Exposition temporaire 2015
« Bienvenue dans la tour fantôme »

De mai 2015 à mai 2016, le musée Ghibli a accueilli une exposition temporaire intitulée « Bienvenue dans la tour fantôme », planifiée et conçue par Hayao Miyazaki.
L’exposition était basée sur le roman La tour fantôme (Yûrei-tô) d'Edogawa Ranpo. Les origines du texte remontent à 1898, avec le roman A Woman in Grey écrit par la romancière anglaise Alice Muriel Williamson. L'année suivante, il est traduit et publié en feuilleton par l'écrivain Ruikô Kuroiwa où il prend alors le titre de La tour fantôme. Trente-huit ans plus tard, en 1937, Edogawa Ranpo adapte à nouveau ce texte en y ajoutant sa touche personnelle.
Hayao Miyazaki a lu pour la première fois le roman alors qu’il était au collège. L’aspect romantique tissé entre les personnages, mais aussi les grands engrenages de la tour horloge qui occupent une place importante dans le cadre de l'histoire, marquèrent sa mémoire. Miyazaki raconte comment, quand il a enfin eu la chance d’accéder à la réalisation, il a incorporé la tour horloge et la romance dans son premier long métrage d'animation, Le château de Cagliostro, en 1979.
Le thème de cette exposition est arrivé par hasard. Hayao Miyazaki venait de terminer la lecture d’un livre de nouvelles de l’auteur anglais Robert Westall, The Call & Other Stories (Ndt : livre, a priori, inédit en langue française, et dont Miyazaki a lui-même illustré la couverture de l’édition japonaise) dont l’une d’elles s’intitule La pendule de la demeure rouge, puis est tombé sur la fiche de lecture du roman La tour fantôme d'Edogawa Ranpo, rédigée par le fils d’un des collaborateurs du musée Ghibli. Fidèle à sa manière de trouver l’inspiration dans un périmètre proche de lui, ces deux événements lui donnèrent l’idée du thème de cette exposition.

Pour celle-ci, le musée Ghibli a dû notamment repenser son espace. S’il fut rapidement exclu de faire rentrer une tour horloge géante dans l’une des deux salles d’exposition temporaire (la hauteur sous plafond ne faisant seulement que 3 mètres), c’est un collaborateur qui souffla l’idée à Miyazaki de la construire dans le hall du musée, tout autour de l’escalier en colimaçon.
Le musée a dû aussi repenser le sens de circulation des visiteurs. En effet, une fois en haut de la tour, continuer la visite, obligeait le visiteur à entrer par l’actuelle sortie des deux salles d’exposition.
Réorganiser la salle d’exposition temporaire et construite une tour géante inquiétait Miyazaki qui en fit part au Directeur du musée et à son principal bras droit. Ce à quoi, il s’entendit répondre : « même si nous vous disons non, vous le ferez quand même... »
Rattacher Le château de Cagliostro au projet n’arrivera qu’après coup. Il est alors décidé de montrer sérieusement comment le livre a influencé Miyazaki dans la création de son premier long métrage.
Présentation de l’exposition

« L’idée de cette exposition est de Hayao Miyazaki. Après avoir lu un livre de Robert Westall, composé de différentes nouvelles, et dont l’une d’elle racontait l’histoire d’un garçon qui était séduit par une horloge, il nous a parlé du roman La tour fantôme d’Edogawa Ranpo qu’il a lu avec passion quand il était au collège. Miyazaki avait fortement été séduit par la romance entre le personnage principale et une très belle femme, ainsi que par la tour horloge où se déroule l’histoire. À l’époque, il en était arrivé à imaginer la construction de la tour en elle-même et de tout son intérieur. Il a fini par vraiment aimer le bâtiment et tous ses rouages. Plus tard, il a réutilisé tous ces différents motifs pour Le château de Cagliostro, notamment la tour horloge du film.
Pour cette exposition, nous souhaitions proposer des éléments que Miyazaki aimait dans cette œuvre, notamment une tour horloge, des rouages, un labyrinthe et des planches de manga qu’il a imaginées d’après sa lecture du livre. Vous allez également comprendre à quel point Cagliostro a pu être influencé par ce roman et presque créé à partir de ses souvenirs de lecture.
Enfin, je souhaite que vous puissiez, vous aussi, retrouver une part de votre enfance.
Entrez dans l’univers grandiose et mystérieux de la tour horloge, cadre principal du roman La tour fantôme ! Bonne visite ! »
Kiyofumi Nakagima, Directeur du musée Ghibli
Sources : fascicule de l'exposition temporaire « Bienvenue dans la tour fantôme » - site officiel du musée Ghibli - Fashion-press.net
Remerciements : merci à Yasuka pour les traductions
Scénographie

C’est une tour horloge géante, conçue par Hayao Miyazaki, qui surprenait tout d’abord le visiteur. Construite sur toute la hauteur du hall central du musée Ghibli, elle s’harmonisait parfaitement avec la décoration du lieu. Une seule et unique aiguille, complétée par des chiffres japonais, annonçait l’heure. Ses rouages étaient fonctionnels. Lorsqu’on tournait un volant situé à coté de l’entrée de l’édifice, l’aiguille bougeait, et à l’heure du cheval (ancienne numérotation japonaise pour dire midi), la cloche du hall central sonnait. Après avoir emprunté l'escalier en colimaçon à l'intérieur de la tour, et salué les quatre oiseaux qui attendaient les visiteurs sur le toit, on pouvait ensuite rejoindre la salle d’exposition temporaire qui se trouve un peu plus bas.


Après avoir résolu une énigme pour ouvrir un passage caché par un bouclier vert, les enfants peuvaient ensuite s’engouffrer dans un labyrinthe évoquant un dédale souterrain rempli de surprises, de rencontres, et de bijoux cachés.



Les adultes, eux, peuvaient emprunter un chemin dit « court » et lire les 16 planches de manga dessinées à la main et spécialement créées pour l'exposition par Miyazaki. En se replongeant dans le roman La tour fantôme, soixante ans plus tard, Miyazaki y avait vu un parfait exemple de littérature populaire pour tous. Et il expliquait pourquoi dans ces planches qui, à l’origine ne devaient être qu’au nombre de trois ou quatre. « Planche » était un bien grand mot : plutôt le fourre-tout graphique dans lequel le réalisateur se mettait en scène et dans lesquelles on retrouvait des notes, des schémas, et même des planches de storyboard. Jamais, dans ses travaux de mangaka, le réalisateur n’avait autant fait voler en éclat les limites de la planche de BD.


Après le labyrinthe, les visiteurs peuvaient finalement découvrir un diorama spécial, reproduisant fidèlement le climax du film Le château de Cagliostro, avec son lac, la bâtisse en ruine du Duc de Cagliostro (sous laquelle est caché un trésor) et, non loin de là, sa fameuse tour horloge. En s’en approchant un peu plus, on pouvait alors découvrir, juché sur les aiguilles de l’horloge, le duc, menaçant, s’approchant de Clarisse, ainsi qu’un Lupin troisième du nom en grand danger.




Pour les adultes, 2 nouvelles planches d’anecdotes sur la genèse du premier long métrage du réalisateur complètaient la visite.
« Bienvenue dans le monde du mystère »
Pour approfondir la visite de l’exposition temporaire Bienvenue dans la tour fantôme, le musée Ghibli proposa, du samedi 24 octobre 2015 à fin janvier 2016, une série de nouveaux affichages dans la galerie du premier étage, présentant un certain nombre de livres recommandés pour tout visiteur souhaitant approfondir leur découverte du roman policier et de ses dérivés : hard boiled, suspense, espionnage, science-fiction...

Extraits de planches de manga dessinés par Hayao Miyazaki
Planches d’anecdotes consacrées au Château de Cagliostro
Crédits
| Titre | 企画展示『幽霊塔へようこそ』展 (Kikaku Tenji - Yûrei-tô e Yôkoso-ten) « Bienvenue dans la tour fantôme » - Un classique de la littérature populaire |
|---|---|
| Dates de l’exposition | Du 30 mai 2015 au 8 mai 2016 |
| Planification et conception | Hayao Miyazaki |
| Décors | Noboru Yoshida |
| Producteur | Kiyofumi Nakagima |
| Organisateur | The Tokuma Memorial Cultural Foundation for Animation |
| Collaboration spéciale | Studio Ghibli |













