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La colline aux coquelicots

Dans le Japon des années 60, Umi est une jeune lycéenne qui vit dans une vieille bâtisse perchée au sommet d'une colline surplombant le port de Yokohama. Son chemin va croiser celui de Shun, un intrépide jeune garçon. Attirés l'un par l'autre, les deux jeunes gens vont partager de plus en plus d'activités, de la sauvegarde du vieux foyer jusqu'à la rédaction du journal. Leur relation va prendre un tour inattendu avec la découverte d'un secret qui entoure leur naissance et semble les lier...

Kokuriko-zaka Kara (La colline aux coquelicots) est le 18ᵉ film du studio Ghibli. Il est réalisé par Gorô Miyazaki, cinq ans après sa première expérience Les contes de Terremer. Le film est sorti le 16 juillet 2011 au Japon et le 11 janvier 2012 en France. Accueilli favorablement par la presse et les spectateurs, ce long métrage permet à Gorô Miyazaki de s'imposer comme réalisateur à part entière au sein du studio.

Film conseillé à partir de 12 ans (voir guide des parents)


Sources : dossier de presse du film - émission La colline aux coquelicots - 300 jours de guerre entre père et fils diffusée le 9 août 2011 sur la chaîne NHK
Remerciements : merci à Yasuka Takeda pour les traductions


La colline aux coquelicots : Résumé détaillé

Yokohama, 1963. Umi est une jeune fille de 16 ans qui vit dans une maison ancienne, tout en haut d’une colline surplombant la ville portuaire. Orpheline de père et ayant une mère qui voyage beaucoup pour son travail, elle doit s’occuper de l’entretien de la vieille bâtisse, reconvertie en pensionnat afin de pouvoir subvenir aux besoins de toute la famille. Chaque matin, Umi suit donc le même rituel : préparation du repas, nettoyage et rangement de la pension. Avant de partir au lycée, elle hisse dans le jardin des pavillons maritimes, hommage à son père mort en mer. Ce qu’elle ignore, c’est qu’un jeune homme lui répond tous les matins depuis un bateau en hissant à son tour des drapeaux...

Un jour, elle découvre qu’un mystérieux inconnu écrit un article sur ce signal dans le journal du lycée. Qui est-il, elle l’ignore…

Plus tard, alors qu’elle déjeune avec ses amies, elle assiste à une scène inattendue : Shun, coqueluche de nombreuses filles, se jette du haut du Quartier Latin, vieux bâtiment qui abrite les clubs du lycée, pour plonger dans un bassin en contre-bas. En effet, la construction est menacée de destruction à cause de sa vétusté. Or les membres des divers clubs, tous masculins, s’opposent à cette disparition programmée. Devant ce saut spectaculaire, Umi se précipite pour aider le jeune homme... avant de le laisser retomber dans l’eau, exaspérée par le comportement fanfaron de Shun et de ses amis.

Le lendemain, sa petite sœur persuade Umi de l’accompagner au Quartier Latin pour obtenir une dédicace de la photo de Shun qu’elle s’est procurée à prix d’or. Umi refuse puis finit par céder. Arrivées dans le bâtiment, elles découvrent un intérieur poussiéreux et mal entretenu, que se partagent divers clubs, comme celui de chimie, de philosophie ou d’archéologie.

Tout en haut se trouve le journal, où officient Shun et Shiro, délégué des élèves. Umi comprend à cet instant que le mystérieux jeune homme qui a rédigé un article sur elle et Shun ne font qu’un. Shiro lui propose d’aider ce dernier à recopier les articles pour les imprimer ensuite, lui-même étant débordé par ses diverses obligations. Umi accepte un peu malgré elle, tout en se réjouissant intérieurement de se trouver près du jeune homme.

Très attirés l’un par l’autre, Umi et Shun nouent une relation forte, entre amitié et amour. Mais ce lien fort est menacé par deux choses. Tout d’abord le directeur a décidé, avec le soutien d’une majorité d’élèves, de détruire le Quartier Latin.

Umi va alors avoir une idée changeant la donne : elle invite toutes les filles du lycée à nettoyer la vieille bâtisse. Ainsi le bâtiment retrouve une deuxième jeunesse mais surtout les adolescentes trouvent enfin leur place au sein de ce dernier, provoquant un retournement de situation au sein des lycéens. Tous sont désormais attachés au Quartier Latin et veulent sa sauvegarde, y compris s’il faut s’opposer au proviseur du lycée et au président du conseil.

Le deuxième évènement menaçant l’amour naissant entre Umi et Shun a lieu lors d’une fête au pensionnat. En effet, si Umi découvre avec ravissement que Shun répond à son message tous les matins depuis le bateau de son père, Shun découvre une photo de ce dernier... et s’aperçoit qu’il possède exactement la même chez lui !

Or, Shun est un enfant adopté et son père adoptif lui confirme que l’homme de la photo n’est autre que son père biologique. Le jeune homme serait donc le demi-frère d’Umi. Effrayé par cette découverte, il prend alors ses distances avec la jeune fille, tout en refusant de lui en donner les raisons.

Un jour, les élèves apprennent que le Quartier Latin va être détruit malgré sa rénovation. Les élèves décident d’envoyer Shiro, Shun et Umi afin qu’ils persuadent le président du conseil de revenir sur la décision du conseil de l’école. À la sortie du lycée, Shun décide d’avouer le terrible secret à Umi. Celle-ci est effondrée car elle aime Shun et ne peut se résoudre à renoncer à leur amour.

Le lendemain, les trois jeunes gens se rendent donc à Tôkyô et une intervention d’Umi réussit à persuader le président du conseil de se rendre au Quartier Latin, afin qu’il puisse constater la beauté de ce dernier. Shiro décide de rester surplace, tandis que Shun et Umi rentrent ensemble. Celle-ci lui avoue ses sentiments profonds et lui annonce qu’elle n’arrive pas à renoncer à leur histoire.

En rentrant tardivement le soir au pensionnat, elle découvre le retour de sa mère. Profitant d’un moment en tête-à-tête, elle lui demande si son père est effectivement celui de Shun. Sa mère lui explique alors qu’un jour, alors qu’elle était enceinte, son père est revenu avec un enfant dans les bras, c’était bel et bien Shun. Mais ce dernier était le fils d’un ami mort durant la guerre et n’avait plus aucune famille. Suite à une promesse, le père d’Umi avait donc adopté légalement l’enfant. Mais apprenant qu’un de ses amis pêcheurs avait perdu son bébé, il lui avait confié. Ainsi, Umi n’était donc pas la sœur de Shun.

Le lendemain, le président du conseil arrive à Yokohama. Il ne peut que constater le très bon état du Quartier Latin et l’attachement des élèves à ce lieu. Il décide donc de lever la menace qui pesait sur le bâtiment. C’est alors que le père adoptif de Shun lui demande de venir immédiatement au port : un homme peut tout lui expliquer sur sa naissance, mais son bateau est sur le point de partir.

Umi et Shun se précipitent vers le port. Malgré les embouteillages, ils arrivent à monter à bord du bateau. Le capitaine du bateau est un des hommes de la photo. C’est en fait un ami qui confirme la version de la mère d’Umi. Il est très ému de rencontrer enfin les enfants de ses deux meilleurs amis morts à la guerre.

Les deux jeunes gens quittent alors le bateau heureux et rassurés. Toux deux peuvent regarder l’avenir avec confiance, ensemble...


La colline aux coquelicots : Personnages

Umi

Âgée de 16 ans, la jeune fille est tiraillée entre deux choix. Celui de devenir médecin, comme son grand-père, ou celui de se marier et de s'occuper du pensionnat, comme le souhaiterait sa grand-mère. Timide et réservée, elle s'affirme peu à peu au contact de Shun. Elle s'avère au final bien plus vive et réactive que lui. Ainsi, c'est grâce à elle qu'est sauvé le Quartier Latin. C'est elle qui pousse Shun à lui expliquer franchement son comportement distant. C'est enfin elle qui cherche également la vérité sur son passé et celui de Shun. Sans concession, c'est une jeune fille forte, directe, qui ne cherche pas à séduire.

Shun

Véritable égérie au lycée, Shun apparaît tout d'abord comme téméraire et décidé. Prêt à des actions inconscientes et inutiles pour sauver le Quartier Latin, il peut disserter avec véhémence et brio sur l'importance du passé, mais est incapable de mettre en place des actes concrets et constructifs pour mener à bien son rêve. C'est en fait un rêveur et un idéaliste qui a besoin d'Umi pour réaliser ses projets. De même il s'avère incapable d'affronter la réalité concernant sa naissance, mais surtout il refuse toute confrontation avec Umi, préférant prendre ses distances plutôt que de discuter franchement avec elle. Shun est somme toute un jeune homme gentil, mais maladroit.

Autres personnages

Sora

Petite sœur d'Umi, elle est intrépide et décidée, voire presque délurée tant elle semble se moquer des conventions. Mais elle a néanmoins besoin de l'aide de sa grande sœur pour adresser la parole aux garçons. Elle se rapproche peu à peu de Shiro et semble devenir sa petite amie.

Shiro

Délégué des élèves, il est beau parleur et est très populaire parmi les élèves. Attaché lui aussi au passé, il se bat pour la non-destruction du Quartier Latin. Très proche de Shun, il s'arrange souvent pour que son ami et Umi se retrouvent ensemble.

La mère d'Umi

Professeure, elle voyage à travers le monde pour son travail. Femme moderne, elle n'a pas hésité à s'opposer à ses parents pour pouvoir épouser son mari, alors pêcheur. Elle a également mené de front grossesse et études sans jamais faillir. Bien que souvent absente, c'est une mère aimante et proche de ses enfants.

La grand-mère d'Umi

Elle vit avec sa fille et ses petits-enfants, mais dans une dépendance. Elle incarne la tradition et le Japon d'avant-guerre, rêvant d'un beau mariage pour sa petite-fille.

Le père de Shun

Père adoptif de Shun, ce marin pêcheur travaille durement pour gagner sa vie. Derrière son air bourru, il s'avère avoir un grand cœur. Très attaché à son fils, il fera tout pour qu'il retrouve ses origines.

Les jeunes femmes du pensionnat

Miki, Sachiko et Yoshiko incarnent les différentes facettes de la jeune femme moderne de l'après-guerre : jeune interne dynamique, artiste-peintre lunaire ou secrétaire enjouée, toutes les trois s'assument, elles sont indépendantes et pleines de vie.

Les lycéens du Quartier Latin

Joyeuse bande de garçons, ils apparaissent comme de doux rêveurs, mais peuvent se transformer en bande motivée et vindicative lorsqu'il s'agit de défendre le Quartier Latin. Vivotant dans le bâtiment et se plaignant de la faible fréquentation de leurs clubs, ils ne font pas grand-chose pour réellement sauver le bâtiment jusqu'à ce que les lycéennes prennent les choses en main !


La colline aux coquelicots : Analyse

La colline aux coquelicots est le deuxième opus de Gorô Miyazaki. Nettement moins controversé que Les contes de Terremer, le film a visiblement séduit de nombreux Japonais, ainsi que les critiques. Par cette œuvre, le jeune réalisateur s'affirmerait comme une relève probable au sein du studio Ghibli, même s'il lui manque toujours la touche de génie de ses deux illustres prédécesseurs.

Un film pour les Japonais ?

Gorô Miyazaki aborde ici un tout autre univers que celui des Contes de Terremer, avec ses dragons, son aspect médiéval et sa quête universelle. L’action se déroule dans les années 60 au Japon, dans un contexte économique de renouveau, mais aussi de contestation sociétale. Si le spectateur occidental peut ne pas saisir toutes les allusions, un regard japonais reconnaîtra par moult détails et allusions cette époque.

D’un point de vue historique, le cadre est planté relativement vite : tout se déroule à Yokohama, en 1963, juste avant les Jeux olympiques. La ville contraste très singulièrement avec Tôkyô, qu’on aperçoit à la fin du film. C’est encore une petite ville portuaire quadrillée par de petites échoppes et des maisons (il s’agit à l’heure actuelle de la deuxième plus grosse ville de l’archipel nippon). On y circule en bus, à vélo ou en voiture. Le spectateur nippon peut aisément y reconnaître la ville et ses lieux célèbres.

Quelques lieux célèbres de Yokohama fidèlement représentés dans le film

Ôsanbashi

Le port le plus ancien de Yokohama et l'une des premières portes d'entrée pour le commerce avec le Japon à l'époque moderne. Aujourd'hui, il dessert les navires de croisière et offre des vues imprenables sur la baie et le paysage urbain de Yokohama.

Port de pêche

Rue Honmachi (ou Honchô)

Grande rue commerçante de Yokohama. Elle est cependant montrée assez tranquille dans le film.

Rue Motomachi

Plus petite que Honmachi, cette rue était connue pour sa communauté d’étrangers et ses petites échoppes qui vendaient des articles importés de pays occidentaux. À partir des années 70, elle est devenue une rue chic vendant vêtements et accessoires de mode.

Parc Yamashita

Ce parc est célèbre au Japon pour ses vues sur le front de mer et du port de Yokohama. C’est aussi un endroit romantique pour les Japonais de la préfecture de Kanagawa.

Paquebot Hikawa Maru

Construit à Yokohama et lancé en 1929, le paquebot Hikawa Maru est l'un des deux seuls grands navires de passagers du Japon à avoir survécu à la guerre. Il fut déclaré hors service en 1960 et fait à présent office de navire-musée. Il est amarré en permanence à côté du parc Yamashita.

New Grand Hotel

Cet hôtel historique donne sur le parc Yamashita. Il a ouvert en 1927, quatre ans après le grand tremblement de terre de Kantô qui a dévasté une grande partie de la ville. Il a servi d'hébergement aux troupes américaines durant l'occupation du Japon après la Seconde Guerre mondiale. La suite meublée où a séjourné le général Douglas MacArthur lors de sa première nuit dans le pays pendant l'occupation a été conservée telle qu'elle. En 1991, une tour de dix-huit étages a été construite pour agrandir l'hôtel.

Tour Marine

Haute de 106 m et inaugurée en 1961 pour le centenaire du port de Yokohama, la tour marine se situe au parc Yamashita. Il s’agit du second plus haut phare au monde, après celui de Djeddah (133 m). Son feu de couleur rouge et verte porte à plus de 40 km. Il fait une rotation toutes les 20 secondes. Avec une visibilité de 32 km depuis son observatoire situé à 100 m au-dessus du sol, ses visiteurs peuvent avoir une vue du mont Fuji.

Gare de Sakuragichô

Première gare de Yokohama et l'une des plus anciennes du Japon (elle a été inaugurée le 12 juin 1872), elle prit son nom actuel en 1915 quand la gare de Yokohama fût déplacée près de l'actuelle station de métro Takashimachô.

De même, Gorô Miyazaki, sur une idée de Toshio Suzuki, a inclus d’autres clins d’œil. Ainsi lorsque la famille d’Umi regarde la télévision, on entend la chanson Ue wo Muite Arukô (Marchons en regardant le ciel), chantée par Kyû Sakamoto et succès mondial à l’époque, y compris aux États-Unis. Cette charmante ritournelle évoque les amours adolescentes et ses tourments, comme un écho à celle d’Umi et de Shun.

Si l’histoire d’amour entre les deux héros est, par ailleurs, universelle et intemporelle, elle reste toutefois ancrée dans une réalité historique forte. Umi et Shun sont nés pendant la guerre. S’ils n’ont pas vraiment connu Hiroshima et l’après-guerre, ils en subissent indirectement les conséquences, puisque Shun a été adopté suite au décès des membres de sa famille pendant la bombe atomique, puis de son père pendant la guerre de Corée. Shun incarne parfaitement le Japon de l’époque, tout juste remis de la Seconde Guerre mondiale et en plein boom économique. À la fois déraciné familialement et attaché à sa culture et son passé, il est aussi plein d’enthousiasme et d’ambition. Prêt à en découdre, il est beau-parleur et très revendicatif, annonçant la période de contestation estudiantine de la fin des années 60.

Umi, quant à elle, reflète plutôt une autre réalité, celle des femmes japonaises de l'après-guerre. Au début du film, la jeune fille apparaît comme la jeune fille de bonne famille parfaite pour l’époque. Ainsi elle enchaîne les tâches ménagères et tient à la perfection la pension, tout en s’occupant de sa grand-mère, de son frère et de sa sœur. Polie et respectueuse des anciens, elle écoute avec attention son aïeule qui rêve pour elle d’un beau mariage où elle pourra s’occuper de la tenue de son foyer. Au lycée, elle ne fréquente que des jeunes filles tout aussi polies et réservées, contrairement à sa petite sœur bien plus effrontée et bien plus « moderne ».

C’est d’ailleurs cette dernière qui pousse Umi à aller au-délà du clivage garçons/filles et à casser ces carcans sociétaux. Le personnage d’Umi, de premiers abords timide et réservé, se révèlera par la suite le véritable moteur de l’histoire, alors que Shun, au début tête brûlée du Quartier Latin, s’avèrera bien plus maladroit et introverti qu’elle. Umi avouera d’ailleurs au jeune garçon rêver d’un avenir plus ambitieux, puisqu’elle voudrait non pas reprendre la pension familiale, mais devenir médecin.

Leur histoire symbolise le Japon de l’époque, encore ancré dans une société très figée dans ses traditions, mais qui se modernise de manière extrêmement rapide et étonnante. Autre signe de ces bouleversements : les parents d’Umi se sont aimés malgré les différences sociales et se sont mariés contre l’avis de leurs parents, la mère de la jeune fille étant tombée enceinte durant ces études. Enfin, après la mort de son mari, elle n’a pas abandonné sa carrière de professeur et voyage à travers le monde. Umi est donc la digne héritière de ses parents, à l’image de cette génération adolescente dans les années 60, qui cherche sa voie et fait trembler les traditions et la société.

L’histoire étant une adaptation de manga, la narration et les personnages obéissent également aux « codes » du shôjo romantique. Les lecteurs habitués à ce type de littérature reconnaîtront immédiatement certains rebondissements typiques : tout d’abord l’histoire d’amour (très chaste !) entre deux adolescents qui se met progressivement en place. Puis celle-ci devient impossible suite à un terrible secret révélé, celui de leur père commun et de leur parentalité. Des quiproquos, des flashbacks et des rebondissements qui aboutissent à la révélation finale... Mais tout est bien qui finit bien ! Les personnages secondaires, quant à eux, sont un peu caricaturaux (l’artiste-peintre lunaire, le jeune médecin dynamique, la petite sœur chipie...) et ont souvent un rôle comique destiné à alléger le propos, comme par exemple l’élève fantasque du club philosophie. Comme dans la plupart des shôjo romantiques, l’histoire se déroule sur fond de lycée et de clubs et reste ancrée dans la vie quotidienne.

Gorô Miyazaki : la troisième voie chez Ghibli ?

Cet aspect de l’histoire est à la fois propre au style de manga et à Ghibli. Comme dans presque tout film issu du studio, on retrouve avec délice les préparations culinaires, les découpes d’aliments, les bento, les plats familiaux qui font saliver le spectateur... Umi est montrée dans ce quotidien qu’elle effectue avec minutie et soin : nettoyage du linge, courses, rangement, repas. Cet ancrage dans le quotidien est un moyen de nous rendre les personnages très proches et réels. Gorô Miyazaki se place ici dans une véritable tradition au sein du studio, car même dans les œuvres les plus fantastiques de Hayao Miyazaki (Ponyo sur la falaise, Le voyage de Chihiro), on retrouve ces moments de convivialité autour de plats simples, mais réjouissants pour les yeux !

Mais bien évidemment, quand on regarde La colline aux coquelicots, c’est à Souvenirs goutte à goutte, à Si tu tends l'oreille et à Tu peux entendre la mer qu’on pense. Le premier parce que le film de Gorô se plonge avec délice et nostalgie dans le passé récent du Japon. Le deuxième parce que les aventures amoureuses d’Umi et Shun, dans leur simplicité, évoquent irrésistiblement celles de Shizuku et Seiji. La filiation la plus évidente demeure cependant celle avec l’œuvre de Tomomi Mochizuki, où deux jeunes gens tombent amoureux sur fond de lycée, avec de multiples rebondissements et une touche de nostalgie. D’autres clins d’œil à ces prédécesseurs sont notables, comme le tanuki qui décore le club du journal ou le nom « Ghibli » dont est orné le bateau.

Le rapport avec son père semble également plus assumé, alors que les références à l’œuvre paternelles semblent moins évidentes que dans Les contes de Terremer. C’est ainsi que lors du débat au Quartier Latin, Shun prononce ces paroles : « Détruire l’ancien, c’est faire disparaître la mémoire du passé, c’est ignorer le souvenir de ceux qui ont vécu avant nous [...] Vous n’aurez pas de futur si vous reniez le passé. » Si dans sa première œuvre, Gorô « tuait » symboliquement son père, par ces mots, il semble se réconcilier avec lui. Il ne rejette plus son illustre ascendance, il l’assume et la revendique, et plus important, il la respecte et la juge essentielle pour pouvoir regarder vers l’avenir.

Cependant la patte de Gorô est palpable si l’on compare notamment Umi sur l’affiche réalisée par son père et Umi dans le film. Dans le premier cas, la jeune fille apparaît avec un tablier rayé, les cheveux au vent, le regard vers le lointain. Idéalisée, elle semble presque irréelle. Dans le film, Gorô choisit de lui donner un aspect plus réaliste (et plus banal aussi), en appuyant plus sur les sentiments forts qui animent la jeune fille que sur son aspect.

On peut néanmoins regretter une certaine faiblesse de l’animation, notamment dans les scènes d’action ou dans les expressions des visages. Sans aucun doute, les délais de production très courts ont conduit à une économie de moyens des plus regrettables. Mais on constate également que le film ne possède pas non plus de grands moments forts, de scènes inoubliables susceptibles de marquer les esprits. Certains moments sont plutôt réussis, comme la découverte ou le nettoyage du Quartier Latin. Mais la plupart du temps, le film suit son cours avec bonhommie, enchaînant les scènes plaisantes, mais plutôt anecdotiques du point de vue de la mise en scène. Il manque une petite touche de folie et dé génie pour en faire plus qu’un film agréable.

Avec cette œuvre, Gorô Miyazaki s’affirme donc comme réalisateur et se place dans la lignée de ses prédécesseurs. Fidèle à l’esprit originel du manga, La colline aux coquelicots demeure cependant une œuvre gaie et plaisante, qui permet une belle plongée dans le Japon des années 60. Toutefois le film semble avant tout destiné, par ses nombreuses références historiques et culturelles, à un public japonais et adulte. Le public français sera-t-il réceptif à ce long métrage au parfum nostalgique ? Par ailleurs, le film manque un peu d’ambition, tant sur le fond que sur la forme. Toujours est-il que Gorô semble s'affirmer en tant que réalisateur. Espérons qu'à l'avenir le studio saura lui confier des œuvres plus ambitieuses et surtout les moyens de les réaliser !


La colline aux coquelicots : Production

Origine du film

L'histoire est l'adaptation (très libre) d'un shôjo manga (manga pour jeune fille) éponyme du tout début des années 80. Il est composé de 2 tomes, dessinés par Chizuru Takahashi et scénarisés par Tetsurô Sayama. Assez peu connu, il fut brièvement publié dans le magazine mensuel pour jeunes filles Nakayoshi (Candy Candy, Sailor Moon) de l'éditeur Kôdansha.

Au moment de sa publication, Hayao Miyazaki tombe sur un exemplaire appartenant à ses nièces. Il se demande alors si un shôjo peut être à l'origine d'un film et toucher toutes les tranches de public. Gorô Miyazaki découvre le manga dans le chalet de son grand-père, alors qu'il est collégien. Pendant de nombreuses années, ce projet est en veille, car tous pensent le manga inadaptable en animation. Finalement, en 1995, le studio Ghibli réalise Si tu tends l'oreille et prouve qu'il est donc possible de prendre comme base ce type d'histoire. Hayao Miyazaki explique le choix d'adapter ce manga de la manière suivante : « La colline aux coquelicots s'intéresse au cœur des personnes. Les filles et garçons de l'œuvre sont purs et droits. Ils n'oublient pas leurs rêves et ne manquent pas de respect au sexe opposé. Quelle que soit leur situation à leur naissance, ils vivent avec leurs forces et grâce à eux-mêmes. C'est ce genre de film que je voulais faire. »

La différence notable entre le manga et le film est que l'action dans le shôjo se situe dans les années 80 ; Le film se déroule quant à lui en 1963, juste avant la révolution étudiante. Une des volontés affichées de l'adaptation serait donc de jouer la carte de la nostalgie et de décrire de manière fidèle le Japon des années 60, c'est à dire en pleine croissance économique et sur le point d'accueillir les premiers Jeux olympiques à Tôkyô. Ce changement notable est sans doute plus le choix du père que celui du fils, trop jeune pour avoir connu cette époque. On ne peut qu'approuver cette initiative qui donne de la profondeur à un scénario plutôt anecdotique.

En décembre 2010, pour couper court aux rumeurs d'un Porco Rosso 2 qui ont enflammé le Web, le producteur Toshio Suzuki rend public le « plan quinquennal de Ghibli » qui planifie de produire 3 films ayant pour thématique commune l'ère Shôwa (1926-1989). Le premier est Arrietty, le petit monde des chapardeurs (même si le film se déroule dans les années 2000), déjà sorti, le second La colline aux coquelicots et le troisième un film qui sera réalisé cette fois par Miyazaki père (ce sera Le vent se lève).

Production du film

La colline aux coquelicots marque la première vraie collaboration entre Hayao Miyazaki et son fils ainé Gorô. En effet, même s’il s’agit là de la seconde réalisation de Gorô Miyazaki après Les contes de Terremer, le père et le fils ne s’étaient pas adressé la parole durant toute la production de ce premier film.

Bien qu’à l’origine il s’agisse d’un projet du père, le producteur Toshio Suzuki insiste pour que le fils le mette en scène. Parallèlement, il demande à Hayao Miyazaki d’en rédiger le scénario, avec l’aide de Keiko Niwa (déjà coscénariste sur Les contes de Terremer et Arrietty, le petit monde des chapardeurs). Les dialogues et des indications de mise en scène sont écrits sur le scénario, rédigé par Hayao Miyazaki. Donner vie aux personnages est en revanche le travail du fils.

La production de La colline aux coquelicots commence en juillet 2010, soit moins d'un an jusqu'à la sortie du film en salles. Le travail en collaboration entre Hayao et Gorô est souvent tendu. C’est ainsi que fin juillet, le père s’inquiète de la caractérisation du personnage d’Umi, qu’il trouve trop sombre, terne et sans âme. Il intervient auprès de Katsuya Kondô, chargé du character design, et auprès de Suzuki afin qu’ils persuadent Gorô de changer de voie.

Dans les premiers dessins, Hayao Miyazaki trouve la personnalité d'Umi trop sombre.
Il fait porter à son fils un de ses dessins sur lequel le personnage est en train de marcher à grandes enjambées.
À partir de là, tout se met en place pour Gorô Miyazaki. Le visage et les gestes d’Umi deviennent plus gais.

De même, il suggère un peu plus tard, en août, que des éléments soient ajoutés à la scène d’ouverture du film. Finalement le fils accepte les diverses remarques grâce à l’intervention régulière du producteur, véritable médiateur entre les deux hommes.

Une centaine d'animateurs commence alors le travail d'animation. 70 000 dessins sont nécessaires pour le film (il aura fallu 120 000 cellulos pour Le voyage de Chihiro). Gorô Miyazaki transmet ses idées sur la base du nouvel e-konte validé par Toshio Suzuki. En même temps, il contrôle les décors. Début mars 2011, Gorô Miyazaki a complètement terminé l'e-konte. Son équipe se prépare pour la dernière ligne droite avant la sortie du film qui aura lieu dans 4 mois. Le planning est serré et tout le monde travaille tous les jours jusqu'à minuit. La production est déjà fortement affaiblie par les délais courts de production.

11 mars 2011

Surviennent alors le séisme suivi d'un tsunami qui ravagent la côte Pacifique du Tôhoku. Les conséquences du désastre se répercutent sur la production du film. De nombreux animateurs manquent, l’avenir du film est très incertain. Au bout de trois jours chômés, c’est Miyazaki père qui pousse l’équipe à poursuivre l’aventure coûte que coûte, malgré les coupures d’électricité programmées. Le studio est obligé d’effectuer le travail sur ordinateur exclusivement de nuit, ce qui ralentit considérablement sa progression.

Réunions de crise au studio après le tremblement de terre.

Le 28 mars, le studio Ghibli présente la chanson titre de leur nouveau film, malgré l’atmosphère d’autocensure volontaire et la morosité qui règnent au Japon. Gorô Miyazaki y annonce que « la seule chose que nous pouvions faire dans de pareilles circonstances était de continuer et terminer le film. »

Durant les derniers mois de production, Gorô Miyazaki reste au plus prêt de son équipe. En tant que réalisateur, son défi est de finir le film dans les délais et de savoir jusqu’où il peut aller en faisant corps avec ses collaborateurs.

Promotion et réception du film

Le studio Ghibli n’a pas beaucoup communiqué sur la sortie du film. La faute aux tensions entre le père et le fils ? Au séisme ? Aux doutes sur les capacités à sortir le film en temps et en heure ? Les causes sont probablement multiples.

23 juin 2011, avant-première du film pour l’équipe de production.

Au final, le film sort dans les temps et à la date prévue, le 16 juillet 2011. Mais étant donné le contexte, le studio se demande si cette fois-ci le film va rencontrer son public. Si le succès est moindre qu’Arrietty, le petit monde des chapardeurs, il reçoit finalement un bel accueil de la part des critiques qui avaient été beaucoup plus sévères sur le premier long métrage de Gorô Miyazaki. Le film fait surtout un très bon score au Japon sur la durée, c’est le film d’animation le plus vu de l’année 2011.

Le film est sorti dans les salles françaises le 11 janvier 2012 avec un joli succès critique et public à la clé. Par ailleurs le manga dont est tirée l’histoire a été également édité en France chez Delcourt à cette occasion.


La colline aux coquelicots : Art et technique

L’animation

Loin du visuel très shôjo du manga, Gorô Miyazaki et Katsuya Kondô, chargé du character design, ont opté pour un style très proche des autres créations de Hayao Miyazaki. On notera également la simplicité de l’animation des visages. Véritable choix artistique ou économie de moyens due à des délais de production très courts ? Toujours est-il qu’on regrette un peu cette animation assez sobre, nuisant à l’expression des sentiments. De même, certains gestes ou actions manquent de fluidité et desservent un peu le film.

Cependant, Gorô Miyazaki réussit à pallier ce manque de détail en s’inspirant des films sur la jeunesse produits par le studio Nikkatsu. En effet, afin d’ajouter une note de réalisme dans la façon de s’exprimer des personnages, il explique avoir visionné Bouton rouge et fleur blanche (1962), La chaîne des montagnes bleues (1963), Disparu sous la pluie (1963) et Le magnifique calendrier (1963). Dans ces films, les personnages se parlent franchement, rapidement et surtout expriment sans détour leurs sentiments. C’est ainsi notamment qu’Umi se comporte, elle ne fuit pas ses sentiments, même négatifs.

Les décors

L’action du film se déroule presque intégralement à Yokohama, ville portuaire peu éloignée de Tôkyô. Par souci de réalisme, une attention particulière a été portée sur la création de décors inspirés des lieux existants de l'époque. Ainsi, bien qu’aperçus fugacement, on reconnaît le parc Yamashita ou encore le paquebot Hikawa Maru.

C’est Hayao Miyazaki qui a crée les deux bâtiments emblématiques de l’histoire. Le premier est la Villa des Coquelicots où habite Umi, tout en haut de la colline qui surplombe la ville et la mer. Maison traditionnelle japonaise, elle abrite les chambres à l’étage et les pièces communes au rez-de-chaussée. Sa particularité réside avant tout dans le mât qui se dresse au milieu du jardin, où Umi hisse tous les matins les pavillons maritimes en hommage à son père.

Le deuxième lieu clé est le Quartier Latin abritant toutes les activités du lycée. Il obéit à une structure plus occidentale, avec un escalier circulaire conduisant à différentes pièces et clubs. Son aspect extérieur massif, son architecture étrange et l’aspect presque magique de son intérieur ne sont pas sans évoquer les bains de Yubâba, dans Le voyage de Chihiro. Afin de renforcer les contrastes entre les deux lieux, si la villa est presque exclusivement féminine, le Quartier Latin est quant à lui peuplé de jeunes lycéens.

Autre clin d’œil de Hayao Miyazaki, le tableau peint par une des pensionnaires du film est en réalité un hommage au peintre et sculpteur futuriste Umberto Boccioni. En effet, le tableau est très clairement inspiré de La ville qui monte (1910).

Le doublage

Si Masami Nagasawa, voix d’Umi, effectue ici son premier doublage pour le studio Ghibli, Junichi Okada, qui incarne Shun, a déjà travaillé sur Les contes de Terremer.

Aoi Teshima, qui chante le générique, prête sa voix à Yûko, une camarade de classe d’Umi. Notons que Fujimaki, qui chantait en duo le thème de Ponyo sur la falaise, double le réceptionniste dans l’immeuble à Tôkyô. Enfin Gorô Miyazaki prête sa voix au professeur d’histoire.

La musique

La musique, aux accents très pop et jazz, a été confiée à Satoshi Takebe (Hana no Ato, 2010). Elle donne au film une note d’optimisme et d’espoir. Le compositeur, qui participe pour la première fois à une bande originale de film d’animation, a expliqué que sa musique ressemble ici à celle des classes de musiques dans les écoles, sans orchestration grandiose, avec un aspect amateur, sans prétention. C’est une musique fraîche, avec principalement du piano, de l’harmonium ou du mélodica, des instruments typiques d’un club de lycée. Gorô Miyazaki a choisi d’accompagner les scènes graves de cette mélodie joyeuse afin d’aider le spectateur à prendre du recul.

Ce qui fait également l’originalité de ce long métrage, c’est la présence de nombreuses chansons des années 60. Ue wo Muite Arukô (Marchons en regardant le ciel) a été chantée par Kyû Sakamoto. Première au hit parade sous le titre alternatif de Sukiyaki dans les pays anglophones, notamment aux États-Unis, et vendue à plus de 10 millions d’exemplaires, on l’entend notamment dans le film lorsqu’elle passe à la télévision. C’est Toshio Suzuki qui a eu l’idée de l’intégrer au film, car lui-même était fan des chansons de Sakamoto alors qu’il n’était qu’un jeune collégien : « Les paroles évoquent les tourments ou les blessures que ressentent tous les adolescents. [...] Il nous a donné du courage. Lorsque je pense à cette époque, je réalise que nous étions dans une société qui étouffait tous nos faits et gestes. On empêchait les enfants d’être indépendants [...] »

Le thème principal, Sayonara no Natsu (L’été des adieux), une reprise du générique d’un drama datant de 1976, est interprétée par Aoi Teshima (Les contes de Terremer).

Elle a été adaptée pour le film, la parolière Yukiko Marimura ayant changé les paroles du deuxième couplet. La chanson du petit déjeuner et lorsque naît le premier amour sont également interprétés par Aoi Teshima, avec des paroles de Gorô Miyazaki et de Hiroko Taniyama, qui a également composé la mélodie.

Des vagues d’un bleu profond est un chant choral inspiré d’un poème de Kenji Miyazawa To my students. Le premier couplet a été écrit par Hayao Miyazaki et le second par Gorô, belle symbolique de cette collaboration. Les paroles, prônant la solidarité, le courage et l’abnégation, ont par ailleurs un écho particulier après le tsunami du 11 mars.


La colline aux coquelicots : Fiche technique

Crédits

Titre コクリコ坂から (Kokuriko-zaka Kara)
From Up On Poppy Hill / La colline aux coquelicots
Années de création 2011
Œuvre originale Kokuriko-zaka kara de Tetsurô Sayama (scénario) et de Chizuru Takahashi (dessin)
Planification Hayao Miyazaki
Scénario Hayao Miyazaki, Keiko Niwa
Storyboard, réalisation Gorô Miyazaki
Directeurs artistiques Noboru Yoshida, Yôhei Takamatsu, Takashi Ômori, Kamon Ôba
Character design Katsuya Kondô
Directeurs de l'animation Akihiko Yamashita, Kitarô Kôsaka, Takeshi Inamura, Atsushi Yamagata, Shunsuke Hirota
Couleurs Naomi Mori, Kanako Takayanagi
Musique Satoshi Takebe
Chanson Sayonara no Natsu (L’été des adieux), paroles de Yukiko Marimura, composée par Kôichi Sakata et interprétée par Aoi Teshima
Directeur de la photographie Atsushi Okui
Producteur Toshio Suzuki
Production Studio Ghibli, Nippon Television Network Corporation, Dentsu Inc., Hakuhodo Inc., Buena Vista Home Entertainment (Disney), Mitsubishi Corporation, Kadokawa Shoten, Kôdansha, Tôhô

Doublage japonais

Umi Matsuzaki Masami Nagasawa
Shun Kazama Junichi Okada
Sora Matsuzaki Haruka Shiraishi
Hana Matsuzaki Keiko Takeshita
Ryôko Matsuzaki Jun Fubuki
Riku Matsuzaki Tsubasa Kobayashi
Miki Hokuto Yuriko Ishida
Sachiko Hirokôji Rumi Hiiragi
Yûko Aoi Teshima
Yoshio Onodera Takashi Naitô
Shirô Mizunuma Shunsuke Kazama
Akio Kazama Nao Ômori
Le président Tokumaru Teruyuki Kagawa
Le professeur d'histoire Gorô Miyazaki

Doublage français

Umi Matsuzaki Alexandra Garijo
Shun Kazama Rémi Bichet
Sora Matsuzaki Pauline Brunner
Hana Matsuzaki Annie Bertin
Ryôko Matsuzaki Nathalie Duverne
Riku Matsuzaki Warren Homs
Miki Hokuto Anneliese Fromont de Vitis
Sachiko Hirokôji Ingrid Donnadieu
Yûko Maeva Méline
Yoshio Onodera Patrick Raynal
Shirô Mizunuma Rémi Caillebot
Akio Kazama Rémi Pous
Le président Tokumaru Patrice Melennec

Quelques chiffres

Date de sortie du film au Japon 16 juillet 2011
Date de sortie du film en France 11 janvier 2012
Durée du film 1 heure 31 minutes
Nombre d'entrée au Japon Environ 3,5 millions de spectateurs
Box-office Japon 56 029 615 millions de $
Nombre d'entrée en France 413 287 spectateurs

Récompenses

  • 2011 - Festival international du film de Toronto : nommé pour le Prix du public de la Meilleure œuvre dramatique
  • 2012 - Japan Academy Awards : lauréat du Meilleur film d'animation
  • 2012 - Tokyo Anime Awards : lauréat du Meilleur film d'animation
  • 2012 - Asia Pacific Screen Awards : nommé pour le Meilleur film d'animation
  • 2012 - Festival international du film de Gijó : nommé pour le Prix enfant terrible du Meilleur film