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Ronya, fille de brigand

Née par une nuit d'orage, Ronya est la fille de Mattis, le chef d’une bande de brigands. Tous vivent dans un château, au beau milieu d'une vaste forêt, et passent leur temps à détrousser les riches voyageurs et à échapper aux soldats.
En âge de s’aventurer seule, Ronya apprend bien vite à vivre dans la nature, parmi les animaux, mais aussi les créatures étranges et fantastiques. La forêt devient son domaine privilégié.
Mais la vie de Ronya commence à changer quand elle rencontre le fils du chef de la bande rivale, un jeune garçon de son âge nommé Birk, au bord du « Gouffre de l'Enfer », précipice qui scinda le château de son père en deux, lors de la nuit d’orage qui la vit naitre.
Rien ne sera plus comme avant pour Ronya et la bande de brigands de Mattis. D’autant que Borka, le père de Birk, et sa bande, en ont profité pour occuper le côté nord du château !

Sanzoku no Musume Rônya (Ronya, fille de brigand), première série de Gorô Miyazaki, est basée sur le roman Ronja Rövardotter de la romancière suédoise Astrid Lindgren, paru en 1981. Celui-ci est traduit en français dès 1984.

Série conseillée à partir de 6 ans (voir guide des parents)


Sources : conférence de presse du 2 septembre 2014 à Tôkyô - émission spéciale de 90 minutes, Rônya wa Kôshite Umareta (Comment Ronya est née), diffusée le 4 octobre 2014 à 19 h, sur la chaîne BS Premium (NHK).
Remerciements : merci à Yasuka Takeda pour les traductions


Ronya, fille de brigand : Personnages

Ronya et ses parents

Ronya

Née durant une nuit d’orage, la petite Ronya est la fille unique de Mattis et de Lovis. Elle est joyeuse, aimante et honnête, mais elle est aussi très téméraire. Elle aime la forêt environnante et apprend peu à peu à vivre au milieu des êtres fantastiques qui la peuple. A leur première rencontre, elle détestera Birk, le fils de Borka, chef de la bande de brigands rivale de Mattis. Mais l’amitié prendra peu à peu le pas sur la rivalité induite par leurs parents. Ronya finira par prendre soin de lui après que Birk lui a sauvé la vie. Elle lui demandera même de devenir son frère d’adoption. Ce que Birk acceptera.

Mattis

Mattis est le chef d’une bande de brigands et le père de Ronya. Il adore sa fille. C’est un homme franc et qui manque de prudence, mais c’est un personnage au grand cœur.

Lovis

Lovis est la femme de Mattis et la mère de Ronya. Elle est affectueuse et elle a un grand cœur. Elle réprimande souvent les membres de la bande de son mari.

 

La bande de brigands de Mattis

Skalle-Per

Skalle-Per est le plus ancien membre de la bande de Mattis. Il est aussi comme un père pour lui.

Fjosok

Après Skalle-Per, Fjosok est plus ancien membre de la bande de Mattis. Il agit en tant que bras droit de Mattis.

Tjegge

Séduisant et sympathique, Tjegge est la véritable épine dorsale de la bande de brigands de Mattis.

Tjorm

Tjorm est un homme bavard, aux vastes connaissances. Il est très fier, et le plus juste de la bande de Mattis.

Sturkas

Sturkas est l’impatient mais brillant leader de l’unité d’attaque spéciale de Mattis.

Knotas

Knotas est homme robuste avec une force surhumaine et une forte personnalité. En vérité, il est assez timide. Il ne retire jamais ses lunettes de neige.

Pelje

Pelje est le plus jeune membre de la bande de Mattis. Toujours en décalage avec la situation, il se déplace à son propre rythme. Il aime les plantes.

Lill-Klippen

En dépit d’être le membre le plus petit de la bande de Mattis, Lill-Klippen est un expert à l’arc et un bon combattant. Il est désinvolte et frivole.

Jutis

Jutis ne se sépare jamais de son casque. Il ne parle pas beaucoup, mais c’est un très bon soldat.

Joen

Joen est un joueur de tambour qui ne parle pas beaucoup. C’est un des plus anciens membres de la bande de brigands de Mattis, mais il reste plutôt mystérieux. Joen est très résistant à l’alcool.

Lavas

Lavas est le joueur de mandoline de la bande de brigands de Mattis. C’est aussi un fin bretteur, aux grandes capacités physiques. Egalement doué pour les travaux manuels, il n’enlève jamais ses lunettes et personne n’a jamais vu ses yeux. Lavas ne parle pas beaucoup.

Turre

Turre est un joueur de flute qui ne parle pas beaucoup, mais qui sait mettre de l’ambiance. Compagnon joyeux, il aime la boisson mais pas trop alcoolisée.

 

Birk et ses parents

Birk

Birk est le fils de Borka, le chef de la bande de brigands rivale de Mattis. Il est né la même nuit d’orage que Ronya. Fier et tout aussi téméraire que Ronya, une profonde amitié finira par unir les deux enfants, et rien ne sera plus jamais pareil chez les deux bandes rivales.

Borka

Borka est le père de Birk et le chef d’une autre bande de brigands rivale de celle de Mattis. C’est un ami d’enfance de Mattis, mais la rivalité de leurs parents s’est transmise à eux avec le temps. Sa personnalité est proche de celle du père de Ronya, mais il a un tempérament plus nerveux et aussi plus prudent.

Undis

Undis est la mère de Birk et la femme de Borka. De caractère soucieux, elle est stricte avec eux, mais néanmoins très aimante.

 

Le bestiaire du monde de Ronya

Les harpies sauvages

Les harpies sauvages sont des créatures mauvaises avec le visage de très belles femmes. Quand elles voient un être humain, elles cherchent à le capturer, puis le tuer. Elles sont aussi de mauvais augure.

Les nains gris

Les nains gris vivent en groupe entre les rochers et la mousse de la forêt. Ils semblent peureux, mais s’ils ressentent de la peur chez l’homme, ils peuvent alors les attaquer.

Les pataudgrins

Les pataudgrins vivent en famille dans des nids sous la terre. Ils sont gentils et doux, voire un peu stupides, et jamais méchants.

Les trolls des ténèbres

Ces trolls dansent seulement les nuits de pleine lune, en chantant l’hymne du printemps.

Les souterriens

Ces êtres surnaturels attirent les humains à eux, dans les bas-fonds, contre leurs grés. Quand les souterriens sortent de la forêt et chantent, alors on sait que l’automne est là et que l’hiver n’est pas loin.


Ronya, fille de brigand : Analyse

Comme pour les deux premiers films réalisés par Gorô Miyazaki, Ronya, fille de brigand est une série que l’on découvre avec une vision nécessairement faussée, puisque réalisée par « le fils du père », et de surcroit, Oh ! Trahison !, en 3D. Pourtant cette série à ses qualités et respecte surtout scrupuleusement ce que le réalisateur avait envie de faire avec cette adaptation de l’œuvre d’Astrid Lindgren. Soit une série pour les plus jeunes, que leurs parents pourront partager avec eux. Une série dans la lignée de celle initiées par Isao Takahata et Hayao Miyazaki avec la série TV Heidi ou (un peu moins) Conan, le fils du futur.

Gorô Miyazaki ne prend pas beaucoup de risques avec le scénario en lui-même, puisqu’il suit scrupuleusement la trame et les événements du célèbre roman de Lindgren. Excepté donc, le double épisodes 15 et 16, et l’épisode final, Ronya, fille de brigand n’est donc pas une série à grands enjeux dramatiques, ou à rebondissements spectaculaires, mais une série au rythme assez lent, contemplatif, orienté sur l’apprentissage de la vie de ses deux personnages principaux, et laissant la part belle aux paysages et saisons qui passent.

Le character design est varié et malgré la multiplication des personnages et leur source 3D, technique réputée pour rendre lisse et inexpressif les personnages, ceux-ci sont pourtant attachants. Ronya et son père, Mattis, en tête, parfaitement aidés en cela par leur doubleurs dans la version japonaise, Haruka Shiraishi (Sora Matsuzaki dans La colline aux coquelicots) et Takaaki Seki.
Les animateurs semblent avoir toujours eu à l’esprit de vouloir éviter cet écueil. Aussi, on appréciera un gros travail sur les visages et sur des expressions soignées. Le père de Ronya en est le plus bel exemple : ses colères, sa démarche (certains posing outranciers semblant avoir été hérités de ceux de Miyazaki-père) semblent avoir demandé un travail particulier pour faire oublier ses origines numériques.

Un Mattis souvent expressif et parfois aérien, ainsi qu’un duel aux poings aux airs de déjà vu !

L’animation est parfois un peu raide, et les foules un peu légères (épisode 6), même si aucune série TV, en animation traditionnelle notamment, n’aurait pas fait mieux.
De son côté, Gorô Miyazaki sait d’où il vient et a emmené avec lui, chez Polygon Pictures, des motifs issus des productions du studio Ghibli. Comme, des scènes de banquets, et surtout la représentation et mise en scène de la nourriture. Ces motifs semblent même êtres un peu trop appuyés, dans l’idée de brouiller dans l’esprit du public l’origine véritable (non Ghbli, donc) de la série. On pourra aussi citer le duel aux poings, acharné mais fratricide, entre Mattis et Borka pour la conduite des deux bandes de brigands rivales, qui ne manquera pas de rappeler à beaucoup de monde l’une des plus célèbres scènes de Porco Rosso.

L’accent mis sur la nourriture, sous toutes ses formes, dans la série n'a rien à envier aux productions du studio Ghibli.

Les décors sont peints de manière traditionnelle, à l’aquarelle, et l’intégration 2D-3D est globalement très travaillée et réussie. Tout comme le travail sur les changements de saison qui passent sur les décors.

Exemples de travail sur le changement des saisons sur les décors de la forêt de Mattis.

La mise en scène de Gorô Miyazaki, sans grand éclat particulier, mais il lui sera sans doute à jamais possible de passer derrière son père, et sa façon tellement personnelle d’habiter ses personnages, est appliquée, à l’image de la belle ellipse du passage de bébé à jeune fille de Ronya, jouant avec possibilité en matière d’ombrage du medium 3D (voir page making-of de ce dossier).

Finalement, excepté les premières notes de musique du générique de début, horripilantes (orgue Bontempi, sort de cette série !), c’est lorsqu’on découvre les dessins préparatoires du générique de fin qu’on se dit, que finalement, la série ne souffre que d’un seul vrai défaut (ressenti, ou regret, qui, en plus, variera en fonction de votre génération) : quel dommage, quand même, qu’elle n’ait pas été produite en animation traditionnelle...
Ronya, fille de brigand est donc une série qui respecte son cahier des charges. Une série pour toute la famille à la réalisation technique soignée, qui, par son aspect « apprentissage de la vie », imprime un rythme assez lent à la série et qui plaira donc plus à un public jeune.


Ronya, fille de brigand : Origines et propos sur la série

Origines du projet

Après deux longs métrages à la production chaotique, due au contrôle exercé par son père, Ronya, fille de brigand marque la première incursion dans le format de la série TV (26 x 26 minutes) pour Gorô Miyazaki. Pour ce projet, le réalisateur quitte pour la première fois de sa carrière le studio Ghibli pour le studio Polygon Pictures (Knights of Sidonia, Tron : La révolte). Il délaisse de surcroit l’animation dite « traditionnelle » pour une série TV hybride privilégiant l’animation 3D, mais laissant néanmoins une belle place aux décors peint à la main, à l'aquarelle.
Sanzoku no Musume Rônya est adapté du roman Ronja Rövardotter d’Astrid Lindgren, publié en France sous le titre Ronya, fille de brigand. Gorô Miyazaki a déclaré être un grand fan du roman original. Il voulait l’adapter depuis maintenant 6 ans et surtout rester le plus fidèle possible à l’histoire originale et aux dialogues.
Avec cette série, son souhait était de créer et d’apporter quelque chose de nouveau à l’animation développée par la génération précédant la sienne (son père en ligne de mire), tout en créant une série animée qui plairait aux enfants et qui lui rappellerait celles qu’il regardait quand il était petit.
La série a été produite et diffusée par la NHK. Hayao Miyazaki avait lui-même réalisé sa première série d’animation, Conan, le fils du futur, pour le compte du même diffuseur. 36 ans plus tard, c’est maintenant au tour du fils de faire de même.
C’est Toshio Suzuki qui conseilla à Gorô Miyazaki de travailler ailleurs, lui expliquant qu’il ne pourrait jamais échapper à l’influence de son père en restant au studio Ghibli. C’est encore Suzuki qui lui a conseillé de s’intéresser à l’animation 3D. Selon l’ancien producteur, Gorô Miyazaki ne travaille pas dans l’animation depuis le début de sa carrière, et n’est pas quelqu’un qui a des aprioris pour une technique particulière. Il restait donc assez ouvert et rien ne l’empêchait de choisir cette technique.
Une question se pose maintenant à Gorô Miyazaki : « est-ce qu’il pourra retravailler pour le studio Ghibli, sa série maintenant terminée ? ».
C’est que le réalisateur a estimé avoir déjà été « trahi » une première fois par Toshio Suzuki par le passé. Alors qu’il était encore directeur du musée Ghibli, c’est le producteur qui l’avait débauché pour réaliser le film Les contes de Terremer, en lui disant qu’après il pourrait retrouver son poste de directeur. Mais finalement, ce ne fut pas le cas.

Il est à souligner que beaucoup de médias ont trop facilement relié et impliqué le studio Ghibli à la série Ronya, fille de brigand. Ce qui n’est pas le cas. En effet, si on observe le générique de la série, on trouve le studio simplement mentionné à un poste « d’aide à la production ». Tout juste peut-on aussi trouver le nom de Toshio Suzuki, crédité en tant que créateur de la calligraphie du titre de la série.
Cependant, il est vrai que, de par l’implication de son producteur historique, Toshio Suzuki, notamment dans la promotion de la série, le studio Ghibli a donné l’impression de faire plus que d’accompagner le projet.
Comme le met justement très bien en valeur Suzuki dans le documentaire The Kingdom of Dreams and Madness, le studio Ghibli accorde beaucoup d’importance et de valeur aux relations et amitiés développées dans le cadre du travail et collaborations passées. Il faut donc peut-être chercher une explication dans une volonté de soutenir le réalisateur Gorô Miyazaki, mais aussi le producteur Nobuo Kawakami, qui ont tous les deux débuté au studio Ghibli.

Quelques propos sur la série

Une grande partie des éléments d’informations et des questions-réponses sur la série Ronya, fille de brigand qui suivent, sont tirés de l’émission spéciale Comment Ronya est née, diffusée le 4 octobre 2014, sur la chaîne BS Premium (NHK). Elle proposaient durant 90 minutes un making-of en deux parties, en présence de Gorô Miyazaki (réalisateur), Nobuo Kawakami (producteur), Masami Nagasawa (doubleuse, notamment d’Umi Matsuzaki, personnage principal de La colline aux coquelicots), Aoi Teshima (interprète du générique de début), Mari Natsuki (interprète du générique de fin) et de Toshio Suzuki.

A propos de la naissance de Ronya dans la série

Le premier épisode de la série décrit minutieusement la naissance de la petite Ronya. Gorô Miyazaki prend le temps d’accompagner ce bébé qui ne parle pas encore. Pour Toshio Suzuki, cet épisode lui rappelle son expérience en tant que grand-père avec son petit-fils. Le producteur a ajouté que, généralement, on ne donne pas autant d’importance à ce genre de moment dans un film ou une série TV. Il imagine que Gorô Miyazaki a intentionnellement insisté dessus.
Lorsque Gorô Miyazaki a lu le roman original, c’est justement cette scène qui l’a le plus intéressé. Il a lu le livre à peu près au même moment que la naissance de son fils. Quant au producteur Nobuo Kawakami, il vient tout juste d’être papa. Cette expérience le touche donc personnellement en ce moment même.
Gorô Miyazaki a tenu à souligner que l’histoire originale avait déjà cette dimension pédagogique.

Propos de Gorô Miyazaki, Nobuo Kawakami et Toshio Suzuki

« J’ai déjà vu quelques épisodes de la série finalisés » explique Toshio Suzuki. « Je trouve le résultat bien meilleur que ce que j’avais imaginé. J’étais très étonné. »

A quel niveau technique se place la série ?

« C’est quelque part entre la série TV et le long métrage cinéma » répond Gorô Miyazaki.
« La série est plus proche du long métrage cinéma » statue ensuite Suzuki.

Hayao Miyazaki et la 3D

« Je n’ai encore jamais parlé de ça » explique Suzuki. « Il y avait une bande-annonce de Ronya, fille de brigand qui a circulé, et je l’ai amené à Hayao Miyazaki. Il est quelqu’un de très compliqué, et il a commencé par déclarer : « je ne veux pas regarder. » Il l’a finalement visionné discrètement, et subitement, ça l’a comme stimulé. Depuis, il a envie de se remettre au travail. Techniquement, c’est de la 3D qui ressemble à du cellulo, lui ai-je expliqué. Et il avait l’air agréablement surpris. »
La présentatrice à Gorô Miyazaki : « Qu’est-ce que vous en pensez ? »
« Ca me fait sincèrement plaisir » répond le réalisateur avec gène et étonnement. « Après La colline aux coquelicots, il m’a couvert de reproches. Et depuis, j’avais envie de pendre ma revanche. Si mon père a eu cette réaction, alors, çà me fait plaisir. »

Monsieur Suzuki, maintenant que vous avez vu le making-of, avez-vous des commentaires ?

« Ca fait maintenant un moment que je travaille dans le milieu du cinéma d’animation » explique Suzuki. « Depuis toujours, on entend dire qu’il est difficile de représenter l’eau et le feu. Maintenant que j’ai pu voir qu’on en est arrivé jusqu’à là, çà me fait réfléchir. »
« Utiliser des images de synthèses ne signifie pas forcement toujours proposer des choses intéressantes »
explique ensuite le producteur. « Il faut déjà avoir le sens du dessin. Si c’est quelqu’un qui a déjà un sens artistique, cette personne arrivera à faire quelque chose d’intéressant en utilisant l’outil informatique. »

Quelles sont les difficultés particulières en travaillant avec la 3D ?

« Au départ, je n’arrivais pas à mesurer à quel résultat je pouvais m’attendre avec cette technique en série TV » explique Gorô Miyazaki. Quand j’ai reçu les premiers tests, j’ai été assez surpris de ce qu’ils étaient arrivés à faire. En même temps, ça a un peu brisé ce que j’avais comme référence. Prenons un exemple, si j’écris quelque chose dans l’e-konte konte (le storyboard) et que cet élément n’apparait qu’une fois, ça peut représenter une semaine de travail pour l’équipe des graphistes 3D.
« Et le devis peut augmenter ! » déclare le producteur Nobuo Kawakami.
« Si tu dis ça, on ne fait jamais rien » le reprend Suzuki.

« Voici ce qu’on appelle un turnaround de Ronya » explique Gorô Miyazaki avant de pointer les ombres qui se forment sur le modèle 3D de Ronya. « Dans ce plan, son père la fait tournoyer à 360°. Ce genre de détail est difficile à réaliser en animation traditionnelle. »


Dans le making-of, en contrôlant le premier épisode, à quoi pensiez-vous en fixant l’écran ?

« J’avais tellement sommeil... » explique Gorô Miyazaki. « Et en même temps, je me suis dis que j’avais réussi à en arriver là. Et maintenant, il y a même cinq épisodes de finalisés. »

- Monsieur Suzuki, qu’est-ce que cela vous évoque ?
« Ils font des choses qu’ils aiment. » observe l’ancien producteur. « Ils œuvrent pour un travail-passion. Ils vont jusqu’au bout, même s’ils ne dorment pas. A présent, je vais voir si Gorô triomphe de son père. Lorsque la diffusion de Conan, fils du futur a commencée, il y avait juste 6 épisodes de finalisés sur les 26. Je suis curieux de voir si Gorô va pouvoir faire mieux que ça. »
« Ca va bien se passer »
le rassure le réalisateur. « Je suis en train de dessiner l’e-konte du dernier épisode. »
« De nos jours, je trouve qu’il y a de moins en moins de séries d’animation à l’attention des enfants »
reprend Suzuki « C’est très pertinent d’essayer de créer une série qui d’adresse aux plus jeunes. »
« Pourtant, il y a de tout dans cette série »
ajoute Gorô Miyazaki. « Je veux aussi que les adultes s’intéressent à cette série, que les parents la regardent avec leurs enfants. Si vous regardez cette série, j’en serai ravi. »
« Prends soin de toi et ne tombe pas malade »
conclu Suzuki.

A propos du producteur Nobuo Kawakami

Le nom du producteur de la série Ronya, fille de brigands n’évoque encore pas grand chose pour le public occidental. Ce qui n’est pas le cas au Japon. Nobuo Kawakami est sorti de l’université de Kyoto en 1990 (une des plus prestigieuses du Japon). En 1997, il crée la société de télécommunication et de médias Dwango, dont il est le président. Via sa filiale Niwango, le célèbre site de partage de vidéos japonais Nico Nico Dôga (surnommé « Niconico » ou « Nico-dô » par les japonais), c’est lui aussi.
Mais cet homme d’affaires touche à tout a également été formé au travail de producteur par Toshio Suzuki. Il débutera au poste de producteur (stagiaire !) fin 2010 sur le film La colline aux coquelicots et participera à la promotion du film via son célèbre site et en écrivant un journal de production pour le Yomiuri Online.
A cette époque, il avait avoué ne plus se rendre qu’une seule fois par semaine à sa propre entreprise, passant le reste de son temps au studio Ghibli.
On retrouve ensuite sa trace au poste de producteur sur le film Le vent se lève de Hayao Miyazaki, et tout récemment sur la série TV Ronya, fille de brigands de Gorô Miyazaki. On peut d’ailleurs l’apercevoir en conversation houleuse avec Miyazaki-fils, durant de ce qui semble être la période de pré-production de la série, dans le documentaire The Kingdom of Dreams and Madness. Le nom de sa société, Dwango, est d’ailleurs crédité au générique de fin du documentaire.
Début août 2014, suite à l’annonce de la « fermeture » du studio Ghibli, une rumeur un peu folle (et très rapidement démentie) avait couru que Dwango était prêt à racheter le studio.

A propos de la chanteuse Aoi Teshima (générique de début)

Avec la chanson Haru no sakebi (le cri du printemps), c’est la troisième fois que Gorô Miyazaki demande à Aoi Teshima de chanter un générique pour une des ses œuvres.
« J’ai bien songé à demander à quelqu’un d’autre » explique le réalisateur. « Mais finalement, il n’y a personne qui a ce type de voix. »
« Jusqu’à maintenant, l’image de ses chansons étaient plutôt sombre »
ajoute Toshio Suzuki. « Mais depuis Ronya, ça a changé. Je ne savais pas que c’était possible. J’aurai souhaité le savoir plus tôt. Je plaisante. C’est vraiment bien. »
« Avec cette chanson, je voulais aussi montrer que j’avais aussi un côté joyeux »
explique Teshima.

A propos d’Astrid Lindgren, auteur de l’œuvre originale

Ronya, fille de brigand est basé sur un roman de l’auteur suédoise pour enfants, Astrid Lindgren. Celle-ci est aussi connue pour sa série de romans Fifi Brindacier, que Hayao Miyazaki et Isao Takahata chercheront à adapter en série TV, sans succès, au tout début des années 70.
« Hayao Miyazaki a eu l’idée de tirer un film du roman Ronya pendant longtemps » dévoile Toshio Suzuki. « C’est une curieuse coïncidence que son fils réalise une série sur le sujet. Récemment, j’ai eu l’occasion de me replonger dans l’histoire originale et j’ai trouvé que Miyazaki avait beaucoup été influencé par ce roman. Il y a, par exemple, dans Le voyage de Chihiro, des personnages qui semblent tout droit sortis de Ronya. Ca devient un peu une histoire de famille. »


Ronya, fille de brigands – Making-of

Pendant un an, une camera a suivi le réalisateur Gorô Miyazaki et le studio Polygon Pictures dans le processus de création de la série Ronya, fille de brigand. Intégré en deux parties à l'émission spéciale Comment Ronya est née, diffusée le 4 octobre 2014, soit une semaine avant les deux premiers épisodes de la série, ce making-of propose des images ayant pour but, dixit la présentation de l’émission, d’apprécier encore plus le travail réalisé sur la série lors de son visionnage.
Voici une adaptation française de son contenu.

Minami Azabu – Tôkyô – Eté 2013

Réunion importante concernant les sakuga (animation préliminaire) du premier épisode de la série Ronya, fille de brigand.
Lors de cette réunion, le réalisateur Gorô Miyazaki transmet ses intentions de mouvements pour les personnages. Comme les réactions du père de Ronya lorsqu'il prend sa fille, venant de naitre, entre ses mains.
Pour cette série, Gorô Miyazaki a quitté le studio Ghibli et s'est entouré de nouveaux collaborateurs au studio Polygon Pictures. Ce dernier est non seulement connu au Japon, mais aussi à travers le monde, pour des séries comme Knights of Sidonia ou Tron : La révolte, cette dernière réalisée en collaboration avec Disney.

Pour cette série, si l'équipe est entièrement nouvelle, la production l’est aussi. Historiquement, le studio Ghibli est un des principaux représentants et un grand défenseur de l'animation dite « traditionnelle », dessinée à la main sur cellulo. Mais sur Ronya, les personnages sont modélisés en 3 dimensions.
« J'ai un fort attachement pour l'animation traditionnelle » explique Gorô Miyazaki. « J'ai grandi avec. Mais en tant que réalisateur, je n'ai pas d'apriori pour une technique particulière. »

Les personnages

Katsuya Kondô est le character designer et une figure clef sur cette production. Il a été, entre autre, directeur de l'animation sur Kiki, la petite sorcière, Ponyo sur la falaise ou encore La colline aux coquelicots. C'est à nouveau son travail qui donne une direction artistique majeure à cette production.
Les dessins de Kondô seront à la base de tout. Ils seront scannés et serviront de référence aux modeleurs.

Comparée aux autres personnages, Ronya fait 1 mètre 20. A partir d'un gabarit générique de corps humain, on ajuste la longueur des bras et le volume du corps de ce modèle 3D sur la base des dessins de Kondô. On ajoute ensuite les cheveux et les vêtements. Une dernière étape importante : faire oublier l'aspect 3D en ajoutant un rendu cartoon à l'ensemble.

Vient ensuite l'étape du rigging, qui consiste à doter le modèle d’un squelette sommaire qui permettra par la suite de l’animer. Il s’agit d’une étape délicate, car si ces « points d'articulation » sont mals placés (ici, par exemple, l’épaule), les mouvements, au moment de l'animation, ne seront pas naturels. L’idée est de mettre ces articulations au plus proches de celles du corps humain. Aussi, l'équipe se réfère à des livres d'anatomie en permanence.

Au cours d'une réunion à propos des personnages, Katsuya Kondô souhaite que Birk, le fils du chef du groupe de bandits rival, soit physiquement plutôt un beau garçon, mais pas « mignon ». Kondô a remarqué que les joues du modèle actuel sont un peu trop hautes. Il les corrige en diminuant leur volume.
Entretemps, Gorô Miyazaki est arrivé.
« C'est vrai que c'est mieux ainsi. Imaginons que tu viennes à l'audition, ce n'est pas toi qui auras le rôle. Après ces corrections, on peut maintenant imaginer que Birk pourra un jour devenir un chef de bande crédible. »
Au total, 7 mois auront ainsi été nécessaires pour finaliser le modèle 3D de Birk.

Familier de l'animation traditionnelle, Gorô Miyazaki souhaite que le résultat de l’animation soit un bon mélange entre les 2 techniques.
« En comparaison avec l'animation 3D, avec la 2D, il y a une partie un peu flou » explique Gorô Miyazaki. « En animation traditionnelle, on peut exagérer autant qu'on le souhaite. En 3D, tout et calculé de manière précise. Ce n'est pas négatif, et avec cette série, je souhaite tirer avantage des spécificités de la 3D. »

Le storyboard

Un autre jour, Gorô Miyazaki travaille sur l'e-konte (le storyboard). Il dessine ses vignettes directement à la tablette graphique en suivant le scénario. Il doit découper 26 épisodes, ce qui correspond à plus de 6 000 plans, soit 9 heures de contenu. Il a souhaité dessiner lui-même chaque plan, un à un, pour témoigner du fort attachement qu’il voue au roman original.
« Ce qui compte dans la société actuelle, c'est d'être dans le groupe. On est obligé de faire comme les autres. Je n’aime pas ça du tout. Je veux que mes personnages soient à l’opposé de cela, qu’ils aient des désirs et qu’ils leurs soient fidèles. Autrement dit, des personnages difficiles si on les a comme voisins. »

Animatique et animation

Etape du leica reel (NDT : « animatique » étant le terme plutôt utilisé en Europe), qui consiste à mixer les vignettes de l'e-konte avec les dialogues (NDT : ce qui permet également à l’équipe d’avoir une première idée de la durée finale de l’épisode). C’est une étape ludique, car ce sont des collaborateurs de la série, et non des acteurs professionnels, qui doublent pour cela les personnages.

A partir de là, le travail d'animation commence sur la base de cette étape de production. Ce sont les animateurs qui prennent le relai. Leur travail consiste à donner vie aux personnages modélisés en fonction des indications de mise en scène de Gorô Miyazaki. Ils sont placés en situation dans des décors 3D, avant de se voir insuffler minutieusement des mouvements. Ceux du visage s'effectuent élément par élément. Par exemple, les lèvres bougent en fonction des dialogues. Pour les aider, les animateurs ont accès à une banque de visages dans laquelle chaque élément est accessible dans une position différente.

Régulièrement, des difficultés inhérentes au medium surgissent. Cette fois-ci, le souci est le sol dans l'enceinte du château de Mattis et de sa bande de brigands. Gorô Miyazaki souhaite que cet endroit soit un peu en pente. Mais pour les graphistes, animer un élément sur un terrain penché demande plus de temps.
Le réalisateur insiste : « c'est un château qui se trouve perché dans la montagne, ce n'est donc pas très réaliste si le terrain est plat. Je préfère que ce soit plus penché que çà. J'ai bien conscience de la difficulté technique. Mais si on surmonte ce genre d’obstacle, le plan n’en sera que plus riche. La finalité, c’est « est-ce que c'est convainquant au pas ? ». »
L’équipe décide d'essayer.

Décors et effets spéciaux

Gorô Miyazaki a accordé de l'importance à la forêt dans sa représentation. La plupart des décors forestiers sont réalisés à la main, à l'aquarelle (NDT : notez qu'ils sont parfois exécutés sur du papier de travail estampillé studio Ghibli) et décrivent les 4 saisons.
Pour un décor de cours d’eau, Gorô Miyazaki demande de ne pas avoir de pierres de la même couleur pour le lit de la rivière. « Dans la réalité, les couleurs sont plutôt dépareillées » explique-t-il à son équipe. « Je préfère que ce soit plus dissonant. Au final, le plan sera plus à son avantage. »
Pour un épisode, plus de 150 décors sont ainsi nécessaires.

« Pour avoir de la profondeur et de la complexité pour la forêt, il est très important d'avoir des arbres qui poussent de manière différente » explique le directeur artistique Sadaaki Honma. « Si on ne met l’accent sur ces détails, la forêt ne semblera pas riche. Je réfléchis aussi beaucoup à l’utilisation des couleurs, par exemple. »
Mais il existe aussi des décors qui nécessitent l’ajout d’effets spéciaux. Par exemple, pour la rivière sauvage que découvre Ronya pour la première fois de sa vie, l'eau et les éclaboussures ont été exécutées en numérique.

Voici un autre exemple d'association de décor fait à la main et d’images numériques. Ici, pour que l'eau coule naturellement comme dans la nature, le superviseur des effets spéciaux, Yôhei Tanaka, crée des dénivellations sur son décor 3D. Il ajoute une simulation de l'eau sur ce décor. L'eau coule comme dans la nature. Enfin il ajoute le décor peint à la main. Enfin, pour accentuer encore plus le mouvement, il ajoute des éclaboussures.
« On ne le voit pas, mais ce sont les roches sous l'eau qui orientent le mouvement de la rivière » explique Tanaka. « C'est ce à quoi je fais le plus attention. Ce que je veux, c'est d'abord mettre en valeur la nature, que la rivière existe comme un bon acteur secondaire. »
Unifier des éléments créés à la main et la 3D, c'est un des éléments du style Gorô Miyazaki.

Le doublage

« Je veux créer une série pour les enfants, à l'ambiance assez classique » explique Gorô Miyazaki à ses acteurs. « Merci de m'aider pour que cette œuvre soit réussie. »
En plus d’une dizaine d'acteurs réunis pour doubler les dix bandits de la bande à Mattis, sont présentent Haruka Shiraishi (Sora Matsuzaki dans La colline aux coquelicots) et Reika Uyama pour doubler, respectivement, Ronya et Birk. Pour Uyama, c’est la première fois que l'actrice double un garçon de manière régulière.
Plutôt que de l'affubler d'une voix mignonne, Gorô Miyazaki souhaite que le personnage de Ronya ressemble à un garçon manqué. Il cherche aussi le côté innocent du personnage qui ne connaît rien du monde.
« Je vais essayer de trouver une voix mignonne, mais en même temps un peu mature et masculine » explique Haruka Shiraishi, quant à son rôle. « Evidemment, c'est difficile, mais intéressant. Je veux que les enfants s'amusent avec Ronya. »
Par ailleurs, l'enregistrement de la musique a déjà commencé avant le doublage.

La chanson du générique de fin

C'est Satoshi Takebe, qui a déjà travaillé avec Gorô Miyazaki sur La colline aux coquelicots, qui est en charge de la musique sur la série. Ce jour là, Mari Natsuki, l'interprète du générique de fin, est venue surveiller le travail d'arrangement musical effectué sur le morceau.
Sa particularité est de commencer directement par le refrain. Takebe pense que c'est un peu brutal. En revanche, la chanteuse considère que commencer par le couplet crée un effet plus intéressant.
Les derniers ajustements sont effectués et Gorô Miyazaki est convaincu par le résultat.
« On sent la force » conclut-il. « J'ai obtenu quelque chose de magnifique. »

Avancement de la production

La production avance et le résultat s'apparente de plus en plus à quelque chose de diffusable.
Cependant, cette fois-ci, Gorô Miyazaki ne réalise pas un film, mais une série TV, composée de plusieurs épisodes. Aussi, différentes tâches s’empilent et le réalisateur doit contrôler toutes les étapes. Même s'il est de plus en plus rapide pour effectuer ces tâches, il y a tellement de choses à faire qu'il s'interroge sur la possibilité de tenir les délais.
Un problème apparait. Ce jour-là, le producteur Nobuo Kawakami est inquiet du retard pris sur le planning. S’ils continent ainsi, il ne pourront pas tenir les délais.
« Ce n'est même pas une question d’argent, mais de temps » explique le producteur.
Une des causes de ce retard est l’avancement du travail de Gorô Miyazaki sur l'e-konte. Si le réalisateur prend plus de temps, ils ne trouveront plus ensuite de solution pour combler leur retard. Et ce n'est pas seulement le réalisateur qui est en cause. A force de chercher la qualité, les décors et l'animation subissent également des retards.
Gorô Miyazaki effectue beaucoup de contrôle, tout en continuant l’e-konte entre ces tâches. Il tâtonne et ça lui prend du temps. Comme pour une scène importante de l’épisode 15, où Mattis, le père de Ronya, fort et gentil, dévoile son côté violent. Dans cette scène, Ronya va lui opposer un mélange de tristesse et de colère, des sentiments difficiles à décrire.
« Ce que je veux décrire, ce sont des rapport humains » explique le réalisateur. « Les thèmes importants de cette série sont la nature et l'humain. Même si Mattis et Ronya sont père et fille l’un pour l’autre, ce sont tout de même deux individus différents. Il y a le respect et l'amour qu'ils portent l'un à l'autre. Tout cela est nécessaire dans la relation entre les êtres humains. Je trouve que décrire ce genre de sentiment et de relation est nécessaire de nos jours. Le père et la fille sont deux individus distincts, c'est normal qu'ils soient différents. Mais quand ces deux individus ce seront rapprochés et compris, ça donnera un effet magnifique. »

Au cours d'une réunion, Gorô Miyazaki donne ses indications aux animateurs.
« Symboliquement, si on utilise une couleur, c'est une colère rouge pour Ronya » explique Gorô Miyazaki. « Pour Mattis, c'est une colère bleue comme un glaçon. On dit que la 3D est très appropriée pour décrire des scènes d’action, mais pas pour décrire des sentiments précis. C'est pour cette raison que je donne beaucoup d'indications à mon équipe. »
« Si on réussi cet épisode, il va rester dans l'histoire » ajoute Gorô Miyazaki.
- « Tu dis ça devant la camera » réagissant à ses propos l'un des ses collaborateurs. « Pourtant, je pense la même chose. »
- « Je vais rabattre le caquet de ceux qui se sont moqués de la 3D. » conclut le réalisateur.

Vient ensuite le jour de contrôle des plans de la scène. Gorô Miyazaki se concentre sur les visages des personnages. Ce qu'il veut faire passer sur celui de Ronya, c'est d'abord de la colère, puis une tristesse larvée. C'est un mélange de sentiments compliqués. Mais plutôt que de mélanger les deux, le réalisateur souhaite commencer par un visage en colère avant de progressivement passer à un visage triste.
Ces corrections sont minutieuses et demandent du temps. Il cherche ce qu'il peut obtenir avec un personnage en position debout et l'inclinaison de son visage. Il fait plusieurs essais. Au début, il fait changer la forme des sourcils et baisser la position de l'iris. La position du corps devient plus penchée en avant. Il fait effectuer les mêmes corrections pour le sentiment de tristesse.
Lors de son second contrôle, Gorô Miyazaki est satisfait du résultat. Il demande juste à ce que l'on dévoile un peu plus les dents de Ronya lorsqu'elle parle.
« Maintenant qu'on a pas mal avancé, à ce stade, la série ne m'appartient plus à moi seul, mais plutôt aux animateurs de Polygon Pictures » explique Gorô Miyazaki. « Ce n'est pas ma série, mais notre série. Et c'est mieux comme ça. »

Juillet 2014 – Vers la finalisation du premier épisode

Le planning est vraiment serré, mais Gorô Miyazaki reste tatillon. Sur un décor, il souhaite effacer une branche d'arbre pour que le personnage soit plus en valeur. Dans un autre, il veut alléger une lumière traversante, ou encore ajouter un éclairage à l'intérieur d'une pièce. Il note tous les détails qu'il a remarqué.
« Le premier épisode est important. On va donc le polir jusqu'au bout. »
Du coup, les collaborateurs de toutes les équipes ont travaillé ce week-end.
« J'ai commencé, je dois aller jusqu'au bout » explique le directeur artistique Kaichi Fukudome.

12 août 2014 – Ultime contrôle du premier épisode

Gorô Miyazaki fixe un écran avec attention. Ca fait maintenant 6 ans qu'il s'intéresse au roman original Ronya, fille de brigand, et 2 ans qu'il travaille avec une nouvelle équipe sur les images numériques de la série. Il est satisfait.
« Et voilà, ça fait un épisode de fini. Un sur 26... »
« C'est déjà bien » lui répond Nobuo Kawakami. « Ca veut dire qu'on peut y arriver. »


Ronya, fille de brigand : Fiche technique

Crédits

Titre山賊の娘ローニャ (Sanzoku no Musume Rônya)
Ronia the Robber's Daughter / Ronya, fille de brigand
Années de création 2014-2015
Œuvre originale Ronja Rövardotter de Astrid Lindgren
Traduction japonaise : Yûzô Ôtsuka
Réalisateur Gorô Miyazaki
Structure scénaristique et scénario Hiroyuki Kawasaki
Storyboard Gorô Miyazaki
Réalisation Yoshio Kazumi, Kazuma Shimizu et Kei Takao
Character design Katsuya Kondô
Direction artistique Kaichi Fukudome et Sadaaki Honma
Superviseur des effets spéciaux Yôhei Tanaka
Musique Satoshi Takebe
Générique de début Haru no Sakebi (le cri du printemps)
Compositeur : Hiroko Taniyama
Arrangement : Satoshi Takebe
Paroles : Gorô Miyazaki
Interprète : Aoi Teshima
Générique de fin Player
Compositeur et paroles : Kazuyoshi Saitô
Interprète : Mari Natsuki
Producteur Nobuo Kawakami
Production de l'animation Polygon Pictures
Production NHK Enterprises
Production et droits d’auteur NHK et Dwango
Aide à la production Studio Ghibli
Calligraphie du titre Toshio Suzuki
Diffuseur BS Premium (NHK)
Format 26 x 26 minutes
Date de diffusion du premier épisode au Japon 11 octobre 2014
Date de diffusion du dernier épisode au Japon 28 mars 2015
Date de diffusion en France Février 2019 en SVOD sur la plateforme TFOU MAX

Doubleurs japonais

Ronya Haruka Shiraishi
Birk Reika Uyama
Mattis Takaaki Seki
Lovis Yukari Nozawa
Skalle-Per Umeji Sasaki
Fjosok Shôchirô Akaboshi
Tjegge Rintarô Nishi
Tjorm Takeo Ogawa
Sturkas Kenji Sugimura
Knotas Takahiro Shimada
Pelje Yûsuke Tezuka
Lill-Klippen Keiji Himeno
Borka Atsuki Tani
Undis Mika Doi
La harpie sauvage Saori Katô
Narratrice Fukiko Endô

Récompenses

  • Décembre 2015 - Asian Television Awards : Best 2D Animated Program
  • Avril 2016 - 4ᵉ édition des International Emmy Kids Awards à Cannes : Prix de la meilleure série d'animation