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Message Publié : 09 Jan 06 02:09 
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Localisation : Plus entre Pissevieille et Berrybouy (et oui, y'en a qu'ont de la chance dans la vie !)
[quote="Maubec"]Je viens de finir "Nekotopia" de Asuka Fujimori alors je vous livre ma petite fiche de lecture :

NEKOTOPIA de Asuka FUJIMORI
Flammarion (ISBN 2-08-068415-9)

Asuka est une jolie petite fille de 10 ans.
Le jour où elle apprend que sa chatte attend des petits et que ses parents vont être "obligés obligés" de les noyer, elle décide de ne pas les embêter avec ça et noie l'animal.
C'est son premier chat et loin d'être le dernier...
Quand elle tue des chats, Asuka expérimente, elle ne fait pas ça pour le plaisir. C'est un devoir, une mission dans laquelle elle met tout son coeur. Ca devient vite sa seule occupation avec écraser avec une pierre le nez des garçons qui la trouve jolie.
A côté des récits de trucidage, un vrai scénario se met doucement en place :
La cité où vit Asuka vient à peine de sortir d'une guerre civile (dont on a oublié les origines tellement elle date) qu'un homme, le Maître, a su arrêter.
Le Maître est un homme incroyable, génie de l'économie, des sciences, des lettres et de la politique... Si il ne s'y était opposé fermement, il aurait déjà été divinisé de son vivant et c'est surtout le théoricien de la loi de la dualité (répétitivité et verticalité).
Autour du maître gravite le "conseil" constitué du notaire du Maître, de l'avocat du Maître, du docteur du Maître, du garagiste du Maître, etc... et du Pingouin (responsable du protocole), le tout présidé par l'Ami du Maître et auquel va se trouver convié le psy du Maître.
Psy qui est aussi celui d'Asuka.
Or voila, le Maître va bientôt mourir et il stipule clairement dans son testament que seul son assassin héritera du pouvoir mais n'échappera pas à la peine capitale qui est réservé aux assassins... D'où problème... Et c'est là que le psy propose qu'Asuka se charge du Maître.
Celui-ci est fasciné par les récits de son psy à propos de cette petite félicide, elle pourra l'approcher et de plus elle est mineure, elle échappera donc à la condamnation.
Idée géniale ! Mais il y a un hic : le Maître ne ressemble pas du tout à un chat !

Avec un style très agréable et surtout très drôle, Fujimori navigue entre trois narrateurs sans jamais emmeler son récit.
Il y a d'abord Asuka qui raconte (sur une page à chaque fois) ses différents trucidage : rongé par le sel, percé à la perceuse électrique, passé au micro-ondes, ou victime du saut à l'elastique avec un fil à couper le beurre... Amis des chats, fuyez !!! :lol: Et elle leur donne des noms d'assassins ou de gens célèbres, c'est assez déconcertant et finalement partcipe au ressort comique des trucidages.
Ensuite, il y a le psy qui sert de lien entre les deux personnages principaux : Asuka et le Maître.
Lui a un ton désabusé mais plutôt neutre, c'est aussi à travers ses descriptions qu'on apprend l'histoire de la Cité.
Enfin il y a un narrateur. Dans ce dernier style, Fujimori se lâche et par moments, elle fait presque penser au regretté Douglas Adams (dont nous fêtions le 12 mai les trois ans de sa tragique disparition) qui avait un style très monty pythonesque (lisez le Guide Galactique :contrat: !!!)

Avec un humour très très corrosif, noir même dans les passages d'Asuka, rappelant l'humour de "C'est arrivé près de chez vous" si vous voulez un point de comparaison, NEKOTOPIA est un bijou d'humour dont je ne soupçonnais l'existence dans la littérature japonaise : il faut lire la tirade du Maître se lamentant qu'on ne lui ai trouvé que ce surnom d'une banalité aflligeante : on dirait du Zurui Chibi en pleine forme ! Et quand la cité entière essaie de convaincre Asuka que le Maître ressemble à un chat de façon subtile (en cours, à la TV, à la maison...), et les réunions du Conseil, le Pingouin et les doutes de l'avocat... Franchement c'est tellement drôle que je ne resiste pas à la tentation de vous livrer deux extraits :

Je vous livre la version "fil à couper le beurre", ça se passe après qu'Asuka ait changé de psy (elle a arraché avec ses dents la tête du chat du précédent qui est celui du Maître et qu'elle retrouvera après), c'est elle qui raconte (ce n'est pas la page la plus drôle mais c'est l'une des plus courtes :oops: ):

"Variante : plutôt que l'elastique, est-ce que vous avez essayé le fil à couper le beurre ? un long fil - vingt mètres au moins - solidement enroulé autour de la taille de Michel Foucault et une jolie chute libre. Michel Foucault tombait tombait tombait, et puis, tchac ! Une invention très pratique ce truc-là... ça devrait s'appeler le fil à couper le chat.
Pas un mot, pas une réaction, juste un visage mémé livide. Vous parlez d'un docteur ! Celui d'avant, au moins, il prenait des notes."

et enfin la déclaration du Conseil après qu'un fanatique est arraché la langue d'un opposant politique à cette oligarchie :

"- Un peu extrême, commenta le président. Bien sûr, ce malheureux fanatique a voulu bien faire, on ne peut pas trop lui en vouloir, n'est-ce pas ? Mais arracher la langue... Il vaut mieux, somme toute, éviter la violence... défendre l'Amour, la Vérité, le Bonheur [NDP : c'est la devise de la Cité]. Nous sommes des gens civilisés... Nous ne tuons pas nos ennemis. Nous nous contentons de les humilier, de les traîner dans la boue, de colporter des ragots immondes à leur sujet, de leur interdir toute place dans la société, de brimer leur progéniture, de les priver d'argent et de travail, de leur faire perdre leur dignité, leur confort, leur repos, de les plonger dans la dépression et l'alcoolisme et d'attendre sagement leur suicide. C'est à ça que sert la civilisation."

Un excellent livre, drôle et iconoclaste qui ravira tous les fans d'humour noir et de non-sens britannique mais qui risque fort de mettre mal à l'aise ceux qui aiment bien les minous-minous...

[size=75]NDP : Note Du Posteur[/size]

_________________
L'art est bref, la vie est longue. Et la lutte, finale.
[url=http://fnak.site.voila.fr/][img]http://img.photobucket.com/albums/v254/Maubec/bannieremaubec.gif[/img][/url]
08/08/05 : LONGUE VIE A L'ARME SUPER-SONIQUE AUSTRALIENNE, à l'ancien leader de l'Alliance Française du Dessous, au brouillard des steppes, au pêcheur du lointain, à l'empereur noir et au tueur de graines !


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Message Publié : 05 Juin 06 16:35 
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Localisation : levallois perret
Merci pour tous ces exemples de lectures. J'ai lu très peu d'auteurs japonais, pour ne pas dire jamais :oops: alors, désormais, je n'ai plus d'excuses grace à tous vos bons conseils.

A la lecture de tout ce topic, je retiens que les auteurs japonais ont une imagination débordante, créant des univers très bizarres, et je pense que c'est cela justement qui fait qu'on est tenté de les découvrir...
Travaillant aux Editions Gallimard, je suis déjà allée chercher un Mishima dans le bureau de mon chef (avec son autorisation, bien sûr!) et après, je craquerai sans doute pour un Murakami.
Merci encore.


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Message Publié : 16 Août 06 14:36 
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Inscription : 14 Août 06 11:23
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Localisation : UK
Bonjour,

Je suis nouvelle sur ce forum et j'ai devore les posts de cette rubrique.
Je ne sais pas trop si je suis au bon endroit, car je n'ai pas eu le temps d'aller voir les autres sujets, mais j'aimerais savoir quel livre vous conseilleriez a quelqu'un qui n'y connait rien en litterature japonnaise.

Tous vos posts m'ont mis l'eau a la bouche mais j'avoue etre un peu perdue...par ou commencer? Je voudrais prendre le temps de decouvrir cette culture petit a petit et ne pas foncer tete baisser sur un livre ardu qui me "degouterait" et me priverait d'aller voir plus loin. Un ami m'a conseille le Pavillon d'Or de Mishima. Qu'en pensez-vous?

Je suis epoustouflee par vos connaissances; les miennes se limitent a la lecture de quelques mangas et aux dessins animes... :oops:

Encore bravo!


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Message Publié : 18 Août 06 10:19 
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Localisation : En train de preparer un plan contre la FNAK!
Evidemment, tout dépend de ce que tu aimes en littérature. Par exemple, moi, je ne raffole pas du tout de Mishima. Mon premier bouquin japonais était les Amours interdites de Mishima, et ça m'a plu, mais guère plus.

En revanche, je conseille fortement, pour une plongée progressive dans l'univers si particulier dans la littérature japonaise, des livres comme Kyoko de Ryu Murakami. Attention, hein, pas un autre livre de cet auteur, sinon, la claque risque d'être grande (j'adore ses livres, mais ils sont souvent très trash), ni les livres d'Haruki Murakami (un autre auteur que j'affectionne mis dont le style inimitable et étrange peut surprendre). Kyoko est le livre le plus abordable de Ryu Murakami, d'ailleurs, je crois que plusieurs personnes en parlent (dont moi) dans les pages qui précèdent.

Après, encore une fois, tout est histoire de goût, évidemment! J'ai offert à deux personnes Kitchen de Banana Yoshimoto (et les deux ne connaissaient rien à la littérature japonaise), et les deux ont été très touchées par cette oeuvre.


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Message Publié : 04 Sep 06 09:53 
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Inscription : 02 Fév 06 15:06
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Localisation : republica de la cala marçal
et ben totalement par hasard j'ai lu la course au mouton sauvage de haruki murakami (enfin non c'est pas du hasard c'est que moi mon grand frere me sert de bibliothecaire ^^) et j'ai trouvé ca génial!! apres j'ai lu la ballade de l'impossible et ca m'a beaucoup plus surtout le personnage de midori
moi j'ai commencé la littérature japonaise par kawataba le maitre ou le tournoi de go je crois et ensuite je suis passé direct a haruki murakami donc jpeux pas vraiment conseiller


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Message Publié : 23 Déc 06 09:36 
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Inscription : 08 Oct 06 20:30
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Je n'ai jamais vraiment été attiré par la litérature japonaise, mais là, c'est un coup de coeur.

[img]http://www.alapage.com/get_img.php?cgi=livre_l&ref=l_isbn&num_ref=2702136737r[/img]

Battle Royale
De Koushun Takami
Editeur : Callman-lévy

Histoire : Dans un futur probable, l'Empire Republicain d'asie de l'est, proche de l'empire Nazi, à voté une loi pour stopper la délinquance : Battle Royale. Chaque année, 5000 classes de troisième sont choisies au hasard. Chaque classe est laissée sur une île déserte où ils doivent s'entretuer joyeusement (sic) jusqu'a ce qui n'en reste plus qu'un.

Mon avis : J'ai apprécié le film, j'ai aimé le manga, j'ai adoré le bouquin. Les amateurs de romans psycopathologiques (psychopathes - psychologiques) y trouveront leur compte. Les morts fauchées une à une sont décrites dans une précision terrifiante, très loin du film qui se contentait d'exposer les morts bêtement. Et les multiples clins d'oeil à l'empire nazi prêtent à rire (même si c'est loin d'être rigolo, mais bon le chef d'état s'appelle le Reichfurher, alors...). Vraiment, un excellent livre, très bien écrit. J'ai rarement pris autant de plaisir à lire un livre !

Note personelle : 15/20


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Message Publié : 07 Jan 07 16:18 
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Inscription : 07 Jan 07 16:02
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Bonsoir,
Puisque vous parlez de Murakami, je me permet de vous partager ma dernière critique sur un de ses livres.

ECSTASY de Murakami Ryû
Par Tang Loaëc


La culture japonaise n’a pas perdu ce lien direct, qui conduit de l’art à l’érotisme, sans diluer de sa capacité à sonder l’âme. Elle le fait cependant souvent par le rite d’une codification extrême, comme presque aucune autre culture n’en a le secret, épurant la forme, le geste, le son, jusqu’à ce que la nature en soit sarclée, l’os mis à nu comme nettoyé de toute chair, s’écartant de l’humain pour atteindre l’abstrait. L’extase rejoint alors une confondante pureté.
Murakami Ryû met en branle sur ses pages des personnages profondément décalés, que leur folie propre lance sur des trajectoires traverses, profondément japonaises dans leur démarche et par leur course jusqu’à l’extrême, mais ravageant l’ordonnancement soigné des existences codifiées. La norme de la société s’efface, ne reste que la tentative effrénée d’êtres désordonnées, poussant leur désordre jusqu’à sa limite, créant leur propre système. Des tentatives destinées non pas à être viables mais à tendre chaque protagoniste jusqu’à sa limite humaine, différente pour chacun d’eux.

Ecstasy est le premier volet d’une trilogie, mais c’est d’abord un livre complet, dont la lecture ne laisse pas dans la frustration d’une suite mais est dense, riche jusqu’à la saturation, laisse le lecteur face au besoin laisser la puissance narrative se tasser pour que, passé le vent chaud et puissant de sa lecture, il parvienne à relever la tête, faire le décompte des ravages, voir où cette vague l’a laissé. Ce n’est qu’après que vient le besoin des autres volumes. Tous tournent pourtant autour des mêmes personnages, d’une même histoire creusée dans la recherche de la sensation, d’un toujours plus loin entre sexe et drogue, entre absolu et mort, laissant sur les esprits et les corps de chacun des trois protagonistes centraux, entre débris et varechs, le sillon de la recherche exacerbée d’un point limite, toujours repoussé. La drogue n’y est qu’un adjuvent, un moyen utilisé pour dépasser des limites, toucher à un sublime qui se dérobe. Le sexe est central, il est le véhicule de ce voyage commun, chacun pour soi mais chacun au travers les autres, vers un idéal qu’aucun ne pourrait décrire, qu’aucun sans doute ne s’accorderait à décrire, mais dont la recherche les pousse tous les trois.

Dans le sillage de cet attelage à trois, chaotique et passionné, les témoins et les êtres de passages se trouvent happés, comme attirés par une force d’attraction fatale du triangle central. Le narrateur est à chaque fois différent, mais ce n’est jamais directement l’un des protagonistes. Ce témoin est captif de la trajectoire tracée par l’un ou l’autre des trois, chacun détenteur d’une capacité de fascination aveugle, et le satellite est ballotté par ce récit qui s’impose à lui. Dans Ecstasy, le narrateur à chaque étape se rapproche plus d’une recherche qu’il ne comprend pas lui-même, qui l’expose et le broie, qui l’amène près d’une apothéose qui le détruira aussi bien, qui le nie. Il n’importe, il n’est qu’un accessoire au thème central, ni l’auteur ni les acteurs n’ont cure de lui, si ce n’est comme moyen, si ce n’est comme instrument à manipuler pour servir leur jeu plus important que la vie.

Au terme du livre, impossible de s’identifier à aucun de ces êtres, impossible de ne pas se sentir atteint pourtant par la puissance de leur recherche, leur volonté tendue vers un inconnu dont on sent la force, tant libératrice que potentiellement destructrice. Impossible pour eux de s’en détourner parce qu’ailleurs, en comparaison de cette course, il n’y a pas de vie. Au bout du parcours, si c’était possible il y aurait un saut dans les nuages, vers le soleil où la nuit. Si cela est impossible, il n’y a peut-être qu’un gouffre. En fait, pour chacun d’eux, l’échec ne remet en cause aucun de leurs choix, il ne serait pas possible si c’était à refaire de ne pas tenter exactement de même. L’appel obscur de l’idéal est plus fort qu’une terne raison.

La piste que trace de son encre Murakami Ryû est d’une beauté sombre, qu’il nous est difficile dans le panorama littéraire de ne pas suivre. Trois protagonistes, trois livres, trois visages de la folie et de la recherche, en trois volets d’un absolu.


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Message Publié : 21 Fév 07 21:13 
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Inscription : 06 Mars 06 18:11
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Localisation : Beauvais (wééééé!!!)
Bon, il ne s'agit pas d'un auteur Japonais, mais il y déjà eu une disgression dans le genre et je trouverais dommage de ne pas en parler dans un sujet spécifique (et puis ça l'animera un peu).

Je viens determiner The Inland Sea de Donald Richie ( "la mer intérieure" pour les allergiques à l'anglais).
Tout d'abord petites précisions sur l'auteur en lui même. Donald Richie est un observateur privilégié du Japon puisqu'il y réside depuis l'après-guerre, venu des Etats Unis. Il a écrit de nombreux ouvrages sur le Japon et fait figure de référence pour son regard de résidant étranger sur la société japonaise.
Venons-en au livre en lui même. Celui-ci, écrit dans les années 70, décrit son voyage sur les côtes et les îles de la mer intérieure du Japon, située entre Honshu, Kyushu et Shikoku. Il y parle de ses échanges avec les gens rencontrés, des particularités propres à cette zone par rapport à la vie à Tôkyô et dans le reste du Japon, et de toutes les réflexions qu'il a pu avoir durant ce voyage.
C'est un livre particulièrement agréable et intéressant à lire, au delà des clichés et des ouvrages de réflexion un peu superficiels sur le sujet. Il offre un regard averti sur ce qu'était le Japon de la mer intérieure à cette période précise (et révolue comme Richie l'écrira en 2001 dans un chapitre ajouté après être revenu sur les lieux).
The Inland Sea n'est malheureusement pas (à ma connaissance) traduit (comme la plupart des ouvrages de Richie remalheureusement), il serait pourtant dommage de ne pas avoir l'occasion d'accompagner Donald Richie dans son voyage d'île en île.

_________________
cantoli loood !

[color=red][size=150]Gütiokipänjä ![/size][/color] Gloire à Kiki !


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Message Publié : 12 Mars 08 22:01 
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Inscription : 01 Oct 07 18:11
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Localisation : In Slumberland !
J'aime dépoussiérer les topics. :D Surtout, quand je veux parler de...

Edogawa Ranpo et sa "Bête aveugle"

[img]http://img522.imageshack.us/img522/4027/edorandu7.jpg[/img]

Ce nom dont les idéogrammes signifient littéralement "Flânerie au bord du fleuve Edo", est méconnu dans le milieu littéraire occidental. Et pourtant, son nom a une consonance familière car il vient d'Edgar Allan Poe lorsqu'il est prononcé à la japonaise, pseudonyme inventé à partir de cette phonétique en hommage à l'écrivain qu'il admirait tant.

[img]http://img527.imageshack.us/img527/2775/beteig5.jpg[/img]


La Bête aveugle, écrite en 1931, est un roman policier atypique. Le déroulement de l'enquête n'est pas narré, et c'est sans importance car je peux d'ores et déjà vous livrer l'identité du coupable. C'est la Bête aveugle, le coupable. Comme le dévoile le titre. Etonnant, non ? L'enquête étant inexistante donc, la narration se focalise uniquement sur la Bête, sur ses crimes perpétrés. Et sur ses victimes, bien entendu. Les malheureuses sont toutes des femmes. Elles ont pour point commun qui les relie entre elles, un corps parfait. Comment la Bête les repère-t'il ? En les massant dans les stations thermales, c'est son métier ça, masseur. La "Bête" est un nom que l'on a affublé à un homme d'une trentaine d'années, doté d'une apparence laide, répulsive, louche, dérangeante, mais si vulnérable, si pitoyable car il ne voit rien, il est aveugle, et "les aveugles, c'est inoffensif" se disent les gens, et lui, il ne ferait pas de mal à une mouche. Il joue à merveille avec la carte de la vulnérabilité. Pas besoin de chloroforme pour endormir ses victimes, il suffit d'être aveugle pour endormir leur vigilance.

Comme une araignée tapie dans l'ombre, il contrôle un périmètre invisible, ses proies potentielles ne détectent pas le danger et, inévitablement, elles s'approchent de la toile tissée pour elles, ces femmes au corps "parfait" selon sa propre définition de la perfection. La beauté de leur visage ne l'intéresse pas, il s'en moque et on peut le comprendre.
Comme une araignée penchée sur son festin nu (ha, ha), il pose ses pattes tout le long du corps de sa victime, se délecte de cette caresse, de cette sensation qui lui procure un plaisir indescriptible, l'extase proche de l'orgasme, ses mains ayant remplacé la fonction de ses yeux inutilisables, il "voit" leur beauté qu'à travers le toucher. Une beauté tactile.
L'antre de notre araignée, la Bête, en réalité un esthète, est un lieu incroyable, déroutant, fascinant, criard, extravagant, tout ça à la fois car un seul adjectif ne suffirait pas, il faut que je vous le décrive à l'aide de plusieurs extraits du livre. D'abord, il se situe dans le souterrain, il faut emprunter un ascenseur pour y accéder. Cet ascenseur est la voie de reliement entre deux mondes, celui des voyants et du non-voyant.

L'obscurité règne tout en bas. En allumant une petite lampe, voici ce que l'on peut apercevoir à travers les yeux de la femme, involontairement égarée dans ce monde qui lui paraissait (oui, à l'imparfait) hostile.
Traduction de Rose-Marie Makino-Fayolle, édition Picquier.

~~~~~~~~~~

"Ce qui frappait tout d'abord le regard, c'était la confusion des couleurs, inqualifiable, désagréable au plus haut point. Des parasites colorés. Une discordance de teintes. S'il pouvait exister un arrangement de nuances capables de rendre l'homme fou, c'était là sans doute qu'on l'aurait trouvé."


L'impression première au sujet de cette pièce souterraine. Ensuite sa composition:



" Au fur et à mesure que le regard s'habituait, on s'apercevait que toutes ces couleurs n'avaient pas été peintes, mais que la différence venait de ce que les murs ou le sol étaient composés de matériaux hétérogènes engendrant un mélange de teintes invraisemblables et désordonnées. (...)
Bien sûr, toutes ces protubérances et ces cavités pouvaient passer pour des oeuvres d'art. Certains endroits semblaient même avoir été délicatement sculptés à la main, mais ce que nous qualifions de sculpture est complètement différent. Il s'agissait d'un travail de dément, (...)

"Les parties rebondies en forme de bol semblaient faites de caoutchouc rose, et la température semblait provenir d'un dispositif placé derrière elles. N'aurait-on pas dit une poitrine humaine ?
C'était répugnant!
Ces seins, boursouflés et roses comme le visage d'un ivrogne, se pressaient les uns contre les autres en si grand nombre qu'elle en éprouvait des démangeaisons intérieures tellement elle trouvait le spectacle écoeurant. (...)
Aucune de ces poitrines n'avait la même forme. (...) On aurait dit qu'on avait rassemblé là une centaine de femmes pour copier minutieusement leur buste, particulier à chacune. Le résultat est vraiment impressionnant. "



De nombreuses parties du corps humain -exclusivement de femme - des mains, des jambes, des fesses, des bouches, des pieds, sculptées dans divers matériaux, l'ébène, l'ivoire, le métal et j'en passe, toutes de taille différente, étaient enchevêtrées dans les murs, encastrées les unes contres les autres. Seul un esprit aussi fantasque et décalé que celui d'Edogawa Ranpo aurait pu imaginer un tel endroit farfelu, étrange et idéal pour un esthète aveugle qui s'enferme à l'intérieur pendant des mois, nuit et jour, afin de caresser les sculptures. Le problème, c'est que tous ces matériaux coûtent extrêmement chers, il a dépensé toute sa fortune pour se consacrer à son art. C'est pourquoi, il a eu l'idée macabre d'attirer une femme, en chair et en os, dans son atelier peu ordinaire, dans le monde d'en bas. Ainsi, il en est arrivé là. Il capture la femme désirée, cet objet de fantasme, afin de la caresser, la toucher, poser ses mains partout jusqu'à explorer les moindres coins et recoins, à connaître les moindres lignes de son corps par coeur pour finalement, fatalement, se lasser d'elle. La convoitise et le désir font place au dégoût et au mépris. Il commet l'irréparable en se débarrassant de cette femme devenue ennuyeuse, de ce corps beaucoup trop familier. Il la tue. Il la démembre. Il remonte à la surface avec la malheureuse femme en pièces détachées, et il les éparpille dans plusieurs villes. La découverte de chacune d'elles est comique dans le sens le plus noir du terme, on peut aisément les visualiser tellement la mise en scène du burlesque est bien décrite par des phrases courtes et saisissantes. Cette Bête demeure esthète dans ses crimes, il ne fait pas les choses à moitié.

L'extrait qui va suivre est un peu long mais il donne un aperçu correct de l'ambiance macabre teintée d'humour noir. Sur la plage...

~~~~~~~~~~

" Il y en avait aussi qui jouaient dans le sable. Des pères qui s'amusaient à enterrer leur fils. Des jeunes gens tout heureux d'édifier un tas de sable sur les jambes de leur bien-aimée, et qui les consolidaient en tapant dessus. (...) Parmi tous ces groupes, on remarquait un étrange aveugle en maillot de bain à rayures rouges et blanches.
Il était arrivé tôt ce matin, alors que la plage était encore déserte, et n'avait cessé de jouer avec le sable toute la journée, restant jusqu'au soir, bien après que tout le monde fut rentré.
Lui aussi, en dépit de sa laideur, avait une bien aimée.
Allongé auprès d'elle, qui était enterrée dans le sable jusqu'au cou, il ne cessait de lui parler. La jeune femme, son beau corps enfoui dans le sable, ne laissait dépasser que sa tête et ses pieds, qu'elle remuait en riant à gorge déployée.
(...)

Puis vint le soir. Les parasols se fermèrent l'un après l'autre, tandis que les gens partaient en groupe.
L'aveugle lui aussi avait maintenant disparu.
L'immense plage s'étendait sur le soleil couchant, qui n'éclairait plus que trois personnes. Deux d'entre elles, qui en étaient certainement à leur premier rendez-vous, avaient manifestement oublié l'heure de rentrer.
En maillot de bain, assis l'un à côté de l'autre sur un petit monticule, ils discutaient fiévreusement.
- Regarde, il n'y a plus personne. Il ne va pas tarder à faire nuit! s'écria soudain la jeune fille, toute étonnée.
- C'est le soir. Tout le monde est parti, vois-tu. Mais bientôt, les boutiques vont s'allumer derrière nous, et la plage va retrouver sa gaité, tu verras, répondit nonchalamment le jeune homme.
- C'est triste, tu ne trouves pas ? Nous voici tout seuls.
- Oui, tu as raison. Mais il y a quelqu'un d'autre.
- Où ça ?
- Regarde, là-bas sur le sable.
- Tu crois que cette fille soigne ses rhumatismes ? Elle est complètement enterrée dans le sable!
- Tu veux rire! Ce serait la seule façon, au contraire, d'aggraver le mal.
- Alors, elle fait pénitence ? A moins qu'elle n'ait l'intention de se laisser mourir !
- Tu as peut-être raison. Je la surveille depuis cet après-midi, tu sais. Elle n'a pas bougé d'un pouce. C'est un peu bizarre, tu ne crois pas ?
- Si on l'appelait ? Eh, vous, là-bas!
- Ohé!
- Elle ne bouge pas du tout. Tu crois qu'elle est sourde ?
- Tu plaisantes ! C'est inquiétant. Allons voir, il lui est certainement arrivé quelque chose.
Ils se mirent à courir, encore couverts de sable.
C'était la jolie femme venue avec l'aveugle, toujours enterrée dans le sable. Son corps y était entièrement enfoui, et seuls ses pieds et sa tête étaient visibles.
Les deux jeunes gens s'arrêtèrent devant elle et se mirent à l'observer.
- Regarde, on dirait qu'elle dort... Mais c'est bizarre, tu ne trouves pas qu'elle est grande ? Tu vois où sont ses pieds ? Elle est immense. Elle fait au moins sept pieds de haut. Dis, tu te rends compte ? Sept pieds!
La jeune fille, effrayée, poussa un cri avant de s'enfuir à toutes jambes.
Une histoire de revenants, le soir au bord de la mer ?
- Elle ne te mangera pas, idiote! Mais quand même, je trouve ça louche. Dites, madame, vous allez attraper froid! Allez, relevez-vous... Mais... On dirait qu'elle est morte!
Le jeune homme, lui aussi, était prêt à se sauver.
- Dis, que se passe-t-il ?lui criait la jeune fille au loin.
- Va vite chercher quelqu'un. C'est épouvantable, elle est morte!
La jeune fille se précipita aussitôt vers les boutiques pour demander du secours.
Trois ou quatre vigoureux jeunes plagistes accoururent tout d'abord.
- D'où vient cette femme ? Elle est belle!
- En tout cas, il faut la déterrer pour lui venir en aide. Elle n'est peut-être pas encore tout à fait morte!
Ils se mirent à creuser de façon désordonnée. Un trou se forma aussitôt. entre les pieds et la tête de la belle femme.
Au fur et à mesure qu'ils creusaient, les jeunes gens étaient pris d'un sentiment de peur indescriptible. C'est qu'ils avaient beau fouiller le sable, leurs mains ne rencontraient plus rien.
L'un d'eux, incapable de se maîtriser davantage, fit soudain un bond en poussant un cri. Il n'y avait rien dans le sable. Cette belle jeune femme n'avait pas de tronc! Elle avait une tête. Elle avait des pieds. Mais il n'y avait rien entre les deux.
Tous se figèrent, pris de terreur. Ils étaient prêts à fuir au moindre bruit.
Mais les autres arrivaient en renfort.
Dès qu'ils touchèrent à la jolie tête, celle-ci se mit à rouler dans le sable, laissant voir une horrible blessure. Les os du cou pointaient entre les chairs noirâtres. Ils tirèrent sur les pieds, qui n'offrirent aucune résistance. Les jambes étaient coupées à hauteur des genoux.
- Je comprends pourquoi je la trouvais grande. Elle est extensible à l'infini de cette façon!
La plage, tout à l'heure encore si triste dans le crépuscule, était maintenant pleine de monde.
- C'est un crime! murmurait-on en une vague tumultueuse qui déferlait entre les groupes."

~~~~~~~~~~

La Bête rôde toujours. Il est à l'affût de sa prochaine victime. Bon sang, personne ne peut stopper ce fou pervers, ce meurtrier malotru tripoteur? Et la police japonaise? Impuissante. Ni même le Faucheur ? Que ferait l'inspecteur Columbo ? A moins que, peut-être, s'arrêterait-t-il de son plein gré car, à l'instar de Grenouille dans le Parfum de Süskind, il désire ardemment accomplir son but ultime quitte à ôter la vie du corps de ces femmes qu'il aimait tant toucher. Quel est ce but ? On ne le saura que vers la fin. Si vous êtes curieux de la connaître, intrigués par cet univers baroque où l'humour noir enveloppe le macabre, précipitez-vous sur ce livre et les autres romans de l'auteur. Edogawa Ranpo se fera un plaisir de vous accueillir avec un regard malicieux, voire même inquiétant, et de vous conter ses histoires issues de son imaginaire niché, quelque part, entre deux mondes, l'ordinaire et le malsain.


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Message Publié : 13 Mars 08 23:39 
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[quote="Littéraire"]Bonsoir,
Puisque vous parlez de Murakami, je me permet de vous partager ma dernière critique sur un de ses livres.

ECSTASY de Murakami Ryû
Par Tang Loaëc


Hep ! Attention, confusion ! Le Murakami évoqué dans les messages précédents, c'est Murakami Haruki, qui n'a rien à voir avec Murakami Ryû, sinon l'homonymie. Je n'ai pas lu les romans du second (Ryû) mais pour ce que j'en ai entendu dire, les thèmes et les styles de ces deux auteurs n'ont rien à voir.

Pour enchaîner sur Haruki Murakami, je suis en train de finir un de ces premiers recueils de nouvelles (nouvellement réédité en grand format chez Belfond), L'éléphant s'évapore.

[img]http://ecx.images-amazon.com/images/I/4193oIcjf4L._AA240_.jpg[/img]

Pour ceux qui ont déjà lu du même auteur les Chroniques de l'oiseau à ressort, la première nouvelle fait "déjà lu" : elle est identique, ou quasiment, aux premières pages des Chroniques..., qui en sont un développement beaucoup plus ample et plus ambitieux.
Les autres nouvelles, elles, sont "originales". On y retrouve le héros classique de cet auteur, le trentenaire assez oisif et introspectif, mais dans d'autres nouvelles, le personnage principal, et le narrateur, est une femme. On retrouve aussi des thèmes chers à Murakami : le sommeil ou son absence, l'incapacité à communiquer avec les autres, la dissociation de la réalité du narrateur et de celles de son entourage. Et comme dans beaucoup de romans de Murakami, le quotidien banal du personnage vire au fantastique, semble se distordre ou partir de travers, souvent sans brusquerie, mais irrémédiablement. Et pour certaines nouvelles, l'histoire vire au cauchemar déplaisant, pas forcément horrifiant, juste très désagréable, à un point supérieur à celui des romans.

Personnellement, j'aime moins ce recueil que les romans, à la fois en raison de cette atmosphère plus acide, plus violente, que par la forme plus courte, trop courte à mon avis, de la nouvelle. J'ai une préférence pour l'atmosphère plus douce et plus étrange des romans, surtout La course au mouton sauvage et encore plus sa suite, Danse, danse, danse, sans doute mon préféré.

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"Qui trop embrasse mal étreint, qui mal étreint perd les pédales et qui perd les pédales se fout la gueule par terre". Pierre Dac


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Message Publié : 13 Mars 08 23:55 
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Localisation : sur le quatrième nuage argenté de droite en forme de papillon
[quote="Cyr"]J'ai une préférence pour l'atmosphère plus douce et plus étrange des romans, surtout La course au mouton sauvage et encore plus sa suite, Danse, danse, danse, sans doute mon préféré.


Alors là, je suis complètement passé à côté. Je dois dire que Danse, Danse, Danse est peut-être mon plus mauvais moment de lecture de l'année en cours tandis que La fin des Temps du même H.MURAKAMI était probablement mon meilleur moment de l'année passé. COmme quoi? La lecture est quelque chose de très personnel.
J'ai lu tous les livres disponibles en France de H.MURAKAMI et j'avoue que sa bibliographie est bien inégale malgré son style incomparable et enivrant. Si ça t'intéresse, Cyr, j'ai mis un article sur murakami sur mon blog. Je te recommande aussi d'aller jeter un oeil sur le très fourni site
murakami.ch(tout en anglais).

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"Les rêves sont ce qu'il y a de plus doux et peut-être de plus vrai dans la vie"

http://latavernedudogeloredan.blogspot.com/


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Message Publié : 19 Avr 08 18:47 
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Localisation : Toulouse
Je dois avouer que la bête aveugle est un bouquin fantastique. Il parait qu'il va etre adapté au cinéma. Dans la littérature japonaise je vous conseille Haruki Murakami. La course au mouton sauvage de mon point de vue n'est pas le mieux. Les chroniques de l'oiseau à ressort et Kafka sur le rivage sont plus accessibles tout en restant dans le style déjanté et un peu space d' Haruki.
Et il est aussi vrai que les livres de Yukio Mishima ne plaisent pas forcément. je me suis attaquée au Pavillon d'or j'ai pas pu le finir j'en pouvais plus. La musique est beaucoup plus interressant.
Et de temps en temps pour se libérer l'esprit et profiter de l'instant un petit recueil d 'Haiku ne fait pas de mal.


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Message Publié : 15 Sep 08 21:27 
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Localisation : un peu partout dans le monde d'ici peu
Kikou,

Moi je viens vous parler d'autres livres encore :

[color=red]Arthur Golden, Geisha (j'ai pas vu le film)[/color]
ALors dans ce livre, l'américain Arthur Golden, retranscrit fidèlement les propos de son amie geisha. Dans ce livre il a juste mis des noms fictifs aux personnages afin de préserver des personnalités réelles. Une jeune fille et sa soeur sont vendu par leur père. L'une d'elle va attérir dans une Okiya (maison où vit une geisha) et sa soeur dans un bordel. Vu qu'elle a essayer de s'échapper de l'Okiya (pour partir avec sa soeur mais aussi parce que la geisha de l'okya lui mène une vie infernale), elle échoue, la personne qui est chargée d'elle ne l'autorise plus à suivre ses cours pour devenir geisha, elle sera servante dans l'Okiya. Un jour Chiyo prend conscience qu'elle veut réellement devenir geisha et elle attends un signe en sa faveur. La chance va finir par lui permettre de réaliser son rêve mais elle y arrivera qu'après de nombreux efforts.
Ce livre est très bien écrit, on retrouve la façon de pensée des japonais. Je le recommande vivement, il permet de se faire une réelle idée de ce que c'est une geisha(rare de nos jours) et leur vie. :super:

[color=red]Les gens de la rue des rêves de Teru Miyamoto[/color]
Teru Miyamoto est un auteur japonais des plus lus, deux de ces oeuvres ont été couronnées de succès et ont été adaptées au cinéma : le fleuve de boue et la rivière aux lucioles. La plupart de ses livres reprennent le dialecte d'Osaka malheureusement ceci ne peu être rendu en traduction française. Dans ses livres il essaie de donner une image de la vie à Osaka.
Son livre Les gens de la rue des rêves, raconte plusieurs petites histoires. Chaque histoire concerne une famille ou une personne qui habite cette rue (la rue des rêves qui représente un quartier d'Osaka) et ce qui lui arrive de particulier : on apprend pourquoi telle famille ou telle personne a telle réputation dans le quartier. D'après certains critiques les histoires écrites dans ce livre représentent bien la vie au Japon et les moeurs des personnes. Je vous laisse lire le livre afin de vous faire une opinion sur le sujet. :super:

Enfin parait-il qu'il faut lire [color=red] Les entretients de Confucius[/color] J'avoue qu'il dit des choses pas trop mal. :super:


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Message Publié : 16 Sep 08 02:53 
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Localisation : Nagoya, Japon
Puisqu'on parle de Murakami Haruki, je me permets un avertissement à ceux qui voudraient lire l'excellent La fin des temps (Éditions du Seuil):
ne lisez pas la quatrième de couverture!!!
En effet, l'imbécile qui l'a rédigée a trouvé le moyen d'y glisser un énorme spoiler en révélant la fin. :down:
Attention, on retrouve aussi ce résumé maudit sur des sites de vente par correspondance.

C'est d'autant plus rageant que le livre est très habilement conçu, réalisant le tour de force de présenter deux récits en alternance, tous les deux extrêmement prenants.


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Message Publié : 16 Sep 08 21:35 
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Inscription : 12 Sep 08 17:01
Message(s) : 49
Localisation : un peu partout dans le monde d'ici peu
Je dirai même plus, Ne jamais lire la 4e de couverture(c'est uniquement de la pub pour le bouquin fait par quelqu'un qui si ça se trouve n'aime pas ou autre) mieux vaut aller voir sur des sites où ils y a des critiques pour ce faire une idée ! :wink:


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Message Publié : 17 Sep 08 00:55 
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Message(s) : 105
Juste une note (inutile ?). Merci, ce topic est passionnant !!


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 Sujet du message : Merci
Message Publié : 28 Juil 09 03:17 
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Inscription : 28 Juil 09 03:09
Message(s) : 1
Vraiment bien!

Merci, c'est justement ce que je cherchais

Merci beaucoup
:oops: :bravo: :cry:


[color=green]Edit modo : la prochaine fois, ce type de signature à but commercial évident vaudra une exclusion au membre.[/color]


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Message Publié : 17 Mai 13 03:47 
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Inscription : 16 Mai 13 20:27
Message(s) : 8
Dernièrement lut 1Q84 de H.Murakami

Je n'ai lu que le premier tome pour l'instant, et c'est une découverte. Quelqu'un dont le style limpide mais personnel me sort des habitude de lecture anglosaxone ou tout est sans style (efficace mais sans personnalité littéraire quoi) Là c'est efficace et avec une vraie plume d'écrivain. L'histoire nous fait rencontrer deux personnages qui dérive bientôt de la réalité pour arriver en 1Q84... C'est presque fantastique et c'est le presque qui est bien. :super:


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