Panda, petit panda


« Ce projet ravive chez moi des souvenirs. C’est le rare travail qui m’a donné une sensation de chaleur pendant que je l’écrivais, alors que je l’animais, et tandis que je le regardais. »
(Hayao Miyazaki)
La petite orpheline Mimiko habite dans la maison de sa grand-mère. Alors que cette dernière s'absente quelques jours, un bébé panda et son papa, échappés du zoo voisin, pénètrent dans la maison... Et s'y installent ! Tous trois deviennent rapidement les meilleurs amis du monde...
Composé de deux moyens métrages, Panda Kopanda et Panda Kopanda : Amefuri Sâkasu no Maki (Panda, petit panda : jour de pluie au cirque), Panda, petit panda constitue, après Horus, prince du soleil en 1968, une autre étape essentielle de la collaboration entre Isao Takahata et Hayao Miyazaki. Dans ce film destiné clairement aux enfants, les deux créateurs expérimentent des motifs scénaristiques et scéniques qu'ils développeront dans leurs œuvres futures, notamment Mon voisin Totoro dont il est souvent considéré comme le prototype.
En complément : Fifi Brindacier, le projet d’adaptation TV abandonné de la célèbre série de romans pour enfants d’Astrid Lindgren par Isao Takahata.
Moyens métrages conseillés à partir de 3 ans (voir guide des parents)
Sources : dossier de presse français des deux moyens métrages - Starting Point: 1979-1996 d'Hayao Miyazaki (version anglaise) - Yoichi Kotabe - Legendary Animator – His Animated Drawings (Anido) - Tokyo Movie Anime Super Data File - This is Animation - Panda Kopanda - Animeland hors-série n° 10 - GhibliWorld.com
Remerciements : merci à Yasuka Takeda pour les traductions
Panda, petit panda : Résumé détaillé

Panda, petit panda
Mimiko, une petite fille orpheline et espiègle, accompagne sa grand-mère à la gare. Celle-ci doit se rendre à Nagasaki pour honorer la mémoire de son mari disparu, mais elle a du mal à se résoudre à laisser Mimiko seule à la maison et sur le point de reprendre l’école. La petite fille lui assure qu’elle saura parfaitement se débrouiller et lui promet de lui écrire tous les jours. Le train parti, Mimiko passe faire quelques courses avant de rentrer. Les marchands sont très impressionnés par l’autonomie et le courage dont elle fait preuve.

Mimiko est de retour chez elle. Elle habite une maison isolée dans une clairière au milieu d’une forêt de bambous. Elle remarque des traces de pattes menant à l’arrière de la maison et découvre un bébé panda endormi qu’elle prend pour une peluche. Quand l’animal se réveille dans les bras d’une Mimiko stupéfaite, il prend peur. Mais la jovialité de la petite fille le met à l’aise et ils se lient rapidement d’amitié.

Alors que Mimiko et Pandy, petit nom donné par la fillette, boivent du lait à l’intérieur de la maison, un nouveau visiteur arrive. Il s’agit du père de petit panda. D’abord étourdie par la taille de l’animal, Mimiko l’invite à entrer pour boire avec eux, mais la chaise se casse sous le poids de l’animal. La petite fille lui installe à la place une grande rondelle de tronc d’arbre.

Quand Papa panda apprend que Mimiko n’a pas de père, il est attristé et lui propose de devenir le sien. La petite fille accepte avec enthousiasme. En échange elle propose de devenir la mère que Pandy a toujours voulu avoir. Tous trois vivraient comme une vraie famille dans cette maison. Le soir, Mimiko écrit à sa grand-mère pour lui raconter ses rencontres et sa première journée avec sa toute nouvelle famille.

Le lendemain matin, Mimiko s’affaire au ménage puis à la préparation du petit déjeuner. Elle prépare également le déjeuner que Papa panda doit emporter à son travail. Ce dernier semble peu enthousiaste à l’idée d’aller travailler. Mimiko s’en aperçoit et prétexte qu’il s’agit d’une journée de congé pour lui. Petit panda propose alors d’aller se promener, mais la petite fille doit aller à l’école et ne peut l’emmener avec elle.

Sur le chemin de l’école, Mimiko s’aperçoit que Pandy l’a suivie. Elle accepte finalement de l’emmener à la condition qu’il se fasse passer pour une peluche. En classe, la peluche attise la curiosité des élèves et l’instituteur lui demande de l’enfermer dans son casier en attendant la fin des classes.

La petite fille demande à Pandy de l’attendre dehors et revient en classe. Mais le petit panda est très vite attiré par les odeurs de la cantine et en cherchant à voler de la nourriture, il provoque une véritable panique dans les cuisines. C’est recouvert de soupe qu’il s’enfuit poursuivi par le personnel de l’établissement et bientôt tous les élèves de l’école. Heureusement, Mimiko parvient à l’attraper et le nettoyer avant que ses poursuivants ne découvrent que l’ours qu’il croyaient poursuivre était la peluche panda de Mimiko !

Le lendemain, un policier vient rendre visite à Mimiko. Il est stupéfait et effrayé de découvrir que la petite fille habite avec deux pandas, dont un qu’elle appelle « papa ». Il s’enfuit en courant, mais Mimiko ne s’en formalise pas et tous trois partent se promener au bord de la rivière. Pendant ce temps, la police et des employés du zoo ont investi la maison pour tenter d’attraper les pandas et les ramener au zoo.

Mimiko et « sa famille » sont en train de jouer à la corde à sauter lorsque deux voyous arrivent avec un molosse. Quand ils aperçoivent les pandas, ils pensent immédiatement à la récompense promise à ceux qui les retrouveraient. Pendant que l’un des enfants court chercher la police, l’autre reste pour les surveiller avec le chien. Mais le chien s’énerve et échappe à son maître. Il menace d’abord Mimiko, mais Papa panda, placide, le fait reculer simplement en ouvrant grand sa bouche. Le chien se reporte alors sur Pandy et lui saute à la tête. Mais le petit panda a la tête dure et, malgré sa petite taille, est déjà d'une force herculéenne. Tranquillement il saisit le molosse et le projette contre son maître. Les deux s’enfuient à toutes jambes.

Alors que Mimiko discute avec Papa panda, Pandy s’éloigne. Très vite la petite fille et Papa panda partent à sa recherche. Ils sont interceptés par la police, mais quand Papa panda apprend au gardien du zoo que Pandy a disparu, tout le monde part à sa recherche.

Un policier l’aperçoit enfin sur une planche de bois dérivant sur la rivière. Mais il s’approche dangereusement du barrage. Mimiko n’hésite pas à sauter du haut du barrage pour le saisir avant qu’il ne bascule dans la chute d’eau. Elle s’accroche à un rebord, mais n’a pas la force de résister longtemps. Heureusement Papa panda parvient à fermer le barrage à temps. Tout le monde saute dans l’eau pour fêter le sauvetage réussi de Pandy.

Papa panda et Pandy, devenus des célébrités, sont retournés au zoo... Le jour. Mais reviennent chez Mimiko le soir, après leur journée de travail !

Panda, petit panda : Jour de pluie au cirque
Un soir, deux employés d’un cirque s’introduisent dans la maison de Mimiko et des pandas. Ils sont sur les traces d’un bébé tigre échappé. Alors qu’ils sont en train de le chercher dans le salon, les occupants de la maison rentrent et les surprennent. Mimiko est ravie de rencontrer pour la première fois ce qu’elle croit être des cambrioleurs. Mais les deux hommes s’enfuient de terreur à la vue de Papa panda.

C’est l’heure de passer à table, mais Pandy s’aperçoit que quelqu’un a déjà mangé son repas ! Attiré par une odeur, il se rend dans la salle de bain et remarque que quelqu’un a utilisé et sali sa petite serviette ! Il s’aperçoit également que sa petite trompette a été cassée. Il découvre enfin que l’auteur de tous ces méfaits est en train de dormir dans son petit lit. En essayant d’attraper la queue qui dépasse des draps, Pandy tombe nez à nez avec le bébé tigre. Les deux animaux s’effrayent mutuellement et se cachent chacun d’un côté et de l’autre de Papa panda.

Mimiko est ravie d’accueillir Tigry le bébé tigre dans la famille. Tous s’entendent vite très bien et ils passent une excellente fin de soirée. Les deux bébés couchés, Mimiko se demande d’où vient Tigry et s’il a une maman. Elle est décidée à se renseigner en ville le lendemain.

Le lendemain matin, elle emmène donc Pandy et Tigry faire des courses. Sur le chemin, alors qu’elle s’éloigne d’eux un instant pour poster une lettre, Tigry suivi par Pandy court poursuivre un train passé à proximité. Mimiko ne les a pas vus s’en aller et, inquiète, part à leur recherche en ville. Là, elle apprend qu’un cirque est arrivé par le train et s’est installé. Elle s’y rend pensant qu’elle a une bonne chance d’y trouver Pandy et Tigry.

Au cirque, Pandy est fasciné par les animaux et les répétitions de numéros qu’il voit. Il essaye d’imiter une otarie qui fait tourner un ballon sur son nez, mais par maladresse il se retrouve à courir sur le ballon sans pouvoir s’arrêter. Il créé une véritable zizanie dans le cirque et tous les employés finissent par essayer de l’attraper. Mais Pandy finit sa course dans la cage du tigre. Les employés du cirque sont terrifiés : ils craignent qu’il se fasse manger par le fauve.

Dehors, Mimiko et d'autres enfants s’agglutinent à l’entrée du cirque, mais un employé leur demande de revenir demain pour l’ouverture. Mais quand elle entend qu’un bébé panda est entré dans la cage d’un tigre, Mimiko, suivi des autres enfants, force le passage et se précipite à l’intérieur. Elle y retrouve Tigry qui s’accroche à elle.

Pendant ce temps, le directeur du cirque n’est pas parvenu à récupérer le panda. Pire, le tigre a saisi Pandy dans sa gueule et est sortie de la cage laissée ouverte. Il se retrouve nez à nez avec Mimiko sous les yeux terrifiés des employés et des enfants. Les deux se regardent un moment puis devant le sourire de Mimiko, le tigre lâche Pandy qui court s’accrocher à la petite fille. Comme s’il s’agissait d’un échange, Tigry se précipite vers le tigre qui n’est autre que sa maman. Mimiko et la tigresse s’échangent des léchouilles et tous quatre rugissent de plaisir.

Pour remercier Mimiko d’avoir ramené Tigry, le propriétaire du cirque leur a donné des billets pour le spectacle du lendemain. Mais le temps se couvre et la pluie tombe pendant toute la nuit. Le matin Mimiko et les pandas découvrent ravis de la fenêtre de la chambre un paysage totalement inondé. Le rez-de-chaussée étant sous l’eau, ils déjeunent sur le toit.

Plus tard, ils aperçoivent un ballon provenant du cirque flotter sur l’eau. Inquiets pour Tigry et sa mère, ils décident de partir à leur recherche. Pour cela, ils utilisent le lit de Papa panda comme barque. Arrivée sur une partie en hauteur de la ville épargnée par l’inondation, Mimiko apprend du propriétaire du zoo rescapé que les animaux ont été emportés par les eaux. Paniquée, la petite fille repart immédiatement sur la barque à leur recherche.

Quand les pandas et elle arrivent à l’endroit où se tenait le cirque, ils s’aperçoivent que les animaux sont enfermés dans le train du cirque, à moitié immergé. Tigry qui s’est réfugié sur le toit d’un wagon est ravi de retrouver Pandy. Papa panda arrache les toits des wagons pour libérer les animaux et Mimiko leur donne la nourriture qu’elle avait emmenée avec elle.

Pendant ce temps, Pandy et Tigry visitent la locomotive. Ils réalisent qu’elle n’a pas été inondée et décident d’alimenter la chaudière avec du charbon. Le train repart alors, fendant l’eau. Mimiko n’est pas rassurée de voir le train rouler, mais ne parvient pas à l’arrêter. Bientôt, le train s’enfonce dans l’eau pour ressortir devant les employés du cirque, médusés. Mais le train continue sa course, maintenant poursuivi par une voiture.

Malheureusement, il arrive à la fin de la voie ferrée. Défonçant la barrière de troncs d’arbres, il continue à rouler en dehors des rails. Il dévale puis remonte une pente, traverse la forêt puis la ville devant les habitants stupéfaits.

Alors que le train s’apprête à percuter la mairie, Papa panda saute à l’avant du train pour l’arrêter juste à temps dans sa course, provoquant l’admiration enthousiaste de Mimiko, Pandy, Tigry et tous les animaux. La foule se joint à leur fête et sous les feux d’artifice et les acclamations, les animaux paradent dans la ville.

Le cirque connaîtra ensuite un grand succès.

Panda, petit panda : Personnages
Mimiko

« Mimiko n’a pas de père ni de mère, mais ne semble jamais se sentir seule », explique la marchande de légumes au début du premier épisode. C’est une petite orpheline volontaire, mature et autonome. Ainsi, alors qu'elle vient de mettre sa grand-mère dans le train, elle semble très confiante et tranquille à l’idée de se retrouver seule. Et quand elle fait les courses, un autre commerçant du village se demande même si ce n’est pas elle qui prend soin de sa grand-mère plutôt que le contraire.
Mimiko vit un peu à l’écart du village, dans une maisonnette entourée par une forêt de bambous. Elle n’a peur de rien, même pas des esprits, a qui elle mettrait bien une raclée si elle venait à en croiser un ! Il faut tout de même ajouter que le village dans lequel elle vie semble dénué de toute forme de délinquance. Aussi, quand elle découvre les premiers signes étranges autour de sa maison, c’est un peu l’aventure qui commence pour elle.
Elle devient une véritable maman lorsque la pseudo famille qu’elle forme avec Papa panda, Pandy, puis Tigry dans le second épisode, se trouve formée. Elle se montre également à l’aise dans toutes les tâches du quotidien, comme cuisiner ou faire la lessive. Mais sa descendance avec le personnage de Fifi Brindacier, fait également d’elle une petite fille courageuse et tête brûlée qui se révèle lorsqu’il s’agit d’aller sauver Pandy de la noyade, de faire face à la menaçante mère de Tigry ou encore de sauver ses amis animaux du cirque de l’inondation.
Papa panda

Papa panda est donc un panda doué de la parole. Et qui plus est, plutôt bien éduqué (ce qui ne semble étonner personne dans l’histoire !). C’est aussi le père de Pandy.
Au début du récit, on ne sait pas trop d’où viennent les deux pandas, avant d'apprendre qu'ils se sont échappés du zoo. Très naturellement et spontanément, il propose à la petite orpheline de devenir son papa et accepte qu'elle devienne la maman du petit panda.
Papa panda est grand et fort. Il est capable d’arrêter à mains nues une locomotive devenue folle et lancée à vive allure à travers la ville ou bien de mettre en déroute un chien méchant. Il intervient toujours de façon mesurée, au dernier moment. Ses gestes rappellent immanquablement ceux d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Corpulent, après avoir cassé la table et une partie de l’escalier de la maison de Mimiko, il obligera la fillette à trouver quelques aménagements pour pouvoir cohabiter sous le même toit.

Cependant, tout colosse qu’il est, il a pourtant un caractère facile à vivre. Véritable jouet aux proportions démesurées pour Mimiko, il devra se plier à tous ses caprices pour ressembler à un vrai papa. C’est-à-dire, dans l’esprit de la fillette, porter le chapeau, fumer la pipe et lire le journal, voire même jouer à la corde à sauter. Le plus ennuyeux pour lui, c’est de devoir aller travailler au bureau comme lui explique la petite fille. Devant son manque d'enthousiaste, il sera décidé que tous les jours seront désormais chômés. Finalement, Papa panda devient un exemple d’intégration et retrouve sa place au zoo, tout en rentrant tous les soirs au foyer, après avoir pointé, et en ramenant des cadeaux à Mimiko avec son salaire, comme tout bon père de famille. À la fin du second épisode, il devient même temporairement artiste de cirque avec Pandy.
Pandy

Pandy (Pan-chan en V.O.) est le fils de Papa panda. Il n’a pas de mère et en a toujours voulu une. Aussi, dès que Mimiko se déclare sa mère adoptive, il va se transformer en véritable pot de colle, suivre la fillette partout et provoquer des incidents partout où il passe.
Car Pandy est maladroit et spécialiste de la gaffe. Quand on lui recommande plutôt d’être sage, il va plutôt se précipiter là où il y a du danger. Aussi, quand il voit une planche qui flotte sur l’eau, se précipite-t-il dessus sans se soucier qu’une chute d’eau puisse l’attendre au bout de sa promenade ! Avec Tigry, son frère d’adoption, il lance à toute allure à travers la ville le train qui était immobilisé par l’inondation.
Pandy est également très peureux et se replie sur lui-même en cas de danger pour ne plus laisser apparaître de lui qu’une boule blanche qui ressemble à un gâteau de riz. Son corps élastique semble indestructible. Son crâne est incassable : un chien méchant s’y cassera d’ailleurs les dents.
Agile, Pandy semble naturellement doué pour les activités du cirque. Spécialiste du poirier comme Mimiko (il en fait son signe de reconnaissance avec la fillette), il sait aussi jongler ou avancer en équilibre sur un ballon.
Autres personnages
Tigry (Episode 2)

Tigry (Tora-chan en V.O.) est un bébé tigre de l’âge de Pandy. Gaffeur et peureux, c’est le frère adoptif parfait pour Pandy. Tout comme le petit panda, il ne sait pas rester en place et préfère provoquer des catastrophes plutôt que d’écouter et rester sage.
Il apparaît au début du second épisode, alors qu’il a perdu le chemin du cirque auquel il appartient et qu’il a trouvé refuge dans la demeure de Mimiko. Tout naturellement, la fillette l’adopte jusqu’à ce que Tigry retrouve sa véritable mère, restée au cirque.
La grand-mère de Mimiko

C’est la seule famille connue de Mimiko. Au début du premier épisode, elle se rend à Nagasaki, au service commémoratif de son mari, et fait promettre à sa petite fille, qui ne peut pas la suivre à cause de l’école, de lui écrire tous les jours. Au début du second épisode, on la retrouve de façon incertaine dans une maison de retraite. Elle reste en tout cas absente des aventures de Mimiko et ne rencontre pas sa famille de substitution. Le personnage n’est visiblement pas très important aux yeux des auteurs. Tout juste sert-il à donner un embryon de famille à Mimiko, bien vite remplacé par les deux pandas.
Cependant, au travers des lettres que va lui envoyer Mimiko tout au long des deux épisodes, elle participe à la narration en étant la confidente à qui la fillette livre ses états d’âme.
Le directeur du zoo (Episode 1)

C’est le directeur du zoo d’où se sont échappés Papa panda et Pandy. Lorsqu’il apprend qu'un policier a aperçu un panda, il accourt car il est sans nouvelle d’eux depuis plusieurs jours.
Ce n’est pas un personnage méchant et il entretient de bonnes relations avec Papa panda qu’il laisse d’ailleurs aller vivre sous le toit de Mimiko à la fin du premier épisode.
Le directeur du cirque (Episode 2)

C’est le directeur du cirque d'où s’est égaré Tigry. Au début du second épisode, avec son fidèle bras droit, il est pris pour un voleur par Mimiko, Papa panda et Pandy, alors qu’il s’est introduit dans la maison de la fillette où Tigry a trouvé refuge.
Il est toujours un peu dépassé par les événements. Aussi, à la fin du récit, alors que le train qui transporte tous ses animaux se retrouve immobilisé par l’inondation, il a besoin de l’intervention de Mimiko et de Papa panda pour se sortir de ce mauvais pas.
Le policier

Bon policier, même s’il ne doit pas avoir un travail difficile puisque qu’il n’y a jamais aucun acte de malveillance dans sa ville. Il prend systématiquement des nouvelles de Mimiko car il sait qu’elle vie seule depuis le départ de sa grand-mère. C’est d’ailleurs en lui rendant visite qu’il découvre les deux pandas et donne l’alerte.
Panda, petit panda : Analyse
L’ambition de Panda, petit panda semble moindre par rapport à Horus, prince du soleil, précédent opus du duo Takahata-Miyazaki au sein de la Tôei Dôga. En effet, le scénario de Panda, petit panda est pour le moins ténu et est clairement destiné à un très jeune public, là où Horus se voulait l’un des premiers films d’animation pour adultes mettant en scène des sentiments complexes. Cependant, il convient de resituer ces deux moyens métrages dans l’histoire plus générale de l’animation, mais aussi dans la carrière des deux piliers du studio Ghibli que sont Isao Takahata et Hayao Miyazaki, et de se pencher sur la magie qui y opère.
La genèse de Ghibli
On ne peut que constater à quel point Panda, petit panda est l'un des points de départ de la carrière des deux réalisateurs, par les nombreux rappels que le spectateur retrouvera ensuite dans la filmographie de Isao Takahata et de Hayao Miyazaki.
Ce dernier a visiblement beaucoup puisé dans Panda, petit panda pour nourrir ces films suivants qu’il s’agisse de motifs graphiques comme des choix de mise en scène. Dès le générique de début, la ressemblance avec Mon voisin Totoro est flagrante. Mêmes personnages se métamorphosant, même type de comptine enfantine entêtante, la comparaison semble évidente.


Miyazaki déclare d'ailleurs : « En passant, vous remarquerez que Papa panda à un très grand cœur, c’est un personnage au caractère facile à vivre. Il rend les gens heureux tout autour de lui juste par sa présence, sans rien faire en particulier. À cet égard Totoro et Papa panda sont semblables pour moi. Je pense que les films que les enfants ressentent sont parfaitement amusants et peuvent rendre les gens de tous âges heureux. »
Les similitudes ne s’arrêtent pas là. D’autres gimmicks figureront dans le chef-d'œuvre de Miyazaki. Ainsi, lorsque Pandy saute sur le gros ventre de son papa, suivi de la petite Mimiko, on songe immédiatement au chibi-Totoro et Mei s’agrippant à Totoro. Quand Pandy suit très peu discrètement la petite fille et s’invite à l’école, on songe à deux scènes : celle où Mei suit Satsuki malgré les interdictions de cette dernière, lorsqu'elles apprennent l'aggravation de l'état de santé de leur maman, et évidemment, la scène où la petite sœur s’incruste littéralement à l’école de son aînée.



Beaucoup de scènes évoquent d’autres œuvres de Miyazaki. La plus flagrante est évidemment la scène du déluge de Ponyo sur la falaise, que l’on retrouve quasi à l'identique dans Panda, petit panda. Ainsi la séquence débute sur un repas, lors duquel un orage violent se déchaîne. Puis le lendemain, la pluie cesse et le monde de Mimiko est envahi par les eaux. Les trois comparses partent ensuite en barque à la recherche du cirque. On ne peut que être frappé par la ressemblance avec Ponyo, que ce soit sur le thème, la narration ou même la mise en scène.


On retrouve d’autres allusions à Panda, petit panda dans la filmographie de Miyazaki. Ainsi la scène finale du premier moyen métrage évoque irrésistiblement le gang des Mamma Aiuto de Porco Rosso ou la police de Sherlock Holmes. Le faciès d’un des employés du cirque fait furieusement penser au personnage de Lupin III, série à laquelle collaborera également Yasuo Ôtsuka, créateur des personnages et superviseur de l'animation des deux moyens métrages. Le policier est d'ailleurs doublé par Yasuo Yamada, la voix officielle de Lupin sur toutes les séries et presque tous les films de Rupan Sansei / Lupin III, jusqu’à sa disparition en 1995, et notamment sur Le château de Cagliostro. En tendant bien l’oreille, on reconnaît d’ailleurs facilement le ricanement caractéristique de l’arrière-petit-fils d’Arsène Lupin. Il double également le bras droit du directeur du cirque dans le second épisode. Le choix de cet acteur montre peut-être à quel point le personnage était encore présent dans l’esprit de Isao Takahata et Hayao Miyazaki lors de la production de Panda, petit panda.


Les références sont donc nombreuses et en faire le référencement complet serait aussi rébarbatif que répétitif. On l’a bien compris, Panda, petit panda vaut un visionnage ne serait-ce que pour y découvrir là où Miyazaki puise une partie de son imagerie et de son inspiration.
Cependant, on ne doit pas oublier que Panda, petit panda est avant tout une réalisation de Takahata. Certes, on retrouve moins ensuite dans sa filmographie des gimmicks de Panda, petit panda. Peut-être parce que Takahata ne dessine pas et s’attache à explorer à chaque film de nouveaux horizons artistiques. Cependant, on retrouve une manière de raconter l’histoire et de représenter les personnages qui nous rappelle à quel point Takahata aime raconter ces scènes de la vie quotidienne. La petite Mimiko, par son côté volontaire et raisonnable, laissée seule à gérer la maison, n’évoque-t-elle pas Kié, la petite peste ? Malgré le format court, l’absence d’intrigue complexe, on sent dans ces deux films une véritable volonté de « croquer » la vie quotidienne d’une petite fille mais aussi de tout un quartier. On ressent véritablement l’ambiance joyeuse de la petite ville de Mimiko.
De même, on ne peut que saluer le bond formidable de la technique d’animation. Certes, le film peut sembler dater à l’aune des récentes productions du studio. Mais ces deux moyens métrages ont été réalisés seulement 4 ans après Horus, prince du soleil et présente une réelle volonté de produire une animation de qualité, ce qui a abouti très logiquement à un très gros succès au Japon.
La magie du quotidien
L'action de Panda, petit panda se déroule dans une petite ville du Japon des années 60. Mais comme le précise Hayao Miyazaki, il s'agit d'un Japon rêvé, idéalisé, sans grand rapport avec la réalité de l'époque :
« Tout le Japon était beaucoup plus pauvre que maintenant ; les adultes et enfants vivaient accablés de difficultés et d’épreuves différentes de celles que nous connaissons aujourd’hui. [...] Le monde dépeint dans Panda, petit panda n’est pas un produit de nostalgie pour ceux d’entre nous qui ont travaillé dessus. Le projet est un effort pour représenter, au moins dans le cadre d’un un film d’animation, le Japon tel qu’il aurait pu devenir, un paysage montrant des rues qui aurait dû être, un décor qui même maintenant a le potentiel d’apparaître tel que nous l’avons dépeint. Cette vision du Japon demeure un véritable défi auquel nous sommes confrontés encore aujourd’hui. »
Ainsi, le petit monde de Mimiko ne connaît pas la violence, ni même la délinquance, au point que la naïve Mimiko se réjouit de pouvoir un jour rencontrer de vrais voleurs. Chacun veille avec bienveillance sur son prochain, dans un cadre de vie idyllique. Les habitués du studio Ghibli ne s'étonneront évidemment pas de l'absence de méchants dans les deux films.


Pourtant, la facilité aurait pu être de figurer le directeur du zoo ou celui du cirque comme de vils exploiteurs ou des tortionnaires cruels et sadiques. Mais là encore, il ne s'agit au pire que de personnages un peu lunaires et tête-en-l'air, soucieux du bien-être de leur bêtes.


Dans ce monde déjà extraordinaire par sa perfection, il n'est donc pas étonnant qu'un panda parle, pêche à la ligne ou devienne le papa adoptif d'une petite humaine. Une fois passée la réaction d'étonnement ou de stupeur, tout le monde semble accepter ce lien de parenté. De même, les habitants sont ennuyés du déluge qui a noyé le village, mais finalement, ils ne s'étonnent pas de l'ampleur du phénomène et ne s'alarment pas outre mesure. Ce procédé sera utilisé de nombreuses fois ensuite par Miyazaki, notamment dans Mon voisin Totoro et Ponyo sur la falaise. On sait cependant que Isao Takahata s'est peu à peu éloigné de ce type de représentation, rejetant cette utilisation du fantastique.





L'univers du conte n'est pas bien loin, un hommage très clair lui est même rendu dans le deuxième épisode. Ainsi, lorsque Pandy observe les signes de la présence de Tigry, on songe immédiatement à Boucles d'or et les trois ours, lorsque le plus jeune découvre sa soupe mangée, sa chaise cassée et son lit occupé.



La magie de ce film est loin de l'imagerie disneyenne de l'époque (Alice au pays des merveilles, Merlin l'enchanteur, Mary Poppins...) qui déploient la magie et les faits extraordinaires. Ici, le merveilleux s'installe petit à petit, sans étonnement, sans émerveillement outrancier. Papa panda va travailler, Pandy rêve d'aller à l'école, tous se réunissent pour manger un bon repas le soir autour de la table. Le quotidien est magnifié, idéalisé et permet de manière simple aux enfants de s'évader, de rêver d'un monde proche du nôtre mais les émerveillent.
Panda, petit panda devrait donc combler les enfants mais aussi les fans du studio Ghibli, qui découvriront avec plaisir la véritable genèse des œuvres de Hayao Miyazaki et de Isao Takahata. Tout au long de ces deux moyens métrages légers et plaisants, on se plonge également avec plaisir dans les aventures de Mimiko, Papa panda et Pandy, qui ont certes vieilli techniquement, mais qui possèdent toujours cette capacité à nous faire revivre notre enfance...
Panda, petit panda : Production
Origines
La fin de la période Tôei Dôga
Panda, petit panda est produit par le studio Tokyo Movie, fondé en 1964 par Yutaka Fujioka. Il deviendra Tokyo Movie Shinsha (TMS) en 1977, après une grave période de crise. Tokyo Movie collabore alors régulièrement avec le studio A Production (ou A Pro), une petite structure formée par d’anciens animateurs du studio d’animation de la Tôei.
Au printemps 1969, le studio accueille justement un transfuge de choix en la personne de Yasuo Ôtsuka. Celui-ci est découragé par les accusations de dépassement de délais de production sur Horus, prince du soleil par la Tôei Dôga, aggravées par les mauvais résultats commerciaux du film. Rapidement, Ôtsuka participe à la série Les Moomin, première adaptation des personnages créés par l’écrivain finlandais Tove Jansson. Mais le studio perd la production qui se poursuit chez Mushi Pro, studio créé par l’illustre Osamu Tezuka pour concurrencer la Tôei Dôga.
En 1971, Ôtsuka propose à Isao Takahata de le rejoindre à A Pro, en vue d’adapter pour la télévision la célèbre série de romans pour enfants qu’est Fifi Brindacier d’Astrid Lindgren. De son côté, Takahata se remet lui aussi difficilement de l’échec commercial de Horus, prince du soleil. Il reste metteur en scène mais sur des séries TV et espère encore une hypothétique chance de réaliser un nouveau long métrage de la part du studio d’animation de la Tôei. Mais il sent bien qu’on ne lui donnera plus. La proposition de son mentor est donc providentielle et c’est ainsi que Takahata, puis Hayao Miyazaki et Yôichi Kotabe, qu’il a convaincu de venir, quittent la Tôei Dôga pour le studio A Production.
Fifi Brindacier, le projet avorté
Isao Takahata, Hayao Miyazaki et Yôichi Kotabe se retrouvent donc à travailler sur le projet d’adaptation de Fifi Brindacier, la fille la plus forte du monde (Nagakutsushita no Pippi : Sekai Ichi Tsuyoi Onna no Ko).
Si l’on en croit le nombre important de dessins préliminaires élaborés, les trois hommes semblent très enthousiastes pour ce projet. Dans ses souvenirs, Kotabe se rappelle notamment qu’à cette époque il existait déjà une série allemande de Fifi Brindacier avec de vrais acteurs. L’actrice principale avait un physique atypique et pouvait donc être une source d’inspiration. Il entend dire que cette actrice a été choisie parmi 2 000 candidates et il s’est lancé comme défi de dessiner 2 000 personnages pour lui aussi trouver le bon ! Malgré sa grande motivation, il ne réussit pas à en dessiner plus de 30.



Mimiko ? Non, Fifi Brindacier vue par Yôichi Kotabe.
En août 1971, après déjà plusieurs mois de préparation sur le projet, Yutaka Fujioka et Miyazaki se rendent en Suède pour négocier les droits d’adaptation des romans avec l’auteur, Astrid Lindgren. Il s’agit là pour Miyazaki de son premier voyage en Occident. Il profite de ce voyage à l’étranger dans la ville portuaire de Visby, sur l’île de Gotland, pour y faire des repérages et trouver de nouvelles idées. Sur place, les deux hommes ne seront pas reçus par Lindgren et sans avoir jamais pu la rencontrer, elle refusera rapidement de voir son œuvre adaptée en animation.
Du jour au lendemain privés du projet sur lequel ils se sont investis, Takahata, Miyazaki et Kotabe se retrouvent donc à travailler sur du tout-venant, en fonction des besoins du studio. Ils vont finalement se retrouver à œuvrer sur l’adaptation télévisée du manga grivois Rupan Sansei / Lupin III (Edgar de la cambriole) de Monkey Punch, dont ils co-réalisent six épisodes de la première série.
La déconvenue liée au projet Fifi Brindacier est finalement vite oubliée. D’une part, le voyage de repérage sera loin d’être inutile, puisque les photos prises par Miyazaki lors de celui-ci resserviront pour créer la ville portuaire de Koriko dans Kiki, la petite sorcière. D'autre part, les recherches graphiques porteront leurs fruits dès l’année suivante.


Production
Le projet
C’est en 1972, au cours d’une soirée de discussion passionnée entre Isao Tahakata et Hayao Miyazaki que germe le projet de création originale de courts métrages pour le cinéma. Le concept de ce qui deviendra Panda, petit panda est rédigé en quelques heures par Takahata. Mais il faut aux deux hommes, dans un premier temps, apprendre à être patients car la proposition est classée sans suite. Ils poursuivent donc leurs travaux d’appoint télévisés chez A Pro en attendant de pouvoir s’atteler à un projet plus personnel.
Mais un coup de pouce providentiel accélère la production de ce projet : le 29 septembre 1972, deux pandas géants, Kan Kan (un male) et Lan Lan (une femelle), sont offerts au Japon comme représentants de l’amitié entre la Chine et le Japon, pour célébrer la réouverture des relations diplomatiques entre les deux pays. Quasiment inconnu des Japonais jusque-là, le panda fait alors l’objet d’un véritable phénomène de mode dès leur première présentation publique, le 5 novembre 1972. À cette époque, une queue gigantesque se forme alors quotidiennement devant le pavillon du couple d’animaux au zoo d’Ueno, à Tôkyô.

Au sein d’A Pro, la production du projet précédemment ignoré est alors relancée en urgence. Des années plus tard, en repensant à la mise en route de ce projet, Hayao Miyazaki ironisera : « Nous avons écrit la note d’intention en une nuit et n’en avons plus entendu parler pendant quelques mois après l’avoir soumise. Quand j’ai entendu cette nouvelle à la radio que des pandas arrivaient en provenance de Chine, j’étais sûr qu’elle serait approuvée. Tout comme je l’espérais, le projet a été immédiatement mis en chantier. À cet égard, ce projet surfait sur la vague du boom des pandas. Personnellement, quand j’ai lu le texte de la note d’intention que Isao Takahata avait écrit à la va vite, j’ai senti mon cœur se gonfler d’espoir car c’était l’occasion pour moi de créer un monde merveilleux. L’excitation est restée intacte sans se dissiper, je n’avais aucun scrupule à exploiter le boom des pandas. »
La production
L’idée originale de Panda, petit panda est donc créée conjointement par Isao Takahata et Hayao Miyazaki. Takahata prend en charge la réalisation et Miyazaki s'occupe du scénario, des recherches graphiques, du layout (la composition des plans du film) et des poses clés de l’animation. Yasuo Ôtsuka et Yôichi Kotabe prennent en main la direction de l’animation.
Kotabe se souvient que Miyazaki a achevé le scénario très rapidement, malgré son imagination débordante. Puis celui-ci et Paku-san (le surnom de Takahata) se sont enfermés dans un ryokan (auberge traditionnelle japonaise) dans le quartier de Kagurazaka à Tôkyô pour dessiner tranquillement le storyboard du film. À cette période, Kotabe leur rend souvent visite.
En effet, dans l’esprit de la petite équipe, l’enjeu du film est la description du quotidien le plus anodin : une toute jeune fille va devoir rester seule car sa grand-mère s’absente. Puis son quotidien va ensuite entrer en contact avec le fantastique et la magie, motifs qui deviendront, par la suite, la marque de fabrique de Miyazaki.



Les croquis préparatoires pour Fifi Brindacier signés Yôichi Kotabe démontrent un véritable désir de mettre en avant la vie quotidienne à travers ses menues tâches et des activités courantes et anodines.





Panda, petit panda semble tout à fait s'ancrer dans cet optique.
Le film doit surtout s’adresser aux enfants. Takahata et Miyazaki ont eux-même de jeunes enfants en âge d’aller au cinéma. Avec ces films, ils ont sans doute saisi l’occasion de s’adresser à eux. En 1994, Miyazaki se souvient : « Panda, petit panda est un film qui date d’une vingtaine d’année, mais pour nous, Isao Takahata, Yasuo Ôtsuka, Yôichi Kotabe et moi-même, ce film reste très significatif. À l’époque, nous pensions que les enfants aimaient les films tape-à-l’œil, bruyants. Mais nous savions que les meilleurs moments d’amusement et d’exaltation sont ceux que l’on trouve dans les petits riens de la vie quotidienne. Nous avons donc fait Panda, petit panda dans l’espoir que ce serait quelque chose que les enfants apprécieraient pleinement. »
Le premier film est produit en l’espace de deux mois et demi. Une partie du travail préliminaire de Fifi Brindacier est réutilisé dans les deux moyens métrages de Panda, petit panda. Mais comme il l’explique précédemment, Miyazaki est peut-être celui qui voit en ce projet une liberté totale et le moyen de s’épanouir. Aussi jette-t-il encore sur le papier, en quantité, une multitude d’esquisses et de croquis préparatoires. Face au succès rencontré, un second film, sous-titré Amefuri Sâkasu no Maki (Jour de pluie au cirque) est produit dans la foulée du premier en à peine trois mois.
L’exploitation des films en salles
Les deux films seront projetés séparément dans le cadre d’un programme réunissant notamment des films de monstres sous l’intitulé commun Tôhô Champion Festival. Le premier film sort en salles le 17 décembre 1972, conjointement avec une ressortie d’un film de Godzilla datant de 1968, et renommé Gojira Dengeki Daisakusen (Les envahisseurs attaquent de part chez nous), réalisé par Ishirô Honda. Le second sort en salles le 17 mars 1973 et est co-distribué avec Gojira tai Megaro (Godzilla contre Megalon) de Jun Fukuda.


Les deux films n'étant pas projetés ensemble, il existe une scène de redite au début du deuxième film, afin de resituer les personnages et leur univers aux spectateurs.
Le mariage de l'ordinaire et de l'extraordinaire voulu par l’équipe semble en tout cas avoir atteint le jeune public recherché puisque, des années plus tard, Hayao Miyazaki se souvient de l’expérience vécue à la sortie du premier film en salles : « Quand le film est sorti, je suis allé le voir au cinéma avec mon fils et ma nièce. Il était projeté avec un film de Godzilla et ce n’était donc pas très long. Mais les enfants qui étaient venus pour le voir l’ont énormément apprécié. À la fin, ils ont même chanté ensemble sur la chanson thème. J’étais ravi. [...] Je me souviens m’être senti très heureux à la vue de ces enfants. Et je crois que c’était en raison du soutien de ces enfants que j’ai décidé du genre de travail que je ferais ensuite. »
Yôichi Kotabe relate à peu près les mêmes propos et le même ressenti : « Quand le film est sorti, les enfants chantaient le générique de fin en formant un chœur dans les salles de cinéma et c’est ce qui m’a bouleversé le plus. C’est vraiment un moment heureux qui touche les dessinateurs. Récemment, nous avons eu une projection des films au musée Ghibli pour les enfants (Ndr : certainement en 2008, pour la ressortie au Japon des films en DVD dans la collection de films édités par le musée). Nous avons encore eu de bons retours et notamment quand Mimiko fait le poirier. »
Panda, petit panda : Art et technique
« J’ai revu le film à nouveau l’autre jour et j’ai pensé que j’aurais pu mieux faire si j’avais eu un peu plus de temps. » Malgré ce regret exprimé par Hayao Miyazaki et certes une production très courte (cinq mois et demi pour deux films dont la durée totale équivaut à celle d’un long métrage), les films jouissent d’une bonne réputation chez les amateurs d’animation depuis leurs sorties au Japon. L’animation, les poses des personnages sont variées et souvent singulières, comme par exemple lorsque Mimiko montre systématiquement son contentement en faisant le poirier. Il n'y a aucune volonté de céder à la facilité. Ainsi, on n'observe aucune réutilisation de dessins ou de cycles d’animation pour gagner du temps sur la durée du métrage.

Le character design est plutôt simple et à ranger dans la catégorie cartoon, style graphique généralement utilisé dans le cinéma d’animation pour se passer ensuite de réalisme dans l’animation. Cependant, l’équipe a fait le choix d’une représentation de mouvements réalistes et naturels chez les personnages, toujours sans doute dans cette volonté de représenter le plus fidèlement possible les petits détails de la vie quotidienne.


Simplicité du character design, mais réalisme des mouvements et des poses.
En revanche, les choix qui ont été fait concernant les dessins et l’animation des animaux sont plus subtils. Ils participent en effet à ancrer les films dans le fantastique. Ainsi, les animaux sont séparés en deux catégories : les animaux doués de parole, comme Papa panda, Pandy et Tigry, et tous les autres animaux rencontrés, notamment ceux du cirque. Le premier groupe d’animaux parlants est animé et se comporte comme des hommes. Ainsi, Papa panda se sert d’une trottinette, saute à la corde, où pêche à la ligne... Ce premier groupe participe donc au fantastique et à la création de cette famille de conte de fées.



Un contraste s’opère alors avec les animaux qui ne parlent pas et qui sont traités comme de vrais animaux. La mère de Tigry, par exemple, est animée avec précision et comme un authentique félin dans ses mouvements. Alors qu’elle s’est échappée de sa cage et qu’elle se rapproche de Mimiko, elle apparaît massive et dangereuse, telle une véritable tigresse.

Le choix graphique du cartoon des personnages sert peut-être à unifier tous les personnages entre abstraction et réalisme. Il éviterait dès lors un choc esthétique trop prononcé entre un animal dessiné trop précisément sur lequel on aurait porté les mouvements d’un homme, comme Disney l'a régulièrement fait en mettant en scène des animaux anthropomorphes.

La réussite formelle des deux films tient donc dans l'exploitation de ce dessin simple qui allie deux avantages certains. Il permet d'une part de travailler vite, et d'autre part, de garder une bonne unité graphique entre les personnages d'un plan à l'autre. Cette homogénéité est très certainement renforcée par une équipe qui se connaît bien et qui est soudée dans une même idée de l’animation. Il ne faut pas oublier aussi que ces choix artistiques sont servis par des idées de mise en scène dans presque chaque plan, des idées qui seront d’ailleurs souvent revisitées tout au long de la filmographie de Miyazaki.

Ça ne vous rappelle personne ?
Après l’expérience Panda, petit panda, Isao Takahata, Hayao Miyazaki et Yôichi Kotabe quitteront A Production pour rejoindre le studio Zuiyô où ils créeront la série Heidi. Yasuo Ôtsuka, en revanche, choisira de rester.
Panda, petit panda : Fiche technique



Sur les deux affiches japonaises, on peut lire les accroches suivantes : « Même si Mimiko est orpheline, elle n'est pas triste parce qu'elle a trouvé un père et un petit frère sous la forme de deux pandas. »
Pour la seconde : « Au secours ! Le cirque est inondé ! Il faut sauver notre ami Tigry ! »
Crédits
| Titre | パンダコパンダ (Panda Kopanda) Panda, Go Panda! / Panda, petit panda |
|---|---|
| Années de création | 1972 (Panda Kopanda) 1973 (Panda Kopanda : Amefuri Sâkasu no Maki) |
| Réalisation | Isao Takahata |
| Idée originale, scénario et layout | Hayao Miyazaki |
| Directeurs artistiques | Hisao Fukuda (Panda Kopanda) Shichirô Kobayashi (Panda Kopanda : Amefuri Sâkasu no Maki) |
| Character design | Yasuo Ôtsuka |
| Directeurs de l'animation | Yasuo Ôtsuka, Yôichi Kotabe |
| Animateurs clés | Yasuo Ôtsuka, Hayao Miyazaki, Yôichi Kotabe, Yoshifumi Kondô... |
| Couleurs | Hiroko Yamaura, Michiyo Yasuda (encres et peintures) |
| Directeur de la photographie | Tatsumasa Shimizu |
| Musique | Masahiko Satô |
| Production | Tokyo Movie |
Doublage japonais
| Mimiko | Kazuko Sugiyama |
| Papa panda | Kazuo Kumakura |
| Pan-chan / Tora-chan | Yoshiko Ôta |
| Le policier | Yasuo Yamada |
Doublage français
| Mimiko | Camille Donda |
| Papa panda | Philippe Catoire |
| Pandy | Dorothée Pousseo |
| Tigry | Pauline Brunner |
| Le directeur du zoo / du cirque | Gérard Surugue |
Quelques chiffres
| Dates de sortie au Japon | 17 décembre 1972 (Panda kopanda) 17 mars 1973 (Panda Kopanda : Amefuri Sâkasu no Maki) |
| Date de sortie en France | 14 octobre 2009 |
| Durée des films | 35 minutes (Panda kopanda) 38 minutes (Panda Kopanda : Amefuri Sâkasu no Maki) |



