Isao Takahata

© Dominico Vescio
Isao Takahata, cofondateur du studio Ghibli avec Hayao Miyazaki est moins connu du grand public que son prestigieux collègue et ami. Il occupe pourtant une place primordiale dans l'histoire de l'animation japonaise et mondiale. Il a en effet transformé le langage de l'animation japonaise après la guerre, en le faisant sortir des conventions du cartoon ou de l’esthétique disneyenne, et a hissé le cinéma animation au niveau du cinéma traditionnel. Disparu en avril 2018, le réalisateur laisse le monde de l'animation orphelin mais reconnaissant et admiratif de l'immense héritage qu'il a légué.
Isao Takahata : Sa biographie

Enfance et études
Isao Takahata est né le 29 octobre 1935 à Ise dans la préfecture de Mie. Dernier des 7 enfants de la famille, le jeune Isao est un garçon plutôt ordinaire (« J'ai eu une enfance somme toute banale, et j'ai noué avec mes frères et soeurs des liens sereins et normaux »). Sa famille est contrainte à des déménagements fréquents et précipités du fait du travail précaire de son père, mais aussi à cause de la guerre pour fuir les bombardements.
En 1941, Takahata entre à l'école primaire d'Ôkayama. Pendant cette période et malgré la guerre, il en profite pour aller au cinéma. Sa première découverte d'un film d'animation est Kumo to Chûrippu (L'araignée et la tulipe, 1943) de Kenzô Masaoka. C'est le début d'une série de coups de foudres pour l'œuvre de Masaoka qui deviendra un des cinéastes de référence de Takahata pour construire sa carrière de réalisateur.
En 1945, Isao, alors âgé de 10 ans, vit l'évènement le plus traumatisant de sa jeune vie : fuyant un raid aérien avec sa sœur ainée, il perd de vue ses parents dans la foule et ne les retrouve que deux jours plus tard. Bien que Takahata n'ait jamais réalisé des films autobiographiques, la fuite de Seita et Setsuko sous pluie de feu dans son film Le tombeau des lucioles fait sans doute également écho à cet épisode dramatique.
En 1954, son diplôme obtenu à la sortie du lycée Asahi de Ôkayama, Takahata entre à l'université de Tôkyô, dans le département des Beaux Arts. C'est durant ces années à l'université que Takahata se familiarise avec la culture et la littérature française. Il prend conscience de toutes les possibilités visuelles et formelles de l'animation lorsqu'il découvre sur grand écran le chef-d'œuvre animé de Paul Grimault : La bergère et le ramoneur (qui devient plus tard Le roi et l'oiseau). En avril 1956, il abandonne les Beaux Arts et entre au département de littérature française et c'est dans cette spécialité qu'il sort diplômé de l'université, en mars 1959.

Isao Takahata célébrant son 20ᵉ anniversaire en famille.
Début de carrière à la Tôei Dôga
Isao Takahata a pourtant déjà choisi depuis plusieurs mois d'opter pour une carrière complètement différente de ses études : il veut devenir cinéaste d'animation. A peine un mois après sa sortie de l'université, il parvient à entrer au studio d'animation de la Tôei (qui deviendra par la suite Toei Animation), fondé en 1956, et qui a notamment pour but de réaliser des longs métrages pour le cinéma.
Au sein du studio, il débute comme assistant metteur en scène sur les premiers longs métrages et côtoie ainsi Yasuji Mori (animateur pionnier qui a notamment lancé le système de direction de l'animation au Japon) et le vétéran Yasuo Ôtsuka (un des trois fondateurs de la Tôei Dôga). Il devient aussi ami avec Hayao Miyazaki à travers le syndicat des animateurs du studio. Il en est alors le vice-président, le président (secrétaire général) étant Miyazaki lui-même.

Hayao Miyazaki et Isao Takahata.
Takahata fait ses débuts en tant que réalisateur dès 1963 sur des épisodes de la série télévisée Ôkami Shônen Ken (Ken, l'enfant-loup). Faisant preuve d'un talent indéniable, il est choisi par Ôtsuka en 1965 pour mettre en scène son premier long métrage : Taiyô no Ôji : Horusu no Daibôken (Horus, prince du soleil). Avec ce film, Takahata et son équipe ont pour ambition de révolutionner l'animation japonaise. Ils optent pour un ton plus adulte que les œuvres précédentes de la Tôei, avec comme but de s'adresser à toutes les générations, et non plus aux seuls enfants. A travers la création du film, Takahata donne une véritable envergure au rôle de réalisateur et innove dans la mise en scène en intégrant des techniques cinématographiques propres aux films en prise de vue réels. Takahata laisse également une grande liberté aux animateurs. Miyazaki travaille d'ailleurs comme animateur clé et apporte de nombreuses idées dans la conception scénique.



Isao Takahata à l’époque de la production de Horus, prince du soleil.
Le film-manifeste d'une groupe d'idéalistes de l'animation est malheureusement un échec commercial avec des conséquence funestes pour l'équipe : des vétérans du studio sont renvoyés, Ôtsuka perd la moitié de son salaire et Takahata est rétrogradé au rang d'assistant réalisateur. Convaincu que les perspectives de carrière à la Tôei Dôga ne le mèneront nulle part, Takahata décide de quitter le studio deux ans (et deux séries TV) plus tard.
La période World Masterpiece Theatre
En 1971, Isao Takahata quitte donc la Tôei Animation pour rejoindre le studio A Production. Il entraine avec lui l'animateur Yôichi Kotabe et Hayao Miyazaki et y retrouve Yasuo Ôtsuka, arrivé plus tôt. Pour son premier poste, Takahata est préssenti pour réaliser la future série TV Nagakutsushita no Pippi : Sekai Ichi Tsuyoi Onna no Ko (Fifi Brindacier), mais le projet n'aboutit pas.
La collaboration de Takahata avec Miyazaki se poursuit en 1972 et 1973 avec notamment les réalisations de la série télévisée Rupan Sansei / Lupin III (Edgard de la cambriole) et les moyens métrages Panda Kopanda et Panda Kopanda : Amefuri Circus no Maki (Panda, petit panda).
En 1974, il est choisi pour diriger Arupusu no Shôjo Haiji (Heidi). Cette série de 52 épisodes que Takahata réalisera intégralement, avec l'appui de Miyazaki sur l'animation et la conception scénique, marque le début du cycle des séries annuelles des Sekai Meisaku Gekijô, ou World Masterpiece Theater (« Les œuvres classiques du monde entier »), qui consiste à adapter des romans célèbres de la littérature pour enfants. Takahata réalise deux autres de ces séries annuelles pour le compte de la Nippon Animation : Haha wo Tazunete Sanzenri (Marco / 3 000 lieues en quête de mère) en 1976 et Akage no An (Anne, la maison aux pignons verts) en 1979. Elles connaissent également un grand succès auprès des enfants comme des parents.

Isao Takahata avec Hayao Miyazaki et Yôichi Kotabe, devant la fontaine Heidibrunnen à Maienfeld,
lors du voyage de repérage en Suisse pour la série TV Heidi.
Entre Heidi et Anne, la maison aux pignons verts, Takahata participe à de nombreux autres projets en tant que storyboarder, metteur en scène ou scénariste, notamment sur la série Mirai Shônen Konan (Conan, le fils du futur), réalisé par son ami Miyazaki.
Entre 1976 et 1981, tout en travaillant au sein des grands studios d'animation, il se consacre à la réalisation du long métrage Serohiki no Gôshu (Gauche le violoncelliste), au studio de sous-traitance Oh! Production. Le film non commercial, hommage à l'œuvre de l'écrivain Kenji Miyazawa, est récompensé par le prix Ôfuji, la distinction annuelle de référence pour l'animation au Japon.
Parallèlement, Takahata travaille avec Ôtsuka au sein du studio Telecom Animation Film sur un autre long métrage : Jarinko Chie (Kié, la petite peste), qui sortira en avril 1981 et sera ensuite décliné en série télévisée, qu'il réalisera également.
En 1982, il intègre la préproduction du long métrage Nimo (Nemo), une co-production nippo-américaine. Mais, comme Miyazaki et l'animateur Yoshifumi Kondô, il abandonne assez vite le projet et le poste de réalisateur qui lui est confié.
Ses réalisations au sein du studio Ghibli
Quand Yasuyoshi Tokuma propose à Hayao Miyazaki de réaliser la version animée de son manga Kaze no Tani no Naushika (Nausicaä de la Vallée du Vent), celui-ci émet une condition : Isao Takahata doit en être le producteur. C'est la première fois que Takahata produit un long métrage, mais il fait un travail formidable qu'il réitère avec la production de Tenkû no Shiro Rapyuta (Le château dans le ciel). En 1987, il est à son tour produit par Miyazaki pour son documentaire en prise de vue réelle, Yanagawa Horiwari Monogatari (L'histoire du canal de Yanagawa).

Hayao Miyazaki et Isao Takahata.
Entre-temps, Takahata fonde en 1985 le studio Ghibli avec Miyazaki. Cependant, si Takahata a été un des membres fondateurs du studio, il n’a jamais voulu se considérer comme un membre à part entière de ce dernier, préférant être un « consultant » et garder ainsi son indépendance. Le producteur Toshio Suzuki raconte ainsi que le jour de la signature de l’acte de fondation, Takahata avait même oublié son sceau et n’a cessé de dire à Miyazaki qu’il ne fallait pas ainsi s’aliéner à un studio.

Son premier long métrage au sein du studio Ghibli est Hotaru no Haka (Le tombeau des lucioles) en 1988. Il est suivi de Omohide Poroporo (Souvenirs goutte à goutte) en 1991 et de Heisei Tanuki Gassen Ponpoko (Pompoko) en 1994, qui remportent tous deux un grand succès. En 1999, il fait un pari osé, aussi bien dans la forme que dans la teneur, en réalisant Hôhokekyo Tonari no Yamada-kun (Mes voisins les Yamada). Le succès commercial est mitigé, le film peinant à rentrer dans ses frais, contrairement à ceux de Miyazaki à la même période.
Selon les rumeurs, Isao Takahata a quitté la structure du studio Ghibli après la réalisation de Mes voisins les Yamada, même s'il en était toujours salarié. En effet, on a su peu de choses sur les activités de Takahata depuis 2000. Toujours curieux des productions étrangères, il est à l'origine de la distribution des films d'animation français Kirikou et Les triplettes de Belleville.
On sait également que, depuis longtemps, Takahata se passionne pour l'emaki, rouleau composé de peintures et de calligraphies se lisant en largeur de droite à gauche. Ce genre artistique, apparu au XIIᵉ siècle, est le premier exemple d'association de la lettre et de l'image et il marquera profondément par la suite la peinture japonaise. Le réalisateur a rédigé un ouvrage sur le sujet et a donné de nombreuses conférences, notamment en France, à l’abbaye de Fontevraud.


Isao Takahata en Master Class à l’abbaye de Fontevraud en juillet 2007.

Isao Takahata et son ami Michel Ocelot, venu lui rendre visite à l’abbaye de Fontevraud.
Il a également participé, en 2003, à une œuvre animée collective intitulée Fuyu no Hi (Jours d'hiver), aux côtés d'autres grands noms de l'animation, comme Youri Norstein.
En 2006, dans un entretien donné à Buta Connection, il confirme qu'il a commencé à travailler sur un nouveau long métrage au sein du studio Ghibli. Mais des problèmes de santé ont mis un frein à ce projet extrêmement ambitieux et ce n'est qu'en 2012 que la production ne reprend véritablement. Kaguya-hime no Monogatari (Le conte de la princesse Kaguya) finit par sortir au Japon en novembre 2013, plus de 14 ans après le précédent long métrage du réalisateur. Même si le film n'a pas le succès escompté au box-office, Takahata a avoué être extrêmement fier de ce qui sera son ultime long métrage et qu'il considère comme un véritable aboutissement artistique.


Isao Takahata fête son 77ᵉ anniversaire avec l'achèvement de son dernier long métrage.
Ses dernières années
Suite à l'échec du long métrage Omoide no Mânî (Souvenirs de Marnie) de Hiromasa Yonebayashi, le studio Ghibli arrête la production de longs métrages. Cela n’empêche pas Isao Takahata de réfléchir à de nouvelles réalisations : « J’ai des projets qui me tiennent à cœur et que j’aimerais réaliser, même si je ne suis plus tout jeune et que les difficultés de financement font perdre beaucoup de temps... »
Le 7 avril 2015, le réalisateur est élevé au rang d'officier de l’Ordre des Arts et des Lettres par l'État français. Au cours de la cérémonie qui s'est tenue à Tôkyô, Takahata déclare : « La France est le pays où j'ai le plus voyagé et je suis des plus heureux d'être décoré par la nation dont je me sens le plus proche ».
Fervent pacifiste et critique de la politique du gouvernement du premier ministre conservateur Shinzô Abe, Takahata participe, en 2015, au mouvement d’opposition au projet de faire adopter des lois sécuritaires visant à faciliter le recours à la force armée par le Japon. Il est l’un des fondateurs du groupe Eigajin Kyûjô no Kai (« Les cinéastes pour l’article 9 ») pour la défense de l’article 9 de la Constitution, proclamant le renoncement à la guerre du Japon. En conférence de presse, toujours en 2015, notre éternel amoureux de la culture française déclare préférer, à la citation latine « Si tu veux la paix, prépare la guerre », le vers du poète Jacques Prévert : « Si tu ne veux pas la guerre, répare la paix » du poème Cagnes-sur-Mer (1953).

En 2014, pour que le Premier ministre Shinzô Abe et le parti libéral-démocrate ne remette pas en cause l’article 9 de la Constitution pacifiste japonaise, Isao Takahata invitait les Japonais à voter pour les partis d’oppositions. Le PLD du Premier ministre remporta néanmoins ces élections législatives anticipées.
À deux reprises, fin mars 2015 puis en novembre 2016, lors de ses venues à Pontoise puis au Forum des images à Paris, Isao Takahata fait part d'un projet de court métrage. Comme pour Le conte de la princesse Kaguya, il est prévu de confier la direction de l'animation à Osamu Tanabe et la production à Yoshiaki Nishimura.
Mais des difficultés de financement puis des problèmes de santé vont empêcher le réalisateur de concrétiser cet ultime projet. À partir de l'été 2017, il fait plusieurs allers-retours à l'hôpital pour des problèmes cardiaques. En novembre 2017, son état de santé se détériore encore, cette fois à cause d'un cancer du poumon. Isao Takahata décède dans la nuit du 5 avril 2018 dans un hôpital de Tôkyô des suites de son cancer, à l'âge de 82 ans.
Sources : Animeland hors-série n° 3 - The art of emotion, il cinema d'animazione di Isao Takahata de Mario A. Rumor - entretien donné au journal Libération en 2014 - article du journal Le Monde du 6 avril 2018
Isao Takahata : Son cinéma
Isao Takahata est certes moins connu en France que son collègue Hayao Miyazaki, il n'en constitue pas moins une personnalité phare de l'animation, avec à son actif des dizaines de séries et longs métrages, formant une impressionnante filmographie à la fois protéiforme et homogène.
Une filmographie très variée mais cohérente
En effet, on constate immédiatement qu'Isao Takahata s'est intéressé à différentes formes d'expression artistique : séries télévisées animées, longs métrages d'animation, moyens métrages, simple participation à une œuvre collective, documentaire... sans compter des différences esthétiques assez étonnantes entre chacune de ses œuvres. Si l'on ne considère que ses cinq derniers longs métrages réalisés au sein du studio Ghibli, on est frappé par de si grands écarts dans l'aspect formel de ses œuvres.


Des films au sein du studio Ghibli...
Une des raisons de cette hétérogénéité est simple : contrairement à Hayao Miyazaki, Takahata ne dessine pas, il est avant tout et essentiellement un metteur en scène. Il travaille donc en collaboration avec un concepteur visuel, chargé de donner une unité visuelle à l'œuvre, qui laisse donc une empreinte forte. Il peut ainsi changer de character designer (Yoshifumi Kondô pour Le tombeau des lucioles et Souvenirs goutte à goutte, Shinji Ôtsuka pour Pompoko, ou encore le travail inspiré par l'œuvre de Hisaichi Ishii pour Mes voisins les Yamada), de directeurs artistiques en charge des arrières-plans et décors ou de compositeurs pour la bande son.


... Apparemment très différents.
On peut également expliquer la diversité de son œuvre par le fait que Takahata choisit d'adapter des œuvres préexistantes, et non de créer des histoires originales. Ainsi, Kié, la petite peste, Souvenirs goutte à goutte et Mes voisins les Yamada sont des avatars de mangas populaires. Gauche le violoncelliste et Le tombeau des lucioles sont des adaptations de chefs-d'œuvre littéraires japonais. Quant aux multiples séries télévisées, elles prennent leurs sources dans la littérature mondiale, d'Arsène Lupin à Heidi, en passant par Anne, la maison aux pignons verts. Même Pompoko, une des rares créations de Takahata, multiplie les références, qu'il s'agisse du Dit du Genji dans la forme narrative, de Ran de Akira Kurosawa, ou encore des personnages du mangaka Shigeru Mizuki pour les formes spectrales du défilé. Takahata choisit donc d'adapter des œuvres aussi diverses que variées, expliquant en partie une filmographie aussi riche.
Cependant, l'œuvre de Takahata, à l'instar de celle de Miyazaki, est jalonnée elle aussi de thèmes forts, marquant les préoccupations du réalisateur. Ainsi, depuis le début des années 80, les œuvres de Takahata s'ancrent toutes dans la représentation du Japon : les tribulations des habitants d'un quartier populaire à Osaka dans Kié la petite peste, la vie d'un jeune musicien dans la campagne japonaise dans Gauche le violoncelliste, les conséquences dramatiques des bombardements américains dans Le tombeau des lucioles, le Japon rural ou et celui des années 60 dans Souvenirs goutte à goutte, les légendes et traditions, mais aussi l'urbanisme tokyoïte dans Pompoko, et la vie d'une famille contemporaine moyenne dans Mes voisins les Yamada. Un premier constat semble établir une certaine nostalgie de la part de Takahata. Loin d'être passéiste, il semble cependant regretter la perte des traditions japonaises au profit d'un matérialisme certain. Ses films permettent de faire revivre des œuvres, des légendes, ou des valeurs simples, comme le sens de la famille, ou peuvent, au contraire, critiquer l'individualisme et l'égoïsme de certains de ses compatriotes.


La famille et le monde rural : deux thèmes développés dans Souvenirs goutte à goutte.
Le réalisme par la mise en scène
Isao Takahata est connu pour se documenter de manière très approfondie pour chacun de ses films : voyages sur place, lecture d’ouvrages, recherche historiques et sociologiques, vocabulaire... Ce travail se retrouve ensuite dans de multiples détails de ses films, qui donnent immédiatement un aspect réaliste à ses longs métrages. Mais le réalisateur ne se limite pas à un réalisme documentaire.
Dès Horus, prince du soleil, Takahata propose une mise en scène ambitieuse et innovante au service du réalisme. En effet à l’époque (et encore souvent aujourd’hui), la mise en scène des films d’animation se limite à construire l'espace autour du personnage central. Tout converge de manière artificielle vers ce dernier : paysages, cadres ou personnages secondaires. Dès Horus, Isao Takahata recherche quant à lui une impression de réalité par la mise en scène. Pour y parvenir, il déploie de nombreux procédés empruntés au cinéma en prise de vue réelle : le flou d’un objet au premier plan, le champs/contre-champs dans une scène de dialogue, des effets de perspective dans le décor, des travellings, des panoramiques, du hors-champs...


Toutefois, cela ne signifie pas non plus un cinéma dénué de tout onirisme, d’imaginaire ou de poésie, comme en témoignent la présence des fantômes dans Le tombeau des lucioles, l'envol de Taeko dans Souvenirs goutte à goutte, ou encore la scène du mariage dans Mes voisins les Yamada. Ces envolées poétiques sont bien souvent le reflet de l’état d'esprit du personnage et permettent, bien plus qu’un long discours, de cerner en quelques images toute sa psychologie, toute son intériorité.



De même, on remarque la volonté dans ses derniers longs métrages (Mes voisins les Yamada et Le conte de la princesse Kaguya) de tendre vers un minimalisme graphique : les décors ne deviennent plus que des esquisses : aucun détail superflu ne doit détourner l’attention du spectateur. L'animation est plus brute, tirant sa force davantage du trait parfois simplement ébauché que dans la fluidité. Il ne s’agit donc pas d’un réalisme au sens visuel du terme, mais plutôt de donner le sentiment de la réalité.


« Pour entraîner la conviction du spectateur, il est nécessaire de le placer devant des œuvres qui contiennent une forme de recherche de réalité, pas seulement sur le plan graphique, mais dans le film tout entier : sa continuité, ses enchaînements, son scénario. Déjà au moment de Horus, j’avais une vision de ce que devait être le projet de toute mise en scène, qu’il devait avoir quelque chose de brechtien : ne pas entraîner complètement le spectateur dans l’univers du récit, mais conserver et mettre en œuvre une certaine distance entre le monde décrit et le spectateur. J’ai une série de réserves vis-à-vis d’une orientation qui plonge totalement le spectateur dans la fiction : pour moi, le spectateur finit par voir le film avec un regard, un point de vue peu distant, peu lucide. Comme je travaillais dans des cadres réalistes, mes films avaient tendance à entraîner ainsi le spectateur. C’est une contradiction dont j’avais conscience depuis assez longtemps. »

Isao Takahata veut ainsi respecter l'intégrité du spectateur, stimuler son imaginaire, sans lui imposer le sien. On retrouve ici une véritable théorie sur l'animation : le cinéma d'animation permet de mettre en scène le réel sous un jour nouveau et de repousser les contraintes techniques des films en prises de vue réelle. Ainsi, derrière une apparente hétérogénéité, la filmographie de Takahata est sous-tendue par une conviction forte : seule l’animation peut concilier poésie et réalisme et gagner ainsi l’adhésion du spectateur tout en le laissant libre. Cette quête de la réalité aboutit à un cinéma ambitieux, exigeant et sans concession pour le spectateur, pour qui les œuvres de Takahata permettent tout simplement de toucher à l’essence-même de l’humain.
Sources : Isao Takahata, cinéaste en animation : modernité du dessin animé de Stéphane Le Roux - entretien donné à Buta Connection à l'occasion du Festival cinéma jeunes publics de Poitou-Charentes en 2002
Isao Takahata : Ses influences
Les influences d'Isao Takahata sont nombreuses : musicales, littéraires, cinématographiques... Elles jalonnent la filmographie du réalisateur et forment un musée imaginaire aussi riche que complexe. Voici quelques-unes des plus grandes influences de Takahata.
Kenji Miyazawa

Ce poète s’est également intéressé aux contes. Son œuvre poétique met en avant un vocabulaire folklorique, un langage simple et se révèle être une ode à la ruralité et à la spiritualité. Isao Takahata admire énormément cet auteur et ira jusqu’à l’adapter avec Gauche le violoncelliste.
« Je voulais depuis longtemps adapter un roman de Miyazawa à l’écran, mais cette chimère me sembla longtemps insaisissable, car ses œuvres se situent dans l’imaginaire nommé Ihabotu dont chaque lecteur possède une représentation personnelle. [...] Heureusement, la nouvelle Gauche le violoncelliste est un peu différente. Je me suis dit que si l’on respectait la trame de l’histoire en la modifiant légèrement, la translation cinématographique était envisageable. »
Youri Norstein

Isao Takahata a découvert le réalisateur russe au début des années 80 et écrit un essai sur Le conte des contes où il souligne la poésie de cette œuvre, au-delà de la narration, telle une « peinture en mouvement ». Dans les années 2000, Takahata invite l’artiste russe au musée Ghibli et s’occupe de la distribution de son œuvre au Japon.
« J’ai découvert en premier lieu Le hérisson dans le brouillard, qui m’a plu énormément. C’est plus tard que j’ai vu Le conte des contes, un film bien plus difficile d’approche. Le hérisson dans le brouillard est basé sur une trame narrative par laquelle le spectateur peut se laisser guider, tandis que Le conte des contes s’en affranchit ; j’ai été profondément séduit par l’image, par l’atmosphère qui se dégagent de ce film. Je n’ai pas tout compris d’emblée, mais certains passages étaient tout à fait clairs, et le tout remarquablement réussi sur le plan formel. Finalement, j’en suis arrivé à la conclusion qu’il s’agit là foncièrement d’un poème composé sous forme animée : non pas simplement un film présentant quelque chose de « poétique », sous tel ou tel aspect, mais bel et bien une forme de poésie en tant que telle, par nature. Plus je revoyais le film, et plus je le comprenais. C’est là une démarche très audacieuse. »
Paul Grimault, Jacques et Pierre Prévert

Dans le film Le petit Claus et le grand Claus, film en prise de vue réelle réalisé par Pierre Prévert, les séquences les plus violentes sont dessinées par Paul Grimault. Ces scènes, tout en permettant une mise à distance et une certaine poésie, n’éludent pas la violence. De même, dans La bergère et le ramoneur de Paul Grimault, qui a profondément marqué Hayao Miyazaki et Isao Takahata, des thèmes comme la dictature sont clairement abordés, critiqués, dénoncés, tout en conservant une mise en scène poétique et onirique forte. Takahata a lui aussi mis en scène cet engagement poétique au service du réel dans l’ensemble de ses œuvres, de l’onirisme du Le tombeau des lucioles aux haïkus de Mes voisins les Yamada, en passant par la fresque épique de Pompoko.
Frédéric Back

Si Hayao Miyazaki a été impressionné par Crac !, Isao Takahata a quant à lui été bouleversé par L’homme qui plantait des arbres, au point de traduire le livre de Jean Giono en japonais. Le thème de la nature et l’importance des arbres est une thématique qu’on retrouve plus tard dans Pompoko.
« Pour en venir à L’homme qui plantait des arbres, là aussi, le film précédent de Back, Crac !, m’avait vraiment marqué ; aujourd’hui encore, il m’apparaît comme une œuvre d’une grande importance, lourde de signification. J’ai vu ensuite L’homme qui plantait des arbres, et je pourrais tout à fait vous en faire un très long éloge ; disons, tout compliment mis à part, qu’il s’agit d’un film mettant en scène des arbres. Les hommes reviennent grâce à la renaissance de la nature. C’est un film qui n’est possible qu’en animation, qui ne peut pas être tourné en prises de vue réelles. Back a travaillé sur ce film presque totalement seul (il avait juste un assistant, peut-être), très proche en cela dans son travail du personnage du film, pour parvenir au final à susciter chez les spectateurs une très grande émotion. Je suis passionné par le personnage qu’est Frédéric Back. »
Bertolt Brecht

Bertolt Brecht prône la « distanciation », le maintien par le spectateur d’une certaine distance vis-à-vis du spectacle auquel il assiste, distance qui permet la réflexion, puis l’action (le spectateur ne doit pas être « hypnotisé par le spectacle »). Cette volonté artistique est de plus en plus présente dans l’œuvre d'Isao Takahata, qui veille à ce que le spectateur conserve toujours un regard lucide sur ce qu’il voit à l’écran, à ce qu’il reste lui-même. À ses yeux, Le tombeau des lucioles n’y parvient pas : « Le film n’a pas été perçu de cette façon, et il en ressort en premier son impact émotionnel. Je voulais que les spectateurs se demandent si les choix du jeune garçon étaient les bons. Mais le film n’est pas perçu comme ça, et il en ressort un apitoiement généralisé. ». Selon lui Souvenirs goutte à goutte, Pompoko ou Mes voisins les Yamada sont beaucoup plus aboutis et plus proches de cette conception brechtienne.
Sources : dossier de presse de Gauche le violoncelliste - catalogue du Festival cinéma jeunes publics de Poitou-Charentes (2002) - Entretien donné à Buta Connection à l'occasion de ce festival
Isao Takahata :
Filmographie et bibliographie
Filmographie
| Année | Titre | Poste occupé | Studio |
|---|---|---|---|
| 1961 | Anju to Zushiô-maru [Anju et Zushiô-maru] Film - 19/07/61 - 1 h 23 min |
Assistant mise en scène | Tôei Animation |
| 1962 | Tetsu Monogatari [L'histoire de Tetsu] Court métrage - 22/04/62 - 23 min |
Assistant mise en scène, assistant de production | Tôei Animation |
| 1963 | Wanpaku-ôji no Orochi-taiji [Le prince garnement terrasse la grande hydre] Film - 24/03/63 - 1 h 25 min |
Assistant directeur | Tôei Animation |
| Ankokugai Saidai no Kettô [Le grand duel du quartier des ténèbres] Film Live - 13/07/63 |
Assistant réalisateur | Tôei | |
| Ôkami Shônen Ken [Ken, l'enfant-loup] Série TV - 25/11/63 au 16/08/65 - 86 x 26 min |
Mise en scène (#6 (pilote), 14, 19, 24, 32, 38, 45, 51, 58, 66, 72, 80) | Tôei Animation | |
| 1965 | Hassuru Panchi [Hustle Punch / Punch, le bagarreur] Série TV - 01/11/65 au 25/04/66 - 26 x 26 min |
Mise en scène du générique du début | Tôei Animation |
| 1968 | Taiyô no Ôji : Horusu no Daibôken [Horus, prince du soleil] Film - 21/07/68 - 1 h 22 min |
Mise en scène | Tôei Animation |
| Gegege no Kitarô [Kitaro le repoussant] Série TV - 03/01/68 au 30/03/69 - 65 x 26 min |
Mise en scène (#62) | Tôei Animation | |
| 1969 | Himitsu no Akko-chan [Le secret de la petite Akko] Série TV - 09/01/69 au 26/10/70 - 94 x 26 min |
Assistant mise en scène | Tôei Animation |
| Môretsu Atarô [L'impétueux Atarô] Série TV - 02/04/69 au 25/12/70 - 90 x 26 min |
Mise en scène (#10, 14, 36, 44, 51, 59, 71, 77, 90) | Tôei Animation | |
| 1971 | Apacchi Yakyûgun [L'équipe de base-ball Apache] Série TV - 06/10/71 au 29/03/72 - 26 x 26 min |
Mise en scène (#2, 12, 17) | Tôei Animation |
| Shin Gegege no Kitarô [Kitaro le repoussant - nouvelle série] Série TV - 07/10/71 au 28/09/72 - 45 x 26 min |
Mise en scène (#5), mise en scène des génériques de début et de fin | Tôei Animation | |
| Rupan Sansei 1st. TV Shirîzu [Lupin III / Edgar de la cambriole - 1ère série] Série TV - 24/10/71 au 26/03/72 - 23 x 26 min |
Retouche mise en scène (#6, 9, 12), mise en scène (#7, 8, 10, 11, 13 à 23), avec Hayao Miyazaki | TMS / A Production |
|
| Nagakutsushita no Pippi : Sekai Ichi Tsuyoi Onna no Ko [Fifi Brindacier, la fille la plus forte du monde] Projet TV - 1971 - Projet abandonné |
Réalisateur, scénario | A Production | |
| 1972 | Panda Kopanda [Panda, petit panda] Moyen métrage - 17/12/72 - 33 min |
Mise en scène | TMS |
| Akadô Suzunosuke [Le plastron rouge de Suzunosuke] Série TV - 05/04/72 au 28/03/73 - 52 x 26 min |
Réalisateur | TMS / A Production |
|
| 1973 | Panda Kopanda : Amefuri Sâkasu no Maki [Panda, petit panda : jour de pluie au cirque] Moyen métrage - 17/03/73 - 38 min |
Mise en scène | TMS |
| Kôya no Shônen Isamu [Isamu, le petit cowboy / Willy boy] Série TV - 04/04/73 au 27/03/74 - 52 x 26 min |
Storyboard (#15, 18), mise en scène (#15) | TMS / A Production |
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| 1974 | Arupusu no Shôjo Haiji [Heidi] Série TV - 06/01/74 au 29/12/75 - 52 x 26 min |
Mise en scène | Zuiyô Enterprises |
| 1975 | Furandâsu no Inu [Un chien des Flandres] Série TV - 05/01/75 au 28/12/75 - 52 x 26 min |
Storyboard (#15) | Nippon Animation |
| 1976 | Haha wo Tazunete Sanzenri [Marco / 3 000 lieues en quête de mère] Série TV - 04/01/76 au 26/12/76 - 52 x 26 min |
Réalisateur | Nippon Animation |
| 1977 | Shîton Dôbutsuki - Kuma no Ko Jakkî [Bouba, le petit ourson] Série TV - 07/06/77 au 06/12/77 - 26 x 26 min |
Storyboard (#5, 18) | Nippon Animation |
| Arupusu no Ongaku Shôjo Netti no Fushigi na Monogatari [La merveilleuse histoire de Netty, la fillette mélomane des Alpes] Emission TV - 26/06/77 |
Storyboard, mise en scène des séquences animées | ||
| 1978 | Perînu Monogatari [L'histoire de Perrine / En famille] Série TV - 01/01/78 au 31/12/78 - 53 x 26 min |
Storyboard (#3, 6) | Nippon Animation |
| Mirai Shônen Konan [Conan, le fils du futur] Série TV - 04/04/78 au 31/10/78 - 26 x 26 min |
Storyboard (#7, 9, 10, 13, 20), mise en scène (#9, 10) | Nippon Animation | |
| 1979 | Akage no An [Anne, la maison aux pignons verts] Série TV - 07/01/79 au 30/12/79 - 50 x 26 min |
Réalisateur, scénario | Nippon Animation |
| 1981 | Jarinko Chie [Kié, la petite peste] Film - 11/04/81 - 1 h 51 min |
Réalisateur, scénario | TMS |
| Jarinko Chie [Kié, la petite peste] Série TV - 03/10/81 au 25/03/83 - 64 x 26 min |
Directeur, mélodie du générique de début, storyboard (#2, 6, 11) | TMS | |
| 1982 | Serohiki no Gôshu [Gauche le violoncelliste] Film - 23/01/82 - 1 h 3 min |
Scénario, réalisateur | Oh! Production |
| 1983 | Nimo [Nemo] 1983 - Projet abandonné |
Travaux préparatoires | TMS |
| 1984 | Kaze no Tani no Naushika [Nausicaä de la Vallée du Vent] Film - 11/03/84 - 1 h 56 min |
Producteur | Topcraft |
| 1986 | Tenkû no Shiro Rapyuta [Le château dans le ciel] Film - 02/08/86 - 2 h 4 min |
Producteur | Studio Ghibli |
| 1987 | Yanagawa Horiwari Monogatari [L'histoire du canal de Yanagawa] Documentaire - 04/87 - 2 h 45 min |
Scénario, réalisateur | Nibariki |
| 1988 | Hotaru no Haka [Le tombeau des lucioles] Film - 16/04/88 - 1 h 28 min |
Scénario, réalisateur | Studio Ghibli |
| 1989 | Majo no Takkyûbin [Kiki, la petite sorcière] Film - 27/09/89 - 1 h 52 min |
Directeur musical | Studio Ghibli |
| Akage no An: Gurîn Gêburuzu e no Michi [Anne la rousse - La route vers les pignons verts] Film - 02/90 - 1 h 40 min |
Superviseur du remontage des épisodes 1 à 6 de la série TV | Nippon Animation | |
| 1991 | Omohide Poroporo [Souvenirs goutte à goutte] Film - 20/07/91 - 1 h 58 min |
Scénario, réalisateur, paroles du générique de fin | Studio Ghibli |
| 1994 | Heisei Tanuki Gassen Ponpoko [Pompoko] Film - 16/07/94 - 1 h 58 min |
Auteur, scénario, réalisateur | Studio Ghibli |
| 1999 | Hôhokekyo Tonari no Yamada-kun [Mes voisins les Yamada] Film - 17/07/99 - 1 h 45 min |
Scénario, réalisateur | Studio Ghibli |
| 2003 | Fuyu no Hi [Jours d'hiver] Film collectif - 40 min |
Réalisateur de la séquence 28, Une nuit d'automne épuise toute une mesure d'eau | Imagica Entertainment |
| 2013 | Kaguya-hime no Monogatari [Le conte de la princesse Kaguya] Film - 23/11/2013 - 2 h 17 min |
Scénario, réalisateur | Studio Ghibli |
Bibliographie
Nous vous proposons ici une sélection d'ouvrages écrits par Isao Takahata. Malheureusement, tous les livres présentés ci-dessous sont en japonais et aucun n'a été traduit...
| Année | Titre | Objet de l'ouvrage | Rôle |
|---|---|---|---|
| 1983 | Horusu no Eizôhyôgen [Le langage visuel de Horus] Editeur : Tokuma Shoten Collection : AM JuJu |
Une présentation détaillée des enjeux et des techniques cinématographiques de Horus, prince du soleil. | Auteur |
| 1984 | Hanashi no Hanashi [Le conte des contes] Editeur : Tokuma Shoten Collection : AM JuJu |
Ouvrage consacré aux courts métrages de l'animateur russe Yuri Norstein. | Auteur |
| 1986 | Kôza Animêshon 3 : Imêji no Sekkei [Cours d'animation 3 : comment construire des images] Ouvrage collectif Editeur : Bijutsu Shuppansha |
Evocation des techniques d'animation par les deux maîtres. | Co-auteur avec Hayao Miyazaki |
| 1988 | Anime no Sekai [le monde de l'animation] Ouvrage collectif Editeur : Shinchôsha |
Co-auteur avec Hayao Miyazaki | |
| 1991 | 'Ki wo Ueta Otoko' wo Yomu [En lisant L'homme qui plantait des arbres] Editeur : Tokuma Shoten |
Ouvrage consacré au film L'homme qui plantait des arbres, du canadien Frédéric Back. Takahata a traduit en Japonais le texte de Jean Giono et signe une étude complète sur la nouvelle et le film. | Auteur |
| 1991 1999 |
Eiga wo Tsukuri Nagara Kangaeta Koto - Takahata Anime no Butai Ura [Réflexions au fil de mes réalisations - Dans les coulisses des animes de Takahata] Editeur : Tokuma Shoten |
En deux tomes, ces ouvrages compilent un très grand nombre de textes publiés par Takahata de 1956 à 1999 (notes, essais, rélexions, interviews, conversations...). | Auteur |
| 1999 | Jyu-ni Seiki no Animêshon [L'animation du 12ᵉ siècle] Editeur : Tokuma Shoten |
Ouvrage centré sur un travail d’analyse d'emakimono, aux sources de la grammaire du film d'animation. | Auteur |
Sources : filmographie établie par le Centre de recherches sur l'œuvre d'Isao Takahata et Hayao Miyazaki (parue en français dans Animeland hors-série n° 3 et enrichie par Buta Connection) - Nausicaa.net



