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 Sujet du message : [ART] L'art du laque
Message Publié : 10 Déc 04 14:54 
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Le laque et son utilisation dans l'art japonais

Introduction :

Quelques termes techniques, signalés par un astérisque (*), sont explicités dans un glossaire en fin d'exposé.

Dissipons d'abord une ambiguïté : selon le dictionnaire Robert, laque est, en français, un mot féminin lorsqu'il désigne "le suc qui exsude de certains arbres d'Extrême-Orient", autrement dit la matière première brute ; et masculin lorsqu'il se rapporte au "vernis préparé avec [ce] latex" ou au "support enduit de ce vernis", donc à la préparation finie ou à un objet laqué. Dans ce qui suit, évidemment, la distinction entre les deux ne sera pas simple, puisqu'on décrira le passage de la matière première au produit utilisable. Notons simplement tout de suite qu'il s'agit donc d'un produit naturel brut (la laque) transformé ensuite avant emploi (le laque). La langue japonaise ne s'embarrasse pas de ces distinctions subtiles, et emploie dans les deux cas le terme urushi.

Outre son intérêt décoratif en lui-même, qu'accentue sa capacité à remplir les cavités et estomper les aspérités des surfaces, le laque peut être sculpté, coloré dans la masse et peint. De plus, cet enduit est particulièrement résistant. Il supporte ainsi relativement bien la chaleur, mais aussi le contact d'un certain nombre d'acides, même assez concentrés, et reste stable dans le temps, quoiqu'il se dégrade au soleil sous l'effet des ultraviolets.
Les vernis synthétiques ne reproduisent toujours qu'imparfaitement ces qualités. Il a donc un intérêt pratique indéniable, en plus d'être à la base d'un artisanat et d'une expression artistique à part entière.

Le laque est utilisé en Chine depuis l'époque Shan, soit le 14ème - 13ème siècle avant J.C.
Cependant, le Japon a absorbé puis perfectionné la technique du laque jusqu'à en faire un art national qui a fasciné l'Europe, au point "qu'au 18ème siècle, le terme "japonner" était devenu synonyme de laquer ou vernir" (Encyclopaedia Universalis, Laque (art du) ). Dans ce qui suit, je parlerai essentiellement de son emploi au Japon.

I/ L'origine et l'obtention du laque :

La nature du laque

La laque est une substance on ne peut plus naturelle : c'est la sève (la sève élaborée*, et non pas une résine*) de trois espèces "d'arbres à laques", Rhus vernicifera, Rhus succedanea et Melanorrhoea usitate. Le premier est cultivé et utilisé en Chine (dont il serait originaire), en Corée et au Japon, le second au Vietnam et à Formose, le dernier en Thaïlande. La sève de Rhus vernicifera est cependant la plus appréciée et la première employée historiquement.

Pour comprendre les qualités du laque, il faut détailler un peu la composition de la laque et les phénomènes qui s'y produisent au cours de son traitement. Bien évidemment, ces connaissances sont le fruit d'investigations récentes par les techniques de la chimie moderne, alors que la technique de fabrication du laque est le fruit de pratiques et d'observations empiriques, améliorées au fil du temps.

Dans ce qui suit, les explications chimiques tenteront de rester limitées à l'essentiel.**
Pour faire simple, la laque brute est une émulsion de type "eau dans l'huile" (comme une mayonnaise ^_^). Elle contient donc de l'eau (20 à 30%), quelques éléments minéraux (du fer, par exemple), et un grand nombre de molécules organiques, pour beaucoup hydrophobes (c'est-à-dire qui ne se mélangent pas à l'eau, comme les lipides qui constituent les corps gras).
Parmi ces molécules figurent des gommes (des polysaccharides complexes, comme ceux qui constituent la gomme arabique, le chewing-gum, ou le caoutchouc naturel) diverses protéines (plus précisément des glycoprotéines) et surtout un mélange de trois molécules très proches, regroupées sous le nom d'urushiol, à longue chaîne carbonée et hydrophobes.
On y trouve enfin une enzyme* particulière, la laccase. Et c'est l'action de cette laccase sur l'urushiol qui est, pour la plus grande part, à l'origine du durcissement de la laque : en catalysant l'oxydation de l'urushiol, elle déclenche une série de réactions de polymérisation* de ces molécules.

La collecte de la laque et l'obtention du laque

La collecte de la laque s'effectue, au Japon, sur des arbres de 7 à 10 ans. On commence par ôter l'écorce de l'arbre, avant de pratiquer plusieurs incisions horizontales dans le tronc et les vaisseaux du phloème, et de recueillir immédiatement la sève qui en exsude. Un nouveau prélèvement est fait tous les cinq jours durant la période de la récolte, qui se situe de début juin à fin octobre. Un seul arbre ne donne, au mieux, qu'environ 200 grammes de sève par an.

Image

Remarque : ne devient pas laqueur qui veut ! La laque contient aussi des substances qui peuvent provoquer des allergies gênantes. Et d'autres espèces d'arbres, apparentées aux arbres à laque, produisent des sèves toxiques.

Comme il s'agit d'un produit biologique, la sève varie souvent dans son aspect et ses propriétés d'un arbre à l'autre ou selon les lieux de récolte. La laque commercialisée aujourd'hui est donc un mélange de sèves provenant de différents arbres, permettant d'obtenir la composition et les propriétés physiques réglementaires.

La laque étant une émulsion, elle est instable. Aussi, pour empêcher les gommes d'y précipiter en formant des agrégats, la laque est filtrée, homogénéisée et agitée dans des récipients adéquats, par centrifugation, à température ambiante, pendant 30 minutes. Cette étape donne une laque "brute " qui sera appliquée sur les pièces à décorer comme "sous-couche". Son rôle est essentiellement d'obturer les cavités et les pores de la surface, et de la consolider.

Après quoi l'agitation est poursuivie à chaud (aujourd'hui dans un four électrique), en veillant à maintenir une température inférieure à 45°C (pour préserver la laccase, qui, au-dessus de cette température, se dégrade et perd son activité catalytique).
Au cours de cette cuisson, l'eau s'évapore, celle restant dans l'émulsion se divise en gouttes de plus en plus petites ; la laccase et l'oxygène de l'air provoquent l'oxydation de l'urushiol ; les molécules des gommes, initialement surtout dissoutes dans l'eau, passent dans la phase "huile ", et les glycoprotéines réagissent avec l'urushiol.
On obtient ainsi un laque visqueux, brun clair, ne contenant plus que quelques pour cent d'eau et prêt à l'emploi.

Pour obtenir un laque très noir, on y ajoute de la poudre de fer, le fer oxydé allant encore réagir avec l'urushiol pour donner une teinte très sombre. D'autres pigments permettront d'obtenir différentes couleurs, par exemple le cinabre(sulfure de mercure, HgS) pour un rouge vermillon.

Le laque peut s'appliquer sur une grande variété de matériaux : le bois, bien sûr, mais aussi le bambou, le métal, le papier mâché, le cuir, la poterie.

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Etriers métalliques laqués, musée d'art d'Ayashibara.

L'objet à laquer est d'abord enduit de laque "brute", puis poli au papier de verre, le tout pouvant être répété plusieurs fois. Il est ensuite recouvert d'une couche de laque "raffinée ", puis laissé à sécher toute une journée à 20-25°C et dans une atmosphère assez humide (70-80% d'humidité). La surface sèche est alors polie avec un mélange d'eau (ou d'huile) et de charbon de bois, grossier d'abord puis plus fin, frottée avec de la laque "brute " et séchée à nouveau. Cette série de traitement (enduit, séchage, polissage, astiquage, séchage), appelée Roiro-Siage, peut être répété de dix à vingt fois pour obtenir la finition désirée.

II/ Les techniques de décoration

La création d'un décor sur un objet laqué peut passer par plusieurs techniques différentes, selon le type de décoration et le matériau employé. Toutes utilisent plus ou moins les propriétés adhésives naturelles du laque.
Notons cependant d'abord que les motifs sont souvent sculptés sur l'objet même, avant l'application de la laque ou d'une peinture.

Le procédé le plus simple (urushi-e) consiste à peindre le motif sur l'objet laqué avec une ou des laques assez liquides de couleur différentes.

Le motif peut aussi être peint sur la surface laquée avec une laque, puis recouvert de poudre d'or ou d'argent. Celle-ci est fixée par une nouvelle application de laque, et, une fois durcie, la surface du motif est polie pour faire ressortir la dorure (Hira-maki-e).

Une première variante consiste à passer la couche dorée sur le motif puis à recouvrir l'ensemble de la pièce d'une nouvelle couche de laque avant de polir à nouveau toute la surface de l'objet (Togidashi-maki-e).
Le motif peint à la laque peut aussi être recouvert d'abord d'une couche de charbon avant d'être rehaussé d'une couche d'or selon le principe du Hira-maki-e.
D'autres objets sont ornementés de pièces de nacre (technique raden) ou de métal (technique hyomon), incrustées ou collées dans la surface laquée.

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Détail d'un maki-e à décor de libellules, avec incrustation de nacre et de métal. Auteur : Matsuda Gonroku
Source de l'image : http://www.nihon-kogeikai.com/TEBIKI-E/3.htm

Dans le premier cas, la forme de la pièce à ajouter est découpée dans l'épaisseur du laque avant l'application de la dernière couche de laque, le morceau décoratif y est inséré, puis l'ensemble de l'objet reçoit cette dernière couverture de laque. Le polissage décape ou amincit cette couche externe, faisant ainsi ressortir l'incrustation. Dans le deuxième cas, la pièce est disposée sur la sous-couche de laque, adhésive, avant l'ajout des couches de laque raffinée.

Enfin, le motif peut également être gravé dans l'épaisseur de laque, puis enduit de laque fraîche (qui servira d'adhésif). Avant qu'elle ne sèche, l'artisan enfonce dans les rainures une mince feuille d'or et enlève le surplus.

On peut mentionner pour terminer que, contrairement à ce qu'il en fut en Chine, surtout au 14ème siècle, le laque sculpté n'a jamais été vraiment employé au Japon. Dans cette technique, "les couches de laques superposées, profondément taillées en biseau, laissent affleurer des tonalités contrastées " (Encyclopaedia Universalis).

III/ L'histoire et l'évolution du laque au Japon

Les origines

La laque, au Japon, servait déjà d'enduit et d'adhésif à l'époque Yayoi (-300 av. J.C. - 300 ap. J.C.), et des objets laqués âgés de plus de 6000 ans ont été découverts sur Hokkaido, et d'autres de 5500 ans sur Honshé. Si le Japon est le pays où l'usage du laque s'est considérablement raffiné, c'est sans doute en liaison directe avec l'usage systématique d'un autre matériau, le bois, qui devient dans la culture japonaise l'un des matériaux de base, pour la construction, la sculpture et la fabrication de tous les ustensiles du quotidien.

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Les développements

Mais l'art du laque proprement dit (avec la technique urushi-e, cf. plus haut) ne serait arrivé dans ce pays, depuis la Chine, qu'à la même époque que le bouddhisme, soit au 6ième siècle, vers 538 ap. J.C. Les laques des 6ème et 7ème siècles sont encore très inspirés des modèles chinois, et les laqueurs améliorent peu à peu les techniques, obtenant la technique maki-e à partir du 8ème siècle, durant la période Nara (710-795). Un style proprement japonais s'est ensuite développé au 11ème et 12ème siècles, avec des incrustations de nacre et de laque d'or qui se détachent bien sur un fond noir. Le laque est employé désormais pour orner non seulement des objets divers (boîtes, selles...), mais aussi des décors intérieurs de temple.

Dans l'ensemble, les décors laqués représentent surtout des plantes, jusque vers 1615. Par contre, vers cette même période, les premiers contacts avec les occidentaux (~1545) conduisent à la réalisation des premiers objets "copiés" sur ceux du mobilier occidental. Au-delà, la décoration des objets japonais change elle aussi, et certains sont ornés de représentations d'objets utilisés par les occidentaux (cartes à jouer, navires, croix chrétiennes), voire de caricatures d'occidental. C'est l'art du namban.
Vers cette époque également, par une sorte d'influence "à rebours", le raffinement des laques japonaises conduit à un renouveau du style des laques chinois, qui font à leur tour appel aux incrustations de nacre et au laque doré.

Au 17ème siècle, à l'époque Edo (1615-1868) l'art du laque japonais se perfectionne encore, en même temps que les objets eux-mêmes, et les thèmes représentés se diversifient. Certains artistes acqui?rent une grande renommée et innovent dans la technique ou dans les représentations. Ogata Kôrin (1658-1716), par exemple, s'éloigne du réalisme dans ses motifs.

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Boîtes laquées, période Edo (17ème siècle).

Au siècle suivant par contre, cette habileté et ce raffinement des artisans tombent dans la surenchère : les pièces font de plus en plus appel à l'or, les motifs laqués d'or prennent le pas sur le fond plus sombre. Ce sont celles-ci qui seront appréciées des cours royales occidentales.

Conclusion

La laque est donc toujours très employée au Japon - la région de Najima (district d'Ishikawa) serait aujourd'hui la plus réputée pour cet art. En dépit de la concurrence croissante des vernis synthétiques, elle possède encore des qualités que ceux-ci ne reproduisent pas, raison pour laquelle, d'ailleurs, elle fait toujours l'objet d'études scientifiques. Mais de plus, l'art du laque n'est plus cantonné à la décoration, si raffinée soit-elle, d'objets (plus ou moins) utilitaires ou traditionnels. La laque devient désormais un matériau apprécié des artistes contemporains, qui l'emploie sur des supports nouveaux.

Glossaire

Enzyme : molécule organique (le plus souvent une protéine) au rôle catalytique, c'est-à-dire qui permet ou qui accélère une réaction chimique entre d'autres molécules, sans être elle-même modifiée. La grande majorité des réactions chimiques qui se produisent dans les cellules vivantes font intervenir des enzymes.

Polymérisation : réaction chimique conduisant à la liaison de plusieurs molécules identiques ou très voisines (monomères), pour n'en former qu'une, parfois de très grande taille. Les plastiques (polystyrène, polyéthylène, polychlorure de vinyle (PVC)...) sont des polymères, de même que la cellulose ou l'ADN.

Résine (au sens botanique) : produit collant et visqueux, sécrété par des cellules spécialisées de certains végétaux (Conifères, "Résineux"), et à rôle cicatrisant.

Sève : la sève est la solution qui circule au sein de la plante et apporte aux cellules les éléments chimiques nécessaires à leur fonctionnement. On distingue la sève brute, qui circule de bas en haut dans des vaisseaux spécifiques (xylème, formant le bois, au centre de la plante), composée d'eau et de sel minéraux puisés dans le sol ; et la sève élaborée, à circulation du haut vers le bas (dans un systême d'autres vaisseaux plus externes, le phloème). Cette dernière est chargée des composés organiques complexes synthétisés dans les régions photosynthétiques de la plante (les feuilles) et utilisés par le reste de la plante.


** Les chimistes curieux trouveront toute la composition de la laque et le détail des réactions chimiques qui se produisent lors de la polymérisation dans les articles de Kumanotani Ju, cités ci-dessous. Je dispose d'un exemplaire de ceux-ci et de schémas réactionnels détaillés de ces processus pour les plus curieux.

Pour ceux-là, je précise que l'urushiol est un mélange de dérivés du 3-pentadécyl-catéchol, accompagnées de quelques autres lipides phénoliques, et la laccase une oxydoréductase contenant un atome de cuivre. Elle catalyse d'abord l'oxydation du noyau catéchol (une hydroquinone) en un radical semiquinone, qui se dismute en benzoquinone et hydroquinone (dismutation), lesquelles peuvent se dimériser pour donner du biphényl-urushiol.
L'oxygène de l'air et la laccase assure aussi l'oxydation de la fonction triène sur sa chaîne latérale, sur laquelle peut alors se lier la benzoquinone de l'urushiol.
Par ces deux processus, les molécules d'urushiol polymérisent pour former un réseau.

Et tout ça fait une belle jambe aux non-chimistes ;-)

Sources et pistes bibliographiques :

* ENCYCLOPAEDIA UNIVERSALIS (version 2003), Laque (art du).

* KUMANOTANI Ju (1995), Urushi (oriental lacquer) - a natural aesthetic durable and future-promising coating. Progress in organic coatings 26, 163-195.

* KUMANOTANI Ju (1998), Enzyme catalyzed durable and authentic oriental lacquer: a natural microgel-printable coating by polysaccharide-glycoprotein-phenolic lipid complexes. Progress in Organic Coatings 34, 135-146.

* Un ouvrage spécialisé en anglais (que je n'ai pas lu ni consulté, mais manifestement, c'est du sérieux :)) : URUSHI. The technology of japanese lacquer.

* The Lacquer Museum, http://www.isei.or.jp/Lacquer_Museum/Lacquer_Museum.html
* Un autre musée, http://www.nihon-kogeikai.com/index-E.html

* Des sites de laqueurs professionnels modernes, parmi d'autres : http://www.kenjitoki.com/ukproject/urushi.html
http://www.bea.hi-ho.ne.jp/azu-hide/
On n'y apprend pas forcément grand-chose sur la technique, surtout quand tout est écrit en japonais, mais c'est fort beau à voir. :)

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"Qui trop embrasse mal étreint, qui mal étreint perd les pédales et qui perd les pédales se fout la gueule par terre". Pierre Dac


Dernière édition par Cyr le 10 Déc 04 19:00, édité 1 fois.

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Message Publié : 10 Déc 04 18:47 
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Localisation : Paname
Merci pour cet exposé très intéressant. Il est très compréhensible et traite, avec un regard très précis et éclairé, de ce sujet de la laque (sujet certes connu, mais bien trop peu expliqué sur le net). J’espère qu’il donnera l'envie à certains de t’aider dans cette tâche et dans ces forums de « Cultures japonaises ».


Désolé de ne pouvoir faire plus, et bravo encore


Fuse


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Message Publié : 16 Déc 04 22:55 
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Localisation : En train de preparer un plan contre la FNAK!
Ca y est, je l'ai enfin lu!!!! Je voulais le faire dans de bonnes conditions et surtout pouvoir le lire au calme!
Eh bien peu de choses à dire, hormis: "ahhhh, si mes profs de chimie avaient pu être aussi pedagogues" et "ahhh, si mes profs de techniques de creation artistiques avaient pu être aussi didactiques".
Encore une fois, Cyr, tu reussis un miralce: me faire comprend deux trois notions de chimie, ce que mon cerveau reuse de faire depuis la 4eme!!
La partie sur l'histoire de l'art permet de bien recadrer. Bref, encore une exposé de grande qualité!
Merci pour tout Cyr, c'est toujours un palir de te lire!
Si j'ai un peu de temps, je posterais un petit supplement artisituqe, mais ca va pas etre dans l'immediat vu mon actualité estudiantine!


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Message Publié : 17 Déc 04 23:33 
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Localisation : sur une planche de surf
Je mets un mot juste pour dire que c'est le premier exposé que je lit... (non, pas tapper)

En fait je m'etais interressé au sujet il y a un an a peut près, pour voir dans quel mesure c'etait realisable chez soi; mais je n'avais pas trouvé grand chose je doit avouer. Donc cet exposé m'a enfin apporter des explications concises et bien documentées qui ont repondues a mes interrogations.

P.S: C'est vraiment si dur a faire de la laque synthétique? J'avais cru lire que le vernis marin poncé très fin c'etait potable. (ce qui, je vous l'accorde n'est pas un synonyme de parfait)

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Si un cochon te raconte des mensonges a 4h du matin, le porc te ment tôt .


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Message Publié : 03 Jan 05 15:50 
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Localisation : Plus entre Pissevieille et Berrybouy (et oui, y'en a qu'ont de la chance dans la vie !)
En tant que littéraire de base ayant pour toute notion de chimie quelques restes épars et confus, je te félicite pour avoir réussi à rendre compréhensible un tel procédé chimique.
Maintenant, grâce à toi, je sais aussi que la langue française est plus subtile que la japonaise sur une technique pourtant asiatique.
Sinon, si les Japonais ont développé l'art du laque, ce n'est qu'au XIe S ap. J.C. qu'ils ont acquis leur style propre ? Alors que le laque existait en Chine depuis le XIVe S av. J.C. ? Ving cinq siècles, ça semble long (bon, on va dire 5 siècles puisque, comme beaucoup d'autres techniques chinoises, le laque est apparemment arrivé avec le bouddhisme...)
Merci d'avoir fait un exposé à la fois technique et artistique.
Et je vais essyer de me documenter sur cette fameuse période autour de 538 ap. J.C. et de l'arrivée du bouddhisme qui semble avoir vu l'influence de la Chine transformer le Japon.

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L'art est bref, la vie est longue. Et la lutte, finale.
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08/08/05 : LONGUE VIE A L'ARME SUPER-SONIQUE AUSTRALIENNE, à l'ancien leader de l'Alliance Française du Dessous, au brouillard des steppes, au pêcheur du lointain, à l'empereur noir et au tueur de graines !


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Message Publié : 03 Jan 05 22:19 
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Localisation : En train de preparer un plan contre la FNAK!
Il me semble que cette date de 538 est une date assez légendaire, qui n' estt relatée que dans des chroniques posterieures, le Kojiki (712) et le Nihon Shoki (720). Celui-ci raconte que l'un des trois royaumes de Corée envoya une délégation au Japon et offrit comme présent, pour nouer de bonnes relations une statue en bronze doré du Bouddha Sakyamuni ainsi que plusieurs volumes de Sûtra, textes sacrés qui définissent la façon la plus fidèle de transmettre la parole et les actes du Bouddha. Dans la lettre qui accompagne ces présents, le souverain demandait que soit diffusée cettedoctrine . Ce serait ainsi que le bouddhisme s'introduirait. En fait, c'est, bien sur, un peu plus complexe. Les immigrés Coréens, chassés de leurs terres alors que la Chine connaissait une période de troubles, importent avec eux de nombreuses techniques dont la riziculture et l'écriture Chinoise ainsi que leur religion. (j'en parle dans mon exposé sur l'époque Kofun il me semble).
Suit la période d'Asuka (645-710). Le Japon est alors le théâtre de violents affrontements entre les partisans des deux religions. Les partisans du bouddhisme triomphe, le Japon importe textes, idées, artisans et architecte de Chine et de Corée.
La période de Nara (710-794) débute alors, la plupart des clans se sont ralliés au bouddhisme. La Chine a alors une influence directe via le bouddhisme (tous les temples etaient dirigés par des moines chinois). Ainsi, je crois me souvenir que Nara est construite à l'identique de la capitale chinoise. La litterature s'inspirera egalement de la litterature des lettres, le code japonais s'inspire meme du systeme chinois confuceen. Il faut donc bien comprendre que le Japon est alors completement sous l'influence de la Chine. Il faudra donc tres longtemps pour que l'archipel prenne une veritable independance quant aux arts et aux lettres, même si l'époque de Heian, juste apres Nara, cherche à briser l'hegemonie des temples bouddhistes.

enfin bon, je fais ca avec mes restes de cours sur l'art japonais, je ne suis pas specialiste de l'histoire tout court!^^


Dernière édition par Ceiba le 03 Jan 05 23:12, édité 1 fois.

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Message Publié : 03 Jan 05 22:54 
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Localisation : De retour à Lyon, après Paris et Bordeaux
Merci beaucoup pour ces précisions fort utiles, Ceïba.

De mon côté, vérification faite, j'avais trouvé cette fameuse date de 538 dans la présentation d'introduction du livre Histoires fantastiques du temps jadis (éditions Picquier poche), un recueil de contes extraits des Histoires qui sont maintenant du passé , un ouvrage du 12ème siècle. Je suppose que l'auteur-traducteur ne cite pas cette date à la légère, mais ça n'empêche pas qu'elle puisse être plus ou moins légendaire. Je n'ai strictement aucune connaissance solide là-dessus.

L'important, comme tu le précises, c'est surtout que l'influence chinoise était si forte que l'individualisation d'un style artistique proprement japonais a été longue.

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Message Publié : 09 Mars 05 00:03 
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Localisation : le Sud :P
Merci Cyr pour cet exposé extrêment interressant.

C'est toujours aussi pertinent, bien vulgarisé, avec une pointe de technique pour ceux que ça interesse : la savante alchimie des exposés profondement interessants qui prouve une fois encore ton excellence dans ce domaine.


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Message Publié : 01 Avr 05 13:51 
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J'ai bien aime cet expose aussi. Je pensais pas que cela datait autant en fait, c'est surprenant. Merci aussi aux autres pour leurs precisions.

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http://tinou81.wordpress.com <-- Des recits de voyage.


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Message Publié : 01 Mai 05 17:45 
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Très intéressant cet exposé Cyr :wink:

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