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Le Royaume des chats

Ce jour-là, tout va mal pour la jeune Haru. Parce qu'elle ne s'est pas réveillée, elle arrive en retard au lycée. Ensuite, parce qu'elle se fait humilier devant Machida, le garçon dont elle est secrètement amoureuse... Mais sur le chemin du retour, elle sauve la vie d'un chat qui manque de se faire écraser par un camion. Il s'agit en fait du prince du Royaume des chats ! Les chats ont désormais une dette envers Haru. Ils la comblent de cadeaux et l'invitent dans leur Royaume. Là, elle devra épouser le prince Loon. Mais le veut-elle vraiment ?

Neko no Ongaeshi (Le Royaume des chats, plus littéralement La dette des chats) a eu le redoutable honneur de succéder au Voyage de Chihiro. Pour sa première réalisation, Hiroyuki Morita signe un film frais et divertissant et fait espérer une relève de qualité au sein du studio Ghibli.

Film conseillé à partir de 4 ans (voir guide des parents)


Sources : documentaire Le Royaume des chats : L’histoire de la naissance - dossier de presse français du film - Animeland n° 83 (juillet 2002) et n° 94 (septembre 2003)


Le Royaume des chats : Résumé détaillé

« Si un jour vous rencontrez une situation étrange et compliquée, venez nous voir. Dans notre pays… »

Haru, jeune fille de 17 ans maladroite et peu affirmée, se réveille. Elle est, comme à son habitude, en retard pour ses cours. Sur le chemin du lycée, une multitude d'événements la ralentit dans sa course. Malgré ses efforts, elle arrive quand même en retard et, bien sûr, elle est la risée de toute sa classe.

À la sortie des cours, Haru et son amie Hiromi discutent des garçons qui leur plaisent. Elles croisent un chat sorti d'une boutique et tenant dans sa gueule un petit paquet cadeau. Intriguées, les deux filles l'observent traverser la chaussée d'une rue très empruntée. Mais au beau milieu de la voie, le chat laisse échapper son butin et n'arrive plus à s'en saisir.

Haru est inquiète et quand elle voit un camion arrivant dans la direction de l'animal, elle arrache la raquette des mains de son amie et traverse la rue en courant afin de sauver le chat. Elle le réceptionne in extremis dans la raquette et atterrit dans les arbustes du trottoir voisin.

Mais, dans l'action, elle a involontairement cassé l'instrument. Quelle ne fut pas sa surprise, une fois ses esprits retrouvés, de voir le chat se dresser sur ses pattes et la remercier de vive voix ! Haru n'en croit ni ses yeux ni ses oreilles.

De retour chez elle, Haru, pensive, demande naïvement à sa mère si les chats savent parler. Très amusée, cette dernière lui rappelle une anecdote d'enfance : alors qu'elle rentrait de l'école et grignotait des biscuits en forme de poisson, elle s'aperçut qu'elle était suivie par une jeune petite chatte blanche. Celle-ci semblait affamée, et elle accepta volontiers les biscuits que Haru lui proposa. À sa mère intriguée qui la questionnait sur ce quelle faisait, Haru répondit qu'elle discutait avec ce chaton et qu'il lui avait avoué « qu'il était difficile de vivre sur terre ».

Un peu plus tard dans la soirée Haru s'endort dans son lit mais elle est vite réveillée par les feulements des chats du voisinage. Au loin, on peut voir danser d'étranges lumières descendant la rue en direction de la maison de la jeune fille. Haru sort pour découvrir ce qu'il se passe. Elle est en même temps intriguée et apeurée par ce qu'elle voit : un défilé de chats dressés sur leurs pattes venant lui rendre hommage.

Il s'agit d'un cortège qui accompagne le roi des chats. Elle apprend en fait que le chat qu'elle avait sauvé n'était autre que le prince Loon, fils du roi des chats. En récompense de cet acte de bravoure, elle se voit promettre des grands moments de bonheur et reçoit un manuscrit écrit dans une langue très imagée : celle du Royaume des chats.

Le lendemain, Haru se réveille croyant avoir fait un rêve bien étrange. Hiromi l'appelle au téléphone : elle vient de découvrir sur son balcon des centaines de raquettes. Elle pense qu'il s'agit d'un cadeau de son amie pour avoir cassé la sienne le jour précédent, mais il n'en est rien.

En partant à l'école, Haru aperçoit dans son jardin que de l'herbe à chat a recouvert toute sa pelouse ! Ensuite, tout au long du chemin, elle est poursuivie par une meute de chats jusqu'à l'intérieur du lycée. Enfin pour ajouter encore à la panique de la jeune fille, lorsqu'elle ouvre son casier pour récupérer ses affaires, des dizaines de petites boîtes tombent libérant des souris !

À l'heure du déjeuner, tout semble être rentré dans l'ordre. Haru se rend compte qu'elle n'a pas rêvé en ouvrant le manuscrit qui lui a été offert hier. Alors qu'elle tente de le déchiffrer, elle est interrompue par Hiromi qui a un service à lui demander : prendre sa place pour le ménage de la classe afin de pouvoir assister au match de ping-pong du garçon qu'elle affectionne. Haru accepte.

En allant vider les ordures elle aperçoit Mashida, le garçon qu'elle aime en secret, accompagnée de sa petite amie. Troublée, elle trébuche et se fait mal.

Alors qu'elle se reproche ses maladresses et se lamente sur son sort, une voix l'interpelle. Il s'agit d'un domestique du Royaume des chats. Il est venu lui demander si ses cadeaux lui ont plu mais Haru, très énervée, lui impute sa situation et ses problèmes. Le messager du roi, inquièt de ne pas avoir contenté Haru, l'invite au Royaume des chats afin de prendre pour époux Loon, le prince qu'elle a sauvé la veille. La surprise passée, Haru se prend à rêver du mode de vie des chats : aucun souci, dormir et ne rien faire à longueur de journée. Le messager considérant que Haru accepte, s'en va en précisant qu'il viendra la chercher le soir même.

Seule, Haru s'aperçoit des sottises qu'elle vient de dire : se marier avec un chat... Mais quelle horreur ! Elle est d'autant plus inquiète qu'elle sait que les chats tiennent leur promesse. C'est alors qu'une autre voix l'interpelle et lui dit qu'elle pourra trouver de l'aide au Bureau des chats. Un grand chat blanc, se trouvant à la rue de la croix, l'y conduira.

Haru se met en quête de l'animal et le trouve finalement assis sur la chaise d'une terrasse. Elle croit un moment s'être trompée de chat mais celui-ci lui demande de le suivre.

Il l'emmène à travers les ruelles et sur les toits avant de se retrouver sur une place pavée entourée de maisons de taille réduite. Dans l'une d'elle, elle remarque une poupée chat à travers la vitre. Alors que le soleil se couche, les rayons du soleil semblent se concentrer sur cette icône et ses yeux brillent d'une manière extraordinaire : il semble prendre vie !

Après s'être présenté à Haru comme étant « le Baron », il lui présente Toto son ami corbeau et Muta, le gros chat blanc qui l'a menée jusqu'ici.

Le Baron invite Haru chez lui à boire une tasse de thé. La jeune fille s'émerveille de la décoration de la maison. À la demande du Baron, Haru raconte son histoire. Muta explique alors que le Royaume des chats est le lieu où vont ceux qui ne s'affirment pas. À ces mots, le Baron propose de se rendre dans ce lieu qu'il ne connaît pas et d'y emmener Haru. Muta accepte en ronchonnant de les accompagner pour protéger la jeune fille.

Soudain, la maison est envahie par une multitude de chats et Haru est enlevée pour être emmenée comme promis dans le Royaume. Muta se lance à leur poursuite et parvient à accompagner Haru. Le Baron et Toto n'ont pas pu emprunter tous les passages magiques créés par les chats pour s'enfuir vers leur Royaume. Mais ils parviennent néanmoins à suivre leurs traces et arrivent incognito.

Alors qu'Haru se réveille le dos endolori, elle décide de s'allonger quelques minutes dans l'herbe pour se délasser, malgré les avertissements de Muta. Une belle chatte blanche les supplie de s'en aller. Mais un cortège du roi vient chercher Haru qui ne se méfie pas et décide, par politesse, d'aller saluer le roi avant de repartir vers son monde.

Entraînée par les dames du château, Haru enfile une superbe robe. Le roi qui entre dans la loge la trouve ravissante. Mais Haru tente de lui expliquer qu'elle ne peut pas se marier avec le prince Loon car c'est un chat. Ce curieux prétexte fait sourire le roi : à son plus grand effroi, Haru est déjà en train de se transformer en chatte ! Pour ne rien arranger, elle découvre que Muta, par gourmandise, s'est noyé, prisonnier d'une immense jarre de gelée d'herbe à chat.

C'est en pleurs qu'elle rejoint le festin préparé en son honneur. Le roi, voyant sa future bru dans cet état, tente de la distraire avec des spectacles de cirque plus ridicules les uns que les autres. Un charmant chat masqué se présente alors et propose de distraire Haru en la faisant danser. Entraîner dans le tourbillon de la valse, Haru commence à se sentir bien et se dit qu'après tout, elle pourrait rester ici. Mais son élégant partenaire n'est autre que le Baron qui la supplie de ne pas perdre son identité.

Hurlant de joie, Haru se reprend enfin et nos deux compagnons s'enfuient avec l'aide de Neige, la belle chatte blanche qui avait supplié Haru de quitter le Royaume. Ils sont rejoints par Muta qui s'est libéré de la jarre et a héroïquement retenu la garde royale.

Mais les trois fuyards doivent traverser un labyrinthe avant de pouvoir sortir du Royaume des chats. Poursuivis et temporairement trompés par la garde royale qui place de faux murs dans le labyrinthe afin de les empêcher d'accéder à la tour, porte de sortie du Royaume, ils perdent un précieux temps. Quand ils parviennent enfin à sortir du labyrinthe et commencent à escalader la tour, le roi des chats, furieux et décidé d'empêcher sa future bru et ses amis de s'enfuir, fait exploser l'édifice.

Après l'explosion, la tour est descendue de moitié, les fuyards se retrouvant de nouveau au rez-de-chaussée ! Sans l'intervention du prince Loon venu à point nommé, ils auraient été capturés.

Comprenant que l'on allait le marier à Haru, Loon décide alors de révéler sa flamme pour Neige. Il lui offre en cadeau le petit paquet qui avait failli causer sa perte au début de l'histoire. Il s'agit d'une boîte contenant des biscuits en forme de poissons ; ces mêmes biscuits que Haru avait offerts au chaton affamé. Haru réalise alors que Blanche est le bébé chat qu'elle avait sauvé étant plus jeune.

Entêté, le roi des chats décide de prendre pour épouse Haru, son fils ayant choisi quelqu'un d'autre. Mais Haru le traite d'égoïste pervers. Elle s'enfuit en haut de la tour grâce à Muta qui pour faire diversion dévoile sa véritable identité : Renaldo Moon ! La légende de Renaldo Moon est effrayante. Il s'agit d'un chat mythique dont les crimes sont relatés sur une fresque sur un mur de la tour : dans un lointain passé, un légendaire chat blanc gigantesque avait tout dévoré au Royaume des chats, avalant même tous les poissons des lacs environnants ! La garde royale prise de panique s'enfuit devant ce monstre revenu des temps anciens...

Pendant ce temps, Haru découvre au sommet de la tour le passage qui la conduira dans son vrai monde. Une fois le passage franchi elle commence à reprendre son apparence de jeune fille. Mais avec l'écroulement de la tour, la sortie du Royaume des chats a été modifiée et se trouve maintenant haut dans le ciel. Malgré les efforts de Muta pour la retenir Haru tombe dans le vide.

Paniquée, elle agrippe Muta et commence sa chute vertigineuse. Elle est rejointe par le Baron qui lui demande de reprendre confiance et d'ouvrir les yeux. Alors qu'elle regarde le paysage se rapprocher dangereusement elle est surprise de voir un énorme nuage noir s'approchant à très grande vitesse. Il s'agit en fait d'un nuage de corbeaux composés des amis de Toto qui sont venus pour la sauver. Haru est freinée dans sa chute puis marche sur chacun d'eux avant d'arriver sur le toit d'un immeuble.

Elle remercie de tout cœur ses nouveaux amis de l'avoir sauvée avant d'avouer son amour pour le Baron. Ce dernier l'invite à le retrouver si elle a encore des problèmes.

Le matin, la mère d'Haru n'en revient pas de voir sa fille levée, habillée, ayant fait du thé et préparé le petit déjeuner, un dimanche ! Elle a en fait rendez-vous avec Hiromi pour aller au cinéma. Hiromi semble également étonnée par l'attitude sereine et détachée de Haru, bien qu'elle l'ait informée que le garçon qu'elle affectionne est désormais célibataire. Haru semble avoir grandie faisant preuve d'une maturité et une sérénité qu'elle n'avait jamais eues jusque là.


Le Royaume des chats : Personnages

Haru Yoshioka

Haru a 17 ans, elle ressemble à toutes les lycéennes de son âge. C'est une jeune fille gaie, spontanée, mais un peu indécise. Au lieu d'imposer sa propre opinion, elle a tendance à suivre l'avis des autres afin d'éviter tout conflit. Ne sachant encore pas trop ce qu'elle est et ce qu'elle désire, elle est très fortement influençable. Son expérience dans le Royaume des chats lui permet de comprendre enfin qui elle est et ce qu'elle veut.

Le réalisateur Hiroyuki Morita décrit longuement le personnage de Haru dans sa note d'intention :

« [...] La vie de notre héroïne, Haru Yoshioka, est loin d'être construite. C'est une jeune fille de 17 ans ordinaire. Elle a tendance à se ranger à l'opinion des autres afin d'éviter tout conflit. Elle est lycéenne, et bien des choses manquent encore à son existence.

Lorsqu'elle se voit proposer d'accéder au Royaume des chats, elle se dit : « Après tout, pourquoi pas ? C'est peut-être le paradis. » Ces paroles sont-elles vraiment dignes d'une adolescente ? On peut se demander si c'est une paresseuse ou une fille vraiment désespérée.

En fait, elle n'est ni l'une, ni l'autre. Haru réfléchit à toutes sortes de choses. Comme beaucoup de gens, elle cherche ce qui lui plairait vraiment, elle voudrait avoir une vie qui lui permette de s'épanouir. Et puis, elle redoute d'entrer dans le moule, de se fondre dans la masse. Plutôt que dans les apparences, la véritable clé du bonheur réside peut-être dans son propre cœur, qui lui souffle : « Le Royaume des chats ? Après tout, pourquoi pas ? »

À première vue, les expériences que traverse Haru - danser, se battre, traverser le labyrinthe - paraissent futiles. Mais trouver sa propre voie est à la fois aussi difficile et aussi simple que cela. Il est inutile de s'enfermer dans sa chambre en espérant acquérir de l'assurance par miracle... Ça ne se fait pas tout seul. Haru a peut-être finalement raison de se dire : « Après tout, pourquoi pas ? »

Il est important d'aimer quelqu'un, mais nous ne sommes pas sur Terre uniquement pour cela. Il faut faire des efforts pour progresser dans le travail, les études. Tout le monde ne peut pas devenir important, mais tout le monde peut devenir heureux. L'expérience d'Haru lui montre le chemin vers elle-même, loin des idées toutes faites et des fausses valeurs [...] »

Baron Humbert Von Gikkingen

Dans le monde des humains, le Baron a l'apparence d'un jouet posé derrière les vitres d'une maison de poupées. Mais en réalité, il dirige le Bureau de la Terre, le « Bureau des chats », chargé de résoudre toutes sortes d'étranges problèmes. Il est l'un des derniers descendants d'une famille noble très renommée.

Gentleman élégant, d'une grande culture, il porte un chapeau haut-de-forme et est muni d'une canne. Il manie le sabre à la perfection mais avant tout, il sait deviner les sentiments d'une femme soucieuse et est toujours prêt à voler au secours d'une jeune fille en détresse. Par son statut d'aristocrate, il lui arrive d'être en décalage avec la réalité, mais ses amis Muta et Toto sont là pour l'aider.

Muta / Renaldo Moon

Muta est un ami du Baron. Au Royaume des chats, c'est un célèbre voleur en fuite. Gros matou aux multiples visages, il rôde dans tous les coins de la ville et est partout à la fois. Il est grincheux, mais ne s'oppose pas au Baron, étant moins intelligent que lui. Il est également réputé pour sa gloutonnerie sans limite, lui valant une réputation de monstre !

Parfois irresponsable, il est cependant souvent très utile car il connaît mieux la vie que le naïf Baron. Il provoque le corbeau Toto régulièrement, un peu jaloux de le voir voler librement et avoir de nombreux amis. Derrière ses bougonneries, se cache en fait un matou au grand cœur, fidèle à ses amis en toute circonstance.

Toto

Ami du Baron et membre du Bureau des chats, Toto le corbeau tient le Baron en haute estime et est ravi de lui servir de moyen de transport. Plus simple et plus courageux que Muta, il peut toutefois se montrer agressif et irascible.

Il lui arrive d'être déstabilisé par Muta, avec qui il se dispute en permanence. Plutôt que de se chamailler interminablement, il préfère passer à l'action.

Le prince Loon

Dans le monde des humains, Loon manque d'être écrasé par un camion. Haru, qui passait là par hasard, lui sauve la vie. Il est le noble prince du Royaume des chats, fils du roi des chats. Il a beaucoup appris par lui-même, son père capricieux constituant pour lui un mauvais exemple.

Il est amoureux de Neige, une chatte que Haru avait également sauvée quelques années auparavant, et qu'il a l'intention d'épouser.

Neige (Yuki)

Neige est servante au palais. Elle est secrètement la promise du prince Loon. Apprenant les difficultés de Haru, elle lui conseille de demander l'aide du Bureau des chats. Elle est, en quelque sorte, la voix intérieure de Haru et son guide.

Petite, Haru avait donné des biscuits en forme de poisson à cette chatte blanche.

Natoru et Natori

Natoru est le serviteur du roi des chats qui vient chercher Haru pour l'emmener au Royaume des chats. C'est un chat Scottish Fold orange aux deux oreilles marron, toujours souriant et aux yeux fermés.
Natori est le très fidèle conseiller du roi des chats.

Le roi des chats

Capricieux et égoïste, le roi des chats détient le pouvoir suprême. Par pur caprice, il décide de kidnapper Haru. En mariant son fils unique chéri à cette fille débordante de bonté, il pense faire leur bonheur mutuel. Une fois sa décision prise, il ne peut se résoudre à renoncer et s'y accroche de toutes ses forces. Lorsque Loon lui fait part de son intention d'épouser quelqu'un d'autre, il veut alors que Haru devienne sa propre femme. Sous une allure sympathique, il s'avère être un égocentrique insupportable, un personnage cynique capable de mettre en danger la vie des autres afin que ses désirs soient comblés, un véritable tyran en somme.

Hiromi

Hiromi est la meilleure amie de Haru. Elles sont scolarisées dans la même école et sont dans la même classe. Leur personnalité semble à l’opposée. Alors que Haru est maladroite, Hiromi semble plus franche, confiante et extravertie, et n'a aucun scrupule à exprimer son opinion.

Naoko Yoshioka

Naoko Yoshioka est la mère de Haru. Couturière à domicile, elle a élevée seule sa fille et leur relation ressemble plus à celle de deux amis plutôt qu'à celle d’une mère et sa fille. Elle n’arrive pas corriger la mauvaise habitude de se lever tard de Haru.


Le Royaume des chats : Analyse

Le Royaume des chats est une sorte d'ovni dans la production du studio Ghibli, comme a pu l'être, dans un tout autre style, le téléfilm Tu peux entendre la mer. Cette œuvre est la première réalisation de Hiroyuki Morita et montre la volonté de Ghibli de parier sur la prochaine génération d'animateurs et de réalisateurs travaillant au studio. Cette relève ne se substituera évidemment pas à Isao Takahata et à Hayao Miyazaki, tous deux étant uniques et irremplaçables. Pourtant, après le triomphe du Voyage de Chihiro, tout le monde attendait la succession avec impatience. Le choix de Morita a alors été net et perspicace. En ne jouant pas dans la même cour que ses deux mentors, le réalisateur a fait de son film une œuvre qui évite la comparaison facile. Comme l'héroïne du film, Morita a compris qu'il devait être lui-même.

Un hommage à l'animation américaine ?

Beaucoup de critiques avaient vu dans le Voyage de Chihiro une référence certaine aux œuvres phares de l'écrivain anglais Lewis Caroll, Alice au Pays des Merveilles et De l'autre côté du miroir. L'histoire d'une petite fille en quête d'identité dans un pays à la fois étrange et merveilleux. Hayao Miyazaki s'est pourtant toujours défendu d'une inspiration directe des deux ouvrages et ne voyait au mieux qu'une influence inconsciente. En revanche, la comparaison paraît particulièrement pertinente si l'on compare Le Royaume des chats et l'œuvre de Caroll, ou tout du moins, l'adaptation fort réussie de Disney.

Ainsi, comme Alice, Haru est une petite fille tête-en-l'air, peu attentive aux cours et, surtout une douce rêveuse. Elle pénètre dans un monde étrange grâce à un tiers personnage, ici le roi qui désire voir la jeune fille à ses côtés, ce qui évoque évidemment le monde d'Alice.

La tyrannique reine de cœur est remplacé par l'inquiétant roi des chats. Comme son illustre « ancêtre », il prend un malin plaisir à humilier ses proches, à se faire obéir sans condition et à faire tuer le moindre courtisan lui déplaisant. La vie semble être pour lui une grande partie de cricket, s'amusant de la fuite de Haru et du Baron à l'idée de devoir les pourchasser, faisant sauter sans remords une immense tour sans en mesurer les risques... Bref l'archétype même du roi tyrannique et sans morale, très loin de l'univers de Miyazaki et de Takahata et en revanche, bien plus proche de l'adaptation d'Alice au Pays des Merveilles par Disney.

Plus généralement, comme dans les Disney, la longueur du film est un de ses principaux atouts : on n'a pas le temps de s'ennuyer, les péripéties se succédant à un rythme soutenu. Aucun moment contemplatif, comme chez Miyazaki ou Takahata, n'est réellement mis en place. Hiroyuki Morita opte également parfois pour une mise en scène assez conventionnelle pour un dessin animé, fort éloignée de la production habituelle d'un Ghibli, qui s'inspire plus des films en prise de vue réelle. Ainsi lorsque le roi, lors d'un banquet, décide de jeter toute personne qui ne l'amusera pas par la fenêtre on pense immédiatement au ressort classique des films d'animation américains ou aux cartoons, le dernier en date étant Kuzco, l'empereur mégalo. Morita prend un parti pris résolument comique avec ce running gag, dans lequel le spectateur ne voit aucune violence directe et encore moins la mort de la pauvre victime, mais un vol plané risible et drolatique.

Morita semble également volontairement choisir la voie de la caricature quant aux caractères de ses personnages. Muta symbolise le personnage renfrogné, mais toujours sarcastique et courageux, le Baron incarne le parfait gentleman, presque insipide par sa perfection, le valet du roi est forcément obséquieux et la jeune Neige est un modèle de gentillesse et de bonté. Peu de nuances donc dans ses personnages, ce que l'on peut parfois regretter pour un Ghibli, mais qui place cette œuvre dans une grande tradition d'animation « à la Disney ».

Une réalisation trop timide ?

Il faut reconnaître que le film de Hiroyuki Morita ne peut complètement combler les attentes d'un fan du studio Ghibli, s'attendant à une suite de Si tu tends l'oreille. Le character design des personnages, assez shôjo manga, peut par exemple choquer le spectateur, de même que l'apparent manque de volume dû à un travail d'ombrage réduit au minimum.

De plus, ce qui s'apparente par sa longueur à un moyen métrage n'a pas (encore) l'ambition artistique et thématique d'un Miyazaki ou d'un Takahata. Du Royaume de chats ne ressort pas de thématique forte si ce n'est celle, banale, de la quête d'identité chez une adolescente. Dans un même temps, malgré un scénario dense et riche, la durée inhabituellement courte du film ne permet pas à Morita de laisser place à des scènes contemplatives ou de développer les personnages secondaires. On regrette notamment de ne pas en savoir plus sur le Baron et Muta ou encore sur la vie dans le Royaume des chats.

La mise en scène est une des faiblesse du film. Classique, elle ne prend par exemple pas la peine de préparer le spectateur à l'apparition du merveilleux, comme l'a si bien fait Hayao Miyazaki dans Mon voisin Totoro. En quelques minutes, Haru est propulsée dans le Royaume des chats et en ressort tout aussi rapidement, ce qui frustre un peu le spectateur.

À vouloir réaliser un film léger et sans prétention, Morita s'est révélé trop souvent timoré dans ses choix de mise en scène, comme s'il avait eu peur de trop en faire. Le film laisse l'impression que, s'il est resté lui-même, Morita n'est pas encore parvenu à se libérer et s'affirmer complètement.

Des scènes abouties

De nombreuses critiques ont vu dans le film de Hiroyuki Morita une œuvre imparfaite, voire incomplète ; une première œuvre sympathique, mais peu inspirée pour un film issu du studio Ghibli. Si l'on peut regretter la durée moyenne du film, force est pourtant de constater que Morita a réalisé des scènes d'une beauté rare pour une production animée.

Ainsi, le défilé des chats, en plein milieu de la nuit, est une des scènes fortes de ce film et montre la maîtrise scénique du jeune réalisateur. La musique étrange qui perce l'obscurité et les lumières dansantes et lointaines intriguent immédiatement le spectateur et le plonge dans une contemplation muette de la scène qui se déroule sous ses yeux.

La bonne idée de Morita est alors de représenter un défilé royal japonais tout à fait traditionnel mais où des chats prennent la place des humains. On reconnaît et identifie donc immédiatement la scène, avec des serviteurs, des courtisans, un sage conseiller, le valet et l'empereur, mais on s'émerveille et l'on s'amuse de cette transposition dans le monde animalier. La touche d'humour de cette scène est bien évidemment la protection du roi par des chats dont la robe évoque des costards de gardes du corps. Ce court instant plonge le spectateur dans le même état d'hébètement que Haru, sans toutefois le dépayser complètement, ce qui est un équilibre difficile à atteindre pour un metteur en scène.

Une autre scène remarquable est bien évidemment la chute dans les airs de Haru, du Baron et de Muta dans les airs. On assiste ici à une scène qui peut largement être comparée aux scènes de vol les plus réussies de Hayao Miyazaki. La presque absence de musique et le son du vent qui fouette les visages et les vêtements, cette impression à la fois de chute et d'apesanteur est un véritable moment de magie.

Comme Haru, le spectateur ressent tout d'abord une impression d'angoisse devant tant de vide et de vitesse. Puis peu à peu, comme elle, il se laisse envahir par une sorte de sérénité devant la beauté du paysage qui s'offre à nos yeux. Ce changement de rythme dans la chute ne provoque donc aucune peur réelle, on reste dans ce monde fantastique où tout est possible. Le spectateur n'est donc pas étonné qu'une nuée de corbeaux arrive à la rescousse de nos héros et forme un gigantesque escalier qu'Haru descend sans aucun problème. Morita maîtrise de bout en bout cette scène et l'on ne peut qu'être admiratif devant une telle réussite.

Au final, Le Royaume des chats est un film qui ouvre peut-être une nouvelle ère au studio Ghibli. Les qualités certaines de ce premier joli long métrage et le succès remporté au Japon auraient pu présager une suite de carrière prometteuse. Tout en réalisant un film radicalement différent des précédentes productions, Hiroyuki Morita a su préserver les captivantes scènes d'actions et l'humanisme touchant qui caractérisent les films du studio. Cette aventure féerique n'est peut-être pas aussi ambitieuse, inspirée et profonde que Le Voyage de Chihiro, mais elle ravira petits et grands. N'est-ce pas ce qu'on attend d'un divertissement ?


Le Royaume des chats : Production

Le projet

En 1999, un parc de loisirs demande au studio Ghibli de réaliser un film de 20 minutes autour d'un thème : les chats. Hayao Miyazaki est très vite intéressé par le projet et impose une condition, celle de reprendre des personnages de Si tu tends l'oreille, comme Muta et le Baron. Cette nouvelle aventure pour le réalisateur correspond à son désir de créer un nouveau film d'aventures fantastiques, après l'immense succès national et international du Voyage de Chihiro. Il souhaite un film dans la veine de Si tu tends l'oreille, le long métrage d'animation du regretté Yoshifumi Kondô qui connut un grand succès en 1995. Il demande donc à l'auteur du manga ayant inspiré ce film, Aoi Hiiragi, d'écrire une nouvelle histoire servant de base à un projet de court métrage.

le Baron et Muta dans Si tu tends l'oreille.

En reprenant des éléments de Si tu tends l'oreille - le Baron, Muta, et le Bureau de la Terre - Aoi Hiiragi crée une nouvelle bande dessinée intitulée Le chat Baron. Ce manga étant pour ainsi dire une œuvre de commande, il n'a pas été édité sous le label Shûeisha, comme ce fut le cas pour Si tu tends l'oreille, mais sous celui de Tokuma Publishing (dont le studio Ghibli est une filiale) par le biais d'Animage Comics Special intitulé : Baron - Neko no Danshaku (Le chat Baron) et daté de mai 2002. Malheureusement l'histoire qu'elle a développée est beaucoup plus longue que ce qui est prévu à l'origine. De plus, le parc de loisirs ayant passé la commande retire sa demande suite à des problèmes économiques. Cependant, le projet ayant été adopté, le studio confirme le choix d'adapter l'œuvre d'Hiiragi pour un moyen métrage de 45 minutes en vue d'une sortie vidéo, voulant éviter une trop grande pression sur les épaules du futur réalisateur du Royaume des chats.

En effet, Miyazaki monte le projet avec pour objectif de donner une chance à de jeunes cinéastes. Il a déjà mis en place des cours de mise en scène au sein du studio pour trouver un successeur, mais aucun talent n'émerge dans l'immédiat. Isao Takahata se souvient alors du jeune Hiroyuki Morita, un jeune collaborateur du studio Ghibli. Il avait remarqué chez lui une grande sensibilité lorsqu'il s'était chargé des dessins clés de Mes voisins les Yamada et de La grande excursion de Koro, projeté au musée Ghibli. Morita, conscient de l'incroyable opportunité qui s'offrait à lui, a accepté de réaliser son premier film.

Isao Takahata et Hiroyuki Morita pendant la production de Mes voisins les Yamada.

La production

Hiroyuki Morita se lance alors dans la réalisation d'un long storyboard, reprenant toute la bande dessinée d’Aoi Hiiragi. Au final, au bout de six mois de dur labeur, il dessine plus de 525 pages, insufflant la vie à ses personnages de papier. Lorsqu'il découvre ces croquis, Toshio Suzuki est très impressionné et décide alors de transformer le moyen en long métrage, afin que Morita puisse réaliser une œuvre d'ampleur. À la tête d'une équipe de 387 personnes, le jeune réalisateur prend alors conscience qu'il représente un « label » et que reposent sur lui de lourdes responsabilités.

Haru du pays des chats, titre intermédiaire de production du film.

Avec les premières difficultés, il a d'abord regretté son choix, pensant qu'il n'était pas à la hauteur. Il a en particulier mis du temps à saisir l'esprit du shôjo (bande dessinée pour jeunes filles) et ce n'est qu'après de nombreuses erreurs et tâtonnements et le soutien sans faille de son équipe, que l'adaptation a pris forme.

Le Royaume des chats étant plutôt court (à peine 75 minutes) et n'ayant pas l'ambition des précédents films du studio, il a été proposé dans les salles avec le court métrage Ghiblies - Episode 2, composé de six sketchs qui mettent en scène des employés du studio Ghibli dans des situations qui mêlent humour et sensibilité. Surfant sur le succès du Voyage de Chihiro, la promotion du Royaume des chats a été plutôt conséquente avec plusieurs sponsors et le lot de produits dérivés habituels. Le film a été le grand succès familial de l'été 2002 au Japon accumulant 50 millions de dollars au box-office.

La France a une fois de plus été privilégiée, puisque c'est le premier pays hors Asie qui bénéficiera d'une sortie du film en salles le 30 juillet 2003, malheureusement sans Ghiblies - Episode 2, les droits n'ayant pas pu être obtenus auprès du studio Ghibli.

Le doublage français a été réalisé chez Dubbing Brothers, sous la direction de Matthias Koslowski qui avait assuré celui du Voyage de Chihiro et du Château dans le ciel. De nombreuses voix ont été envoyées au responsable de la promotion à l'international du studio Ghibli, Stephen Alpert, qui a fait la sélection : Émilie Rault (Haru), Patrick Borg (Baron), Michel Barbey (Le roi) et Jean-Claude Sachot (Muta). Le doublage, sur certains points supérieur même à l'original, a beaucoup plu à Ghibli qui a félicité Koslowski pour le travail accompli. Au final, bien que le film soit sorti en pleines vacances scolaires, il a pourtant su attirer presque un demi-million de spectateurs, chiffre tout à fait honorable et respectable.


Le Royaume des chats : Art et technique

Character design et animation

Le character design du film est très fidèle à celui du manga. Les différences se situent plutôt sur le plan de la scénarisation et de la trame. La seule différence majeure se trouve dans le fait que le rapport mystérieux entre Haru et Neige est explicitement révélé dès la rencontre entre les deux personnages dans la version papier.

Le manga original, au design plus shôjo que le film.

Les personnages secondaires sont aussi davantage traités en profondeur dans le manga, alors que dans le film ils sont simplement esquissés. Ce parti pris est un peu dommage car ces protagonistes ont un rôle important vers la fin de l'histoire. Enfin les origines de Muta ne sont révélées que dans la version animée.

La touche graphique et le character design des personnages, confiés à l'animatrice de renom Satoko Morikawa, est fidèle à l'œuvre originale (seul le côté shôjo manga a été laissé de côté). On n'atteint pas le niveau de détail et de complexité auquel le studio Ghibli nous avait habitués. Certains évoqueront un style plus dépouillé voire épuré. D'autres y verront plutôt une certaine pauvreté, notamment dans le travail d'ombrage réduit au minimum, mais cette économie a sans doute contribué à une animation irréprochable dans l'ensemble.

Le film est resté relativement fidèle au character design des personnages déjà présents dans Si tu tends l'oreille, tout en les caractérisant plus, en leur donnant une véritable personnalité à travers leur physique.

Le personnage du Baron dans Si tu tends l'oreille et dans Le Royaume des chats.

Ainsi, les animateurs prendront comme modèle de Muta, Ushiko, une chatte errante qui déambule régulièrement avec nonchalance dans le studio.

Décors

Aux décors, on retrouve Naoya Tanaka qui avait déjà travaillé sur ceux de Princesse Mononoke et de Mes voisins les Yamada. L'histoire étant plus intimiste et légère que les autres films du studio Ghibli, il préfère à des décors imposants des arrière-plans plus légers qui respirent la gaieté.

Naoya Tanaka au travail sur les décors du film.

La principale difficulté a porté sur les décors du monde extrêmement fermé du Royaume des chats. Pour l'ensemble des décors, mais plus particulièrement pour la scène où Haru poursuit Muta dans des ruelles alambiquées, Tanaka s'est fondé sur des photos, et a cherché à recréer exactement certains détails réels. L'image d'ensemble se fonde sur « l'impression de lumière débordante » imaginée par l'auteur de l'œuvre originale. Les arrière-plans du monde réel sont sensiblement plus classiques mais ce qui caractérise les décors de ce film, plus encore que la différenciation des divers mondes, c'est l'emploi de la lumière. La grande majorité les scènes donnent une impression de gaieté et de clarté sans contraste excessif, à l'exception de la scène spectaculaire où apparaît le Baron, que Tanaka a voulu impressionnante.

Quelques photos de référence réunies pour les décors du film.

La direction artistique de Naoya Tanaka

Pour le monde réel (au présent, première image, et dans une séquence de souvenir, seconde image), Naoya Tanaka s'est inspiré d'une ville et d'un quartier résidentiel moyens.

Pour le Bureau des chats, toutes sortes d'éléments européens ont été insérées. Le style, mais surtout les disproportions entre certains meubles ou objets, donnent l'impression d'une maison de poupée.

Pour le Royaume des chats, Naoya Tanaka a figuré un monde joyeux et clair, donnant une impression proche de l'illusion ou du mirage.

Doublage

L'ensemble de l'enregistrement des voix a été réalisé par Kazuhiro Hayashi, qui a travaillé sur Princesse Mononoke et Le voyage de Chihiro. Concernant le choix des doubleurs, dans la version originale, le studio Ghibli a fait appel à certains des plus célèbres acteurs japonais. L'héroïne, Haru, est doublée par Chizuru Ikewaki. Elle lui donne vie fidèlement et magnifiquement, s'amusant véritablement lors de l'enregistrement à donner vie aux nombreuses exclamations de Haru.

Yoshihiko Hakamada incarne, pour sa part, l'altier chat Baron. Le roi des chats est doublé par le grand acteur Tetsurô Tanba dont la présence particulière donne au film toute sa profondeur.

Tetsu Watanabe (Muta), Yôsuke Saitô (Toto), Takayuki Yamada (le prince Loon), Aki Maeda (Neige) et Mari Hamada (Natoru) incarnent les personnages qui font le charme du Royaume des chats.

Les animateurs du studio Ghibli s'amuseront même à tous défiler dans le studio d'enregistrement afin de « miauler » et de prêter donc leur voix à un des multiples personnages félins du film, ils s'amuseront également à applaudir « en sourdine » afin d'imiter les applaudissements feutrés de chats ! En tout, Le Royaume des chats comprend plus de 900 dialogues enregistrés.

Musique

Puisque l'histoire est sensée évoluer dans le même univers que celui de Si tu tends l'oreille, c'est tout naturellement que la bande originale du film a été confiée au compositeur du film de Yoshifumi Kondô, Yûji Nomi. D'ailleurs, voulant créer une véritable connexion musicale entre les deux films, Nomi a glissé un clin d'œil à sa précédente composition au moment du départ de Baron à la fin du film. C'est sa troisième collaboration avec le studio Ghibli, car il a aussi écrit la musique des courts métrages du musée Ghibli La chasse à la baleine et La grande excursion de Koro.

Pour la musique du Royaume des chats, Nomi a choisi un style d'un grand classicisme et livre une partition exclusivement symphonique, structurée par de grands thèmes éparpillés d'un bout à l'autre du film. Pour réaliser cette musique, Nomi choisira par ailleurs d'enregistrer avec l'orchestre philharmonique de Tôkyô au Tokyo Opera City Concert Hall. Pour la scène de la marche des chats, Nomi écrit un air inspiré d'une musique traditionnelle nippone, le Gagaku. Mais pour donner de l'ampleur à cette partition, il remplace l'instrument habituel, le shô, d'une cinquantaine de centimètres, par un orgue d'une dizaine de mètres. La musique se teinte alors d'une note mystérieuse et envoûtante.

Chaque thème traduit l'état d'esprit des protagonistes et révèle aussi leur véritable nature. Ainsi le thème du roi des chats, inspiré de Roméo et Juliette de Sergueï Prokofiev, est légèrement inquiétant, afin de dénoncer sa cruauté, alors que celui du Baron est grandiloquent, en accord avec le style plein de panache du héros. Outre la caractérisation des personnages, le parti pris pour cette bande originale semble avoir été de souligner pas à pas l'action sur l'écran, comme dans les dessins animés occidentaux.

Le thème principal

C'est en parlant avec ses collaborateurs que le réalisateur Hiroyuki Morita a choisi de confier le thème du film à Ayano Tsuji. Le style original de cette artiste autrice, compositrice, interprète qui s'accompagne à l'ukulélé est très populaire au Japon.

Pour arriver à ce choix, Morita a choisi en effet de rencontrer les membres des différents départements et de discuter beaucoup avec les techniciens de l'animation et des décors. Au fil de la conversation, ils en vinrent à parler de leurs chansons préférées. Le nom d'Ayano Tsuji revenait beaucoup. Curieux, le réalisateur se mit à écouter ses disques. Il apprécia beaucoup la musique dépouillée et réconfortante de l'ukulélé, ainsi que les paroles réalistes et simples des chansons, qu'il écoutait en dessinant le storyboard ou en vérifiant les dessins. Il pensa naturellement à elle pour le thème principal du film.

Le thème principal chantée par Tsuji s'intitule donc Kaze ni Naru (Devenir le vent). Hiroyuki Morita ne voulait pas de ballade, mais une chanson rythmée, puisée dans l'univers de Tsuji. De sa voix douce, elle exprime les sentiments de Haru arrivant au Royaume des chats.


Le Royaume des chats : Entretiens

Entretien avec Hiroyuki Morita, réalisateur du film

Que Hayao Miyazaki vous confie la réalisation de ce film semble être une formidable opportunité ?

Eh bien... J'avais souvent dit à mon entourage que je souhaitais passer à la mise en scène, et je pense que ça a dû venir aux oreilles de M. Miyazaki... Il était en train de mettre ce projet sur pied avec Aoi Hiiragi, et il m'a presque forcé à en accepter la réalisation ! Il m'a dit que je n'avais pas le choix, qu'il leur fallait un réalisateur pour avancer. Je ne connaissais pas encore l'histoire, et ça m'inquiétait. Mais je me suis dit qu'ayant envie de faire de la mise en scène, je n'avais pas le droit de refuser une telle chance !

Comment avez-vous abordé le projet ?

J'avais surtout très peur de ne pas bien adapter au cinéma l'œuvre originale d'Aoi Hiiragi. Au début, j'ai beaucoup douté. J'ai même pensé faire quelque chose de complètement différent. Accumulant les essais et les erreurs, je me suis aperçu que ces tâtonnements venaient du fait que je ne comprenais pas les bandes dessinées pour filles. Or, je devais faire un film semblable à ces bandes dessinées...

Qu'entendez-vous par « bandes dessinées pour filles » ?

Les bandes dessinées pour filles se concentrent sur les sentiments, les désirs des filles. Mais c'est imperceptible. Ça reste vague. En traitant ce genre de sujet, on a forcément du mal à rester objectif. Mais j'ai arrêté de douter et j'ai décidé de raisonner en sens inverse. Si cette histoire doit être adaptée au cinéma, quel genre de fille sera Haru ? Comment sera le Bureau des chats ? le Baron ? Et Muta ?

Comment avez-vous imaginé l'héroïne, Haru ?

Ce qui m'a d'abord marqué, c'est sa phrase : « Après tout, le Royaume des chats n'est peut-être pas si mal... » Il est simple de démontrer que notre monde n'est ni aussi éclatant, ni aussi magnifique que celui dépeint dans les bandes dessinées pour filles. Il existe en effet beaucoup de choses sales, ignobles. Mais ce genre de discours ne concerne pas les fans des bandes dessinées d'Aoi Hiiragi. En fait, j'ai demandé aux femmes du studio Ghibli de me parler des charmes des bandes dessinées pour filles et petit à petit, j'ai commencé à comprendre.

Il faut avoir de l'imagination pour trouver notre monde beau. Et à plus forte raison, le Royaume des chats. Mais Haru pense que ce n'est peut-être pas si mal. Elle dit même : « C'est peut-être le paradis. » Haru est dans un tel état d'esprit qu'elle ne peut s'empêcher de raisonner ainsi. Je me suis dit qu'il était puéril de trouver ça ridicule. Mais ce qui est amusant, c'est que Haru sait pertinemment que cette idée est stupide, alors elle reste vague : elle dit que ce n'est « peut-être pas si mal... »

C'est son expression favorite.

J'ai trouvé ça mignon. J'aime ce genre de fille, ouverte, naturelle, gaie et sensible. Mais certains la trouveront peut-être indécise et stupide.

Mais c'est ce qui fait tout l'intérêt du film...

Oui, parce que c'est un film de divertissement. Je trouve ça beau, les gens qui doutent et ne trouvent pas d'issue. Parce que si dans ce monde, on n'a pas d'absolu, il est tout à fait juste d'adopter ce genre d'attitude. Tout le monde est ainsi. On ne cesse de se battre.

Je fais partie de cette catégorie de gens et je m'accroche à mon statut de réalisateur. C'est peut-être ce qui explique mon attirance pour le personnage de Haru. Certains puisent leur bonheur dans la vie quotidienne et sont heureux, même s'ils n'ont ni chance particulière, ni rang social élevé, ni place honorable. Il s'agit par exemple des femmes au foyer qui élèvent leurs enfants (et peut-être des hommes au foyer aussi). J'ai beaucoup de respect pour eux parce que seules les personnes sensibles et cultivées peuvent apprécier ce genre d'existence. Haru deviendra une adulte de ce genre. En fait, en décrivant ses errances, j'ai pu comprendre mes propres doutes.

Vous avez beaucoup réfléchi en réalisant ce film ?

Au début, j'avoue avoir parfois regretté d'en avoir accepté la réalisation. J'ai craint de ne pas être à la hauteur. Il s'agissait de mon premier film. Je trouvais cela prématuré. Mais mon équipe m'a aidé. Plus je me suis concentré sur ce film, plus j'ai eu confiance en ce projet, plus le soutien de mon entourage est devenu important. Le Royaume des chats s'est révélé comme un dessin animé traitant de la bonne volonté en général, et mes doutes se sont évanouis. Je suis persuadé que les spectateurs sentiront, à travers Haru, le Baron, Muta et Toto, la bonne volonté, la conscience professionnelle de toute cette équipe.

Entretien avec Aoi Hiiragi, autrice de l'œuvre originale

Comment avez-vous envisagé de travailler à nouveau pour le cinéma ?

Je pensais que la conférence de presse annonçant la production du film Si tu tends l'oreille serait ma dernière. J'étais loin d'imaginer qu'une autre de mes bandes dessinées allait être adaptée au cinéma par le studio Ghibli. Connaissant le succès mondial rencontré par Le voyage de Chihiro, j'étais très inquiète : je me demandais si mon histoire allait convenir. Au début, lorsque Hayao Miyazaki, qui avait déjà adapté Si tu tends l'oreille au cinéma, m'a proposé ce travail, il voulait une histoire très courte qui donnerait un court métrage de 20 minutes, et qui en reprendrait certains éléments. Pour cette raison, j'avais accepté sans trop réfléchir. Mais au fur et à mesure que j'écrivais, l'histoire s'annonçait de plus en plus longue. Je me suis rendu compte que le film allait faire plus de 20 minutes, mais comme il s'agissait d'un travail de base, je me suis dit que les gens du studio Ghibli allaient pouvoir couper ce qu'ils désiraient !

J'avais terminé mon manuscrit depuis plus de six mois, soulagée d'avoir pu accomplir ma mission, et je me demandais quand le film serait achevé lorsque, à la fin de l'année dernière, le producteur est venu à Hokkaidô, où j'habite. Il s'était déplacé de très loin et je l'ai accueilli angoissée, persuadée qu'il était venu m'annoncer l'annulation du projet. Or, il m'apportait l'affiche du film et venait me dire qu'il allait sortir en salles ! Je n'avais jamais imaginé ça et, dubitative, je lui ai demandé si mon histoire lui convenait vraiment... Je doutais encore !

Parlez-nous de votre héroïne, Haru. Que vouliez-vous transmettre à travers elle ?

Lorsque l'on m'a proposé ce travail, j'ai pensé que l'on attendait de moi le genre de chose que je fais en tant que dessinatrice de bandes dessinées pour filles. Voilà pourquoi j'ai décidé que mon héroïne serait une lycéenne. À ce moment-là, je réfléchissais souvent à ce qu'est le bonheur pour un être humain, et je crois que cette question se retrouve dans mon histoire.

Les bandes dessinées pour filles traitent souvent de l'amour. Pour une adolescente, le bonheur est d'aimer et d'être aimée en retour. Mais je pense qu'il y a beaucoup d'autres formes de bonheur. Même si, dans le quotidien, nous avons souvent l'impression de ne pas avoir de chance.

Ce film est une histoire qui se déroule dans un monde imaginaire. Haru se rend au Royaume des chats. Après son retour, elle rencontrera peut-être d'autres situations difficiles, mais son expérience lui permettra d'être moins malheureuse et d'avoir une vision plus ouverte. Voilà ce que j'avais en tête en écrivant cette histoire.

Comment avez-vous procédé pour créer l'histoire ?

Etant donné que l'on y retrouve le Baron, un jouet à l'apparence de chat, et Muta, je ne pouvais qu'écrire un récit imaginaire. Pour un film d'animation, il faut un univers dans lequel les spectateurs entrent immédiatement. J'ai donc pensé que je devais avant tout créer des personnages qui toucheraient les gens, leur permettant ainsi de pénétrer dans ce monde. J'ai alors eu l'idée de l'héroïne, Haru. C'est une lycéenne ordinaire, comme il y en a partout. Il était important qu'elle soit ainsi, pour que les spectateurs soient captivés par l'histoire. Ensuite, j'ai créé le cadre de l'histoire, dont le noyau est l'étrange expérience vécue par Haru. Le charme des récits imaginaires réside dans leur vision du monde particulière et pleine d'originalité. J'aime l'imaginaire, et je lis souvent ce genre de livres. Mais lorsque j'ai dû écrire moi-même une telle histoire, je me suis demandée quelle vision du monde créer. C'est ainsi qu'est né le Royaume des chats. J'en ai fait un monde dans lequel tout est possible, rien n'est vraiment important. Le personnage qui règne sur ce pays devait donc être un peu insolite. J'ai alors créé le roi des chats. La raison pour laquelle Haru se rend là-bas est cette « dette » un peu embarrassante qu'ont les chats envers elle. Voilà comment est née l'histoire.

Afin de mettre en scène le Baron, j'ai imaginé une histoire écrite par Shizuku, l'héroïne de Si tu tends l'oreille, qui aurait grandi. Cette histoire terminée est maintenant publiée sous le titre Le chat Baron. À l'occasion de cette publication, je voulais mettre : « Texte : Shizuku Tsukishima - Dessins : Aoi Hiiragi. » Mais c'était une idée peu réaliste et je ne l'ai finalement pas fait. Maintenant que vous en connaissez la genèse, j'espère, en tant qu'auteur de l'œuvre originale, que vous prendrez plaisir à voir le dessin animé et à lire la bande dessinée. Et je serais heureuse que vous réfléchissiez à ce qu'est le bonheur en compagnie de Haru.

Les décors par Naoya Tanaka, directeur artistique

« Pour ce dessin animé, dès le départ, j'ai décidé de respecter l'univers de la bande dessinée originale. J'ai donc voulu créer des décors joyeux et beaux, afin d'éviter d'alourdir l'ensemble. Je ne voulais pas de décors imposants et voyants comme ceux du Voyage de Chihiro. Lorsque j'ai lu pour la première fois la bande dessinée originale, j'ai eu l'impression d'une vie quotidienne légère. Il m'a donc semblé que les décors devaient être simples. Lors de la préparation, j'ai beaucoup discuté avec le réalisateur de ce sujet, entre autres, tout en dessinant à l'aquarelle des feuilles de modèles. Comme il s'agissait du premier long métrage qu'il mettait en scène, je lui ai donné certaines idées et nous avons construit la vision du monde qui constitue le noyau de ce film. Par exemple, pour la scène où Haru sauve Loon, j'ai proposé de mettre en arrière-plan beaucoup d'azalées en fleurs afin de donner une indication de la saison.

Mais ce qui m'a posé le plus de problèmes, c'est ce Royaume des chats. Dans la bande dessinée, il est dépeint comme un monde extrêmement fermé. Comment montrer cela dans le film ? En fin de compte, j'ai fait une adaptation audacieuse, en figurant un monde joyeux et clair. L'image d'ensemble se base sur « l'impression de lumière débordante » imaginée par Aoi Hiiragi. Au final, ce monde est un endroit paisible, au climat doux. Il y a un château, et sept lumières différentes viennent du ciel. On pourrait croire qu'il s'agit d'une illusion, d'un mirage. Pour ce qui est du château, je me suis basé sur l'image de l'œuvre originale, qui le montrait protégé par des douves et entouré de prairies. C'était également la volonté du réalisateur de le situer en pleine nature.

En ce qui concerne le monde réel, je ne me suis pas inspiré d'une région particulière. J'ai volontairement créé un quartier résidentiel moyen, un espace qui ne donne pas l'impression d'être imposant. J'ai pris le parti de ne pas beaucoup dessiner les ombres des personnages, et j'ai fait des arrière-plans simples, avec très peu de contrastes.

Pour finir, abordons le Bureau des chats. En insérant toutes sortes d'éléments européens, en dessinant des fleurs, des soucis et des géraniums, j'ai créé une atmosphère de quartier à l'européenne. La lumière est semblable à celle du monde réel. Néanmoins, la notion de taille est importante : les maisons sont plus petites alors que j'ai dessiné des plantes de taille réelle.

Ce qui caractérise les décors de ce film, plus encore que la différenciation des divers mondes, c'est l'emploi de la lumière. Je pense être parvenu à représenter une lumière claire, qui perce le ciel. Les scènes dans les rues reculées ou les scènes de nuit ne sont jamais maussades. Toutes donnent une impression de gaieté et de clarté. La seule scène différente est celle où apparaît le Baron. J'ai volontairement utilisé un effet de soleil couchant et j'ai amplifié les contrastes en accentuant les ombres. C'est un grand tournant dans l'histoire et je voulais le rendre impressionnant ! Je serais heureux que les spectateurs éprouvent du plaisir à découvrir cette vision du monde, illustrée par des décors un peu différents de ceux des précédents dessins animés Ghibli. »

La musique par Yûji Nomi, compositeur

« Pour la musique de ce film, j'ai commencé par des morceaux de démonstration, composés à partir des idées que j'avais des personnages. J'ai d'abord composé les morceaux de l'héroïne, Haru. Il y en a deux : celui qui correspond au monde réel et celui qui se rattache à ses souvenirs d'enfance. Pour le premier, je me suis efforcé de montrer le bouillonnement de la vie quotidienne, l'agitation des scènes du monde réel. Mais ça ne correspondait pas à l'image que s'en faisait le réalisateur et j'ai beaucoup modifié cette musique par la suite ! L'autre morceau est nostalgique. En un sens, il me semble qu'il est devenu le thème central du film.

Ensuite venait le Baron. C'est un personnage simple et incroyablement élégant. Par conséquent, j'ai composé un morceau extrêmement pompeux, comme des trompettes jouant une musique de fanfare. Pour ce qui est de Muta, j'ai transposé en musique son côté rustre. J'ai composé le thème du roi des chats de sorte qu'il semble illustrer le Royaume. Derrière son apparence majestueuse, imposante, ce Royaume paraît être une imposture. Je ne voulais pas en donner une bonne impression. Je désirais en effet que le contraste avec le Baron, qui vient sauver Haru, soit saisissant.

Pour la musique jouée par les chats qui défilent au début du film, le réalisateur m'a demandé d'utiliser le son de la flûte orientale, qui fait très... « chat » ! Ça donne peut-être une sonorité un peu japonaise. Mais le Royaume des chats n'étant pas le Japon, j'ai ajouté l'orgue, le hautbois et la clarinette, rythmés malgré tout par le tsuzumi, un petit tambour japonais. Pourquoi le tsuzumi ? Tout simplement parce que parmi les chats qui interprètent cette musique à l'image, il y en a un qui joue de cet instrument ! Ce morceau colle parfaitement à l'image. Il en est de même pour les musiques interprétées par l'orchestre de chats dans la scène du banquet au château. Comme l'un d'eux joue du tsuzumi et un autre, de l'accordéon, j'ai intégré ces deux instruments à ma musique.

J'ai donc composé la musique de ce film à partir des personnages ou des scènes. Pour la musique de la scène où Haru revient du Royaume des chats saine et sauve, il y a quelque chose qui, je pense, n'échappera pas aux spectateurs qui ont vu Si tu tends l'oreille. Je voulais, par ma musique, établir une connexion entre ces deux films. Je vous laisse regarder le film et trouver vous-même mon clin d'œil. »

Le thème principal par Ayano Tsuji, autrice, compositrice et interprète

« Comme j'aime beaucoup les dessins animés Ghibli, j'étais extrêmement heureuse qu'ils me demandent de composer le thème principal de celui-ci. S'agissant de la chanson centrale du film, je m'inquiétais un peu de la difficulté de ce travail, pensant à toutes les contraintes à respecter. Mais le réalisateur m'a dit : « Je ne veux pas de ballade, mais une chanson rythmée, puisée dans votre univers. » Il me laissait donc toute liberté.

Lorsque je l'ai composée, le film n'était pas encore terminé et je m'en suis fait une idée en lisant le storyboard. J'ai éprouvé beaucoup de sympathie pour le caractère positif de l'héroïne, Haru, et sa façon d'être bien à elle. Je voulais exprimer clairement dans ma chanson le changement qui s'opère en elle, pas de manière flagrante mais plutôt progressive. Sur le point d'être emmenée au Royaume des chats, elle se dit : « Le Royaume des chats... Après tout, pourquoi pas ? » On peut rencontrer ce genre de situation au cours de l'existence. En suivant le fil général de sa vie, il peut arriver que l'on soit attiré par des chemins un peu différents, que l'on fasse des détours. Ça fait partie de la nature humaine. Et l'on finit ainsi par trouver ce qui est important pour soi. Je pense qu'il s'agit du thème de ce film : savoir affirmer sa propre identité. C'est quelque chose de magnifique. Je souhaitais que ce thème se reflète dans ma chanson.

La chanson est née naturellement, dans un fredonnement : « Ferme tes yeux qui ont oublié. C'est la chanson de l'amour retrouvé... » Dans ces paroles, le mot « amour » n'est pas employé uniquement dans son sens premier. Il désigne également les sentiments des humains envers la vie, le travail, les études, les rêves et toutes sortes de choses. Au début de la chanson, il me semble que derrière la douceur, se cache une volonté extrêmement forte. J'aime beaucoup ce passage. Cette chanson a pour clé de voûte « les sentiments que l'on a oubliés. » Je l'ai composée en mettant à l'unisson mes sentiments et ceux de Haru, et je les ai illustrés par une mélodie joyeuse.

Pour le titre, je voulais utiliser le mot « vent » et, après avoir longuement réfléchi, il m'est venu à l'esprit que j'aimerais devenir le vent. J'ai donc opté pour le titre Devenir le vent. »


Source : dossier de presse français du film


Le Royaume des chats : Fiche technique

Crédits

Titre猫の恩返し (Neko no Ongaeshi)
The Cat Returns / Le Royaume des chats
Année de création 2002
Œuvre originale Baron - Neko no Danshaku (Le chat Baron) d’Aoi Hiiragi (Tokuma Shoten)
Projet Hayao Miyazaki
Scénario Reiko Yoshida
Storyboard, réalisation Hiroyuki Morita
Directeur artistique Naoya Tanaka
Character design, layout Satoko Morikawa
Directeurs de l'animation Ei Inoue, Kazutaka Ozaki
Assistants directeur de l'animation Akihiko Yamashita, Takeshi Inamura, Atsushi Tamura, Eiji Yamamori
Couleurs Osamu Mikasa
Directeur de la photographie Kentarô Takahashi
Musique Yûji Nomi
Chanson du générique de fin Kaze ni Naru (Devenir le vent), écrite, composée et interprétée par Ayano Tsuji
Producteurs exécutifs Seiichirô Ujiie, Kôji Hoshino, Takeyoshi Matsushita, Hironori Aihara, Hideyuki Takai, Toshio Miyagawa
Producteurs Toshio Suzuki, Nozomu Takahashi
Production Studio Ghibli, Tokuma Shoten, Nippon Television Network Corporation, Disney, Hakuhodo Inc., Mitsubishi Corporation, Tôhô

Doublage japonais

Haru Yoshioka Chizuru Ikewaki
Le chat Baron Yoshihiko Hakamada
Muta / Renaldo Moon Tetsu Watanabe
Toto Yôsuke Saitô
Le prince Loon Takayuki Yamada
Neige Aki Maeda
Natoru Mari Hamada
Natori Kenta Satoi
Le roi des chats Tetsurô Tanba
Hiromi Hitomi Satô
Naoko Yoshioka Kumiko Okae

Doublage français

Haru Yoshioka Émilie Rault
Le chat Baron Patrick Borg
Muta / Renaldo Moon Jean-Claude Sachot
Toto Gérard Dessalles
Le prince Loon Alexis Victor
Neige Julie Turin
Natoru Évelyne Grandjean
Natori Jean-Pierre Leroux
Le roi des chats Michel Barbey
Hiromi Noémie Orphelin
Naoko Yoshioka Brigitte Bergès

Quelques chiffres

Date de sortie du film au Japon 19 juillet 2002 (précédé du court métrage Ghiblies - Episode 2)
Date de sortie du film en France 30 juillet 2003
Durée du film 1 heure 15 minutes
Box-office Japon 50 590 057 $
Nombre d'entrées au Japon Environ 3,5 millions de spectateurs
Nombre d'entrées en France 474 088 spectateurs