Tu peux entendre la mer


Revenant dans sa ville natale pour une réunion d'anciens élèves, Taku Morisaki entraperçoit une jeune fille ressemblant à une ancienne camarade de classe, Rikako Mutô. Cet incident lui remémore ses années de lycée, et notamment sa relation avec son meilleur ami de l'époque Yutaka Matsuno. Une amitié qui sera mise à mal avec l'arrivée en cours d'année de la belle Rikako, transférée de Tôkyô.
Probablement le long métrage Ghibli le plus méconnu, Umi ga Kikoeru (Tu peux entendre la mer) est le premier téléfilm produit par le studio. Confié à une jeune équipe, le film est également le premier projet à avoir été réalisé par un réalisateur autre que Hayao Miyazaki ou Isao Takahata. Disposant d'un budget moindre que les films destinés au cinéma, le résultat technique est néanmoins de qualité. Adaptant une nouvelle du même nom, Tomomi Mochizuki nous décrit avec finesse et émotion l'évolution d'un classique triangle amoureux.
Sources : Roman Album Extra, Umi ga Kikoeru Firumu Bukku (Tokuma Shoten) - Animeland hors-série n° 3 - Animint.com
Remerciements : merci à Yasuka Takeda pour les traductions
Tu peux entendre la mer : Résumé détaillé

Taku attend sur le quai d’une gare lorsqu’il aperçoit de l’autre côté de la voie un visage qui lui semble familier. Il tente de se rapprocher pour mieux voir la jeune fille, mais un train arrive. Quand ce dernier repart, la fille n’est plus là. Chez lui, alors qu’il rassemble ses affaires pour prendre l’avion vers sa ville natale Kôchi, Taku fait tomber par inadvertance une photographie de la fille qu’il a vue à la station. Il la regarde un instant, la repose sur la table et quitte son appartement. Alors que l’avion décolle, il se souvient de son histoire avec Yutaka Matsuno et Rikako Mutô pendant le lycée.


Pendant l’été avant sa dernière année de Lycée, Taku fait la plonge dans un restaurant lorsque son ami Yutaka l’appelle. Il lui demande de venir au lycée après le travail, mais Taku trouve une excuse pour quitter tout de suite son travail. Au lycée, il trouve son ami en train de regarder par la fenêtre d’une classe à l’étage. Apparemment une très belle jeune fille a été transférée de Tôkyô dans leur école et cette arrivée semble beaucoup exciter Yutaka. Taku se demande pourquoi une Tokyoïte vient s’installer sur leur petite île. Après une courte discussion sur le sujet mais aussi à propos du prochain voyage de classe à Hawaï, ils sortent de l’école.


Un flash-back raconte alors comment Taku a rencontré Yutaka et comment il est devenu son meilleur ami alors qu’ils n’ont jamais été dans la même classe. Cette année là, leur voyage avait été annulé pour cause de mauvais résultats globaux. Taku et quelques camarades avaient décidé de se plaindre, mais un professeur les rembarra. Le jour suivant, le sujet fut néanmoins évoqué en assemblée et un professeur demanda à tous les étudiants qui n’étaient pas d’accord avec cette annulation de lever la main. Seuls deux osèrent : Taku et Yutaka.


Une réunion fut alors programmée pour discuter du sujet, mais quand Taku arriva dans la salle, elle était annulée. Une note au tableau leur demandait à la place d’écrire leurs commentaires sur un papier pour les soumettre, ce que fit Taku. Puis Yutaka arriva à son tour, lut le message sur le tableau et prit silencieusement un crayon et un papier. Curieux, Taku vint voir ce qu’il avait rédigé. Yutaka avait écrit que la décision des professeurs était injuste et qu’il penserait toujours la même chose dans vingt ans. Taku, impressionné par le caractère entier de Yutaka, sentit à ce moment qu’il était différent de ses autres camarades.


Le flash-back terminé, on voit Taku aller à la rencontre de Yutaka et le trouve discutant avec Rikako, la nouvelle élève. Yutaka fait les présentations mais Rikako les quitte abruptement sans même dire bonjour à Taku. Sur le chemin du retour Taku parle à Yutaka de son travail mais celui-ci ne semble pas attentif. En effet, ce dernier se demande pourquoi Rikako a été transférée à cette époque de l’année. Taku réalise alors que Yutaka est attiré par Rikako. Quand Yutaka le quitte, Taku est assez contrarié par le comportement de son ami. Il a l’impression que les filles ne s’intéressent qu’à l’apparence et se moquent des garçons en tant que personnes.


Au lycée, alors que les étudiants font du sport, Taku fait une pause. Un de ses camarades lui dit de jeter un œil sur le court de tennis. Rikako joue contre l’une des meilleures joueuses de l’école et la bat facilement ! Les garçons sont admiratifs des dons de Rikako dans tous les domaines : sa beauté, son intelligence et ses qualités athlétiques. Taku raconte par la suite à Yutaka qu’elle s’est fait remarquer, mais Yutaka réagit avec colère. Il s’excuse peu après pour le ton employé, mais il s’inquiète pour Rikako car elle est très différente des autres et, selon lui, elle est un peu perdue.


En regardant le classement des étudiants, Taku et son camarade Tadashi sont impressionnés de trouver Rikako déjà en 12ᵉ position. Rikako passe alors et prend connaissance des résultats, sans montrer la moindre émotion. Cela agace les autres filles de la classe, qui voit du snobisme dans cette attitude. Taku observe Rikako trouvant qu’elle a l’air malheureuse et solitaire. Pendant le déjeuner, elle s’assit pensive et seule.


À l’heure du dîner, Taku est surpris d’apprendre que sa mère connaît Rikako. Elle en a entendu parler en ville : sa mère a déménagé à Kôchi chez des parents à cause de problèmes familiaux. Selon Taku, Rikako n’a pas à subir les conséquences des problèmes de ses parents. Mais sa mère répond que n’importe quelle mère emporterait ses enfants avec elle et qu’il faut être aimable avec Rikako pour qui cela doit être dur d’arriver dans un lieu comme Kôchi. Plus tard dans la nuit, Yutaka appelle Taku pour lui raconter qu’il s’est rendu chez Rikako. Elle est en effet malade et cela l’inquiétait de la savoir seule chez elle. Yutaka semble excité, pourtant rien ne s’est passé. Plus tard Taku s’allonge dans sa chambre se demandant pourquoi son ami s’entiche d’une fille comme Rikako.


En mars de l’année suivante, les étudiants sont à Hawaii pour leur voyage scolaire. Dans le salon de l’hôtel, Taku est abordé par Rikako. Elle lui demande s’il ne peut pas lui prêter de l’argent. Quand il lui demande si elle a déjà tout dépenser, Rikako répond spontanément qu’elle a tout perdu. La réaction d’affolement de Taku à cette nouvelle amuse Rikako qui a l’impression d’entendre un acteur de vieux film. Tous deux s’assoient pour discuter. Contrairement à ce qu’avaient préconisé les professeurs, Rikako n’a emmené que du liquide. Quand Taku lui fait remarquer qu’elle aurait du les écouter, la jeune fille semble déçue et dit à Taku qu’elle attendait mieux du bon étudiant qu’il semble être.
Après quelques instants de silence, Taku dit à Rikako que son accent la rend provocatrice aux yeux des autres. Rikako avoue en effet que personne ne lui parle mis à part Yutaka qu’elle trouve gentil. Taku demande alors si elle a entendu parlé de lui par Yutaka. Elle répond que Yutaka et elle sont passés devant le restaurant pour lequel il travaille. Taku apprend choqué que son ami a également parlé à Rikako de leur protestation pour le voyage annulé. La jeune fille change de sujet pour revenir à sa demande d’emprunt. Taku a apporté 60 000 yens et 400 dollars et pense pouvoir lui donner 300 dollars, monnaie dont elle a besoin à Hawaï. Mais, à son grand étonnement, Rikako demande plutôt les 60 000 yens et le persuade d’accepter avec son sourire. Taku va chercher la somme dans sa chambre d’hôtel puis lui remet discrètement. Rikako l’informe qu’elle aura des difficultés à le rembourser dans l’immédiat et lui demande de garder le secret car sa mère serait furieuse en l’apprenant.


Quand Rikako remonte dans sa chambre, Taku est surpris par Yutaka qui s’étonne de voir qu’ils connaissent. Taku lui raconte qu’elle est venue lui emprunter de l’argent après que Yutaka lui ait parlé de lui et de son travail. Mais Yutaka est désolé que Rikako ait perdu son argent ! Les deux amis décident ensuite d’aller faire un tour en ville.
Plus tard, pendant le dîner, Rikako est de mauvaise humeur. Elle va voir Taku pour lui reprocher d’avoir mis Yutaka au courant de la situation alors qu’elle avait demandé qu’il n’en parle à personne. Taku est quant à lui étonné de voir que Yutaka en a déjà parlé à Rikako. Il apprend ensuite que Yutaka a proposé également de lui prêter de l’argent et que Rikako lui a pris 20 000 yens ! Néanmoins Rikako reste en colère contre Taku et lui demande une nouvelle fois de garder tout cela secret. Choqué par son ingratitude, Taku se demande comment elle a été élevée.


De retour de voyage, Taku et Rikako se retrouve dans la même classe pour le deuxième semestre. Rikako a finalement réussi à se faire une amie à l’école, une camarade qui s’appelle Yumi. À l’approche de la « Golden Week » Rikako n’a toujours pas remboursé Taku.
Pendant les vacances, Taku reçoit un appel paniqué de Yumi. Elle lui explique que Rikako et elle étaient censées aller à Osaka pour un concert mais qu’au dernier moment Rikako a décidé de rendre visite à son père à Tôkyô. Taku lui répond de la laisser aller seule à Tôkyô mais Yumi est inquiète car ses parents avaient autorisé ce voyage à une seule condition : que Rikako l’accompagne. Taku comprend que l’argent emprunté à Hawaï était destine à payer les billets pour Tôkyô. Furieux de savoir que Rikako a menti depuis le début, Taku se précipite en direction de l’aéroport.


Là-bas, Taku trouve d’abord Yumi car Rikako, ne se sentant pas bien, est allée aux toilettes. Taku demande à Yumi de réprimander son amie pour son attitude. Mais elle est en fait plutôt désolée pour Rikako car celle-ci veut seulement revoir son père. Lorsque Rikako revient des toilettes, elle n’est pas contente de voir Taku. Yumi pense qu’ils ne devraient pas mentir à leurs mères à propos du voyage. Mais Rikako rétorque que sa mère ne la laisserait jamais aller voir son père. Taku propose alors une solution simple : Yumi n’a qu’à dire à ses parents qu’elle se sent pas bien et qu’elle retourne chez elle, tandis que Rikako ira à Tôkyô de son côté, sans que sa mère le sache. Yumi est enthousiasmée par cette proposition et court téléphoner à sa mère. Rikako est en revanche furieuse de voir ses plans chamboulés par Taku. Après quelques instants de réflexion, Taku propose de l’accompagner à Tôkyô puisqu’elle craint d’y aller seule, car cela serait dommage de gaspiller les deux tickets d’avion. L’attitude de Rikako change alors du tout au tout. Elle semble maintenant heureuse de pouvoir voyager avec quelqu’un.


Dans l’avion, Rikako assure à Taku que son père lui trouvera un endroit où loger pendant les deux jours. Elle lui avoue ensuite qu’elle envisage de retourner à Tôkyô et de vivre avec son père.
Quand ils arrivent à l’adresse du père, Rikako est excitée d’être de retour, mais quand elle sonne à l’interphone, une voix de femme lui demande qui elle est. Elle réalise immédiatement ce qu’il se passe et demande tristement si son père est là. Son père lui demande alors précipitamment d’attendre dans l’entrée. Quand le père descend, Rikako présente Taku comme son petit ami et dit qu’ils sont venus lui rendre visite. Elle demande ensuite si elle peut monter et revoir sa chambre. Le père accepte avec quelques réticences et demande à Taku d’attendre dans l’entrée. Après quelques minutes d’attente, Taku voit une femme (probablement celle de l’interphone) descendre et sortir du bâtiment. Bien plus tard, le père descend pour rembourser à Taku l’argent que Rikako lui devait puis lui indique le chemin vers la chambre d’hôtel qu’il a réservée pour lui.


Taku se rend à son hôtel, désolé pour Rikako. Dans sa chambre, il téléphone à sa mère pour la prévenir qu’il est à Tôkyô mais évite toute explication. Quand il entend quelqu’un frapper, il raccroche et ouvre la porte à une Rikako désespérée. Elle lui annonce qu’elle reste dormir dans cette chambre cette nuit, puis se rue sur lui pour pleurer sur son épaule.
Après s’être calmée elle demande un verre de vin et l’avale d’un coup. Elle raconte avec colère que son père entreprend un voyage avec quelqu’un mais aussi que sa chambre a été transformée avec mauvais goût. Elle confie à Taku qu’au moment du divorce de ses parents, elle avait pris partie pour son père, mais celui-ci ne voulait pas de son soutien. Taku pense lui aussi que les choses ont dû être difficile pour elle mais qu’elle ne devrait pas pour autant se rebeller contre sa mère. Rikako lui répond que ce ne sont pas ses affaires. Taku regarde alors la télévision et très vite Rikako s’endort. Taku l’installe sur son lit, la couvre et va dormir dans la baignoire car il n’y a qu’un lit.


Au matin, Rikako frappe à la porte de la salle de bain pour réveiller Taku. Elle lui signale ses difficultés cette nuit du fait qu’elle ne pouvait pas utiliser les toilettes et Taku s’en excuse. Elle lui demande ensuite de sortir car elle doit se préparer et s’habiller pour retrouver un ami. Quand Taku revient de sa ballade en ville, Rikako est prête à rejoindre son ami dans le salon de l’hôtel. Elle remet les clefs de la chambre à Taku et descend.


Alors que Taku se repose, il reçoit un appel de Rikako. Elle lui demande de descendre car elle a besoin de lui. Au salon, Taku la retrouve en train de discuter avec un garçon, Okada, qui n’est autre que son ancien petit ami. Rikako a appris qu’Okada a retrouvé une copine (une ami à elle qui plus est !) juste après leur rupture et son départ à Kôchi. Pour ne pas être en reste, elle a fait descendre Taku et prétend qu’il est son nouveau petit ami. Okada propose que les deux couples aillent au cinéma, mais Rikako trouve une excuse pour ne pas y aller. Sous les yeux exaspérés de Taku, Okada commence ensuite à faire des remarques sur l’égoïsme de la mère de Rikako qui l’a emmenée à Kôchi sans se préoccuper d’elle ni de ses études. Taku qui semble avoir pris en compte les arguments de sa propre mère à ce sujet exprime son désaccord avec colère. Trouvant l’attitude de Rikako et Okada absurde et immature, il quitte le salon. Okada dit à Rikako que Taku semble jaloux de lui et lui présente des excuses sans grande conviction.


De retour dans la chambre, Taku est désappointé par le comportement de Rikako. Il pensait que c’était une personne entière jusqu’à ce qu’il la voit flirter avec un ex petit ami idiot. Rikako revient à son tour et raconte qu’Okada l’a déçue. Elle se souvenait d’un garçon gentil et attentionné et elle ne le reconnaît plus. Il ne se préoccupe plus d’elle et ne parle que de lui. En fait elle réalise qu’il a toujours été comme cela mais qu’elle ne s’en apercevait pas quand elle sortait avec lui. Rikako décide d’aller dormir chez sa tante la nuit suivante et dit à Taku qu’ils se retrouveront à l’aéroport le lendemain. Une fois seul, Taku se dit que Rikako a incroyablement mûri en l’espace d’une heure.
De retour à Kôchi, Rikako ignore complètement Taku à cause des rumeurs qui circulent sur leurs vacances ensemble. Un jour, une camarade de classe, Shimizu, s’approche de Rikako et lui demande de s’ouvrir un peu au autres sinon elle finira toute seule. Rikako ne prend pas en compte ce conseil et lui demande de la laisser tranquille.


Sur le toit du lycée, Taku et Yutaka discutent de leurs examens finaux. Yutaka dit les avoir complètement ratés. Il devra aller à Osaka cet été pour suivre des cours de bachotage. Il demande ensuite à Taku s’il est parti en voyage avec Rikako pendant les vacances, ce que Taku confirme. Yutaka raconte alors qu’il a fait la même demande à Rikako plus tôt mais qu’elle a répondu d’un ton tranchant que ce n’était pas ses affaires. Il lui a alors avoué qu’il l’aimait. Rikako, choquée, lui a répondu qu’elle détestait Kôchi et tous les garçons qui y vivent. Comme tous les autres, Yutaka la dégoûte. Furieux de ce qu’il vient d’entendre, Taku descend chercher Rikako.


Taku trouve Rikako dans la classe en train de discuter avec Yumi. Il la prend à part et lui demande de s’expliquer sur les rumeurs qui circulent à propos de leur nuit d’hôtel à Tôkyô. Le ton monte jusqu’à ce que Taku traite Rikako de petite peste. Elle lui donne alors une gifle que Taku n’hésite pas à lui rendre dans la foulée. Rikako, comprenant enfin, dit à Taku avec sarcasme qu’il est un ami très loyal envers Yutaka puis s’éloigne. Taku se dit alors que ce voyage à Tôkyô a été une très mauvaise chose aussi bien pour lui que pour Rikako.


À l’automne, Rikako ne participe pas aux préparatifs pour le festival de l’école alors que ses notes ne cessent de grimper. Cela excède plusieurs camarades de classe qui la prennent un jour à partie. Les filles, menées par Shimizu, exposent tous leurs griefs mais à chaque fois Rikako démonte leurs arguments sans ménagement. Une des filles, à bout, finit par se jeter sur elle mais elle est retenue par Shimizu qui lui dit que Rikako ne vaut pas la peine qu’on pleure ou qu’on ternisse son dossier scolaire à cause d’elle. Taku, qui était en train de vider les poubelles, a été témoin de toute la scène mais, ne voulant pas intervenir dans ce règlement de compte, l’a observé discrètement. Une fois l’incident clos, Taku se remet à son activité. Rikako le remarque alors et lui demande depuis combien de temps il est là. Taku lui avoue qu’il a entendu ce qu’il s’est passé et la félicite pour sa force de caractère. Rikako, dans un accès de colère, le gifle et le traite d’idiot et de peste. Mais Taku ne réagit pas. Rikako, ne s’y attendant pas, explose en sanglots et s’enfuit.


C’est alors que Yutaka arrive. Il a vu Rikako s’enfuir en pleurant et demande à Taku ce qu’il s’est passé. Taku raconte que Rikako a été maltraitée par un groupe de fille mais qu’elle a fait preuve de beaucoup de courage. Yutaka demande alors pourquoi il ne les a pas arrêtées. Taku explique qu’il ne voulait pas que son intervention alimente les rumeurs. Par ailleurs, selon lui, cette expérience aurait le mérite de faire réfléchir l’insolente Rikako. Furieux d’entendre cela, Yutaka assène un coup de poing à son ami et le traite d’idiot à son tour. Après cet épisode, les deux amis ne se sont plus parlés. Leur diplôme en poche, les trois protagonistes prennent des direction différentes : Rikako intègre l’université de Kôchi, Yutaka part à Kyôto et Taku étudie à Tôkyô.


De retour dans le présent, Taku descend de l’avion et sort de l’aéroport de Kôchi. Une voiture est venu le chercher : c’est Yutaka. Taku le remercie et tous deux commencent à discuter de leur expérience respective à Tôkyô et Kyôto. Arrivés à la maison de Taku, au moment de prendre congé, Yutaka s’excuse pour le coup de poing. Taku plaisante en disant qu’il comprend maintenant pourquoi son ami est venu le chercher à l’aéroport. Puis il demande à Yutaka s’il ne veut pas aller se balader un peu pour discuter, puisqu’ils ne se sont pas vus depuis longtemps. Sur une digue face à l’océan, les deux amis regardent le coucher de soleil. Yutaka explique que s’il l’avait frappé à l’époque, c’est parce qu’il avait réalisé que Taku aimait Rikako mais qu’il réprimait ses sentiments. Taku ne répond rien et Yutaka comprend qu’il n’y a rien à ajouter. Tous deux restent encore une heure à regarder l’océan avant de rentrer.


Lors de la soirée d’anciens élèves, plusieurs groupes se sont formés et tous discutent de leurs expériences respectives durant l’année passée. Taku et Yutaka sont avec Tadashi, qui boit verre sur verre, répétant sans cesse « elle est en retard. » Soudain on apprend à une table à côté qu’un garçon a déclaré sa flamme à une fille et qu’un couple vient de se former. Tadashi, y voyant un encouragement, confesse alors à son tour ses sentiments pour Yumi. Cette dernière n’est pas encore arrivée et Tadashi explique qu’il a toujours eu des vues sur Yumi alors que Taku s’intéressait lui à Rikako. Gêné, Taku essaye de contester mais Tadashi complètement saoul ne tarde pas à s’évanouir.


Alors que Taku emmène Tadashi aux toilettes, Shimizu s’assied près de Yutaka. Elle lui dit qu’elle a croisé Rikako dans Tôkyô par hasard. Elle lui a parlé de la réunion mais Rikako devait rentrer chez elle. Rikako doit d’ailleurs transmettre un message à Yutaka : elle s’excuse d’avoir été aussi dure avec lui. Quand Taku revient, il dit à Shimizu qu’elle est devenue très jolie. Elle le remercie pour son compliment et ajoute que Rikako est devenue encore plus belle qu’avant. Taku est surpris de savoir que Shimizu a rencontré Rikako à Tôkyô. Il se souvient alors qu’il avait lui même entr’aperçu Rikako à la gare. En fait Rikako devait aller à l’université de Kôchi, mais elle avait également préparé en secret les tests pour entrer dans une école à Tôkyô. Shimizu se rappelle avoir détesté Rikako mais la revoyant aujourd’hui elle a réalisé que ces sentiments ont disparu. Tous les deux étaient à l’époque bornées et intolérantes, mais elles ont évolué. Quand Yumi arrive enfin, son apparence a également beaucoup changé. Quand Tadashi entend ses camarades prononcer le nom de Yumi, il se réveille et marche vers elle en titubant avant de s’effondrer à mi-chemin.


Après la soirée, Taku, Yutaka, Yumi, Tadashi et Shimizu décident de marcher un peu dans la ville. Yumi raconte qu’elle aussi a revu Rikako. Cette dernière lui a confié qu’elle aimerait rencontrer quelqu’un à Tôkyô, quelqu’un qui dort dans une baignoire. En entendant cela, Taku sourit. Le groupe s’arrête pour admirer le château de Kôchi et Taku se dit qu’il l’aurait trouvé encore plus beau avec Rikako. Il se rappelle alors de tous les épisodes marquants qu’il a vécus avec Rikako et ces souvenirs l’émeuvent.


À Tôkyô, Taku entre dans une gare. Comme au début du film, il aperçoit Rikako de l’autre côté du quai. Un train en face arrivant, il se rue vers l’escalier pour rejoindre l’autre voie, mais le temps d’arriver, le train est déjà parti. La déception est néanmoins de courte durée : en se retournant il découvre que Rikako l’a attendu. Taku se dit alors qu’il l’aime vraiment.


Le générique de fin montre des croquis des différents personnages. Le dernier dessin représente Taku et Rikako marchant tous les deux sur la plage.

Tu peux entendre la mer : Personnages
Taku Morisaki

Taku est le narrateur de l’histoire. Au début du film, il nous est présenté comme étant un jeune étudiant à la faculté de Tôkyô. Il incarne à merveille le jeune japonais moyen, courtois, posé, mais qui ne brille pas particulièrement pas ses résultats ou par une forme athlétique. Cependant, une blessure d’adolescent demeure en lui et se réveille alors qu’il doit retrouver ses anciens camarades de lycée. On découvre donc un Taku plus jeune, assez insouciant, et surtout très fidèle en amitié. Par loyauté envers son ami Yutaka, il enfouit au plus profond de lui ses sentiments réels pour Rikako. Son attitude envers la jeune fille est donc froide et distante pendant de nombreux mois, jusqu’à leur escapade à Tôkyô. Mais il continue cependant à nier toute affection pour Rikako, probablement pour épargner son ami Yutaka. Même après leur dispute, il se refuse à avouer ses sentiments. Il ne le fera qu'un an plus tard, après que Yutaka lui ait montré qu’il avait compris les sentiments de Taku et qu’il ne lui en voulait plus à ce sujet.
Rikako Mutô

Rikako incarne la lycéenne brillante. Sportive, intelligente, elle opte souvent pour une attitude un peuhautaine qui pousse à l’admiration les garçons et à l’exaspération les jeunes filles. Ses accès de colère, son égoïsme et ses réflexions sarcastiques la rendent pourtant insupportable aux yeux de Taku. Mais derrière ce comportement parfois pénible, se cachent de nombreuses failles. Ainsi elle a été transférée de Tôkyô vers Kôchi parce que ses parents se sont séparés. On apprend au fur et à mesure qu’elle a été profondément marquée par cette séparation et par l’attitude distante de son père. Cette dualité se retrouve dans ses relations avec Taku. Souvent pénible, voire odieuse, parfois touchante et fragile, elle semble imprévisible avec le jeune homme. Mais peut-être a-t-elle tout simplement du mal à exprimer ses sentiments pour un garçon.
Yutaka Matsuno

Yutaka est un jeune homme décidé, que rien ne semble pouvoir arrêter. Ainsi, il n’hésite pas à clamer ses désaccords, ou s’autoproclame fou d’amour pour Rikako dès le premier regard. Cette force de caractère est un véritable atout, puisque c’est cette qualité que Taku admire le plus chez son ami et qui le pousse à lui être loyal en toutes circonstances. Cependant, cette attitude peut provoquer également bien des désagréments. Ainsi, bien qu’étant brillant, il rate ses examens d’entrée pour l’université, sa passion pour la jeune lycéenne le perturbant trop. Yutaka analyse également avec finesse ses amis. Bien avant Taku, il comprend que celui-ci éprouve de l’amour pour Rikako et que les sentiments sont réciproques. Mais trop blessé par cette histoire, il n’arrive pas, pour la première fois dans leur amitié, à en parler à son ami et, dans un accès de colère et de rage, il lui assène un coup de poing rageur.
Yumi Kohama

Yumi est la seule amie sur laquelle peut compter Rikako. Elle demeure dans l’ombre de sa brillante amie, car elle est très timide et effacée. Ayant reçu une éducation très stricte, elle demeure une étudiante très rigoureuse. Elle panique également devant tout changement inattendu, par peur de représailles parentales et surtout à cause de son caractère timoré.
Akiko Shimizu

Shimizu est une lycéenne populaire auprès des filles et plutôt charismatique. Au tout début, elle essaie de convaincre Rikako de s’intégrer au groupe, mais devant la froideur de la jeune fille, elle se met à détester la nouvelle élève. À la tête de plusieurs filles exaspérées par le comportement de Rikako et probablement par sa réussite, elle la prend à partie, mais ne perd cependant jamais son calme face à la jeune fille. Elle avoue un an plus tard qu’elle a eu tort de s’emporter ainsi, preuve de son ouverture d’esprit.
Tu peux entendre la mer : Analyse
Tu peux entendre la mer est sorti un an après Porco Rosso, succès de l'été précédent. Le personnage de Marco Pagot, homme d’âge mur, calme et fort eut beaucoup de succès auprès des femmes qui apprécie beaucoup ce type d'homme un peu âgé, rassurant et qui véhicule rêve et nostalgie. Lorsqu’il appréhende Tu peux entendre la mer, Tomomi Mochizuki, se demande si les adolescents masculins, qui sont en majorité le public des films d'animation au Japon, se sont retrouvés dans ce personnage. De plus, l’organisation de la société japonaise évolue, la femme y joue un rôle de plus en plus important et l’image du jeune homme japonais se brouille.


Dans l'animation, pour représenter des personnages masculins, on décrit soit des personnages forts ou bien des otakus introvertis mais jamais une représentation de l'adolescent classique et réaliste avec ses problèmes simples du quotidien : trouver une copine et réussir ses études. De plus, la publication de Tu peux entendre la mer dans les pages d’Animage a eu beaucoup de succès à l'époque, certainement en réaction aux séries animées violentes telles que Hokuto no Ken (Ken le survivant) ou Seinto Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque) que l’on pouvait beaucoup voir à la TV japonaise. Tu peux entendre la mer est réaliste et a eu probablement du succès car il ne mettait pas en scène de graves problèmes planétaires ni de violence gratuite. La série décrivait le quotidien de lycéens et lycéennes et eut du succès auprès d'eux. À la fin des années 80, il existait bien également des séries mettant en scène des adolescents telles que Kimagure Orenji Rôdo (Max et Compagnie) ou Maison Ikkoku (Juliette je t'aime), mais il s’agissait de séries pour adolescent plus rythmées ou le fantastique était de mise.

Dispute animée version Tu peux entendre la mer….

… Et version Ranma 1/2.
Avec ce film, le but avoué du réalisateur était de mettre fin à la violence de ce type de série se passant au lycée et de présenter au public un garçon normal comme personnage principal. Il a essayé de écrire des lycéens normaux car, après tout, les étudiants de cette époque étaient normaux, plutôt passifs, dans un système éducatif très contrôlé, et non des étudiants extravagants qui luttent contre le système établi. Ces partis pris font ainsi de Tu peux entendre la mer une œuvre atypique dans la production animée japonaise.
Evidemment, Tu peux entendre la mer n’est pas exempt de défauts. Le téléfilm est court, limitant la caractérisation des personnages. Il n’y a pas non plus de réels temps fort ou temps faibles dans la réalisation. Les courts délais de réalisation, le type très introspectif de l’histoire, le character design très particulier ne permettent pas au film d’être aussi ambitieux que les autres productions du studio. Mais il s’agit de la seule et unique expérience de réalisation du studio Ghibli pour la télévision. De plus, le choix de réaliser un film d’animation plutôt qu’un film en prise de vues réelles pour ce type de sujet était un pari risqué que le studio a remporté haut la main, vu le succès populaire du téléfilm.
Le film se distingue également du reste de la production Ghibli par son absence de fantastique ou de merveilleux. Même dans le réaliste Souvenirs goutte à goutte, la mise en scène d'Isao Takahata donnait lieu à des envolées poétiques. Dans Tu peux entendre la mer, aucune scène onirique ne vient interrompre le déroulement tranquille du récit. Et c’est tout le talent de Mochizuki d’avoir su caractériser ses personnages et retranscrire leurs sentiments sans avoir recours à des artifices ou des exagérations.


Dialogues et moments de silence tiennent une place importante dans Tu peux entendre la mer.
Tu peux entendre la mer a l’ambition modeste de décrire avec finesse et honnêteté les incertitudes et les préoccupations de lycéens coincés entre l’adolescence et l’âge adulte, tiraillés entre l’amour et l’amitié. Le trio amoureux, ressort classique des comédies romantiques n'est pas ici un prétexte à des quiproquos, rebondissements et autres marivaudages. Jamais par exemple Rikako, Taku et Yutaka ne se retrouvent dans la même pièce ou réunis, ils ne cessent au contraire de se fuir, afin d'éviter toute situation embarrassante, loin des effets comiques habituels. Raconté par un lycéen moyen, l’histoire prend l’allure d’une introspection sur les joies et les douleurs que l’on rencontre à cet âge, les incompréhensions qui caractérisent les relations avec autrui. Toutes ces expériences seront bénéfiques aux différents protagonistes qui gagneront en maturité. Leur entrée à l’université marque en effet leur passage à l’âge adulte et la réunion d’anciens élèves est l’occasion de reparler avec recul de leurs erreurs passées.


Le cadre de Tu peux entendre la mer est typiquement japonais, notamment dans sa description de la vie quotidienne d’un lycéen au Japon. Ainsi Taku, bien que mineur, travaille parallèlement au lycée. Cette pratique, appelée baito (traduire littéralement : « petit job »), est courante au Japon. Le classement des élèves au lycée, que l’on voit dans le film et qui explique la rancœur des camarades de Rikako envers elle et sa réussite, est également une thématique très largement développée dans les séries d’animation japonaise pour adolescents. Ce type de classement encourage les élèves à constamment progresser et à dépasser les autres, dans un esprit de compétition que seules quelques lycées français réputés encouragent, cela engendre beaucoup de pression et on voit bien Rikako s’isoler et se désociabiliser au fur et à mesure que ses résultats scolaires augmentent, et ceci dans un seul but : rejoindre un jour Tôkyô. En effet, les examens d’entrée dans les universités prestigieuses demandent beaucoup d’investissement. C’est ainsi que certains élèves ont recours au système du juku (cours du soir), qui sont payants et chers, ou encore à des cours de bachotage intensifs l’été, comme on peut le voir avec Yukata. Si il ne s’agit que d’une toile de fond, le système éducatif nippon est décrit avec beaucoup de justesse par Mochizuki, sans toutefois aller jusqu’à une critique de ce système. Le réalisateur pose un décor, ancrant le trio amoureux dans le réalisme de la vie quotidienne.


Mais si le cadre est typiquement japonais, Tu peux entendre la mer développe une histoire, des situations et des sentiments universels, propres à toucher n’importe quel spectateur, de n’importe quelle contrée. Ainsi quel garçon ne s’est pas entiché d’une fille comme Rikako confirmant le vieil adage « Le cœur a des raisons que la raison ignore » ? Quel adolescent n’a pas été impliqué dans un triangle amoureux avec son meilleur ami ? Qui n’a jamais réprimé ses sentiments pour préserver une amitié ? Tu peux entendre la mer touche parce qu’il parle des peines et des joies de tout adolescent...



Tu peux entendre la mer : Production
Origines
Hayao Miyazaki et Toshio Suzuki décident que le prochain film du studio sera réalisé par une équipe jeune, et pensant également leur laisser le champ libre.
Les premières discussions concernant le processus d'adaptation en animation du roman Tu peux entendre la mer ont lieu en juin 1992, au moment du doublage de Porco Rosso. Tu peux entendre la mer, écrit par Saeko Himuro, auteur a succès auprès des adolescents japonais, a été prépubliée sous forme de série dans le magazine Animage, publiée par Tokuma Shoten, en octobre 1989. Le premier épisode est apparu en février 1990. Le texte original, ciblant les adolescents, parle de la jeunesse et semble donc bien en adéquation avec cette jeune génération de créateurs qui sera plus apte à cerner les premiers sentiments amoureux de cet âge de la vie à l’écran.
La deuxième raison qui pousse Miyazaki et Suzuki à choisir Tu peux entendre la mer est que Katsuya Kondô, directeur de l’animation de Kiki, la petite sorcière, a réalisé les illustrations d'origine du roman. Il a donc déjà une première affinité avec l’œuvre.

Le directeur de l'animation et responsable du character design Katsuya Kondô.
Par conséquence, il est plus facile et plus logique de le laisser au poste de character designer. Katsuya Kondô a dessiné également les image-board du téléfilm. Le studio demande à Kondô de travailler sur le téléfilm alors que le roman est encore en cours de publication dans Animage.

Illustration signée Katsuya Kondô, publiée dans Animage.
Production
Reste l’épineuse question du réalisateur. Le studio se tourne vers Tomomi Mochizuki car il semble être l’homme de la situation. En effet, si l'on se penche sur sa filmographie, on remarque qu’il a travaillé sur Mahô no Tenshi Kurîmî Mami (Creamy, merveilleuse Creamy), Maison Ikkoku (Juliette je t'aime) et Kimagure Orenji Rôdo (Max et compagnie), des séries non violentes qui traitent déjà de l'adolescence. Mochizuki est déjà fan de Saeko Himuro. Il connaît presque toute son œuvre et il cherche depuis longtemps le moyen d'adapter l’une de ses œuvres en film d'animation. Il semble qu’il ait déjà tenté une première fois d'adapter le roman Tu peux entendre la mer durant sa prépublication dans Animage mais le projet n’aurait pas abouti. Lorsque le studio Ghibli décide de faire de Tu peux entendre la mer son prochain film, le studio ignore tout de cet engouement pour l’œuvre de Saeko Himuro.

Le réalisateur Tomomi Mochizuki.
Tu peux entendre la mer est également un vrai défi pour son époque. En effet, à ce moment là, la TV japonaise ne propose que des personnages d'adolescents sur le thème de la science-fiction. Pour Tomomi Mochizuki, réaliser Tu peux entendre la mer, c’est aussi sortir de la représentation de l'adolescent alors en vogue dans l’animation japonaise.

Le directeur artistique Naoya Tanaka.
Tu peux entendre la mer est la première tentative du studio de confier la création d'un film à une jeune équipe (tous dans la vingtaine ou la trentaine). La devise pour la production du téléfilm était « rapide, pas cher et de qualité ». Mais au final le planning et le budget ne sont pas tout à fait respectés. La production du téléfilm a démarré le 24 septembre 1992, mais alors que le studio Ghibli souhaite que tous les dessins soient terminés pour fin 1992, ils sont finalement achevés en février 1993 et le téléfilm, quant à lui, ne sera prêt que le 18 mars 1993.

Le producteur Takahashi Nozomu. Né en 1960, il commence à travailler pour Tokuma Shoten en avril 1983, notamment pour le magazine d’animation Animage. À partir d’octobre 1989, il est muté au studio Ghibli pour la production de Souvenirs goutte à goutte puis de Porco Rosso.
Diffusion du téléfilm
Tu peux entendre la mer est diffusé le 5 mai 1993 sur NTV, la chaîne privée détentrice des droits de diffusion TV des œuvres du studio Ghibli au Japon. Le téléfilm a reçu un beau succès lors de sa diffusion TV et exceptionnellement, une sortie au cinéma, dans une seule et unique salle, a suivie, au Musashino Hall de Nakano (Tôkyô).
Tu peux entendre la mer a connu une suite mais elle n’est pas de Ghibli. Ce n’est même pas un film d’animation. Après le succès du téléfilm animé, Himuro a écrit une suite à son premier roman Umi ga Kikoeru 2 : Ai ga Arukara, de nouveau illustré par Kondô et publié par Tokuma Shoten. Les deux romans ont été compilés pour faire un téléfilm en prise de vue réelle. Malheureusement, il semble qu’un mauvais scénario, le jeux médiocre des acteurs et le physique quelconque de Rikako (l’actrice a été sélectionné à partir d’un casting téléphonique !) font que ce téléfilm est loin d’approcher la magie de la version animée.


Les deux romans de Saeko Himuro.
En France, il faudra attendre presque 22 ans pour pouvoir découvrir légalement le téléfilm. Il est proposé par Netflix dans son catalogue de films du studio Ghibli le 1er février 2020. À cette occasion, une version française et un sous-titrage français sont proposés. Tu peux entendre la mer n’aura auparavant jamais eu droit à une sortie nationale en salles (ce qui peut se comprendre, car produit pour la télévision), ni même vidéo dans notre pays.
Tu peux entendre la mer : Art et technique
Les décors
Tu peux entendre la mer étant un téléfilm, les décors sont moins fouillés et soignés que dans les autres œuvres du studio Ghibli. Cependant on peut constater un véritable souci du détail Par exemple, la gare de Kichijôji que l’on voit au début et à la fin de l’œuvre est très fidèlement représentée, de même que la sortie vers le grand magasin LonLon. Ainsi, les barrières, les escaliers et les quais ainsi que les trains orange et jaune (omnibus) qui circulent dans cette gare sont des copies conformes de la réalité.



La galerie marchande d'Obiyamachi est un cadre utilisé à plusieurs reprise dans le téléfilm.
Les personnages
Dans son rôle de réalisateur, Tomomi Mochizuki a particulièrement fait attention au réalisme des personnages. La description des personnages était le point plus important pour lui, son personnage préféré étant Rikako.



Référence animation : Katsuya Kondô joue Yutaka Matsuno dans cette scène où le personnage ramène Taku Morisaki chez ses parents à son retour de Kôchi.
Le réalisateur s’est posé la question de savoir si Tu peux entendre la mer devait être en live plutôt qu’en animation, avec de vrais acteurs. Par exemple, dans une scène où l'on trouve simplement deux personnages incarnés par des acteurs en train de discuter, le spectateur peut suivre facilement sur leur visage leur état d'esprit. Retranscrire cet état d'esprit en animation nécessite beaucoup de travail et de précision de la part des animateurs et est plus difficile.
Mais l'avantage de l'animation par rapport à la prise de vue réelle, c'est que le public s'identifie plus facilement aux personnages et à leurs sentiments, la simplification des traits du visage, plus anonyme, aidant. L'animation est d’autant plus un avantage lorsque l’on traite d’un sujet aussi délicat de l'amour, pouvant plonger le spectateur facilement dans la gêne avec de vrais acteurs.
E-konte pour sakuga
Voici la solution que le directeur de l'animation Katsuya Kondô a adopté pour harmoniser la qualité des sakuga (dessins d'animation) lors de cette production aux délais très courts.
Il s'agit ici d'une scène où Rikako frappe une balle de tennis. Dans son e-konte, le réalisateur Tomomi Mochizuki a décrit l'action en 2 cases. Kondô en a lui dessinée 5.


Ici, le mouvement de Rikako et les expressions de son visage sont ainsi plus détaillées. C'est à partir de ces « poses clés » que les dessinateurs ont, à sa suite, dessiné les sakuga.

La musique
La bande originale, composée par Shigeru Nagata est dans le ton du téléfilm, c'est à dire calme et apaisante. Les morceaux, le plus souvent au piano, alternent comique et sérieux, entrain et tristesse. Certains sont anodins, d'autres jouent plus sur les émotions. Comme pour le film, l'ensemble est cohérent et équilibré.
Le compositeur avait récemment travaillé avec Tomomi Mochizuki sur l’adaptation animée en OAV du manga Koko wa Green Wood (1991/1993). Pour le studio Ghibli, quelques mois avant, Nagata avait écrit les musiques des publicités Sora-iro no Tane (La graine bleu ciel) et Nandarô (Qu'est-ce que c'est ?), réalisées par Hayao Miyazaki et Yoshifumi Kondô à l'occasion du 40ᵉ anniversaire de la chaîne NTV.
Umi ni Naretara (Si je pouvais devenir la mer), la chanson du générique de fin, est également le fruit d’une collaboration étroite de l’équipe du film : Shigeru Nagata en est le compositeur, Tomomi Mochizuki le parolier et Yôko Sakamoto, la doubleuse de Rikako Mutô, en est l’interprète.

Tomomi Mochizuki, Yôko Sakamoto et Shigeru Nagata lors de l’enregistrement de la chanson, le 21 mars 1993 à Yoyogi (arrondissement de Shibuya, Tôkyô).
Tu peux entendre la mer : Fiche technique

Crédits
| Titre | 海がきこえる (Umi ga Kikoeru) Ocean Waves / Tu peux entendre la mer (Alternatif : Je peux entendre l'océan) |
|---|---|
| Année de création | 1993 |
| Œuvre originale | Umi ga Kikoeru de Saeko Himuro |
| Planification | Toshio Suzuki, Seiji Okuda |
| Scénario | Keiko Niwa (sous le pseudonyme de Kaori Nakamura) |
| Storyboard, réalisation | Tomomi Mochizuki |
| Directeur artistique | Naoya Tanaka |
| Character design | Katsuya Kondô |
| Directeur de l'animation | Katsuya Kondô |
| Assistant directeur de l'animation | Masashi Andô (non crédité) |
| Contrôle de l’animation | Hitomi Tateno, Rie Nakagome, Rie Fujimura |
| Couleurs | Yumi Furuya |
| Musique | Shigeru Nagata |
| Chanson du générique | Umi ni Naretara (Si je pouvais devenir la mer) Composée par Shigeru Nagata, paroles par Tomomi Mochizuki, et interprétation par Yôko Sakamoto |
| Son | Yasuo Uragami |
| Directeur de la photographie | Atsushi Okui |
| Producteurs exécutifs | Hideo Ogata, Shiro Wada |
| Producteur | Takahashi Nozomu |
| Production | Studio Ghibli Young Creators' Group |
| Diffusion | NTV |
Doublage japonais
| Taku Morisaki | Nobuo Tobita |
| Yutaka Matsuno | Toshihiko Seki |
| Rikako Mutô | Yôko Sakamoto |
| Akiko Shimizu | Yuri Amano |
| Yumi Kohama | Kae Araki |
| Okada | Jun'ichi Kanemaru |
| La mère de Taku | Ai Satô |
| Shimizu | Aya Hisakawa |
| Tadashi Yamao | Hikaru Midorikawa |
Quelques chiffres
| Date de diffusion du téléfilm au Japon | 5 mai 1993 |
| Date de sortie du téléfilm en France | 1er février 2020 sur Netflix |
| Durée de la production | Moins de 6 mois : du 24 septembre 1992 au 18 mars 1993 |
| Durée du téléfilm | 1 heure 12 minutes |



