pour l'hiver. Une mise en scène est organisée par Claire, Heidi et Pierre pour leur annoncer la bonne nouvelle. Claire se dresse debout devant eux, puis s'avance vers les membres de sa famille. Tous les mots du père de Claire et de sa grand-mère sont alors dérisoires pour exprimer leur gratitude envers Heidi, Pierre et grand-père.

L'hiver est à nouveau revenu, Pierre et Heidi dévalent les pentes de la montagne en luge. Ils pensent au retour prochain du printemps qui marquera également le retour de Claire dans leurs montagnes. Et cette fois-ci, ce sera sur ses deux jambes qu'elle les accompagnera dans les pâturages !


Heidi : Personnages

Heidi

Heidi est orpheline depuis l’âge d’un an. Son âge n’est pas précisé exactement dans la série, même sa tante Dete l’ignore. Cependant, au début de l’histoire, on devine que Heidi est âgée d’environ 5 ou 6 ans. Son père, Tobias, le fils de l’oncle de l’Alpe, était charpentier. Il fut tué par la chute d’une poutre pendant son travail. Sa mère, Adélaïde, la sœur de tante Dete, était de santé fragile et la douleur qui suivit la mort de son mari fut trop forte et l’emporta. Heidi est une fillette enjouée, bavarde, curieuse, débrouillarde et très sensible aux malheurs des autres.

Elle a grandi chez sa tante Dete, mais elle a été plus souvent gardée par des étrangers que par sa tante elle-même. Sa jeune enfance n’a été faite que de départs, d’un endroit à un autre. Elle ne connaîtra le goût du bonheur que le jour où elle arrivera chez son grand-père, dans son merveilleux chalet au cœur des Alpes, près de Dörfli, qui est également son village natal. Pour elle, qui a passé ses premières années dans une chambrette en ville où elle n’avait que pour seul horizon une cour défraîchie, tout est nouveauté dans les pâturages. Heidi est avide d’expériences et ne cesse de pousser Pierre et grand-père à lui faire découvrir tous les secrets de la montagne. Infatigable, elle possède une joie de vivre que rien ne semble pouvoir tarir, si ce n’est son séjour à Francfort...

Grand-père

Surnommé « l’oncle de l’Alpe », il vit reclus dans son chalet au dessus de Dörfli. Joueur invétéré, il a dû vendre le domaine familial pour rembourser ses dettes. Après avoir déserté de l’armée, il s’est installé avec sa femme et son fils à Dörfli. À la mort de sa femme, il élève seul son fils et lui apprend le métier de charpentier. Après la mort de celui-ci, il se retire dans la montagne où il vit en ermite depuis lors. Il ne va pas à l’église et ne descend presque jamais dans la vallée, même en hiver. Il est misanthrope, bourru et ne fait confiance à personne. Des rumeurs de passé trouble circulent à son propos et laissent entendre qu’il aurait tué un homme dans sa jeunesse...

L’oncle de l’Alpe descend parfois au village pour se ravitailler, en troquant les fromages et des objets en bois qu’il confectionne au chalet. Là-bas, tout le monde le regarde comme un fou. Tous le méprisent et plaignent Heidi d’avoir à vivre avec ce sauvage. Voila bien l’unique aspiration de grand-père, vivre avec Heidi dans le bonheur et la paix sans que personne ne vienne troubler leur solitude.

Grand-père ne montre son attachement et son dévouement qu’à sa petite-fille. Comme si, lui, qui n’a ni dieu ni maître, ne semblait vouloir rendre de comptes qu’à Heidi. Ainsi, à sa demande, il aide la grand-mère de Pierre à réparer sa maison, puis sauve des chasseurs voués à une mort certaine en pleine tempête de neige. L’arrivée de Heidi dans sa vie fait ressortir ce qui lui reste de sociabilité. Bouleversé par sa séparation avec Heidi et son départ pour Francfort, le retour de la fillette le pousse définitivement à reconsidérer son existence. Petit à petit, il se résout à aller à la rencontre des autres. Il sort de sa retraite en décidant de passer l’hiver à Dörfli pour y scolariser sa petite-fille. Heidi offre une sorte de rédemption à son grand-père. Sans complètement quitter sa retraite en montagne, il retrouve le respect des gens du village. Sa petite-fille le réconcilie à nouveau avec le monde des hommes dont il s’était écarté.

Pierre (Peter)

Jeune garçon de 10 ans, il vit avec sa mère, Brigitte, et sa grand-mère aveugle, dans une maison en amont du village, entre Dörfli et le chalet de l’oncle de l’Alpe. Gardien de chèvres comme son père, il part tous les matins conduire aux pâturages les chèvres des habitants du village. Il est surnommé « le général des chèvres » par le grand-père de Heidi. L’hiver, il va à l’école. Mais il préfère manger et dormir aux études. Son avenir semble tout tracé comme gardien de chèvres. Néanmoins, grâce à l’oncle de l’Alpe, il s’éveille à la menuiserie. Il construit une luge pour participer à une course entre élèves de l’école.

Pierre est le seul ami de Heidi dans la vallée et cela semble réciproque. Son travail dans les pâturages et la position de sa maison hors de Dörfli l’isole sans doute un peu des autres enfants du village. L’arrivée de Heidi change sa vie. Il trouve chez la fillette une amie fidèle pour l’accompagner dans la montagne et quelqu’un à qui il peut faire partager tout son savoir. Malgré son grand cœur, Pierre est d’une jalousie maladive et supporte mal quand l’attention de Heidi ne se porte pas sur sa personne. Dans le livre de Johanna Spyri, c’est Pierre qui casse le fauteuil de Claire, jaloux de l’intérêt que porte Heidi à la petite infirme. C’est ce geste qui la force à utiliser ses jambes et à marcher. Isao Takahata a décidé de faire évoluer le personnage. À plusieurs moments dans la série, le personnage prend conscience de ses défauts et se repent. Il n'est d’ailleurs plus du tout question de jalousie entre lui et Claire dans le dénouement de la série.

Claire (Klara)

Claire est une jeune fille de 12 ans paralysée des jambes depuis sa naissance. Sa mère est morte et son père quasiment toujours absent de la maison à cause de son travail. Elle s’ennuie à mourir dans sa grande maison à Francfort, seule avec sa gouvernante rigide, Mlle Rougemont, et son professeur particulier. Claire est tout aussi prisonnière de sa maison, dont elle ne sort rarement, que de son fauteuil roulant. Elle vit dans une cage dorée où des serviteurs veillent à ses moindres besoins. Elle devient tout de suite amie avec Heidi que sa tante Dete a conduite à Francfort pour lui tenir compagnie. C’est pour Claire que Heidi reste chez les Gérard alors qu’elle s’y sent si malheureuse.

Au contact de la petite suissesse turbulente, Claire va retrouver goût de la vie et vouloir se lever de son fauteuil. Claire prendra tout d’abord conscience des plaisirs qu’elle rate lors d’une sortie en forêt avec Heidi et sa grand-mère, en voyant la petite suissesse se dépenser sans compter avec d’autres enfants dans la forêt. Puis la description que Heidi lui fait des Alpes lui donne vite envie de les découvrir à son tour. Sur place, l’envie de se joindre à Heidi et Pierre dans les pâturages sans être un fardeau dans leurs excursions se fait de plus en plus grande. Enfin, elle se rend compte de son utilité en faisant la lecture à grand-mère et prend confiance en elle. Bientôt, une grosse frayeur provoquée par l’assaut d’une vache la force à se dresser sur ses jambes et confirme à Heidi et son grand-père que Claire est arrivée au bout de son chemin mental et est prête à marcher.

Les personnages secondaires en Suisse

Tante Dete

Dete est la sœur de la mère de Heidi. À sa mort, elle s’est « sacrifiée » quatre ans pour élever sa nièce. Mais maintenant qu’elle a trouvé le travail de ses rêves à Francfort, elle ne peut plus s’occuper de Heidi. C’est pour cette raison qu’elle la conduira chez son grand-père. Deux ans plus tard, Dete revient en Dame respectable, métamorphosée par la ville, pour arracher Heidi à son grand-père et l’emmener chez les Gérard. C’est dans cette famille respectable de Francfort que la fillette doit recevoir une bonne éducation pour devenir la Dame de compagnie de la fille unique de Monsieur Gérard.

Grand-mère

C’est la grand-mère de Pierre. Elle est aveugle et occupe son temps à filer la laine. Elle espère que son petit-fils apprendra un jour à lire correctement pour lui faire la lecture de son livre de prières favori mais dont elle a oublié les mots avec le temps. L’arrivée de Heidi dans son existence solitaire est un bienfait pour elle. Grand-mère est une femme isolée à cause de sa cécité. Elle ne perçoit le monde qu’à travers les sons, ses souvenirs et les conversations qu’elle peut avoir avec Pierre, sa fille Brigitte, et ceux qui la visitent. Heidi, bouleversée de savoir qu’elle puisse être privée de voir les merveilleux paysages qui entourent le village, lui tiendra compagnie.

Brigitte

Brigitte est la mère de Pierre et la fille de grand-mère. Elle est le témoin privilégié des changements que Heidi opère dans le cœur de son grand-père.

Les personnages secondaires en Allemagne

Mlle Rougemont (Rottenmeyer)

Mlle Rougemont est la gouvernante de la maison Gérard. C’est le parfait portrait de la vieille fille : sévère, austère et coincée. Elle s’oppose en permanence au naturel de Heidi. Elle a une sainte horreur des chats et autres animaux de tout poil. Cependant, elle est entièrement dévouée à Claire. Mais en voulant trop la protéger, elle ne se rend pas compte qu’elle ne participe pas à son bonheur.

Madame Gérard

C’est la grand-mère de Claire. Surnommée « grand-maman », elle tombe immédiatement sous le charme de Heidi dont elle devient une alliée précieuse à Francfort. Grâce à elle, Heidi apprend à lire et à écrire.

Monsieur Gérard (Monsieur Sesemann)

Le père de Claire passe la plus grande partie de son temps en voyage d’affaire. Aussi, laisse-t-il à la gouvernante, Mlle Rougemont, tout pouvoir concernant le bon fonctionnement de la maison Gérard, le personnel, et surtout l’éducation de sa fille et les soins à lui apporter.

Le docteur

C’est le médecin de famille des Gérard. C’est lui qui conseille à Monsieur Gérard de laisser repartir Heidi chez son grand-père. Il aime beaucoup la petite suissesse et sur son insistance, il autorise Claire à la rejoindre, chez elle, dans ses montagnes.

Sébastien

Sébastien est le valet de la famille Gérard. C’est un homme serviable et rieur. Heidi trouve qu’il ressemble beaucoup à Pierre. Il est pour elle d’une grande aide et sait la réconforter lors de ses moments de solitude ou après des remontrances de Mlle Rougemont.

Tinette

Tinette est la servante de la famille Gérard. Beaucoup moins amicale que Sébastien, elle est moqueuse à l’égard de tous. Elle daigne obéir aux ordres qui lui sont donnés, mais jamais de bonne grâce. Tinette est antipathique à l’égard de Heidi.

Le bestiaire du monde de Heidi

Hercule (Joseph)

C’est le chien de grand-père. Hercule est un Saint-bernard lymphatique et grand croqueur d’escargots vivants (carapaces incluses). Ses efforts sont modérés. Il passe le plus clair de son temps à bailler et à dormir. Mais attention, en cas de danger, ou si une chèvre du troupeau de Pierre vient à faire un écart, il redevient un redoutable chien de berger.

Les chèvres

Un certain nombre de chèvres peuplent l’univers de Heidi. Les principales ont pour noms Lily, Biquette et Kiki la chevrette. Elles appartiennent toutes à grand-père. Blanchette, la petite préférée de Heidi, appartient à Monsieur Braü. La famille de Pierre est quant à elle propriétaire de Py.

Pilou (Picchi)

Pilou est un oisillon tombé du nid par un jour de gros orage. Il est recueilli par Heidi qui le soigne et l’apprivoise. Il ne la quittera plus et viendra la réveiller tous les matins. Jusqu’au jour où l’appel de la nature se fera sentir... Il partira avec ses semblables, migrer vers la chaleur du sud.


Heidi : Analyse

Heidi marque un nouveau tournant dans l’animation japonaise grand public. Cette série est en effet la première adaptation d’un roman s’apparentant à un drame. C’est aussi le premier dessin animé à vouloir donner une vie aux personnages et à décrire leur quotidien de la manière la plus réaliste possible, plutôt que multiplier les scènes d’humour ou d’action faciles.

Heidi, série réaliste

Comme pour Horus, prince du soleil, Isao Takahata et son équipe vont essayer de donner à l’animation une certaine noblesse, en rejetant toute infantilisation du médium, pour essayer de toucher le public le plus vaste possible. Takahata va pouvoir instaurer son style réaliste et surtout ouvrir de nouveaux champs à l’animation télévisée. Le réalisateur souhaite inscrire Heidi dans un cadre social exact et ancré dans une réalité culturelle. Pour retranscrire avec la plus grande minutie les paysages de Suisse et d'Allemagne, il se rendra en repérage sur place, accompagné de Hayao Miyazaki et de Yôichi Kotabe.

Si Heidi est une série dramatique, elle n’est pas complètement sombre comme peuvent l’être d’autres Meisaku. Si méchanceté il y a, elle n’est pas clairement affichée. Tout est suggéré, et nous la ressentons d’autant plus profondément. Les sentiments dans cette série ne sont pas tapageurs (à aucun moment, il n’y a de « signaux » indiquant au spectateur de pleurer), ils sont ressentis. Ce qui rend les personnages attachants, c’est le souci apporté à la description des scènes de vie quotidienne. On pourra citer, en exemple, le soin apporté aux occupations de l’oncle de l’Alpe : de son travail du bois avec ses outils de menuiserie à la fabrication de son fromage.

Travail du bois.

Métier à filer de grand-mère.

Fabrication du fromage.

Les épisodes sont ponctués de nombreuses scènes où les personnages partagent des repas. À travers le souci minutieux accordé à la représentation de la nourriture, mettant en valeur ses bienfaits, reflète déjà l'une des caractéristiques distinctives des films du futur studio Ghibli.

Une mise en scène minutieuse et efficace au service des personnages

Le personnage de Heidi représente à lui seul la volonté d’Isao Takahata de s'inscrire dans une démarche réaliste avec un minimum d'effets. Pour cela, la mise en scène devait rester efficace et ce, dès la première image. Ainsi, dans le roman, on explique au lecteur que tante Dete tient par la main une petite fille aux joues toutes rouges car l’enfant a mis tous ses vêtements les uns sur les autres et qu’elle porte aux pieds de gros souliers de montagne. Depuis les multiples adaptations de Heidi, tous médias confondus, beaucoup de dessinateurs ou de réalisateurs ont donné leur propre représentation du personnage. Pour Heidi, Takahata a voulu des formes rondes et simples, se prêtant ainsi bien aux contraintes de l’animation en série TV. Dans le premier épisode, pour sa première apparition à l’écran, Takahata la souhaitait encore plus ronde, cachée sous d’épaisses couches de vêtements. Il souhaitait ainsi mettre en évidence sa difficulté à se mouvoir comme elle le voulait et qu’elle devait redoubler d’effort pour bouger. Ce procédé permet aussi de se focaliser uniquement son visage. Celui-ci ne montre pas beaucoup de sentiments mais plutôt un visage interrogateur dirigé vers sa tante autoritaire.

Heidi est le prototype des futurs personnages de Takahata, et en particulier celui de Setsuko dans Le tombeau des lucioles. Elle communique une peine non caricaturale. Nul besoin de hurler ou de faire couler des flots de larmes, par le silence et un simple regard, nous ressentons l’émotion du personnage. Au fur et à mesure qu’avance l’épisode, le visage de Heidi passe par des sentiments d’inquiétude et de joie. À la découverte de la rivière, son visage montre un léger signe d’appréhension. Puis, elle passe dans le village et commence à entendre parler de la mauvaise réputation de son grand-père et avec elle, le spectateur comprend qu’elle ne sera sans doute pas la bienvenue chez lui. Pour contraster avec le sentiment d’inquiétude de la petite orpheline, Takahata choisit des décors et des paysages très gais. À partir du moment où Heidi commence son ascension de la montagne, le visage de Heidi devient de plus en plus expressif malgré ses vêtements toujours aussi lourds. En chemin, elle rencontre une chèvre, son visage montre alors de la gentillesse et le spectateur comprend que Heidi va être heureuse ici. Ensuite, elle croise Pierre qui accompagne ses chèvres et elle enlève alors tous ses vêtements et commence à courir en simple nuisette, libérée de toute contrainte physique et mentale. L’épisode se clôt sur la rencontre de Heidi et de son grand-père. Mais la fillette n’a pas peur de cette situation. Elle est épanouie dans la montagne. Avec son cœur pur, elle entre instantanément dans celui de l’oncle de l’Alpe, pourtant impénétrable. Dans cette scène, le public doit être touché par cette rencontre. Le premier épisode de la série montre ainsi à quel point la réalisation de Takahata est construite minutieusement, chronologiquement. Toutes les scènes ont une signification et sont parfaitement liées.

La tranquille découverte de la vie à la montagne et la difficile adaptation à celle de Francfort sont décrites à travers le regard de Heidi. Avec elle, nous sommes désorientés, et avec elle, nous apprendrons les règles de sa vie nouvelle. La simplicité dont fait preuve Takahata dans la narration et la mise en scène repose sur un réalisme tout en pudeur et en délicatesse. Le scénario ne glisse pas simplement sur nous, nous l’expérimentons et nous devenons cette petite orpheline, ballottée vers un destin inconnu, ne vivant que de peines et de bonheurs précaires. Ainsi, cette série appréciée dans le monde entier, doit en grande partie sa popularité au style narratif nouveau qu’a su introduire Takahata, ce refus de la caricature des sentiments, cette façon de décrire la réalité caractéristique des futurs longs métrages du maître.

La touche Isao Takahata et Hayao Miyazaki

Diffusée en France au tout début des années 80, la série Heidi constitue rétrospectivement la première collaboration artistique entre Isao Takahata et Hayao Miyazaki à toucher le public français. À cette époque, la virtuosité technique et artistique de Hayao Miyazaki et Yôichi Kotabe, ainsi que l'exceptionnelle qualité des décors conçus par le directeur artistique Masahiro Ioka, combinées à la direction et à la mise en scène chaleureuse d'Isao Takahata, font de cette série l'une des meilleures productions animées jamais offertes aux téléspectateurs français. Elle a servi de prélude aux œuvres futures du studio Ghibli, préparant ainsi le public aux créations exceptionnelles à venir.

Que ce soit dans sa représentation de certains pays d'Europe au début de sa carrière, ou du Japon dans sa filmographie chez Ghibli, toutes les œuvres de Takahata partagent un souci remarquable du réalisme et du détail dans la représentation d'une vie quotidienne locale. Le réalisateur se distingue également par un traitement sérieux et une justesse émotionnelle caractéristiques de son style. Initiée avec Horus, prince du soleil, cette approche artistique se poursuit avec Heidi, faisant de la série un prototype parfait des œuvres futures qui seront créées au sein du studio Ghibli.

Pour Hayao Miyazaki, la série marque un premier tournant dans sa filmographie et commence à s’émanciper de son compagnon de route. Au poste de la construction scénique, plus communément appelé le layout de nos jours, il peut laisser libre court à son imagination débordante et à sa grande capacité de travail dans la mise en place des plans de la série. Ce poste clé lui permet d’anticiper le travail des animateurs et de faire vivre des personnages parfois à la limite de l’exubérance qui détonne avec le réalisme souhaité de Takahata. Avec ce poste, le futur maître de l’animation japonaise a tout du co-réalisateur sur la série et cette liberté marque une des premières dissonances avec la mise en scène de Takahata.

Heidi est déjà une héroïne au caractère bien trempé et on peut déjà imaginer la part d’influence qu’a pu avoir la petite suissesse sur les héroïnes de ses futures œuvres. Pierre a tout des héros d’action de la première partie de la filmographie de Miyazaki, comme Conan (Conan, le fils du futur) ou Pazu (Le château dans le ciel) : intrépides, bouillonnants et incurables goinfres !
Personnages secondaires de l’histoire, Hercule, le chien gobeur d’escargots crus, porte lui aussi la marque d’une figure du bestiaire qu’affectionne Miyazaki : silencieux, lymphatique, adepte des efforts modérés, et uniquement vif lorsque la situation le nécessite. Il a toutes les caractéristiques de futurs personnages de la filmographie de l’auteur. On pense bien sûr à Totoro (dont Papa panda de Panda, petit panda est le prototype et dont la production vient juste de s’achever), mais aussi au chien présent dans Kiki, la petite sorcière, ni plus ni moins que le descendant direct du Saint-bernard de l’oncle de l’Alpe.

L’empreinte de Miyazaki à l’écran est donc indiscutable et plus particulièrement dans les multiples ruptures de tons ou exagérations de la série, telle la manière de Pierre de dévaler les montagnes ou d’engloutir avec voracité la nourriture, ou encore dans certaines sarabandes saugrenues des chèvres.


Heidi

Mon voisin Totoro

Dans la version japonaise de la série, cette impression est encore plus appuyée avec le générique de fin, ni plus ni moins que le brouillon des génériques de Mon voisin Totoro.

Le génériques de début met lui déjà en avant des envolées surréalistes : Heidi faisant des allées et venues au-dessus de la vallée sur une balançoire sans points d’attaches apparents, avant se jeter sur un nuage qui supporte son poids comme par miracle.

Lors de son séjour à Francfort, Heidi ne peut s’évader de la maison Gérard que par son imagination. C’est là encore, lors de deux scènes remarquables célébrants la liberté par l’envol, que la fantasmagorie de la mise en scène de Miyazaki semble encore en parfait désaccord avec celle réaliste de Takahata.


Heidi : Origines et production

Les origines de la série

Les origines de la série TV Heidi remontent aux années 60. Plus précisément en 1967, lorsque le producteur Shigehito Takahashi a le projet d’adapter les romans de Johanna Spyri. En collaboration avec le studio TCJ (aujourd'hui Aiken), un pilote de 5 minutes est réalisé. Il retrace rapidement les principaux événements du premier roman paru en 1880 et s'arrête avec le retour de Heidi dans les Alpes. Cependant, il ne couvre pas le second roman de 1881 et le voyage de Clara dans les Alpes qu’Isao Takahata choisira aussi d’adapter.

Ce projet n’obtiendra finalement pas de feu vert et Takahashi s’en ira fonder le studio Zuiyo Enterprise qui deviendra Zuiyô Eizô à la fin de l’année 1972. La série Heidi sera sa première production en indépendant. Il n’est pas exclu que la transformation de Zuiyo Enterprise (gestion et planification) en studio d’animation autonome soit le résultat de cette ambition de longue date de porter Heidi à la télévision japonaise.

Selon les souvenirs d'Isao Matsuki, superviseur des scénarios de la série, c'est le 28 février 1971 que le producteur Takahashi lui soumet pour la première fois l'idée d'adaptation. Et en véritable passionné de l'œuvre de Johanna Spyri, le producteur aurait relu encore plusieurs fois ses romans pour cela.

Cette même année, le trio composé d’Isao Takahata, Hayao Miyazaki et Yôichi Kotabe quitte Tôei Dôga. Yasuo Otsuka, leur ami et collaborateur, les invite alors à rejoindre le studio A Production, avec la promesse de pouvoir adapter librement la série de romans pour enfants Fifi Brindacier d’Astrid Lindgren. Bien que ce projet ne voit pas le jour, plusieurs idées de pré-production seront réutilisées pour les deux moyens métrages Panda, petit panda, conçus entre 1972 et 1973. C’est à travers cette nouvelle collaboration que Takahata, Miyazaki et Kotabe commencent à définir une voie qui leur est propre. Les deux films ont déjà en commun une exploration du quotidien et une animation réaliste dans tous les gestes de la vie ordinaire, une approche qui s'épanouira pleinement dans Heidi.

Takahata comprend en effet que les deux moyens métrages qu’il a réalisé correspondent parfaitement à la vision de Takahashi pour Heidi : créer une œuvre animée novatrice qui irait au-delà du simple divertissement pour devenir une œuvre significative dans la vie des enfants, dépeignant avec finesse et authenticité les joies, les peines et les petits bonheurs de la vie réelle.

Alors qu’il sent que A Pro ne sera plus le bon endroit pour l’épanouissement personnel de ses amis, c’est encore Ôtsuka qui recommande Takahata à Takahashi, qu’il rencontre sur la production de la série TV Moomin (1969), Il lui propose de convaincre le réalisateur de rejoindre Zuiyô en échange que le producteur lui accorder le meilleur traitement possible et accepte de lui verser un revenu approprié.

Takahata se met alors rapidement au travail pour adapter Heidi. Il relit lui aussi les romans originaux et se lance dans la production de ce qui sera un second film pilote dans le but d'adapter le texte de Johanna Spyri. Déjà accaparé sur la série TV Les contes de la forêt verte (Yama Nezumi Rokkii Chakku, 1973), Yasuji Mori trouve le temps de collaborer avec Takahata sur les storyboard. Il s'occupera également de la création des personnages et dirigera l'animation. Dans ce film, le personnage de Heidi porte des nattes, il est alors complètement différent de celui avec ses cheveux courts que créera ensuite Yôichi Kotabe pour la série TV.

Premiers design des personnages signés Yasuji Mori.

Repérages

Du 16 ou 25 juillet 1973, Isao Takahata, Hayao Miyazaki, Yôichi Kotabe et le producteur Junzô Nakajima, se rendent en repérage à Zurich et Maienfeld, en Suisse, et à Francfort, en Allemagne, pour s'imprégner de la vie locale et multiplier photos et les croquis préparatoires de décors, mais aussi de personnages, en prenant pour modèle la population locale. Ils visitent également le musée Spyri à Zurich, où ils ont découvrent le travail de l'artiste suisse Martha Pfannenschmid, célèbre pour ses illustrations des romans originaux de Heidi. Le compositeur Takeo Watanabe fera lui le voyage en solitaire pour découvrir la musique folklorique locale, qui jouera un rôle important dans la bande originale de la série et notamment dans son fameux générique de début Oshiete (Apprends-moi).

Le repérage peut sembler courant de nos jours, surtout pour les familiers des techniques de production des longs métrages du studio Ghibli ou de Disney, mais à cette époque, cette pratique est encore rare, plus encore dans le cadre de la production d’une série d'animation prévue pour la télévision. Ce déplacement à l’étranger n’est pas un caprice de la part de Takahata et amorçait le souci de crédibilité et de réalisme dans le reste de son œuvre.

Heidi est l'adaptation d'un roman qui prend ses racines en Europe et Takahata est conscient que le regard qu'il va porter dessus sera celui d’un Japonais qui risque de se transformer en image d'Épinal. Le souci premier du réalisateur était de proposer aux spectateurs japonais une représentation juste de la vie dans les Alpes. Si en tombant sur sa série, les locaux ne ressentaient pas trop de décalage avec leur vraie vie, alors son objectif serait atteint. La vie dans les Alpes n'est pas facile et ses habitants ont une très longue histoire, pétrie de coutumes et de traditions, difficilement compréhensibles pour un Japonais, et Takahata se devait de les respecter. Le réalisateur a expliqué qu'il avait vu beaucoup trop de scènes de films étrangers se passant au Japon dans lesquelles des Japonais marchaient sur un tatami avec leurs chaussures. Et il ne voulait pas reproduire ce genre d'ineptie pour sa série.

En voulant respecter un mode de vie qui leur est éloigné, Takahata et son équipe se heurtent à certains obstacles. Le principal réside dans la description de la vie de l'oncle de l'Alpe. Dans les romans et la série, le grand-père de Heidi est hors des coutumes et de la religion des habitants des Alpes, il mène une vie isolée. La production aurait pu prendre des libertés avec ce personnage, mais l'équipe, soucieuse de réalisme, s'est demandée s'il était possible de vivre seul dans les Alpes, au milieu des chèvres et d'une nature difficile. Pour que son mode de vie soit réaliste, ils inventent donc le quotidien de l'oncle de l'Alpe. Il fabrique ainsi tous les outils de sa vie quotidienne avec du bois. Mais ils s’aperçoivent que c’est encore insuffisant pour subsister. Finalement, pour couper court à toutes les autres questions de survie, ils sont décideront que l'oncle de l'Alpe, en plus d'effectuer du troc avec les habitants de Dörfli, devait avoir mis de l'argent à côté quand il vivait à l'étranger.

Durant la pré-production de la série, il semble même que devant la difficulté de rendre l'univers de Heidi plausible, Takahata se soit interrogé sur la possibilité de créer une version « japonisée » de Heidi. c'est-à-dire de transposer l'intrigue des romans dans son pays, avec une Japonaise qui habiterait la campagne du Japon... Heureusement, cette idée semble avoir rapidement été écartée.

Production

En 1974, que ce soit sur le fond ou sur la forme, la série Heidi établit de nouveaux standards de qualité dans le format télévisé. Mais pour cela, et de l'aveu même d’Isao Takahata, cette année fut marquée par un labeur colossal, mené sans relâche pour livrer un épisode de 22 minutes et 30 secondes durant 52 semaines.

Ce résultat, Takahata le doit en grande partie aux transformations qu'il avait initiées lors de la production de Horus, prince du soleil en 1968. Une fois de plus, Heidi positionne le réalisateur comme la personne directrice du projet et garante d'une unité d'ensemble. Afin de concrétiser sa vision, Takahata s'entoure d'une équipe restreinte mais dévouée de collaborateurs.

Le premier est, bien entendu, Hayao Miyazaki, au poste du layout (cadre et composition de chaque plan d'un épisode), essentiel à la qualité finale de la mise en scène.

Le second est Yôichi Kotabe, pour qui Takahata instaure le poste de character designer, fonction essentielle et garante de l'unité graphique des personnages tout au long de la production des épisodes.

Le troisième homme, moins connu, se nomme Masahiro Ioka, le directeur artistique de la série, et artiste réputé pour ses dessins de la nature.

Selon Takahata, si Ioka n'avait pas été là, la série serait née sous une toute autre apparence. Celui-ci était capable de comprendre comment un décor pouvait influer sur les sentiments du spectateur.
Le désir de perfection artistique que Takahata souhaitait attendre n'était pas possible dans le cadre d'une série TV et Ioka en était bien conscient. Tout au long de la production, il a néanmoins fait beaucoup de recherches personnelles pour répondre aux exigences du réalisateur.
Sa façon de travailler était la suivante : il ne demandait pas à son équipe des décors finalisés et reprenait chaque dessin ensuite. Et c'est sous ses pinceaux qu'il donnait une vie propre au dessin.

Souvenirs de production de la série Heidi en manga

Pour l'exposition temporaire Heidi : Le travail des créateurs du musée Ghibli en 2005/2006, Hayao Miyazaki s'est souvenu de l'époque de la production de la série sous forme de 2 planches de manga que nous avons traduites en français.

Cliquez pour agrandir les planches.

La diffusion de la série

Heidi à la TV japonaise

Au Japon, la série Heidi a été diffusée tous les dimanches, de 19 h 30 à 20 h sur la chaîne privée Fuji TV. La diffusion débute le 6 janvier 1974. À l'époque, les séries d'animations diffusées sont, soit des séries fantastiques ou de S.F. pour les adolescents comme Shinzô Ningen Kyashân (Casshern) ou Gettâ Robo (Getter Robo), soit des séries mignonnes et inoffensives pour les plus petits comme Konchû Monogatari: Shin Minashigo Hatchi (Le petit prince orphelin). Fuji TV ne croit alors pas au succès de Heidi et pense qu'il sera difficile d'obtenir un succès public avec une série sérieuse, voire dramatique. Personne n'imagine alors que la vie d'une petite fille dans les Alpes puisse avoir du succès. Et pourtant, il sera immédiat.

À la grande surprise du diffuseur, dès le premier épisode et jusqu'à la fin de la série, l'audimat ne cessera d'augmenter. Non seulement chez les enfants mais aussi chez les adultes. En automne 1974, la diffusion de la célèbre série Uchû Senkan Yamato (Yamato) débute sur le même créneau horaire. Cependant, il faudra attendre la disparition de Heidi de l'antenne pour qu'elle commence véritablement à avoir du succès. Malgré une production chaotique et harassante, ce triomphe permettra la création de Nippon Animation et de ce qui s'appellera bientôt les cycles annuels des World Masterpiece Theater.

Quatre ans après la diffusion de Heidi, un projet de film, adapté de la série, est mis en chantier. En mars 1979, un film de 97 minutes voit le jour. Il est réalisé par Sumiko Nakao. Le film est en fait un travail de remontage de la pellicule ainsi que de redoublage de la série d'Isao Takahata.

De nos jours, la série Heidi est toujours aussi populaire au Japon. Entre autres, un site officiel continue d'être mis à jour. Auprès des fans d'animation, la série fait toujours l'objet d'un culte très vivace. Il est notamment du à une rareté des cellulos originaux, leur quasi-totalité ayant été perdue par Zuiyô Eizô à la fin de la production de la série alors qu'ils auraient dû être archivés. C'est ainsi que pour la production du film, et notamment pour la publicité l'entourant (affichages et pamphlets), on été recréés des dessins originaux. À la sortie du film en salles, les affiches ont été très recherchées et sont souvent dérobées dans la rue par les collectionneurs les plus fanatiques.

Heidi à la TV française et en Europe

En France, les premiers épisodes de Heidi ont été diffusés de manière chaotique sur TF1 en décembre 1979. Il faudra attendre la toute fin de l'année 1980 pour que la série devienne vraiment hebdomadaire. Elle est rediffusée beaucoup moins souvent que dans la majorité des autres pays européens. La série a également été diffusée et rediffusée régulièrement en Allemagne, en Autriche, en Espagne et en Italie. À noter que la mélodie du générique français, interprété par Danielle Licari, est la même que dans les versions allemande et italienne.

Lors de ses premières diffusions en Europe, Heidi avait été sévèrement critiquée pour ses « dessins affreux » et son « horrible animation » qui avait été comparée à celle des long métrages de Disney... En outre, les détracteurs de la série pensaient que les Japonais avaient choisi une histoire se déroulant en Europe pour des raisons marketing, afin de mieux pénétrer notre marché...


Heidi : Art et technique

Repérages

Voici quelques photos commentées des repérages organisés pour la série Heidi en Suisse, en juillet 1973.

De gauche à droite : Hayao Miyazaki, Yôichi Kotabe et Isao Takahata devant le chalet qui servira de référence à celui de l'oncle de l'Alpe.

Heidibrunnen à Maienfeld sur le chemin du chalet. Hayao Miyazaki est debout à gauche de la fontaine, Yôichi Kotabe est assis devant lui et le producteur de l'animation Junzô Nakajima est assis à droite.

De gauche à droite : Hayao Miyazaki, Isao Takahata et Yôichi Kotabe lors d'une démonstration de l'utilisation d'une faucille à désherber par un habitant de la région. Ce type d'observation est important pour saisir avec précision les mouvements et les reproduire ensuite en animation.

Le compositeur Takeo Watanabe au moment de sa venue en Suisse pour enregistrer les effets sonores utilisés pour l'animation. À droite, M. Wakayama qui l'a accompagnés lors de son voyage.

Francfort

Si le directeur artistique Masahiro Ioka ne fait pas partie du voyage, il réussira néanmoins à restituer la grandeur et l'effervescence de Francfort. C'est notamment à l'occasion de 2 escapades (épisodes 22 et 26) que Heidi fait l'expérience de cette ville. Pour le spectateur, c'est l'occasion de découvrir des décors d'un grand intérêt documentaire, en particulier lorsque Heidi s'aventure dans un lavoir municipal, uniquement fréquenté par des femmes. Au détour d'une rue, Heidi croise également une machine à vapeur toute droit sortie d'un (futur) épisode de Conan, le fils du futur ou de Sherlock Holmes.

Dessin de référence

Dessin du chalet de l'oncle de l'Alpe, réalisé par Miyazaki à l'usage des artistes qui travaillaient sur les storyboard. Cette illustration de la maison vue de trois quart, réalisée avec minutie, est un exemple du réalisme voulu pour la série. Jusqu'à Heidi, il était très rare de créer ce genre de document établissant un espace crédible que pouvaient ensuite utiliser les dessinateurs en référence.

Les génériques de la série

Ils furent animés par Hayao Miyazaki, à l’exception de deux plans de celui de début, la ronde de Heidi et Pierre, qui furent confiés à Yasuji Mori, plus expérimenté. Dans ces deux plans, Mori voulait analyser le mouvement de deux vraies personnes. C’est donc Hayao Miyazaki et Yôichi Kotabe qui exécutèrent la danse sur un parking, près du studio, et Mori qui les filma avec une caméra 8 mm.


Heidi : Fiche technique

L'affiche du film adapté de la série (1979).

Crédits

Titre アルプスの少女ハイジ (Arupusu no Shôjo Haiji)
Heidi, Girl of the Alps / Heidi, la petite fille des Alpes
Année de création 1974
Œuvres originale Johanna Spyri
Réalisation Isao Takahata
Composition de la série Isao Matsuki
Scénaristes Hisao Ôkawa, Mamoru Sasaki, Yoshiaki Yoshida
Layout Hayao Miyazaki
Continuité Hayao Miyazaki, Isao Matsuki
Storyboard Isao Takahata (#1-3), Yoshiyuki Tomimo (#4, 7, 10, 13, 14, 18, 21, 23, 27, 29, 37, 40, 42, 44, 46, 49, 51), Yoshio Kuroda (#5, 9, 12, 16, 20, 24, 35), Shûji Yamazaki (#6, 8, 19, 28, 32, 38, 41, 47), Hiroshi Saitô (#11, 15, 22, 25, 26, 30), Seiji Okuta (#31, 39, 43, 45, 48, 50, 52), Fumio Ikeno (#17), Kazuyoshi Yokota (#34), Keiji Hayakawa (#36)
Directeur artistique Masahiro Ioka
Character design Yôichi Kotabe
Directeurs de l'animation Yasuji Mori, Yôichi Kotabe
Directeur de la photographie Keishichi Kuroki
Son Yasuo Uragami
Musique Takeo Watanabe
Producteur Shigeto Takahashi
Production Zuiyô Eizô (Nippon Animation)

Doublage japonais

Heidi Kazuko Sugiyama
Grand-père Kôhei Miyauchi
Pierre Noriko Ohara
Claire Rihoko Yoshida
Tante Dete Taeko Nakanishi
Grand-mère Miyako Shima / Terue Nunami
Brigitte Akiko Tsuboi / Takako Kondô
Mlle Rougemont Miyoko Asô
Madame Gérard Natsuko Kawaji
Monsieur Gérard Taimei Suzuki
Narratrice Toshiko Sawada

Doublage français (Canada)

Heidi Eve Gagnier
Grand-père Jean Fontaine
Pierre Marie Bégin
Claire Nicole Fontaine
Grand-mère Yolande Roy
Tante Dete / Brigitte Louise Rémy
Mlle Rougemont Béatrice Picard
Madame Gérard Françoise Faucher
Monsieur Gérard Hubert Noël / Ronald France
Narratrice Andrée Lachapelle

Quelques chiffres

Nombre d'épisodes 52
Dates de diffusion au Japon Du 6 janvier au 29 décembre 1974, à raison d'un épisode par semaine.
Un film compilant les épisodes de la série est sorti le 17 mars 1979.
Date de diffusion en France Heidi a été pour la première fois diffusée sur TF1 en décembre 1979.