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Sherlock Holmes

« Le plus grand des détectives, oui c'est lui, Sherlock Holmes, le voici... » Sherlock Holmes, fameux détective de Baker Street, mène ses enquêtes aidé du fidèle docteur Watson. Il déjoue les plans manigancés par le professeur Moriarty et ses deux acolytes, Todd et Smiley.

Dernière série sur laquelle Hayao Miyazaki a travaillé, Meitantei Hômuzu (Sherlock Holmes) est un mélange d'action et d'humour, et contient des moments typiquement miyazakiens. Dommage que Miyazaki n'ait réalisé que 6 des 26 épisodes (mais certainement les meilleurs !)

Série conseillée à partir de 6 ans (voir guide des parents)


Sources : dossier de Déclic Images sur la série pour la partie relative à la création - Planete-jeunesse.com - chaîne TV Nolife


Sherlock Holmes : Résumés des épisodes

Nous ne résumons ici que les six épisodes réalisés par Hayao Miyazaki.

03. La petite cliente

Scandale en Grande-Bretagne ! Le personnel de la Banque Nationale s’aperçoit avec horreur que le pays est inondé de fausses pièces. Si l’enquête de Scotland Yard et de l’inspecteur Lestrade piétine, pour Sherlock Holmes, aucun doute n’est possible. Un seul être est capable d’un tel crime : le professeur Moriarty !

Coïncidence étrange : le père de la petite Martha, technicien, a disparu depuis une semaine et a envoyé une lettre énigmatique à sa fille, lui demandant de retrouver leur chat, Madame Olly. La petite fille s’adresse au célèbre détective afin qu’il mène l’enquête. Holmes découvre que la fameuse lettre est en fait un message codé révélant que le père de Martha est séquestré près de la ville d’Eyford. Holmes et le docteur Watson préviennent Lestrade et tous trois partent délivrer le père de Martha.

Pendant ce temps, Moriarty trépigne de rage. La machine à presser les fausses pièces est en panne depuis plusieurs jours. Le père de Martha, sous la contrainte, la répare. Moriarty compte bien le liquider dès ce service rendu. Mais le père de la petite fille se rebelle et tente de s’échapper... Heureusement, au moment critique où Moriarty semble toucher au but, Holmes, Watson, Lestrade et tous les policiers de la région débarquent, contraignant les malfrats à prendre la fuite et sauvant par la même occasion le père de Martha.

04. L'enlèvement de Madame Hudson

Moriarty n’a plus qu’une seule obsession : faire payer à Holmes toutes ses humiliations. Il se rend compte que le point faible de son ennemi juré n’est rien d’autre que sa charmante gouvernante, Madame Hudson. Attirant Holmes et Watson hors de leur domicile grâce à une fausse alerte, Moriarty et ses complices Todd et Smiley enlèvent Madame Hudson à son domicile et l’amènent dans leur repère. La jeune veuve, contre toute attente, décide de remettre en ordre l’immonde capharnaüm régnant chez les malfrats. Très vite, les trois bandits, et plus particulièrement le professeur, tombent sous son charme.

Moriarty est donc plus que jamais décidé de mettre en œuvre son piège contre Holmes. Il lui donne comme mission de voler la Joconde afin de l’échanger ensuite contre Madame Hudson. Parallèlement, il prévient Scotland Yard du futur larcin du détective, le but de cette machination étant de compromettre à tout jamais la réputation de Holmes et de l’envoyer en prison. Mais ce dernier n’est pas dupe...

Lestrade et Moriarty assistent, impuissants et médusés, au vol de la Joconde, malgré des mesures de sécurité extraordinaires. Puis, Holmes se rend avec le tableau sur les lieux de l’échange et Moriarty se réjouit déjà de voir la police mettre la main sur le détective. Mais il se rend compte très vite que Scotland Yard et Holmes sont de mèche et que le tableau volé n’est qu’une pâle copie ! S’en suit une terrible course poursuite, qui oblige Moriarty à abandonner son otage...

05. Le rubis bleu

Panique sur la ville ! Un immense ptérodactyle mécanique survole les rues bondées, semant la terreur et l’effroi. Profitant de la cohue, le professeur Moriarty se faufile dans une bijouterie et vole un rubis bleu appartenant à un monarque. Mais, comble de malchance, à peine sorti du magasin, il se le fait subtiliser par un jeune pickpocket qui n’est autre qu’une petite fille répondant au prénom de Polly...

Sherlock Holmes est alors embauché par le bijoutier afin de retrouver la pierre précieuse. A quelques mètres de là, Moriarty et ses sbires retrouvent la petite voleuse. Holmes et Watson assistent à la scène et décident d’aider la petite fille. Commence une folle course-poursuite, qui se termine par la destruction du véhicule de Moriarty.

Holmes et Watson découvrent alors le quotidien de Polly, orpheline vivant seule avec son ours en peluche dans une simple masure. Le détective, conscient du danger que représente le professeur, propose à la fillette d’emménager chez lui.

Holmes part très vite en quête du repaire de Moriarty et laisse la petite Polly sous la surveillance du débonnaire Watson. Ce dernier est réveillé au petit matin par une missive signée du détective, lui demandant de lui envoyer l’enfant au coin de la rue. Peu méfiant, Watson s’exécute, mais découvre trop tard qu’il s’agit là encore d’un piège du terrible Moriarty ! Watson et Holmes, revenu à cet instant précis, se jètent immédiatement à leurs trousses, sur terre et dans les airs ! Cette nouvelle course poursuite aboutit encore une fois à l’échec cuisant du professeur. Polly, sauvée de justesse par Holmes et Watson, les remercient en leur avouant la cachette du rubis bleu : son ours en peluche ! Le détective propose à la jeune fille d’aller remettre elle-même le bijou, afin qu’elle puisse toucher la récompense et assurer ainsi son avenir.

09. Le trésor de la mer

Un fabuleux trésor a été trouvé par le commandant Retender au fond des eaux. Quelques temps plus tard, alors que tous les journaux britanniques annoncent la nouvelle, une autre affaire occupe Sherlock Holmes. En effet, un sous-marin de la flotte britannique a été volé ! Fait du hasard, l’amiral se trouve être le frère jumeau du commandant Retender. Les voleurs sont immédiatement identifiés : il s’agit bien sûr du professeur Moriarty et de ses acolytes. Holmes devine immédiatement leur cachette, dans un chenal de la Tamise. Lestrade et ses hommes, sans compter un immense bateau de l’armée, assaillent l’endroit, sans résultat, Moriarty réussissant à couler le croiseur et à s’échapper avec le sous-marin.

Holmes et Watson arrivent néanmoins à le pister grâce à un dirigeable. Ils rattrapent les bandits non loin du bateau de Retender, où repose le trésor. Ils décident de devancer le machiavélique Moriarty afin de prévenir l’équipage. Animé d’une folie paranoïaque, le commandant Retender tire sur la machine volante de Holmes et provoque son crash. Holmes et Watson n’arrivent pas à raisonner le commandant et se retrouvent rapidement prisonniers. Quelques instants plus tard, Moriarty, à bord de son sous-marin, tire une roquette sur le bateau, séparant la poupe du reste du navire. Or, c’est là que se trouvent le trésor, mais aussi Sherlock Holmes et Watson.

L’arrière du bateau s’enfonce progressivement dans l’eau. Le détective et le docteur tentent de s’échapper, mais se retrouvent nez-à-nez avec le sous-marin de Moriarty. Ils sont donc contraints de trouver refuge dans la salle du trésor, où les attend le commandant Retender, plus paranoïaque et plus fou que jamais. Alors que ce dernier se met à attaquer Holmes, le sous-marin de Moriarty s’encastre dans la poupe et se met à récolter les sacs d’or.

Très rapidement, Moriarty est contraint de remonter à la surface, laissant derrière lui Holmes, Watson et le commandant Retender. Alors qu’ils célèbrent déjà la mort du détective, les trois malfrats se rendent compte que ce dernier a réussi à remonter à la surface grâce à un missile laissé dans la poupe par le sous-marin. L’engin provoque la destruction du submersible et l’éparpillement du trésor. Heureusement, tout le monde demeure sain et sauf, bien que dans une situation précaire. Sur ces entre faits, l’amiral Retender arrive à bord d’un bateau, accompagné de Lestrade. Mais les vieilles rancœurs entre les deux frères reviennent et une bagarre éclate entre les deux, sous les yeux médusés d’Holmes et de Watson, tandis que Moriarty et ses sbires profitent de l’occasion pour s’échapper encore une fois...

10. L'aéropostale

Alors que tout annonçait une belle journée ensoleillée, un avion de l’aéropostale se met à survoler dangereusement la maison de Holmes, avant de s’écraser non loin. Holmes et Watson se précipitent vers le lieu du crash, mais sont devancés par une Mme Hudson complètement transfigurée, courant sur les murets et attaquant l’avion à grands coups de hache afin de libérer le malheureux aviateur. Une fois l’exploit accompli, la jeune veuve s’évanouit sous les yeux médusés des trois autres personnages.

Holmes est cependant fort intrigué par le fait que l’aviateur ait appellé la jeune femme par son prénom, Marie. Ce dernier explique que Madame Hudson était auparavant une passionnée de l’aviation et qu’elle s’était ensuite mariée avec l’un de ses amis. Mais un mois seulement après leur union, celui-ci trouva la mort dans un crash. Depuis, plus aucune de ses anciennes connaissances n’avait revu la jeune femme.

L’aviateur explique ensuite que le service de l’aéropostale est gravement compromis par une succession d’accidents, et que le lendemain aura lieu le vol de la dernière chance. Intrigué par cet enchaînement de catastrophes, Holmes examine la carcasse de l’avion et découvre qu’il a été saboté. Accompagné de Madame Hudson et du docteur Watson, il se rend à l’aérodrome d’où doit partir le dernier avion de l’aéropostale.

Madame Hudson est accueillie comme une véritable reine par l’ensemble des aviateurs et des mécaniciens. Holmes et Watson décident alors de veiller toute la nuit auprès de l’avion afin d’éviter tout sabotage. Mais Moriarty, qui se cache bien évidemment derrière ces méfaits, leur tend un piège, les assomme et les ligote afin qu’ils n’entravent pas le bon déroulement de son plan.

Le lendemain matin, l’avion décolle donc, malgré l’inquiétude de Madame Hudson concernant l’absence de Holmes et Watson. Ceux-ci parviennent cependant à se détacher et le détective réussit l’exploit de grimper à bord de l’avion alors qu’il quitte le sol. Madame Hudson décide de voler à son secours avec Watson en empruntant la voiture d’un des aviateurs, tandis que Moriarty et ses complices montent à bord de leur machine volante. Pendant ce temps, Holmes doit faire face au sabotage de l’avion, qui part en morceaux. Moriarty, les ayant rattrapés, tente d’accélérer la manœuvre en essayant de déchiqueter les ailes. De plus, il a caché à bord de l’avion de la nitroglycérine pour le faire exploser. Heureusement, Madame Hudson arrive à temps. Avec une précision redoutable et à l’aide d’un simple revolver, elle libère l’avion des griffes de Moriarty, et provoque le détachement de la nitroglycérine, qui se loge dans la machine volante du professeur et la fait exploser. Holmes et l’aviateur réussissent à se jeter dans la voiture de Hudson tandis que l’avion de l’aéropostale s’éloigne lentement au-dessus des flots. Les autres aviateurs les rejoignent et acclament la jeune femme.

Quelques jours plus tard, tout semble redevenu comme avant chez Holmes, tandis que la ligne de l’aéropostale peut enfin être inaugurée.

11. La disparition des pièces d'or

Holmes et Watson se rendent dans la Vallée de Gilmore, appelée ainsi parce que le richissime Gilmore a fondé une industrie, grâce à laquelle il a fait fortune. Nos deux héros ont rendez-vous avec l’industriel pour une mystérieuse affaire. Alors qu’ils traversent la ville se situant en bas du château, ils se retrouvent embourbés. Les habitants les aident à sortir la voiture de la boue, mais quand ils apprennent qu’Holmes a à faire avec Gilmore, ils se détournent avec mépris du détective. Holmes, en remontant le chemin menant au château remarque un baraquement et semble reconnaître ses habitants : Todd et Smiley ! Mais ceux-ci se font passer pour des ouvriers en train de creuser un puits.

Holmes continue sa route et lui et Watson se font recevoir dans l’immense et luxueux château. Gilmore les attend dans une immense verrière abritant une tirelire géante dorée à son effigie. Il leur explique la raison de leur venue : il lui manque 20 pièces d’or sur 346 789 ! Or seul son fidèle toucan peut déposer l’or et le volatile empêche tout intrus de s’approcher du butin, à l’exception de Gilmore et de son fils Mickaël. Ce dernier se trouve en ville et Holmes descend le retrouver afin de l’interroger. Très vite, ils se rendent compte que le jeune homme est à l’opposé de son père : altruiste, généreux et sympathique ! Son seul but est d’aider et de soulager les ouvriers que Gilmore méprise. Holmes découvre très vite que l’école de la ville a reçu 20 pièces d’or d’un généreux donateur anonyme... Mais pour Holmes le problème est ailleurs et il semble plutôt préoccupé par le fameux puits creusé non loin du château Gilmore. Le détective n’a pas tort, puisque Moriarty creuse en réalité un tunnel le conduisant tout droit à la tirelire géante...

La nuit vient et Holmes surprend une conversation entre Mickael et sa gouvernante. Le doute n’est plus possible : Mickael est bien le voleur et il compte bien subtiliser le soir-même de nouvelles pièces d’or afin d’aider les plus pauvres. Gilmore, incapable de dormir, surprend la gouvernante faisant le guet devant la salle du butin. Mais lorsqu’il allume la lumière pour confondre le voleur, il découvre avec effarement Sherlock Holmes. Celui-ci lui explique comment ses pièces ont été dérobées grâce à une canne à pêche, un chewing-gum et un toucan corruptible. Le détective donne alors le nom du coupable : Moriarty ! La gouvernante découvre au même moment le jeune Mickael ligoté et bâillonné par Holmes afin de le disculper. Au même moment, la tête de Smiley, puis celle de Moriarty surgissent du plancher, se trouvant nez-à-nez avec Gilmore et Holmes. Moriarty déclenche alors un mécanisme permettant de voler la tirelire géante. Affolé, Gilmore s’accroche à elle et se retrouve emberlificoté dans les liens qui permettent de tracter sa tirelire.

Holmes et Mickael se lancent à leur poursuite et le jeune garçon parvient à libérer son père en sautant sur la tirelire et en rongeant les cordes. Moriarty, trop occupé à maintenir la statue sur le véhicule, ne voit pas un immense rocher se dressant sur son passage et sa folle équipée est brusquement interrompue. Mickael et son père réussissent à atterrir dans la voiture d’Holmes tandis que la tirelire se fracasse et que son contenu se déverse dans un lac environnant. Gilmore étreint avec chaleur son fils, mais très vite, son naturel revient au galop et l’avare se précipite sur Moriarty qui tente de récupérer quelques pièces. La mission de Holmes peut prendre fin...


Sherlock Holmes : Personnages

Sherlock Holmes

Sherlock Holmes est un détective britannique vivant au 221b Baker Street. Il a l’apparence d’un renard, et semble âgé d’une trentaine d’années. Toujours affublé d’un trench coat, d’un deerstalker et d’une pipe, il ne se déplace qu’à bord de sa petite voiture.

Célèbre dans tout le Royaume-Uni, il est connu pour sa capacité à élucider tous les crimes là où Scotland Yard piétine. En effet, Sherlock Holmes semble doté d’une logique exceptionnelle qui lui permet de trouver des indices avant tout le monde et de trouver en quelques secondes le coupable. Holmes a également d’autres activités : les expériences scientifiques, de préférence enfumées et malodorantes, et le violon !

Sherlock Holmes est célibataire et l’on ne connaît rien ni de son passé ni de ses origines. Mais sa relation avec Madame Hudson, sa gouvernante, est parfois ambiguë. Ainsi, si la plupart du temps Holmes semble lui témoigner avant tout un simple attachement, le détective laisse parfois entrevoir un peu plus...

Le docteur Watson

John H. Watson est un ancien chirurgien militaire d’une cinquantaine d’années que Sherlock Holmes rencontre à bord d’un bateau de retour des Indes. Il se lie immédiatement d’amitié avec le détective et devient son ami le plus proche, s’installant même chez lui.

Trapu, doté d’une incroyable moustache et de son inséparable chapeau melon, il incarne parfaitement le flegme britannique. Il éprouve une vive admiration envers la sagacité de son ami et semble nettement moins brillant que son acolyte en matière d’enquête. C’est pourquoi il est constamment obligé de demander à Holmes des éclaircissements, ce qui lui vaut systématiquement la célébrissime réplique « Elémentaire, mon cher Watson ! ».

Marie Hudson

Jeune veuve de 19 ans, Marie Hudson est la gouvernante de Sherlock Holmes. En apparence, Marie Hudson semble être à l’opposé des personnages féminins chers à Hayao Miyazaki. Fée du logis attentionnée, elle semble incarnée une femme au foyer aussi serviable qu’effacée. Mais derrière ce tempérament discret se cache en fait une faille terrible : la mort de son mari, passionné d’aviation. Et lorsque la douce gouvernante devient le centre de l’intrigue, on découvre une jeune femme résolue, prête à tout pour parvenir à ses fins, et surtout dotée d’un charisme époustouflant !

Véritable femme d’action, elle garde néanmoins une véritable empathie pour tous, y compris le terrible professeur Moriarty, qui succombe lui aussi aux charmes de la jeune fille. Pas de doute, Marie Hudson est bien une héroïne de Miyazaki, à mi-chemin entre Gina et Fio.

Le professeur Moriarty

James Moriarty est le seul, avec Sherlock Holmes, à ne pas être représenté par un chien ! En effet, le célèbre ennemi de Sherlock Holmes est ici figuré sous les traits d’un loup d’âge mûr, habillé d’un costume et d’une longue cape blanche, portant canne, monocle et chapeau haut-de-forme. Moriarty se veut en effet être un gentleman cambrioleur, élégant et raffiné. Mais contrairement à son homologue Arsène Lupin, tous ses plans échouent systématiquement, à cause notamment de Sherlock Holmes. Il faut dire que Moriarty est (presque) derrière tous les sales coups, du plus basique au plus farfelu.

Moriarty, bien que personnage drôle et attachant, n’est cependant pas inoffensif, puisqu’il n’hésite pas à enlever des personnes, à utiliser des armes à feu et à tenter de tuer Sherlock Holmes. Autoritaire et colérique, Moriarty ne cesse de tyranniser ses deux associés Todd et Smiley.

L'inspecteur Lestrade

L’inspecteur Lestrade est le chef de Scotland Yard, nom du quartier général de la police britannique. Il semble âgé d’une cinquantaine d’années et porte un imperméable marron, assorti à un chapeau melon.

D’un tempérament colérique, il n’aime pas tergiverser et préfère l’action à la réflexion. Son seul but dans l’existence semble être de coincer Moriarty, ce qu’il rate systématiquement, et ce malgré le renfort de centaines de policiers. Il collabore souvent avec Sherlock Holmes pour résoudre les enquêtes, mais il semble jalouser le talent du détective.

Todd et Smiley

Todd et Smiley sont les deux sbires du professeur Moriarty. Dotés d’une intelligence très relative, ils obéissent à tous les ordres de leur patron et se trouvent généralement cantonnés aux tâches les plus ingrates.

Les deux incarnent un duo comique dans la lignée de Laurel et Hardy. Todd est cependant plus en retrait, puisque toujours d’accord avec le professeur. En revanche, Smiley incarne véritablement le benêt simplet incapable de faire du mal à une mouche. Il lui arrive même de pleurer lorsqu’il croit Sherlock Holmes mort !


Sherlock Holmes : Analyse

Bien que Sherlock Holmes ait été beaucoup moins diffusé que d’autres séries animées japonaises, la génération ayant grandi dans les années 80 garde bien souvent un souvenir ému et nostalgique des aventures du plus célèbre des détectives privés, sans forcément savoir qu’il s’agit da la dernière série à laquelle Hayao Miyazaki a participé.

Des germes des futurs films de Miyazaki...

Les fans de Ghibli remarquent la patte de Hayao Miyazaki à travers les 6 épisodes qu'il a réalisés, voire découvrent avec étonnement les germes de tous les futurs films du réalisateur. Evidemment, bon nombre de personnages de la filmographie miyazakienne trouvent un écho dans cette série, à commencer bien sûr par le personnage de Madame Hudson. Elle incarne parfaitement un délicieux mélange de Gina et de Fio. Ainsi, selon les épisodes, elle peut paraître telle une jeune veuve éplorée et mélancolique, depuis la mort de son aviateur de mari, attentionnée pour tous, ayant un petit mot pour chacun, telle la patronne de l’Adriano. Mais elle peut aussi bondir à bord d’une voiture et braver tous les dangers pour sauver Holmes, véritable femme d’action brave et sans peur, à l’instar de Fio. Dans les deux cas, elle est demeure respectée et adulée par touts ceux qui l’approchent, Holmes y compris, et peut donc ainsi entrer au panthéon des héroïnes miyazakiennes, aux côtés de Nausicaä, Kiki ou San...

Moriarty et ses sbires incarnent quant à eux des méchants se situant entre les attachants Mamma Aiuto et les pirates du ciel de Dora d’une part, et l’ambitieux Kurotowa d'autre part. Les inventions loufoques et abracadabrantesques du professeur, les remarques désabusées de ses deux associés et le running gag de leurs échecs face à Sherlock Holmes rendent ses personnages éminemment sympathiques, bien qu’ils demeurent des ennemis capables de tout, y compris des tentatives de meurtres, pour s’enrichir.

D’autres protagonistes, qui apparaissent ponctuellement, rappellent inévitablement les mimiques d’autres personnages miyazakiens. Ainsi, Lestrade incarne le digne successeur de l’inspecteur Zeingata, dans Le château de Cagliostro, policier dépassé par les évènements, mais prêt à tout pour arrêter les malfrats. Les mimiques et les gestes de l’adorable Martha, dans La petite cliente, ne sont-elles pas les prémisses d’une Mei ? La débrouillardise et la vie et de l’orpheline Polly, dans Le rubis bleu, mais aussi son improbable bicoque faite de bric et de broc évoquent irrésistiblement le quotidien de Pazu.

On retrouve bien évidemment les thèmes chers de Miyazaki, comme l’aviation et les machines. Ainsi, Sherlock Holmes peut évoluer dans des avions, comme dans Le trésor des mers ou L’aéropostale. Mais on remarque également des engins assez invraisemblables, comme le ptérodactyle mécanique de Moriarty, son sous-marin à bras ou sa voiture-tracteur. La machine à presser des pièces rappelle furieusement le château ambulant, crachant, mouvant, mais presque vivant. Les nombreuses scènes de poursuite effrénées rappelent quant à elle celles du Château de Cagliostro et du Château dans le ciel. Lorsque les policiers de Lestrade chargent et s’effondrent les uns sur les autres, on pense bien évidemment aux pirates de Dora ou aux Mamma Aiuto. La disparition des pièces d’or se situe dans un décor minier annonçant Le château dans le ciel, tandis que l’architecture de son château se fait l’écho de celui du Comte dans Le château de Cagliostro, et donc de celui de Paul Grimault dans Le roi et l’oiseau.

La série incarne donc parfaitement les principales caractéristiques du cinéma de Miyazaki, sur un mode humoristique et canin.

... Au sein d'une création originale

La série n’en demeure pas moins une création originale dans la filmographie du réalisateur.

Ainsi, Sherlock Holmes a pour cadre un univers canin totalement anthropomorphisé, où les chiens roulent en voiture, fument le cigare et jouent du violon. On est donc très loin d’un personnage à la Porco Rosso, où le physique de Marco Pagot est avant tout une métaphore, ou de l’univers de son collègue Isao Takahata dans Pompoko, où, certes, les tanuki parlent, chantent, s’aiment, mais sans nier l’existence des humains et sans vivre tout à fait comme eux. Le choix de cette représentation ne vient pas de Miyazaki, mais du projet initié par l’italien Pagot, destiné aux plus jeunes. Miyazaki joue finalement peu de cette fantaisie et préfère s’intéresser avant tout à la caratérisation des différents personnages, à la mise en scène et aux scénarii comico-policiers à la Edgar de la cambriole.

Finalement, la seule étrangeté dans ce monde canin repose dans l’aspect de Holmes, ressemblant furieusement à un renard, et de celui de Moriarty, évoquant le loup. On peut y voir une allusion évidente au Roman de Renart, recueil de récits médiévaux qui mettait en scène les aventures du goupil Renart et de son compère le loup Ysengrin. Le premier, espiègle et malin, ridiculisait de manière systématique le second, bête et cruel. Or, on retrouve ces mêmes traits de caractère chez nos deux protagonistes principaux, Holmes et Moriarty. Cette relation est assez inédite dans l’œuvre de Miyazaki. Et on peut dès lors se demander si la relation qu’entretiennent les deux personnages est moins le fait du réalisateur que celui de l’influence occidentale inhérente à cette production internationale.

Enfin, autre originalité de la série, le rôle du personnage de Watson. Celui-ci joue en fait le rôle du naïf posant sans cesse des questions à Holmes. Le but de cette mise en scène est bien évident de permettre aux spectateurs de comprendre l’intrigue, puisque Holmes comprend tout avant tout le monde. Ce rôle assez superficiel et convenu est assez rare chez Miyazaki, qui évite généralement d’enfermer ses personnages dans une fonction pré-établie et statique. En fait, son docteur Watson reprend là les caractéristiques de son double de papier, puisque chez Sir Arthur Conan Doyle, l’ancien chirurgien est celui qui raconte les aventures du détective. Devant l’impossibilité de retranscrire cet aspect de l’œuvre, l’équipe aurait donc créé un Watson curieux mais un peu lent, qui reprend de manière systématique le nœud de l’intrigue, devenant une sorte de narrateur et surtout un double du spectateur. Cependant, on sent que parfois, Miyazaki aime rompre l’aspect lisse du personnage. C’est ainsi que dans Le trésor du fonds des mers, Watson devient un personnage très comique, gesticulant, s’énervant, vociférant, bien loin de l’image polissée auquel le spectateur est habitué. Difficile d’enfermer Miyazaki et son équipe dans des schémas pré-conçus !

Evidemment, il est peut-être exagéré de dire que Sherlock Holmes est une œuvre de Hayao Miyazaki, puisque ce dernier n’en a réalisé que les 6 premiers épisodes. Cependant, le reste de la série, même si inégal, a été véritablement marqué par la patte du réalisateur, son savoir-faire, sans oublier le talent de l'ensemble de son équipe. De plus, ces 6 petits bijoux peuvent être considérées, à juste titre, comme un moment clé dans l’histoire de Miyazaki, annonçant ensuite toute sa filmographie.

« Le plus grand des réalisateurs, oui c’est lui, Miyazaki, le voici ! »


Sherlock Holmes : Création de la série

Origines et production

Le projet

En 1981, Marco Pagot, fils du co-créateur du personnage de Caliméro, propose à la RAI un projet de série animée. La RAI accepte et s'associe pour la réalisation à la société TMS (Tokyo Movie Shinsha), studio ayant produit les séries cultes Cobra Space Adventure (Cobra), Cat's Eye (Signé Cat's Eyes) ou encore Berusaiyu no Bara (Lady Oscar). Il s’agit d’adapter les aventures du héros de Sir Arthur Conan Doyle, Sherlock Holmes. L’originalité du projet est de représenter les personnages sous des traits animaliers, et le public visé est celui des plus jeunes. Hayao Miyazaki, qui a déjà travaillé pour TMS sur la série Rupan Sansei / Lupin III (Edgar de la cambriole), se lance dans le projet baptisé alors Sherlock Hound, jeu de mots sur le terme hound, signifiant en anglais à la fois « chien » et « traquer ».

L’italien Marco Pagot conçoit le design des personnages et Miyazaki réalise les storyboard. En décembre 1981, la réalisation du pilote La petite cliente peut débuter. Marco et sa sœur Gi Pagot (auxquels Miyazaki rend hommage dans Porco Rosso à travers les noms de Marco Pagot et de Gina), et Kyôsuke Mikuriya (réalisateur notamment d’Ulysse 31) font partie de l’équipe de Hayao Miyazaki. D’autres futurs membres du studio Ghibli collaborent également aux premiers épisodes : Tsukasa Tannai (directeur de l'animation sur Le château dans le ciel) et Yoshifumi Kondô au character design, Nizô Yamamoto (Conan, le fils du futur, Le tombeau des lucioles) aux décors... Sans compter d’autres grands noms de l’animation japonaise, comme Kentarô Haneda pour la musique (Chôjikûyôsai Makurosu (Macross), Cobra), Sunao Katabuchi (Kiki, la petite sorcière, Arîte-hime (Princesse Arete)) et Tsunehisa Itô (Ie Naki Ko (Rémi sans famille), Kidô Senshi Gandamu F91 (Mobile Suit Gundam F91)) au scénario. Miyazaki prend en charge la mise en scène et participe également au scénario.

Plusieurs essais de character design pour Sherlock Holmes.

Cependant, en mai 1982, la série est brusquement interrompue alors que seulement 6 épisodes sont réalisés : La petite cliente, Le rubis bleu, Le trésor de la mer, La disparition des pièces d’or, L’enlèvement de Madame Hudson et L’aéropostale. La rumeur affirme que les héritiers de Conan Doyle sont la raison de ce brusque arrêt. En réalité, c’est le manque d’engagement des italiens qui aboutit à cette interruption.

Les versions cinématographiques

Hayao Miyazaki se lance alors dans la réalisation d’un autre projet, l’adaptation de son manga Nausicaä de la Vallée du Vent. En 1984, alors que le film est terminé, Tokuma Shoten propose de diffuser en première partie le film Sherlock Hound, composé en réalité de deux épisodes de la série mis bout à bout, Le rubis bleu et Le trésor de la mer. Pour la version cinématographique, le doublage, la musique et les génériques ont été refaits, les dialogues et certains noms de personnages ont été modifiés.

Le succès de Nausicaä de la Vallée du Vent relance alors la série, qui reprend sans Miyazaki. Si le reste de la série, qui s’achèvera au bout de 26 épisodes, est assez inégal, la qualité technique demeure et la patte de Miyazaki est encore visible. Par ailleurs, certains de ses anciens collaborateurs, comme Kenji Hayakawa et Seiji Okuda, continuent de participer à l’aventure.

L'ensemble de la série sera diffusée sur la chaine japonaise TV Asahi de novembre 1984 à mai 1985. En août 1986, L’enlèvement de Madame Hudson et L’aéropostale seront à leur tour diffusés en première partie d’une œuvre de Miyazaki, Le château dans le ciel.

Chirashi (flyer) du film Le château dans le ciel annonçant la projection du film et de deux episodes de Sherlock Holmes réalisés par Hayao Miyazaki.

L’exportation

Là encore, la série innove, puisque pour la première fois, une série japonaise sort quelques jours avant d’être diffusée au Japon. En effet, Sherlock Holmes étant une co-production internationale, la série peut bénéficier d’une sortie simultanée dans plusieurs pays. Et cocorico, c’est la chaîne cryptée Canal+ qui obtient l’exclusivité et qui diffuse l’intégralité de la série dans son émission Cabou Cadin.

La série sera ensuite rediffusée en France dans l’émission d’Antenne 2 Récré A2, puis sur TF1, dans le fameux Club Dorothée. Il faudra attendre 2005 et l’émission de France 5 Midi Les Zouzous pour une rediffusion récente. La série ne connaît pas le succès populaire d’autres titres, comme UFO Robo Gurendaizâ (Goldorak) ou Doragon Bôru Zetto (Dragon Ball Z), mais elle reste néanmoins très appréciée des fans.

L'adaptation des romans de Conan Doyle

Il est assez drôle de remarquer que la série animée ne reprend finalement que les personnages de Sir Arthur Conan Doyle, sans jamais adapter une seule de ses aventures.

Par ailleurs, le but de la série animée étant avant tout le comique, on remarque que les traits les plus noirs des personnages créés par l’écrivain ont été effacés. Ainsi, le Sherlock Holmes de Hayao Miyazaki aime le violon et la pipe, comme chez Doyle. Mais il n’est pas misogyne, ne mène pas une vie de bohème, et ne prend ni héroïne, ni morphine. Il n’est pas non plus égoïste et sensible aux flatteries, comme peut l’être parfois le personnage de Doyle.

La représentation canidée du docteur Watson semble plus fidèle au personnage de Doyle. En effet, ce dernier est un homme de taille moyenne, il est plutôt râblé et porte une moustache. Chez Doyle, c’est lui qui raconte les aventures de Holmes. Dans la série, c’est lui qui permet de faire comprendre aux spectateurs les déductions de Holmes par ses questions incessantes. Dans les deux cas, il demeure le compagnon dévoué mais naïf de Holmes, une sorte de faire-valoir. La principale différence réside avant tout dans son rapport aux femmes. En effet, chez Doyle, Watson est un séducteur qui plaît aux femmes. Il est également invalide, ce qui n’apparaît pas dans la série. Quant à Madame Hudson, elle n’est dans l’ouvrage de Doyle que la logeuse de Holmes, un personnage assez anecdotique.

L’ensemble de la série s’attache avant tout à représenter la lutte entre Holmes et Moriarty. Or, chez Doyle, le professeur n'apparaît que dans deux des soixante aventures de Sherlock Holmes. Seul Holmes le rencontre, Watson ne l’apercevant qu’une seule fois au loin. Si Moriarty apparaît dans la série comme un méchant d’opérette incapable de mener à bien l’un de ses plans, il apparaît comme un brillant malfrat chez Doyle, « le Napoléon du crime », selon Watson. Son titre de professeur est dû à sa jeunesse, où il excellait en mathématiques. Par ailleurs, c’est lui qui cause la mort de Sherlock Holmes dans Le dernier problème (bien que la pression des lecteurs pousse Doyle à ressusciter le détective !).

Moriarty chez Sir Arthur Conan Doyle et chez Hayao Miyazaki.

On constate donc que si le cadre des romans est respecté et si les principaux protagonistes sont présents, le roman et la série ont très peu de points communs, qu’il s’agisse du ton, de l’intrigue et même de certains traits de caractère des personnages. Le but de la série est avant tout de faire rire et de donner une image positive du héros, qui ridiculise sans cesse un méchant de pacotille finalement très attachant.

Art et technique

Le graphisme

La série bénéficie d’un budget conséquent, lui permettant d’avoir deux fois plus de cellulos qu’une série ordinaire. L’animation est donc d’une fluidité rare pour une production en série de l’époque. On remarque également un véritable effort concernant les décors qui plongent le spectateur dans le Londres victorien, aux façades aux riches ornementations de style éclectique, sans compter les costumes, et les machines à vapeur du début de l’ère industrielle.

Exemple de façade éclectique reprise dans les décors de la série.

Exemples de machines du début de l’ère industrielle, farfelues ou non, visibles dans la série.

Concernant le character design, on remarque une véritable recherche dans les traits des personnages. Bien qu’il s’agisse de canidés, les personnages ont un physique immédiatement reconnaissable, qui reflète parfaitement leur psychologie. Dans la filmographie de Hayao Miyazaki, il est rare de voir cet anthropomorphisme. On peut d’ailleurs remarquer que le réalisateur avait initialement représenté Madame Hudson sous des traits humains, ce que la RAI a refusé catégoriquement. Le choix de représenter des animaux possède évidemment l’avantage d’attirer un public jeune et le cas de Sherlock Holmes est loin d’être unique dans l’animation. Disney est évidemment la référence de ce type de character design, et le personnage de Sherlock Holmes n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de Robin des Bois. Quant à Moriarty, il est parfaitement dans la lignée des Grands Méchants Loups complètement dingues de Tex Avery.

Dans les croquis préliminaires, Madame Hudson
est représentée sous des traits humains.

Le doublage

En France, le doublage de Sherlock Holmes est dans l’ensemble de très bonne qualité, même si on remarque tout de même des changements malvenus chez les doubleurs et une certaine « francisation » des dialogues. Ainsi, à l’instar de séries comme Hokuto no Ken (Ken le Survivant), des dialogues ont été ajoutés ou modifiés. Bien souvent, il faut avouer que le résultat est assez drôle.

Amélie Morin est l'une des deux voix du personnage de Madame Hudson. C’est elle également qui double le personnage de Candy, de Camille dans Bishôjo Senshi Sêrâ Mûn (Sailor Moon), mais également de Lana et de Clarisse dans les nouveaux doublages de Conan, le fils du futur et du Le château de Cagliostro. Serge Lhorca, le professeur Simon Wright dans Kyaputen Fyûchâ (Capitaine Flam), double quant à lui Holmes, Jacques Marin, Grand-pa dans Les Minipouss et le père dans la série Happy Days, incarne le docteur Watson et Gérard Hernandez, second rôle dans le cinéma français et acteur de théâtre de boulevard, devient la voix drôlatique du professeur Moriarty.

La pléiade de rôles secondaires est souvent incarnée par une ou deux acteurs qui jouent simplement sur les intonations de voix pour différencier les personnages. Le résultat n’est pas toujours heureux et il est parfois dommage que certaines voix soient à la limite du ridicule et desservent les personnages.

La musique

Kentarô Haneda signe la musique de la série, dont l’inoubliable générique de début Sora Kara Koboreta Story (que l’on peut traduire par Une histoire tombée du ciel). Ses musiques peuvent être tantôt nostalgiques et douces lorsque le passage est contemplatif, tantôt rythmées et entraînantes, comme dans les scènes de poursuites et d’action. On peut par ailleurs remarquer que, cas rare pour les séries japonaises de l’époque, nous avons la chance d’avoir une vraie adaptation du générique, chantée par Amélie Morin (qui chantera plus tard le générique de Mimi Cracra et des Moomin).


Sherlock Holmes
et le mystère des plans disparus

Fin 2017, la série Sherlock Holmes sort en France dans une nouvelle édition sur supports DVD/Blu-ray chez l’éditeur Black Box. Cette édition, basée sur de récents masters japonais, est notamment la première à proposer une version japonaise sous-titrée absente des précédentes versions dans notre pays.

Mais rapidement, chez les plus fins connaisseurs de la série, des interrogations surgissent à propos de cette nouvelle édition. Par exemple, sur l’épisode 9 (Le trésor de la mer), réalisé par Hayao Miyazaki en personne, c’est la disparition de plusieurs plans connus, car présents dans le générique de fin de chaque épisode, qui semblent manquer à l’appel. Cette absence est d’autant plus inexplicable que ces plans étaient tous présents dans les précédentes éditions DVD sorties en France dans les années 2000 mais qui ne disposaient que de la VF.
S’agit t-il d’une censure incompréhensible plus de 30 ans après la diffusion de la série ? Rien de tout cela. Cette nouvelle édition lève simplement (et involontairement) le voile sur l’existence de deux montages pour cette série : un montage « international », celui que nous avons toujours connu en France, et un montage japonais, plus court.
On vous explique la raison de cette singularité.

Comparatifs de montages « international » et japonais sur les épisodes 3 et 9.

L’histoire complexe des coproductions animées avec le Japon

Pour rappel, la série Sherlock Holmes est le fruit d’une collaboration entre la télévision publique italienne, la Rai, la société Rever et le studio japonais Tokyo Movie Shinsha (TMS).
En 1982, quatre épisodes, tous réalisés par Hayao Miyazaki, sont finalisés au niveau des images et n’attendent plus que leur bande son. Deux autres ont leur animation terminée, cependant il leur manque les décors et la prise de vue. C’est alors qu’un problème avec les ayants droit de l’œuvre d’Arthur Conan Doyle et des complications avec la production italienne fait que le travail s’arrête.
De son côté, Miyazaki, qui a commencé son manga Nausicaä de la Vallée du Vent en février 1982, quitte le studio Telecom, filiale du studio TMS et coproducteur de la série, en novembre de cette même année pour produire le long métrage animé du même nom. Celui-ci entre en production en 1983 et Nausicaä de la Vallée du Vent sortira dans les salles japonaises en mars 1984.

La version cinéma japonaise de Sherlock Holmes

Pour capitaliser sur la reconnaissance nouvelle du réalisateur, il est alors décidé que deux épisodes de la série Sherlock Holmes, l’épisode 5 (Le rubis bleu) et l’épisode 9 (Le trésor de la mer), à ce moment encore inédits, seront exploités en salles en ouverture des séances de Nausicaä.
Mais un problème se pose : les épisodes ne sont pas complètement finalisés. Il n’existe alors qu’une version en anglais qui était utilisée pour convaincre des diffuseurs étrangers et vendre la série à l’international. De plus, les épisodes sont pensés pour être diffusées sur une chaîne italienne qui a ses critères bien à elle, notamment de durée.
Mais pour l’instant, il faut déjà que la production s’occupe de réaliser la bande son de la version japonaise. Hayao Miyazaki, bien trop occupé sur Nausicaä, demande alors à Isao Takahata et au scénariste (et futur réalisateur) Sunao Katabuchi de se charger de ce travail. Ces deux épisodes sont réunis pour le cinéma mais les sons, la musique, voire le nom des personnages, sont différents de ce qui sera fait ultérieurement pour la série TV.
En effet, des problèmes de droits avec l’œuvre de Doyle ne sont pas encore résolus à ce moment. Du coup, Lestrade devient « Lestrante » (resutoranto) et Sherlock devient « Sherbeck » (shaabekku) Holmes. On peut aussi noter que la voix de Holmes est assurée par le comédien Teruhiko Shibata, alors que ce sera par la suite Taichirô Hirokawa qui l’incarnera dans la série quelques mois plus tard.
Cette version cinéma est disponible en DVD et Blu-ray et propose de nombreuses différences avec la version TV des épisodes.
Mais surtout, cette diffusion au cinéma de la série permet de retrouver un sponsor japonais et de remettre la production sur les rails. Mais sans Miyazaki cette fois.

La version TV de Sherlock Holmes

La diffusion de la série TV Sherlock Holmes commence donc quasi simultanément en France, au Japon et en Italie, en novembre 1984.
Mais les six épisodes réalisés par Hayao Miyazaki n’ont pas fini de poser problème. Ceux-ci ont été conçus pour un format italien, plus long que le créneau prévu pour la diffusion japonaise. Il faut donc retailler dedans. Adieux, par exemple, certains plans de la séquence où Holmes et Watson pistent dans les airs Moriarty et son sous-marin de l’épisode 9. Trop long, il faut réduire...
Les Japonais, à part dans la version cinéma, n’ont donc jamais vus ces plans, alors que le public européen lui les a bien vu à la TV.
Ce qui démontre que les anciennes éditions DVD partaient de masters Italiens ou du moins internationaux. Tandis que l’édition récente de Black Box en Blu-ray, sortie en 2017, se base bien sur des masters japonais avec leur montage TV réduit.

Tous les épisodes réalisés par Hayao Miyazaki ont-ils connu un tel traitement ?

Sur les six épisodes qui ont été réalisés par Hayao Miyazaki entre 1981 et 1982, seulement deux ont connu une diffusion cinéma intégrale. Ce qui signifie que les autres, les épisodes 3, 4, 10 et 11, ont été reformatés pour la télévision japonaise sans avoir été montrés au Japon dans leur version longue italienne.
Une comparaison avec les Film Book, des ouvrages détaillants le travail sur les épisodes cités, montre que quelques plans ont bien été expurgés du montage TV japonais. Des plans difficilement visibles par le public nippon.

Et le reste des épisodes de la série ?

Le verdict est sans appel et tous les épisodes ont bien connus des coupures dans leur version japonaise par rapport à la version internationale de la série.
Ce fait est confirmé par l’existence d’une édition DVD américaine sortie chez Geneon (Pioneer Entertainment) qui proposait en 2002 dans un pressage double face. Cette version de 2001 profitait d’un remaster image depuis les sources en 35 mm, aussi bien pour la version japonaise que pour la version anglaise, et d’un son repris des bandes magnétiques 16 mm. Pour chaque disque, on trouvait sur une face la version anglaise au montage international et sur l’autre, la version japonaise au montage raccourci.

Le mot de la fin

Pour conclure sur la récente édition DVD/Blu-ray française de la série Sherlock Holmes, même s’il s’agit bien de la première fois que l’on peut avoir cette série en HD et en japonais dans notre pays, il faut bien être conscient que le montage n’est pas le même que celui des éditions DVD plus anciennes.
Plans plus courts, inversés, répétés ou tout simplement absents, c’est en moyenne 1 min 30 d’images qui différencie les deux montages, au détriment du japonais.
L’éditeur a involontairement permis de découvrir, ou du moins de mettre en évidence pour la première fois en 30 ans en France, l’existence de ces deux versions internationale et japonaise. C’est aussi la première fois qu’une version propose la VF et la VO chez nous. Mais bien sûr, la piste sonore de la VF a été coupée elle aussi pour s’adapter à ce nouveau montage, ce qui n’a pas du être une partie de plaisir à faire...
Gardez donc précieusement votre ancienne édition DVD française, car c’est aussi la dernière à proposer la série dans son montage international.


Source : Cette page est la reprise d’un sujet en trois parties diffusé sur la chaîne TV Nolife en mars 2018.
Remerciements : Merci à Emmanuel Pettini pour l'utilisation de son texte original, Parotaku pour sa comparaison des montages international et japonais de la série, et Catsuka pour son alerte.


Sherlock Holmes : Fiche technique

Couvertures des fascicules des deux versions cinématographiques de Sherlock Holmes.

Crédits

Titre名探偵ホームズ (Meitantei Hômuzu)
Sherlock Hound / Sherlock Holmes
Années de création 1982 (6 premiers épisodes, #3 à 5 et #9 à 11, par Hayao Miyazaki) et 1984
Œuvre originale Sir Arthur Conan Doyle
Chefs réalisateurs Hayao Miyazaki (#3 à 5 et #9 à 11), Kyôsuke Mikuriya
Scénarios Marco et Gi Pagot, Hayao Miyazaki (#3), Sunao Katabuchi (#4, 5 et #9, 10), Tsunehisa Itô...
Storyboard Hayao Miyazaki (#3 à 5 et #9 à 11), Shingo Araki (#6)...
Directeurs artistiques Nizô Yamamoto (#3 à 5 et #9 à 11), Jin Kageyama
Character design Marco et Gi Pagot, Yoshifumi Kondô (#1 à 13), Tsukasa Tannai (#14 à 26)
Directeurs de l'animation Tsukasa Tannai (#1, 9), Yoshifumi Kondô (#3 à 5 et 11), Kazuhide Tomonaga (#10), Kitarô Kôsaka (#20)...
Directeurs de la photographie Hirokata Takahashi (#3 à 5 et 9 à 11), Akio Wakana
Musique Kentarô Haneda
Chanson du générique de début Sora Kara Koboreta Story (Une histoire tombée du ciel) interprétée par Da Capo
Chanson du générique de fin Têmuzu Gawa no Dance (La danse de la Tamise) interprétée par Da Capo
Producteurs exécutifs Yutaka Fujioka, Shunzô Katô, Luciano Scaffa
Producteur Yoshimitsu Takahashi
Production Tokyo Movie Shinsha, RAI, Rever

Doublage japonais

Sherlock Holmes Taichirô Hirokawa
Le docteur Watson Kôsei Tomita
Marie Hudson Yôko Asagami
Le professeur Moriarty Chikao Ôtsuka
L'inspecteur Lestrade Shôzô Iizuka
Todd Hiroshi Masuoka
Smiley Mitsuo Senda

Doublage français

Sherlock Holmes Serge Lhorca
Le docteur Watson Jacques Marin / Jacques Dynam
Marie Hudson Françoise Pavy / Amélie Morin
Le professeur Moriarty Gérard Hernandez / Roger Carel...
L'inspecteur Lestrade Maurice Sarfati / Pierre Trabaud
Todd Jean-Claude Montalban / Pierre Fromont
Smiley Maurice Sarfati / Pierre Trabaud

Quelques chiffres

Nombre d'épisodes 26 épisodes de 26 minutes
Dates de diffusion au Japon Du 6 novembre 1984 au 20 mai 1985 sur TV Asahi
Date de diffusion en France À partir du 4 novembre 1984 sur Canal+ (Cabou Cadin)
Dates de sortie des versions cinématographiques 1984 en première partie de Nausicaä de la Vallée du Vent
et 1986 en première partie du Le château dans le ciel