Anne, la maison aux pignons verts


La série Akage no An (Anne, la maison aux pignons verts) est le troisième volet du cycle de séries animées des Sekai Meisaku Gekijô, ou World Masterpiece Theater (« Les œuvres classiques du monde entier »), réalisé par Isao Takahata après Heidi et Marco / 3 000 lieues en quête de mère.
Elle est adaptée du roman Anne... la maison aux pignons verts de la canadienne Lucy Maud Montgomery. L'adaptation du réalisateur est très fidèle à l’ouvrage original publié en 1908, bien qu'il n'en adapte que le premier tome sur une série de 10. Par sa fraicheur et sa sensibilité, Anne, la maison aux pignons verts est considéré par beaucoup comme la meilleure série réalisée par Takahata.
Sources : Isao Takahata, cinéaste en animation : modernité du dessin animé de Stéphane Le Roux - The art of emotion. Il cinema d'animazione di Isao Takahata de Mario A. Rumor - Planete-jeunesse.com - micro site dédié au long métrage
Anne, la maison aux pignons verts :
Résumé de la série



Fin du XIXᵉ siècle à Avonlea, Île-du-Prince-Édouard, Canada. Anne Shirley, une orpheline aux cheveux roux et âgée de dix ans est envoyée par l'orphelinat pour aller chez vivre chez Marilla et Mathew Cuthbert, une sœur et un frère, qui habitent tous deux dans une maison appelée Les pignons verts. Quelle n'est pas la surprise de ceux-ci lorsqu'ils voient débarquer dans leur vie une fillette débordante d'énergie et à l'imagination fertile, eux qui avaient demandé qu'on leur envoie un garçon robuste pour les travaux de la ferme ! Après avoir pensé renvoyer Anne chez elle, Marilla Cuthbert finit par changer d'idée, bien qu'elle refuse d'avouer qu'elle s'est attachée à elle. Il faut dire que celle-ci a beau être tête en l'air, très volubile et plutôt fantasque, elle se montre également intelligente et affectueuse
Anne devient vite l'amie d'une voisine de son âge, Diana Barry, qu'elle surnomme son « amie intime ». En revanche, elle développe une relation conflictuelle avec Gilbert Blythe, un garçon un peu plus âgé qu'elle et qui va dans la même école. Aussi doué pour les études que Anne peut l'être, Gilbert a eu l'outrecuidance d’appeler notre héroïne « Carotte », sobriquet que celle-ci ne peut supporter étant donné qu'elle est très complexée par la couleur de ses cheveux. Après lui avoir cassé une ardoise sur la tête, Anne décide de ne plus jamais lui adresser la parole. Elle finira plus tard par revenir sur sa décision... En attendant de nombreuses péripéties l'attendent car pour faire des bêtises, elle n'est jamais à court d'idées !
Anne, la maison aux pignons verts :
Analyse
Dans le texte de Lucy Maud Montgomery, Isao Takahata ne lit pas seulement un roman d’initiation mais aussi un roman humoristique car y sont confrontés des points de vue totalement différents. Les spectateurs qui s’identifieront à Anne ou à ses parents d’adoption verront la série de manière différente. L’idée du réalisateur fut de conserver cette multiplicité de point de vue et de laisser au spectateur choisir celui qui sera le sien.
Comme pour les séries précédentes, Takahata exige un réalisme quasi documentaire dans la représentation du cadre extérieur. Pour cela, il profite d'une pause sur la série Conan, le fils du futur pour effectuer avec son équipe un voyage sur l'Île-du-Prince-Édouard. Mais surtout, Takahata pousse encore plus loin sa recherche de réalisme dans les comportements humains, en représentant l'intériorité de l'héroïne par le biais des souvenirs, de l'imagination ou du rêve. En cela, le caractère fantasque et rêveur de l'héroïne du roman de Lucy Maud Montgomey se prête particulièrement bien à l'intrusion de l'imaginaire dans un contexte réaliste. Une autre preuve de l'attention particulière portée par Takahata sur le réalisme est la transformation progressive de l'héroïne et de ses amis, au fil des épisodes, de fillettes en jeunes femmes. C'est tellement réussi car cela passe quasiment inaperçu : il faut des flashbacks sur les premiers épisodes pour mesurer changement de physionomie et d'expression.
Anne, la maison aux pignons verts :
Création de la série
Avec Anne, la maison aux pignons verts, Isao Takahata conclut avec brio sa trilogie de séries animées du cycle World Masterpiece Theatre, de même que sa collaboration avec Nippon Animation. En plus de la direction de la série, le réalisateur réussit à s'occuper personnellement du storyboard et du script sur plusieurs épisodes.
La série marque aussi la séparation des chemins entre Isao Takahata et Hayao Miyazaki. En 1976, la production de Marco / 3 000 lieues en quête de mère avait été extrêmement éprouvante pour l’équipe. Durant 52 épisodes repartis sur une année de diffusion, on y suivait le long calvaire du jeune Marco qui essayait de retrouver sa mère partie travailler en Amérique du Sud. Et contrairement à la série Heidi, où il y avait une joie de vivre évidente dans le personnage principal à travailler, l’atmosphère de travail du studio s’en était ressentie.
Après cette année de travail extrêmement éprouvante pour l’équipe, lorsque se lance la production de Anne, Miyazaki vient lui de gouter à la réalisation avec sa série Conan, le fils du futur. Il accepte à nouveau de travailler au layout et à la conception scénique. Mais au bout du 15ᵉ épisode, il passera la main à Michiyo Sakurai (Le château dans le ciel, Le tombeau des lucioles) et quittera la production pour réaliser Le château de Cagliostro, son premier long métrage. Takahata ne pourra pas le retenir. Tout au long de leur collaboration, Miyazaki a toujours voulu proposer énormément de chose et Takahata a toujours tenté de tenir compte de ses propositions et de les intégrer à sa mise en scène. Mais sur cette série, ses propositions ne fonctionnent pas. Ce personnage de jeune orpheline à l’imagination pourtant débordante n’est pas un personnage de Miyazaki.
Yôichi Kotabe est lui remplacé à l'improviste par le jeune et talentueux animateur Yoshifumi Kondô aux postes de character designer et directeur de l'animation. C'est donc à lui que l'on doit le style gracieux et poétique, avec ses visages et ses yeux expressifs, qui deviendront la griffe stylistique des personnages des futurs travaux de Miyazaki et Takahata, et plus généralement du studio Ghibli.
Le projet de série de films

En 1989, Nippon Animation propose à Isao Takahata de superviser un remontage des épisodes en une série de 6 longs métrages pour le cinéma. En réalité, un seul verra le jour, intitulé Akage no An: Gurîn Gêburuzu e no Michi (Anne la rousse - La route vers les pignons verts). Cet unique film couvre seulement les 6 premiers épisodes de la série.
Il ne sera exploité en salles qu’un an plus tard, entre février et mars puis juillet et août 1990, et de façon très confidentielle. Il faudra ensuite attendre 20 ans pour que musée Ghibli le distribue et que le public puisse le découvre à nouveau au cinéma. Il sort le 17 juillet 2010 (le même jour qu’Arrietty, le petit monde des chapardeurs) dans une salle unique, étendu ensuite à un circuit très réduit de 5 salles à travers le Japon. Il est ensuite exploité en vidéo en novembre de la même année dans la collection de DVD/Blu-ray du musée Ghibli.
La série en France

La série Anne, la maison aux pignons verts a longtemps été inédite en France. Elle ne sera éditée en vidéo qu’en 2008, flanquée d’un unique doublage canadien.
Anne, la maison aux pignons verts :
Fiche technique

L'affiche du film, remontage des 6 premiers épisodes de la série, distribué par le musée Ghibli en 2010.
Crédits série TV
| Titre | 赤毛のアン (Akage no An) Anne of Green Gables / Anne, la maison aux pignons verts (Alternatif : Anne aux pignons verts) |
|---|---|
| Année de création | 1979 |
| Œuvre originale | Anne of Green Gables de Lucy Maud Montgomery |
| Scénario | Isao Takahata |
| Réalisation | Isao Takahata, Shigeo Koshi (#43 et 47) |
| Layout et conception scénique | Hayao Miyazaki (#1 à 15), Michiyo Sakurai (#16 à 50) |
| Directeur artistique | Masahiro Ioka |
| Character design | Yoshifumi Kondô |
| Directeur de l'animation | Yoshifumi Kondô |
| Musique | Akira Miyoshi, Kurodo Mori |
| Producteur exécutif | Kôichi Motohashi |
| Production | Nippon Animation |
Quelques chiffres
| Nombre d'épisodes | 50 épisodes de 26 minutes |
| Dates de diffusion au Japon | Du 7 janvier au 30 décembre 1979 |
Crédits long métrage
| Titre | 赤毛のアン グリーンゲーブルズへの道 (Akage no An: Gurîn Gêburuzu e no Michi) Anne la rousse / Anne, la maison aux pignons verts - La route vers les pignons verts |
|---|---|
| Durée du film | 1 heure 40 minutes |
| Date de sortie du film au Japon | Février 1990 |



