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Message Publié : 22 Mai 04 12:47 
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Localisation : dans mes dessins
De l’ouverture du Japon à la naissance du japonisme dans la peinture française du XIX° :

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La culture japonaise puise une partie de ses origines dans le vieux fonds de la civilisation chinoise et des traditions insulaires spécifiques. L'influence de la Chine ancienne a été prédominante du point de vue linguistique. La religion, particulièrement le bouddhisme, a joué un rôle important dans la vie culturelle du Japon. L'influence occidentale, qui commença à se manifester au cours du XIXe siècle, coexiste avec les traditions et les formes stylisées de la culture japonaise sans jamais les supplanter : le Japon n'a assimilé que ce dont il avait besoin, ce qui lui a donné une culture si riche et si fascinante. Cette situation explique, tout comme en Chine, ces crises d'ouverture et de fermeture du pays, d'ultranationalisme et d'occidentalisme politique et culturel.

Le 31 Mars 1854, le commodore américain Perry ouvre les ports japonais à l'Occident.
Un an plus tard, le Japon conclue des traités de commerce avec la Russie, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et la France, puis avec les Pays-Bas quelques années plus tard, en 1856. Grâce à cette ouverture, les échanges économiques et surtout culturels débordent dans les pays. Lors de l'Exposition Universelle de Londres en 1851, la Chine dévoile une grande partie de ses richesses culturelles. Dès lors, le Japon et la Chine sont présents dans toutes les expositions universelles.


Pendant la très réputée Exposition Universelle de 1900 à Paris (où sera présenté entre autres la gare d’Orsay de Lucien Bénard, Lucien Magne et Victor Laloux), le pavillon japonais présente des dessins à l'encre de chine, des calligraphies, ainsi que des sculptures primitives issues de la collection impériale et des temples du Nippon.
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(ci-dessus, gohyaku rakanji sazaido, Katsushika Hokusai, 1760-1849)

Les premières estampes, ou ukiyo-e, « l’image du monde éphémère » (ou, au sens littéral, « du monde flottant ») sont d'abord en noir et blanc et apparaissent vers1568-1600.
La technique de l'estampe est le fruit de la collaboration de trois métiers: le peintre, qui fait le dessin à l'encre sur un papier transparent, qu'il colle ensuite à l'envers sur une planche de bois très dur (souvent en bois de cerisier); le graveur, qui grave sur la planche les traits et reliefs (on change de planche pour chaque couleurs); l'imprimeur, qui utilise du papier souple et très absorbant en fibre de koso; la colorisation se fait à la main par pochoir (technique « tan-e »).
Les sujets sont coupés par les limites du cadre, l'horizon est supprimé pour obtenir un plan plat, et l'intrusion d’éléments verticaux vient briser l’unité du plan.
Les couleurs sont toujours pures, lumineuses.

Walter Crâne (1845-1915), illustrateur anglais appartenant au mouvement « Arts and Craft » (l’ancêtre de ce que l’on appelle actuellement les « Arts appliqués ») écrit à ce sujet : "L'ouverture des ports japonais au commerce européen à exercé une énorme influence sur les arts européens, indépendamment de ses autres répercussions en particulier sur les arts du Japon lui-même. Excepté pour le domaine de l'architecture, le Japon est - ou plutôt était encore - dans la situation d'un pays européen à l'époque médiévale ; un pays avec des artistes, et des artisans merveilleusement formés pour toute sorte de travail décoratif, et qui participaient d'un naturalisme hardi et sans contrainte. Enfin, on trouvait un art vivant, un art populaire, dans lequel tradition et talent artistique demeuraient intacts, et dont les productions étaient d'une diversité attrayante et pleine d'une grande vigueur naturaliste. Il n'est pas étonnant dès lors que cet art ait séduit avec autant de force les artistes occidentaux et que ses effets aient été si exceptionnels".

Les artistes européens découvrent donc, parmi d’autres merveilles, les estampes des peintres de l’ukiyo-e aux expositions de Londres et de Paris ainsi que chez des collectionneurs privés comme Samuel Bing, et Félix Bracquemond. Les frères Goncourt publient même un ouvrage sur Hokusai en 1896.

L'Art nouveau et le Jugendstil utilisent alors la technique de la xylographie (sculpture sur bois), utilisé dés le VIIIième siècle en Orient en s'inspirant des produits d'art et d'artisanat japonais.
Les Impressionnistes de la première et deuxième génération seront certainement les plus influencés par l'entrée des arts asiatiques en occident. Le japonisme va être le point fort de la révolution picturale débutée par les Impressionnistes.
Les règles strictes de la peinture académique, qui prônait la ressemblance parfaite avec la réalité, vont être délaissées pour les caractéristiques du Yamato-e (peintures japonaises): une peinture toute en surface et en aplats, avec des couleurs pures; le traitement du détail, le format en hauteur, l'espace systématiquement fragmenté et l'utilisation du point de fuite dans les estampes japonaises révolutionne la perspective et amène les peintres à oublier la perspective centrale imposée à la Renaissance. Les sujets des ukiyo-e vont aussi influencer les artistes, qui dépeindrons des scènes de la vie quotidienne, en reniant les mises en scènes académico-greco-romaines de la Renaissance.
Dans une série d’articles publiés en 1872 pour la revue « Renaissance littéraire et artistique », le collectioneur Philippe Burty donne un nom à cette révolution : le « japonisme».

Van Gogh fut l'un des peintres qui s'inspira principalement des estampes japonaises: les ukiyo-e, scènes de vie quotidienne, et les quinze volumes de la Manga de Hokusai furent pour lui une véritable leçon picturale.
Van Gogh s'était fait du Japon une image toute personnelle, qu'il projetait constamment dans ses réalisations artistiques. Dans l'influence de l'art japonais sur l'Europe, il voyait un tournant décisif, qui devait faire disparaître les vieilles conceptions académico-classiques.
Dans les estampes japonaises, Van Gogh appréciait en premier lieu ce goût élémentaire et spontané pour les couleurs vives. Il comparera la ville d'Arles à certains détails en gros plan de paysage, qu'il voyait avec des yeux japonais : "Une petite ville, entourée d'une campagne entièrement fleurie de jaune et de violet... tu sais, ce serait un véritable rêve japonais !".
Van Gogh intensifie cet attrait pour le Japon en ajoutant à sa toile « Pont sous la pluie » deux bordures rouges ornées de quelques idéogrammes japonais, scène qui lui est directement inspirée de Hiroshige.
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ci dessus, Pont sous la pluie, Hiroshige

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(ci dessus, Pont sous la pluie (d'aprés Hiroshige), Vincent Van Gogh, 1887)
Le thème des branchages fourchus et agités l'a incité à dessiner et à peindre des arbres. Les siens se penchent, se tordent et s'entrecroisent suivant les règles des traités de peinture japonais qui exigent que le mouvement soit inclus aussi bien dans le tronc que dans les branches.
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ci dessus, Prunier en fleurs (d'aprés Hiroshige), Vincent Van Gogh, 1887.
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ci dessus, Branches d'Amandier en Fleurs, Vincent Van Gogh, 1889.
Pour lui, « L'art japonais, en décadence dans sa patrie, reprend racine chez les impressionnistes français ».


D’autres peintres seront, comme Van Gogh, fascinés par ce nouveau traitement de l’image.

L’oeuvre d’Edouard Manet (1832-1883), "Le Fifre", est bien connue pour l’influence du japonisme. Comme dans les ukiyo-e, Manet a éliminé la perspective, réduit le mouvement du personnage au minimum, simplifié les couleurs et accentué le contraste.
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Dans l’Olympia (1863), Manet replace le nu féminin, figure classique de la peinture occidentale, dans un environnement oriental. On pourra même voir, dans son portrait d’Emile Zola, la présence du Japon dans les mileux artistiques et littéraires avec la présence, dans la toîle, d’un paravent de style japonais et d’une estampe.
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ci dessus, détail du Portrait de Zola, Manet, 1868.
Le peintre Claude Monet (1840-1926) possédait lui une collection de 250 estampes (exposées actuellement dans sa maison de Giverny).
Dans le jardin de son ancienne demeure de Giverny, on peut toujours admirer un petit pont de style japonais d’époque qu’il a peint aux quatre saisons. Monet s’est grandement inspiré, dans son traitement des couleurs, des estampes d’Hiroshige. E, 1876, Monet dépeint même sa femme en kimono à la manière d’Utamaro, qui donnera lieu au tableau (ci dessous) « la japonaise »:
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Edgar Degas (1834-1917) s’inspirera lui du traitement du mouvement et du cadrage dans les estampes, principalement dans la manga de Hokusai.
On peut voir, sur le tableau ci dessous, « danseuse de ballet » (ci dessous), la simplification de l’espace avec une étendue vide et un décor simplifié à l’extrême qui creuse et étend l’espace pictural et, sur la partie gauche, décentrées, les jeunes danseuses:
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En 1891, Toulouse-Lautrec produit sa première affiche "Le Bal Du Moulin Rouge". C’est ce genre d’affiches qui est devenu très populaire parmi un grand nombre des oeuvres d’art de Lautrec, et que l’on appelle d’ailleurs souvent des « estampes »: on trouve clairement l’influence d’ukiyo-e dans ses compositions hardies, dans son traitement en aplat, dans l’utilisation de couleurs plates et simples, et dans le cloisonnisme, c’est-à-dire le moyen d’expression décoratif de tracer les contours et de colorier, utilisant le cerne noir pour délimiter les formes.
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ci-dessus, affiche pour le cabaret Le divan japonais, Toulouse-Lautrec.

La signature de Lautrec était elle-même inspirée des sceaux japonais qui figuraient sur les estampes:
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Dans les séries de Paul Cézanne (1839-1906), principalement celles de la montagne Sainte Victoire, l’on retrouve l’exercice de Hiroshige, dans ses séries du mont Fugi, ainsi que le traitement des lumières et des couleurs pures :
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Plus tardivement, Matisse (1869-1954) reprendra des ukiyo-e l’extraordinaire vivacité des couleurs et de la lumière, et fera dominer la couleur sur les formes, devenant secondaires, réduites à de simples lignes. Cela donnera vie au mouvement appelé « Fauvisme », réputé pour ses couleurs chatoyantes et surplombant la forme.

Samuel Bing, qui écrivait dans sa revue « Le Japon Artistique », décrivit, en mai 1888, le résultat de cet étrange mélange entre art japonais et art français : "Cet art [japonais] s’est à la longue mêlé au nôtre. C’est comme une goutte de sang qui s’est mêlée à notre sang, et qu’aucune force au monde ne pourra éliminer".

La rencontre avec l'art japonais a donné à nos artistes de nouveaux thèmes iconographiques et un choix de techniques et de moyens plastiques nouveaux. C’est grâce à l’entrée de ces nouvelles formes d’art, encore méconnues avant l’ouverture du Japon à l’Occident, que nos artistes ont pu être libérés des règles strictes et conformistes de la perspective imposées par la Renaissance et donner ainsi naissance à des mouvements artistiques révolutionnaires par leur mise en scène, par leur fond et par leur forme.


Sources: Histoire de l'art, Gombrich, éditions Phaidon; Peinture française au XIX, Skira; L'ABCdaire de Van Gogh, Flamarion; Mes cours de l'université^^

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Dernière édition par oni le 28 Nov 04 02:16, édité 3 fois.

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Message Publié : 22 Mai 04 15:12 
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Localisation : De retour à Lyon, après Paris et Bordeaux
Merci beaucoup pour cet exposé, Oni. :D

J'apprends vraiment beaucoup de choses à la lecture de ces exposés !
J'avais vaguement conscience d'une contemporaneité de l'ouverture du Japon à l'Occident et de ces nouveaux courants de peinture en Europe, mais je n'avais jamais senti combien les seconds avaient tiré parti du premier. Ton exposé le met vraiment en évidence.

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"Qui trop embrasse mal étreint, qui mal étreint perd les pédales et qui perd les pédales se fout la gueule par terre". Pierre Dac


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Message Publié : 22 Mai 04 16:08 
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Localisation : Bordeaux
merci oni !!!

je ne pensais pas que la culture et l'art japonais avaient eu une telle influence sur le monde occidental, surtout sur les courants de peinture.
je vais pas forcément bien tout retenir, mais j'ai au moins assimilé quelques trucs... ^^

ça va bien me servir, encore merci ! :)

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Message Publié : 23 Mai 04 07:21 
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Localisation : Tokyo
Tout pareil, bravo!

Je savais pas que c'etait a ce point pour Van Gogh...
Et puis c'est marrant le coup du "sceau" de ce cher Toulouse Lautrec.

Comme quoi la fascination des artistes pour le Japon n'est pas une mode actuelle.

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http://tinou81.wordpress.com <-- Des recits de voyage.


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Message Publié : 23 Mai 04 19:37 
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Localisation : En train de preparer un plan contre la FNAK!
merci beaucoup Oni pour cet exposé...en esperant que cela pourra être utile pour les oraux, dont un est consacré....à l'impressionisme!^^
si un de ces quatre j'ai le temps, je ferais un petit complement sur l'architecture, la ceramique et l'opera (private joke :wink: ), bien que l'influence du Japon ait été moins flagrante sur ces arts.
merci encore mamzelle!


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Message Publié : 23 Mai 04 20:00 
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Localisation : Plus entre Pissevieille et Berrybouy (et oui, y'en a qu'ont de la chance dans la vie !)
J'ai enfin pris le temps de lire cet exposé au calme et attentivement.

Merci. Merci Oni car c'est vraiment non seulement documenté et riche mais aussi parfaitement accessibles à des amateurs comme moi.

Le sceau de Toulouse-Lautrec est effectivement quelque chose d'assez saisissant comme l'influence considérable que le ukiyo-e a eu sur Van Gogh.

Juste en quelques mots (pas besoin d'un exposé) ou en quelques références, quelqu'un connaît-il l'influence que la Chine a pu avoir sur l'art européen ?

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08/08/05 : LONGUE VIE A L'ARME SUPER-SONIQUE AUSTRALIENNE, à l'ancien leader de l'Alliance Française du Dessous, au brouillard des steppes, au pêcheur du lointain, à l'empereur noir et au tueur de graines !


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Message Publié : 25 Mai 04 22:10 
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Localisation : Bordeaux
avec ma petite formation de seconde arts appliqués, et bien aujourd'hui nous avons regardé un documentaire sur Andreu (qui d'ailleurs est au centre des débats actuellement...), achitecte français du nouvel Opéra de Pékin, qui est encore en construction en ce moment.

Si à l'état final cet opéra est aussi beau que je l'ai vu sur les plans... ça risque d'être prometteur !

j'ai pas noté les adresses des sites (dsl), mais avec une recherche "andreu opéra pékin" sur google, on trouve quelques sites assez intéressants avec de bonnes images, qui vous parleront sûrement plus que ce post, je l'avoue un peu confus ^^.

Vous allez vous demander peut être un peu le rapport avec le topic, mais si, il y en a !!! :
en fait, le bâtiment se présente comme une énorme "goutte" de titane et de verre sur un lac.
Si on regarde de plus près, cette "goutte" connote une sorte de fleur qui s'ouvre de profil... un nénuphar ou quelque chose comme ça.
L'acier serait le "vert" de la fleur, et prend le rôle des "tuiles" du bâtiment. Et chaque "tuile" de métal est un rectangle, surmonté de deux "clous" en relief à chaque extrémité. Et dans le documentaire, Andreu expliquait l'origine de ces étranges tuiles : en fait apparemment, les anciennes cotes de maille des samuraï étaient constitués de centaines de petits rectangles de métal, comme cela.

voilà une image, par contre c'est effectivement assez difficile de voir les tuiles à cette distance, mais j'ai pas trouvé mieux, et je n'ai pas de scanner pour vous le dessiner :cry: :

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voilà, j'espère que c'était pas trop confus, mais je tenais vraiment à faire part de ça...

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Message Publié : 17 Août 04 15:45 
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tres ineteressant cet exposé.
l'opera de pekin est vraiment hitech je trouve. c'est assez beau. les tuiles en titane, ca me rapelle le guggenheim de bilbao http://www.guggenheim-bilbao.es/idioma.htm

par contre faut pas que les tuiles se detachent ... ca a interet a etre bien construit pas comme un certain opera a paris :roll:

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Message Publié : 17 Août 04 20:09 
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Inscription : 15 Fév 04 13:17
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Localisation : Bordeaux
oui, et surtout qu'Andreu a dernièrement eu... heu... des petits problèmes avec une de ses constructions^^

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Message Publié : 26 Août 04 13:48 
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Localisation : Dans un Jour de pluie
C'est vrai que c'est très intéressant comme exposé! Encore plus pour les atrophiés de l'histoire de l'art comme moi. Il y a juste une chose que je souhaiterais compléter :
en 1891, lorsque Toulouse Lautrec produit sa première affiche "Le Bal du Moulin Rouge", l'influence d'ukiyo-e est claire, mais ce qu'on oublie de dire, c'est le nom de la personne qui lui a fait découvrir ce type de peinture. En effet, 1891 est l'année de la rencontre de Lautrec avec un personnage qui sera déterminant dans son travail et qui l'influencera grandement. Voici une peinture de Smudja qui immortalisa cette rencontre :
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:joker:

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Message Publié : 24 Jan 05 17:42 
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Très intéressant, ça fait plaisir de parler art ici !

Je me permets d'ajouter ma petite contribution... Whistler, qu'on peut voir en ce moment (à moins que ce ne soit fini ?) au grand palais, à également été très influencé par les estampes japonaises pour la composition de ses peintures, le choix des à-plats colorés, des séries. Sa signature était d'ailleurs également un petit signe japonais. Un petit exemple :
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Pierre Bonnard et les nabis en général étaient également influencés par le Japon.
c'est particulièrement flagrant dans cet exemple (l'enfant au pâté de Bonnard)
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Message Publié : 24 Jan 05 19:56 
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Inscription : 20 Mars 02 01:05
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Localisation : Plus entre Pissevieille et Berrybouy (et oui, y'en a qu'ont de la chance dans la vie !)
D'ailleurs cette peinture a été reprise par les éditions Picquier pour faire la couverture de la traduction française de "la tombe des lucioles", la nouvelle de Nosaka dont le film de Takahata est l'adaptation.

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Message Publié : 06 Fév 06 20:54 
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Inscription : 26 Mars 05 22:10
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C'est vraiment du beau travail ce que tu as fait Oni!!! :) Bravo de donner autant de temps pour nous!

A Whistler, on peut ajouter que les Etats Unis ont très tôt subi l'influence du Japon et de son art, tout simplement parce qu'ils étaient beaucoup plus près géographiquement du Japon que les européens.

Ca se voit notamment chez un peintre américain de la fin du XIXème siècle qui bat tous les records aux enchères: Winslow Homer.
Par exemple il a repris à l'huile une estampe japonaise représentant des oies sauvages volant au dessus de la mer.

Ici, c'est un détail (très agrandi) d'un tableau montrant des femmes sur la plage avec...un splendide éventail japonais entre les mains!
Image
Le tableau s'appelle: "Promenade sur la plage" et date de 1880.

Homer n'a jamais quitté son pays et pourtant on voit dans ses oeuvres l'influence japonaise sur le format, le sujet, l'angle de vue ...il y avait donc bel et bien des échanges entre le Japon et les Etats Unis avant l'ouverture de l'ile au monde.

Voilà ^^


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